Le visage nuptial / René Char

À présent disparais, mon escorte, debout dans la distance ;

La douceur du nombre vient de se détruire.

Congé à vous, mes alliés, mes violents, mes indices.

Tout vous entraîne, tristesse obséquieuse.

J’aime.

L’eau est lourde à un jour de la source.

La parcelle vermeille franchit ses lentes branches à ton

front, dimension rassurée.
Et moi, semblable à toi,

Avec la paille en fleur au bord du ciel criant ton nom.
J’abats les vestiges,
Atteint, sain de clarté.

Ceinture de vapeur, multitude assouplie, diviseurs de la crainte,

touchez ma renaissance.
Parois de ma durée, je renonce à l’assistance

de ma largeur vénielle,
Je boise l’expédient du gîte, j’entrave la primeur des survies.
Embrasé de solitude foraine.
J’évoque la nage sur l’ombre de sa
Présence.

Le corps désert, hostile à son mélange, hier, était revenu

parlant noir.
Déclin, ne te ravise pas, tombe ta massue de transes,

aigre sommeil ;
Le décolleté diminue les ossements de ton exil,

de ton escrime ;
Tu rends fraîche la servitude qui se dévore le dos ;
Risée de la nuit, arrête ce charroi lugubre
De voix vitreuses, de départs lapidés.

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