Plateaux de lenteur

île de Ua Kuka / Marquises

nous voici encore

droites dans la claudication du temps

à nous inventer un voyage dans le voyage

une île pour se promener posée sur une mer

nourricière

un large croissant ouvert sur le sud

nous voici encore

à nous rider les yeux d’un même regard

et je sais seulement de cette chose tremblante

que déplie le matin d’un soleil rude

qu’elle a la beauté de ce qui lutte

des parfums de fruits rares et d’éternité

et on peut rester ici maintenant puisque j’ai volé

à la nuit deux oiseaux apaisés

que je porte bien au chaud dans nos yeux

j’ai hissé haut le silence au mât d’une fleur

d’enfance

dont je connais la grâce altière du coeur

j’ai pris au lasso le vent vert des turbulences

sauvages et puis tous les chevaux

peuvent passer les lunes enrouées et le bleu

tu de nos mots

tout dans ces plateaux de lenteur

nous préparait à nous aimer

 

Barbara Auzou.

4 réflexions sur “Plateaux de lenteur

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