Etant donnée/ Michel Deguy

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Etant donnée toi par mes soins trilobée
Moi

Tige soignée, de tes mains
L’haleine requérant un mot qui t’invagine
Je est un autre je aimant celle-ci
Par celle-ci un autre je simulant le semblable

Etre un être qualifié comme un enfant

Bordé d’attributs de ta bouche
Aimant la supplication des langues remuantes
Le contrevent des faces liées à contre supplice
Ou la greffe de délices quand ton dos me regarde

Le poignet gauche évidait l’aine
L’étang nu de la sueur fraîchissait

T’ai-je abandonnée

Moi l’axe de l’assise

Toi le jardin suspendu

Poétisthme. un appel à contribution pour une respiration poétique…

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 A l’occasion de la semaine mondiale pour le climat (du 20 au 27 Sept.), l’idée d’un numéro spécial (qui serait publié fin Septembre – courant Octobre) consacré à l’exploration d’une poésie capable d’être le trait d’union entre la Terre et l’Homme, a jailli en moi.
Conscient que je vous ai déjà sollicité pour le prochain numéro (prévu pour la fin de l’année) consacré au thème de la TERRE, je ne veux pas faire de redite thématique et c’est pour cela que j’insiste sur le fait qu’il s’agira là d’une méditation (réalisée par l’écriture de poème, non pas par un travail théorique à proprement dit, il s’agirait plus ici d’une « théorie-pratique ») plus large sur la poésie et sur l’importance que peuvent avoir les mots dans notre prise de conscience du Tout que nous formons.
C’est en réalité une première expérience de ce que serait le « poétisthme » s’il était une « langue » (plutôt une forme d’expression) clairement établie.
Est-ce que ce projet vous intéresse? A-t-il un intérêt quelconque selon vous? Merci d’avance à vous tous pour votre temps.
Si cela vous intéresse, je laisse en pièce jointe des pensées amérindiennes (qui ne manquent pas de poésie d’ailleurs), qui pourront peut-être vous inspirer…
P.S. : Je suis bien conscient que cet appel est quelque peu original et audacieux. En revanche, il n’est aucunement partisan, l’intérêt est moins de prendre position que de formuler une position poétique face aux défis, autrement dit réfléchir sur ce vieil adage d’Hölderlin qui ne cesse de donner du grain à moudre : « habiter poétiquement le monde »…
Poétiquement,
Loan Diaz

J’ai envoyé 3 textes…
A vos plumes…

Un monde habitable

ombre parcellaire

Excentrique doucement

Garant toujours

De mon ombre parcellaire

De mon enfance de cailloux

Et de ses moindres tourments

Tu as creusé au trépan  une goutte d’eau

Pour faire un monde habitable

Avec les muscles et les tendons

Avec les genoux et le dos

Rond de l’amour

 

Née du péril de ta main érigée en portique

J’ai franchi un bras de mer

Qui me reconstruit avec le sable

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2019/49 « LES TERRIERS III »

Voici « LES TERRIERS III » le quarante-neuvième de cette nouvelle Epoque 2019 avec le peintre Niala.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires et vos like. (La parution de L’Epoque 2018 est en cours aux Editions Traversées. Prévision : fin novembre.)

les terriers 3

L’EPOQUE 2019/49
« Les Terriers 3 »
Niala
Acrylique s/toile 60×60

 

Du destin et de ses légendes

Descendent l’algèbre et le feu

L’amour dans l’attente de l’amour

Et les ténèbres jetés sur l’humanité

En sa terrible immanence.

Moi, j’allais pour vous attendre

Et vous toucher au-delà du possible

Quand j’ai vu dans tes yeux

Qu’il n’y avait pas une once de vérité

Dans l’amertume et qu’il me faudrait

Tailler un creux dans l’intime et à l’enclume

Pour saisir un jour la sensible

Architecture de ton épaule qui me frôle.

Ce fut facile d’endosser ce rôle

De l’enfant libre et sans âge

Devant le leitmotiv de la reconquête humaine.

Alors j’ai peint au mur à découper la veine

Du mot à jamais manquant

Celui que tu cherches depuis longtemps

Et j’ai nommé la fleur silencieuse de ton visage.

J’ai posé claires la chair et ses extravagances

Au milieu d’onduleuses branches

Et des ifs au seuil pour figurer nos seuls dieux.

 

Ensemble nous rions encore de les voir s’éprendre de tes hanches.

Barbara Auzou.

 

Viens comme tu es

viens comme tu es

Viens comme tu es

puisque nos chairs sont ainsi

faites de ce surplus d’histoire

qui tient tant à la répétition

et au fantôme assis

de toutes les fleurs dans leur défaite

Je garde au cœur l’aile de tes jardins

et dans le parfum de mon armoire

dort l’oiseau envolé de tes quartiers

qui a bâti sa maison dans mes mains

et dans le germe gonflé de mes chansons

 

Barbara Auzou.

 

 

Oui je sais/ Jean-Pierre Siméon

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Oui je sais que
la réalité a des dents
pour mordre
que s’il gèle il fait froid
et que un et un font deux

je sais je sais
qu’une main levée
n’arrête pas le vent
et qu’on ne désarme pas
d’un sourire
l’homme de guerre

mais je continuerai à croire
à tout ce que j’ai aimé
à chérir l’impossible
buvant à la coupe du poème
une lumière sans preuves

car il faut être très jeune
avoir choisi un songe
et s’y tenir
comme à sa fleur tient la tige

contre toute raison.

Le passage

 

Brassaï/ La balançoire

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Et ça recommence

Tu tombes Je pense

On creuse On ponctue

Les corps On double

Les ombres

On change de décor

On renaît derrière soi

Au bleuet de l’âge

Le vent au creux trouble

L’aisselle La douceur

Du foyer Veillée nue

Sous la lampe Soie

De la main dans les cheveux

Toute petite qui encièle

Les regrets dans la luzerne

Ouverte au passage

 

Barbara Auzou.