Aire sauvage

dans l’état naturel de l’excès

dans celui bien plus vertigineux encore du vide et des sables

l’accident est le silence

enroule à ton cou la mélodie de mes jambes de bateaux échoués

mes parfums de prairies dans les cheveux

frotte à ton visage ma peau de pomme et d’enfance

pour que l’énigme demeure l’énigme

pour que le poème de mon aire sauvage s’écrive sur le contre-poème

avec l’étendue de son beau insupportable dont tu feras ce que tu veux

 

Barbara Auzou.

16 réflexions sur “Aire sauvage

  1. Où est-elle, l’aire vertigineuse
    des pierres suspendues ?
    Pourquoi ne tombent elles pas,
    retenues par d’autres,
    ou tournant sur elles-mêmes
    au-dessus du vide ?

    Je franchis d’un bond
    la faille géologique
    au-dessus de laquelle
    se penchent les herbes.
    Avec le souvenir d’une mer,
    inscrite au creux de coquilles de roche.

    – Se prennent à elles,
    les lichens les plus tenaces,
    les lianes qui s’enroulent
    au sort de la végétation solitaire -.
    Et je te retrouverai là,
    soulevée par la harpe du vent,

    détachée de toute chose,
    du vertige, et de l’énigme des lieux
    qui ont précédé ta naissance
    aire sauvage où tu apparais,
    intacte en fleur de mai
    ( comme si l’accident n’avait jamais eu lieu )

    RC

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  2. Pingback: Aire sauvage — Lire dit-elle – TYT

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