Soixante-septième lettre pour toi

dans les hauts-jardins refermés octobre se balance entre monotonie et folie ouverte

comme une fleur entre deux rafales je t’écris

derrière la fenêtre où s’ébrouent des couleurs à peine commencées et je tire à moi davantage de douceur à rêver

ce lieu je l’ouvre avec les yeux

avec un poing blanc ganté de rousseur

je te souris

la terre est une peau d’herbes plissées lentes comme l’étirement d’un col de cygne qui aurait conquis le vert de la durée

j’aime octobre désormais

parce que son silence est plus grand que ma voix blessée

et je t’y rejoins sans détours

j’ai rechaussé mes regards forestiers

dans mon panier de retrouvailles tournent des chaudrons de feuilles rouillées où toutes les courbes s’assemblent

tout s’incline vers les feux et les terriers

tout tremble

on voit sur les chemins la sève des métaphores monter droit vers le bonheur d’être aimé et de s’en montrer digne

je demeure la soliste têtue qu’aucuns disent de contrefaçon

je sème des mots de candeur obstinés sur l’envers des destinées et ce que répète le refrain de mes chansons c’est que la douceur tient la douceur embrassée

et que c’est l’espace exact la tendre durée que les oiseaux choisissent au terme de leurs migrations

 

B

11 réflexions sur “Soixante-septième lettre pour toi

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