Infiniment simple / Reprise

Ce poème figure dans le recueil Mais la danse du paysage

Etretat

à la craie blanche peut-être j’aurais pu redresser tous les hommes

que j’ai vu s’affaisser comme des aiguilles creuses et effacer leur ardoise

mais la vie éprouve tous les galets de ses propositions sournoises

en générant des ronds dans l’eau et des roulis d’air entre les oreilles

qui se fracassent comme des quilles

ils voulaient être bateaux ils voulaient charrier en plein soleil

tout le calcaire d’un même amour d’une même beauté des mêmes usages

la mémoire de leurs vieux chiens empalés sur les récifs m’arrache aujourd’hui

la mélancolie toute productive des austères érosions

et sur la blancheur défaite de l’horizon j’ai posé mon radeau

secret lumineux et infiniment simple

puisque tu y règnes comme le vol exclusif de l’eau non encore posé

 

Barbara Auzou.

2 réflexions sur “Infiniment simple / Reprise

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