Grand comme ( VI)

on a bien fait tu sais

d’éloigner toutes ces paroles

si vides et si vastes de leur égoïste raison

quelque chose respire qui dépasse

notre propre respiration

et les corolles acclimatées du bonheur

on a fouillé nos rêves au couteau

dans le coeur pointu des roses

et sur l’écorce du vieux bouleau

assez pour que nous surprennent

le vent nouveau et décanté de nos rires

et plus encore celui de nos mots

béats d’abeilles que le vent coordonne

assez pour dire que l’on regarde désormais

l’herbe pousser là où s’agglomèrent

toutes les patiences

sous un soleil toujours plus dru

et que l’on porte en croupe toutes les eaux

dont on a perforé les seuls murmures

qui nous conviennent

parce qu’ils se donnent

 

Barbara Auzou.

7 réflexions sur “Grand comme ( VI)

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