Heureuse faveur

alors te voici beauté sévère

avec cette pose particulière

que tu prends quand tu te laisses inventer

avec tes feux en faveur de faux dieux

et à tes pieds tes dépotoirs à soleils

dont je fus un instant un battement

dans un fleuve de battements

regarde-moi

je reste là avec cet œil unique

ce coeur immense comme une mer

qui moutonne

mais je te pardonne

ne serait-ce que pour la largesse du sel

que tu m’imprimes à la cornée

il est des rencontres qui sont retrouvailles

j’avance chaque jour davantage

en recul heureux sur le langage

je danse sur l’hiver aux abois

avec ses airs de ne pas y toucher

puisqu’il me dit que les oiseaux

témoignent de ce que l’on peut faire de soi

qu’il ne faut pas remiser ce qui flamboie

au fond d’un vase en bouquet

et que je n’aurai plus jamais froid

 

Barbara Auzou

2 réflexions sur “Heureuse faveur

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