Ma payse (XXXII)

regarde de quoi je suis faite

ceci est mon corps

et mon épaule engagée

ceci est ma voix stupéfaite

et mes mots à rebours

leur insensé désordre de ruches

et de ma faim je disculpe d’avance

la cerise

sa brèche volontaire et son crochet

de sang

comme un avant-goût de soleil

j’ai voulu un terrier de toutes mes forces

moi qui ne dors que bouleversée

sur ma hanche j’ai tourné

les saisons

avec la ronde sollicitude des vents

leur tendre latitude à caresser

mes absences

jusqu’à ce que mon coeur fasse peau

écorce bientôt

tu vois toute chose a sa place

tout chemin s’en va vers les fleurs

tout poème vers la vie

je te viens bleu délibéré

comme on trouve enfin

comment mêler sa douceur au monde

et il n’y a pas plus tendre violence

que l’invention de la beauté

 

Barbara Auzou.

5 réflexions sur “Ma payse (XXXII)

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