Derrière le pelage du monde XXVII

reste là

ne va pas plus avant

je veux vivre dans le hurlement

silencieux de ton coeur

dans la cage jamais percée

de tes rêves

que ce peu de réalité que je suce

jusqu’à la sève

comme une enfant que l’aube devine

ouvre ma poitrine à tous les vents

à toutes les fleurs

à ton poignet j’entends l’extrême assentiment

que la nuit guette en nous pour faire le matin

et je le caresse jusqu’au sang

jusque dans les replis du temps

jusqu’aux genoux en étrave

jusqu’au mystère des lichens notre dernier

rempart

pour que la grâce du vivre advienne

dans tes modulations de forêt s’amenuise

mon ombre en retard sur le chant

grandit l’arbre lié à nos destins

reste là

ne va pas plus avant

dans nos mains maintenant

la folle déclinaison des possibles

poursuit son chemin

et ne connaît plus de saison

 

Barbara Auzou

9 réflexions sur “Derrière le pelage du monde XXVII

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