Les Mots-Peints: La Mémoire des Muses 9

Voici ma douzième collaboration avec le peintre Niala.

LA MEMOIRE DES MUSES 9 – 2016 – NIALA
Acrylique s/toile 41×27

 

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Le monde s’écroulait chagrin

Dans ses doutes jaunes.

Et la persistance de ses papiers de suie

Qui pavaient des lendemains

Au tamis d’un tapis tissé brun

Laissait le corps fragmenté et la gorge aphone

A la râpe sèche de son lin.

 

Tant de saisons noyées dans le lit d’anciennes sources

Masse de sang arrêtée à la veine paresseuse du temps.

Ondulations

Et vertiges verts du souvenir

Accrochés aux toits du monde comme du linge de maison.

 

 

Dans ce trop peu de ciel

Il fallut bien consentir

À perdre

Pour regagner

Des matins clairs foulés

À la bride des sabots de printemps

Battant la mesure au jardin surpris

Si avide d’éternel.

 

 

Et qu’opposer à l’asphyxie

Sinon la secrète alliance

La paupière d’écume à la hanche

Et l’étreinte rapprochée du redouté sablier

Au ventre d’un matin sur territoire conquis ?

 

 

Et le vivant règne sur le vécu

Comme un défi

 

Que le vent bat joyeusement.

 

 

 

Barbara Auzou.

« Quand Hitler s’empara du Lapin rose » de Judith Kerr.( a partr de 11 ans)

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Classique incontournable de la littérature anglaise, Quand Hitler s’empara du lapin rose raconte l’histoire d’Anna, une jeune allemande de neuf ans, qui vit à Berlin avec ses parents et son grand frère Max. Elle aime dessiner, écrire des poèmes, les visites au zoo avec son oncle Julius.
Brusquement tout change. Son père disparaît sans prévenir. Puis, elle-même et le reste de sa famille s’exilent pour le rejoindre en Suisse. C’est le début d’une vie de réfugiés. D’abord Zurich, puis Paris, et enfin Londres. Avec chaque fois de nouveaux usages, de nouveaux amis, une nouvelle langue.
Ce périple plein d’angoisse et d’imprévus est ensoleillé par la cohésion de cette famille qui fait front, ensemble, célébrant leur bonheur d’être libre.
Cette histoire, c’est celle de Judith Kerr. Elle signe avec Quand Hitler s’empara du lapin rose un roman autobiographique bouleversant, précieux témoignage de l’exil  et de la montée du nazisme à travers les yeux d’une enfant. Un roman inoubliable à lire à tout âge.

À partir de 11 ans.

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Éditeur : Albin Michel (02/05/2018)

Marcher à Kerguelen.(François Garde)

téléchargement (5)Pendant vingt-cinq jours, dans la pluie, le vent et le froid, en l’absence de tout sentier, François Garde et ses compagnons ont réalisé la traversée intégrale de Kerguelen à pied en autonomie totale. Une aventure unique, tant sont rares les expéditions menées sur cette île déserte du sud de l’océan Indien aux confins des quarantièmes rugissants, une des plus inaccessibles du globe.
Cette marche au milieu de paysages sublimes et inviolés, à laquelle l’auteur avait longtemps rêvé, l’a confronté quotidiennement à ses propres limites. Mais le poids du sac, les difficultés du terrain et du climat, les contraintes de l’itinérance, l’impossibilité de faire demi-tour n’empêchent pas l’esprit de vagabonder. Au fil des étapes, dans les traversées de rivières, au long des plages de sable noir, lors des bivouacs ou au passage des cols, le pas du marcheur entre en résonance avec le silence et le mystère de cette île et interroge le sens même de cette aventure.

Collection Blanche, Gallimard
Parution : 08-02-2018

Rimbaud à travers les dessins de Verlaine.

Un court documentaire dans lequel Yves Peyré, directeur de la Bibliothèque littéraire Jacques Peyré, présente un fond de dix-neuf dessins que les proches du poète s’échangèrent, entre 1873 et 1877, avant son départ pour l’Afrique. Un documentaire intitulé ‘Prélude au grand départ’, réalisé par Micheline Paintault, en 2006, pour SCÉRÉN-CNDP.

19mn.

