Au pied d’un seul arbre LXI

je rêve en toi

en souliers de satin

en habit de faim et de poitrine

j’ai ce loisir en pleine éclipse de ciel

et en marge des mondes de côtoyer

l’aile de ton jardin on y devine

la hanche ouverte de sérénité

qui me reçoit comme une ancre

retient son bateau blessé

je ne veux pas écrire comme on court

je veux naviguer longtemps en silence

cueillir des images improbables

dans un soupir et en transe

les doigts sur l’écorce

et la plume sur le frimas

et s’il subsiste parfois

quelques fragments de réel

dans l’éventail des nuages

c’est qu’ils transportent de branche en branche

le mystère de ce qui nous attache si profondément

les oiseaux ont des mots de consentement

que l’on appelle chant

et rien ne les force

 

Barbara Auzou

8 réflexions sur “Au pied d’un seul arbre LXI

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