Acte d’adoration / Lucien Becker




Un coq entame l’air d’un cran preste et hardi.

Autrement le silence est une page blanche où s’inscrit la phrase sans points du temps qui a pour œil le ciel, pour mains les lits des morts.

Les rayons de midi se penchent sur mon front et leur souffle est si doux, pèse si tendrement que je crois au contact des cheveux d’une femme ces cheveux qu’on modèle ainsi que de la neige.

ô qui vivra jamais la vie de cet instant où l’azur est tendu comme une nef d’église.

Prêt à rompre sa chair tant il est lourd de rires — que j’aime ce visage né sous le signe des anges qui vont partout vider l’écume de feu des mers ! -tant les doigts du soleil le poussent vers nos songes ; où la sève des champs dresse les rocs du temple où tinteront sous peu les cloches de la brise

et d’où s’envoleront les chœurs très purs des oiseaux comme sur un signal surgi parmi les feuilles.

Le tremblement léger, la pudeur du couchant
L’enfant se déshabille sous la fenêtre peinte

De grands coups d’ailes glissent sur les prés avec des gestes brefs.

Les plaines de leurs lèvres ont bu trop de lumières et les collines offrent à l’étreinte du songe la fraîcheur de leurs seins.

ô printemps, ô bon fruit tout sonore de pulpe d’or viens dans mes bras et quitte sur ma poitrine ravie les richesses et les musiques de ton corps.

2 réflexions sur “Acte d’adoration / Lucien Becker

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