Je n’appartiens pas à ce monde (5)…ou la pelle et la balayette…

SET_24752__C’est l’histoire d’un collègue de lettres qui avait depuis des années un pelle et une balayette dans sa salle de classe pour nettoyer de ses bons soins ce que lui aurait échappé des salissures après une heure de cours…

Or, ce même collègue un jour perdit ce précieux duo. Il en fit donc part à la gestionnaire de son établissement afin qu’elle l’approvisionne à nouveau .

Ne voyant rien venir, il s’enquit , au détour de l’achat de tickets de cantine, de la suite espérée donnée à sa demande…

Mal lui en prit:

-« Ah mais non , cela ne va pas être possible! »

-« Ah bon mais pourquoi? cela ne coûte rien du tout! »

-« Mais ce n’est pas la question! c’est une question de droit!!! »

-…………………………………………..?

-« Qui utilise la pelle et la balayette? »

-« ben c’est moi… »

-« Pouvez-vous me le certifier par écrit? Vous utilisez la pelle et la balayette et jamais vous ne faites exécuter la tâche par un élève, écrivez! »

Yeux de mon collègue sortis de leurs orbites, prenant congé….

ça pourrait être une histoire drôle…mais elle ne l’est pas.Elle est terrible.

À défaut d’une ligne directrice solide, les mesures abracadabrantes qui enlèvent à l’élève toute responsabilité de ses actes est alarmante.Et pour avoir été tutrice d’une jeune stagiaire l’année dernière (et mère d’une fille subissant l’ESPE qui est un laboratoire de soumission à la fonction) j’en vois les conséquences. Lors de sa visite par une formatrice pressée l’année dernière ma stagiaire avait eu le malheur de dire à un élève, pourtant du ton le plus tendre qui soit, « Louis arrête de rêvasser, tu vas encore te plaindre après que tu n’as pas le temps de finir »…Pendant 30 minutes après la visite , elle a subi un discours pontifiant, humiliant, bobo et sûr de sa bonne droiture sur la stigmatisation de l’élève dans ses failles…Le cours par ailleurs était très bon, l’empathie élèves-professeur aussi.

Et moi qui  me sens tellement faite pour ce métier, qui casse les élèves gentiment au point qu’ils m’ont demandé d’animer un club « réparties » ce jeudi, et qui leur donne aussi  ce que je suis et pas seulement ce que j’enseigne…Je dis que ce monde marche sur la tête.Et que les enfants ont davantage besoin de personnalités que de fonctions devant eux…

Je n’appartiens pas à ce monde.

Persistance du soleil.

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Et déjà à la bouche du soleil

on voyait que le temps avait passé

et qu’à la charpente de son corps de crevasses

le vermeil était depuis longtemps asphyxié

de poussières parsemées de noires souches

sans cri sans douleur au bois et sans retouche.

 

Comment aurions- nous pu alors ignorer

ce qui  frappait  à sa porte farouche

quand l’herbe brûlait à la lèvre blessée

et au talon nu du songe

sinon l’or sombre et cadencé de la voix

à l’aube accordée pour qu’il prolonge

l’envol des oiseaux de la mémoire

et l’intimidante protection des miroirs?

 

Mai, un matin de terre

à faire bon usage du lendemain et de son teint clair.

 

Et je reste à ce jour sans nouvelle des nuages.

 

 

Barbara Auzou.

 

 

A notre mesure…

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Nous étions de retour

et à l’herbe de notre regard

nous délimitions nos parcelles alentour

pour établir notre lieu rare

dans la faille du temps

comme des flèches d’eau vive

à l’acier d’un ciel trop lourd.

 

Nous avions retrouvé notre visage

évanoui dans de trop pâles images

et nous le vengions de son profil dur

en bâtissant de nos mains

une maison à notre mesure.

 

Complices encore au coeur des signes

comme un battement d’aile saugrenu

dans le vent du matin,

nous parlions bas nous parlions nu

et les champs bleus déliaient

paresseusement au renouveau de nos yeux

leurs grands corps de lin.

 

 

Barbara Auzou.

Ma maison est une oisellerie…

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Et voilà où ça nous mène quand on refuse de poser des cache-moineaux par sentimentalisme et qu’on se laisse gentiment piller sa laine de verre tout l’hiver…Au printemps ça nidifie comme en territoire conquis…Entre deux va-et vient nourriciers, il me semble que la  mère que rien en moi n’effraie (c’est chouette…) me remercie de son poste de vigie….