Automne XIX

automne 18

Les marrons tombent droit et sans trêve sur un rouge tambour végétal

Il y a des modulations de forêts obstinées dans l’élan

Qui campe mon souffle et le vent s’y est glissé en silence

Avec son panier de retrouvailles

Ses bogues éclatées de terres natales et ses rêves

Contre lesquels doucement mon ombre diminuée

Se balance comme un printemps en sandales

 

Barbara Auzou.

 

 

Autrement III ( Déjà publié)

voix

J’ai reculé

Devant tes mots jetés

à la verticale dans un vent qui s’était tu

Un langage inconnu se tissait sur le ciel exigeant et je craignais

les marées se brisant toujours plus loin sur les terres

Éteindre le verbe disais-tu    Et brûler l’emphase

pour faire naître les voix singulières  sœurs du ventre  bouches retenues

et sources salutaires d’une lumière qui restait à venger

Je suis venue tremblante comme on ouvre les cages sévères

d’un cri rentré sur une voix naissante

Et j’ai cassé la phrase

Pour te plaire un peu

Depuis il pleut des mots orange

que récupèrent des oiseaux dans l’extase de leur vol

 

Barbara Auzou.

Brigades d’intervention poétiques/ J3: Un peu de poésie chantée…

Un peu de douceur et de Brassens avant …le cross du collège

 

 

Philistins

(Poème de Jean Richepin)

Philistins, épiciers
Tandis que vous caressiez,
Vos femmes

En songeant, aux petits
Que vos grossiers appétits
Engendrent

Vous pensiez, Ils seront
Menton rasé, ventre rond
Notaires

Mais pour bien vous punir
Un jour vous voyez venir
Sur terre

Des enfants non voulus
Qui deviennent chevelus
Poètes

L’offrande/Jean Bouhier

jean bouhier
Je n’étais pas venu les mains vides

Dans ma paume tendue

L’amour avait gardé le dernier battement

D’un coeur où vous saviez retrouver votre nom.

 

Né(e) à : La Roche-sur-Yon , le 24/02/1912
Mort(e) le : 03/12/1999
Biographie :

Jean Bouhier est un poète français, auteur de nombreux recueils.
Après ses études secondaires au lycée de La Roche-sur-Yon, il suit des études de pharmacie à la faculté de Nantes, un temps durant lequel, il sera rédacteur de la revue La Bohême. C’est à Nantes qu’il rencontre et se lie d’amitié avec un petit groupe dont il partage la passion de la poésie, en particulier Michel Manoll et René-Guy Cadou.
Monté à Paris, où il s’est inscrit en biologie à la faculté de La Sorbonne, il en profite pour fréquenter les milieux littéraires de la capitale.
En juin 1939, réfugié à Rochefort-sur-Loire, il fonde l’École de Rochefort en 1941 avec le peintre Pierre Penon, un mouvement poétique auquel se rallièrent très rapidement René Guy Cadou, Michel Manoll, Marcel Béalu, Jean Rousselot, Luc Bérimont, Yanette Delétang-Tardif, Gabriel Audisio, et bien d’autres par la suite.
Après la guerre, il devient journaliste, se rapproche du parti communiste, et il est élu maire de la commune de Fay aux Loges sur les bords de Loire.
Enfin en 1973, il s’installera à Six-Fours-les-Plages au bord de la mer Méditerranée, ne cessant jamais d’écrire et de publier.

 

 

 

 

Automne XVIII

automne 18

J’ai creusé le ventre

Sur le jour blême

De ma robe illusoire

Ne reste que le pantalon

Fendu au fil de l’heure

Qui tombe sur le lavoir

De la saison. Dites-moi

Que quelque part la fanfare

Égarée des amours reprise le bras

Du beau temps et qu’on entre

Dans l’été par l’absolu féminin du poème

 

Barbara Auzou.

 

Ce n’est rien II (dernier ratage)

 

dernier ratage

Le temps s’incline

Dans une confusion de sons

De feux et d’ailes et l’on devine

Ce qu’on voulait éternel

Derrière des moignons de murs

Le liseron heureux figure

L’emplacement de l’ancienne maison

Un ventre à l’abandon tressaille dans sa brique

La matrice sans écart d’un vieux portique

Pleure son envergure perdue On entend un poème

Rendre la réalité de sa musique sur le revers d’un talus

 

Barbara Auzou.

 

Ce n’est rien (ratage)

ratage

Le corps chancelle

Sous un excédent de bagages

Dans un jour sans tentation

Soudainement avorté de son ciel

Il pleut et je ne sais plus où est ma maison

Je rêve d’une eau boxée qui réapprend à dire mon visage

Nu d’avoir donné et qui ferait l’ombrelle d’un balcon

Pour demain

Afin d’y bercer l’enfant mort-né

 

Barbara Auzou.