Au pied d’un seul arbre LII

j’ai emmené paître mes peurs

plus loin et sur tout ce qui peut

faire un chemin ou la totalité

d’un oiseau

j’ai bu ta douceur avec la première

goulée d’air

qui nous chante à tue-tête

je suis passée repassée au cœur

de l’arbre hospitalier

avec mes fagots d’étoiles

et la famille élargie des fleurs

j’ai porté le soleil à ma bouche

au cou le collier des moissons

les hivers aux genoux

et avais-tu remarqué

comme vieillissant on dérange moins l’espace

on embrasse le sépulcre doux

d’un ciel qui se décharne

je t’aime

je te laisse une adresse paysanne

et des poches de temps à faire rire les cailloux

 

Barbara Auzou

12 réflexions sur “Au pied d’un seul arbre LII

  1. Après une après-midi de lecture en boucle de ce poème, je ne résiste plus au désir de l’enregistrer, et donc de te demander une nouvelle fois ton accord.
    Ni date de réalisation, ni idée d’illustration pour le moment. Juste ma conviction que la poésie est faite pour être dite et que l’émotion se nourrit du partage.
    Je t’embrasse.

    Aimé par 2 personnes

  2. Pingback: Riez cailloux !… – De braises et d'ombre…

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