Derrière le pelage du monde XVII

oui je sais les cycles de l’existence

et les lunes à l’affût des mousses du temps

la dent pour ronger le chaos

l’aile partout sous la peau quand le vent

se met à l’herbe et l’âme à l’enfance

puis les jésus désuets qui voudraient

nous apprendre à vivre

et pourtant tout ce qui fuit ne cesse de grimper

plus haut même sur le plus froissé des chemins

le plus surpris

le sang reflue avec les orages qui nous étaient promis

on reprend le trajet des sources et celui des graines

un matin

étrangement on lutte soudain pour durer

on acquiesce à la terre qui se dérobe sous nos pieds

aux plis qui s’installent sur nos flancs

et on donne à manger aux oiseaux

qui nous mange dans les mains

de cet appel d’air insensé dans la lumière crue

moi je n’ai retenu que tes yeux qui continuaient

à sourire longtemps après que je les ai caressés

 

Barbara Auzou.

4 réflexions sur “Derrière le pelage du monde XVII

  1. Le sourire est la promesse qui ne se dit pas, que personne ne croirait sitôt dite, c’est la source qui garde secret le pourquoi du comment le commencement, la graine plantée par le vent qui vous souffle la réponse, une promesse de sang mélangé comme à jamais, celle de durer pour toujours.

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