La vie ouvrière

j’ai rêvé qu’on mélangeait sans effort

les choses et puis les gens

j’ai vu passer comme des plumes des enfants

vieillis trop vite couchés douloureusement

sous leurs paupières

d’autres restés dans la caverne de leur sang

sourire pourtant à l’enclume en ouvrant

l’égal flot à ce qui fuit

avec une telle façon de laisser aller

de laisser être que j’ai fait comme eux

sûre qu’il y avait là l’entière révolte

ample et sonore

et moi je te garde encore un peu

des heures gagnées sur l’hiver

leur parfum frais et puis l’huile de mes efforts

qui me fait au soir une flaque d’olive mûre

au fond des yeux

la nuit s’en mêlera bientôt

cernera le ventre du jour

de ses grandes cuisses lustrées

et la bête alarmée de mes pensées

l’amour à la main

s’en ira nourrir ses oiseaux

dans le goût du travail bien fait

 

Barbara Auzou

11 réflexions sur “La vie ouvrière

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