Ma vivante / Paul Eluard

Je n’ai pas encore assez pavoisé
Le vert et le bleu ont perdu la tête
Tout le paysage est éblouissant
Entre tes deux bras monde sans couleur
Ton corps prend la forme des flammes
A remuer la terre
Et son odeur de rose éteinte
Mains courageuses je travaille
Pour une nuit qui n’est pas la dernière
Mais sûrement la première sans terreurs
Sans ignorance sans fatigue
Une nuit pareille à un jour sans travail
Et sans soucis et sans dégoût
Toute une vie toute la vie
Écoute-moi bien
Tes deux mains sont aussi chaudes l’une que l’autre
Tu es comme la nature
Sans lendemain
Nous sommes réunis par-delà le passé.

5 réflexions sur “Ma vivante / Paul Eluard

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