Deux romans graphiques pour raconter la guerre et l’exil.

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Ça commence par une enfance en Syrie. difficile ici de ne pas penser à Riad Sattouf et à son « Arabe du futur ». Cependant, la comparaison s’arrête aux premières pages. Car Hakim nous embarque dans son existence à lui, celle d’un jeune syrien rêvant d’un avenir radieux dans un pays qui bascule dans la guerre. Aîné de sa fratrie, il part d’abord au Liban, puis en Jordanie, enfin en Turquie. C’est là que s’arrête le premier tome de ce lon²g voyage, mis en dessin par Fabien Toulmé. Une histoire vraie qui met un visage, une trajectoire, sur ceux qu’on appelle, de façon distanciée et indifférenciée, les migrants.

« L’Odyssée d’Hakim, 1.de la Syrie à la Turquie » de Fabien Toulmé. (Encrages/ Delcourt, 304 p)

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c’est un récit croisé entre deux espaces-temps, avec l’amour pour fil conducteur. Le premier se situe dans l’Allemagne contemporaine et met en lien Karsten, un jeune Allemand, et Neyla, une réfugiée syrienne. Le second déroule une passion au pied des bouddhas de Bâmiyân, en Afghanistan, en 1939, entre deux femmes aventurières éprises de liberté. avec son trait reconnaissable entre tous, Zeina Abichared pose son noir et blanc net et graphique sur la plume de Mathias Énard qui s’aventure pour la première fois en terrain dessiné.

« Prendre Refuge » de Zeina Abirached et Matthias Énard. Casterman, 399p.

Année scolaire 2018-2019.

Je m’apprête à faire ma 26ème rentrée en tant qu’enseignante…Mais ma 47ème en tout…Vous me direz, ce n’est qu’une question de place par rapport au bureau et pourtant non, je suis rarement derrière le bureau, plus d’estrade et des îlots de travail dans ma salle de classe et puis un autre look qu’à 4 ans…Terminé les chaussettes jaunes sur les mollets grassouillets et les couettes coupées depuis très longtemps! Ce qui perdure finalement ce doit-être le même genre de sourire de rentrée scolaire….

barbaraCette année, pas de changement par rapport à l’année dernière, sauf bouleversement de dernière minute: j’aurai  donc une sixième, deux quatrièmes et une troisième

Aussi mes préparations sont bien rodées pour l’essentiel même si chaque année j’y apporte quelques changements et que je fais de nouvelles tentatives. Je publierai demain mes progressions pour les trois niveaux car mon tableau de bord wordpress m’indique depuis quelques jours que le pédagogique est à nouveau consulté, la rentrée approchant…Toutefois, je tenais à signaler ce blog fabuleux pour les enseignants de français: Le Fil de Laure.

Les projets:

En 6ème:

Cette année mon établissement accueille une quinzaine d’enfants de l’IME d’un village voisin. Une salle leur est dédiée, tout près  de ma propre salle 128. Ils s’adapteront à leur nouvel environnement et les échanges devraient s’installer progressivement entre ces enfants porteurs de handicaps et nos élèves. J’ai évidemment très envie qu’ils viennent dans ma classe de sixième et de pouvoir susciter le lien et le partage. À suivre donc, pour des échanges théâtraux sans doute.

En 4ème: Je reprends l’idée de mon ami Pierrick et je vais faire rédiger aux élèves des journaux intimes de personnages fictifs pendant la révolution.

En 3ème: j’ai rempilé avec la compagnie Naxos théâtre .

J’avais travaillé sur l’adaptation du journal d’Anne Frank l’année dernière avec eux et beaucoup apprécié leurs interventions. Ils interviendront cette année auprès de ma classe de troisième pour une adaptation du Marchand de Venise de Shakespeare.

CaptureJe tiendrai donc une chronique de cette expérience sur ce blog. Cette initiation théâtrale sera intensive puisqu’elle s’étalera sur sept semaines seulement. Mais cette année je ne suis pas seule! Ma jeune collègue d’anglais s’intégrant au projet, cela devrait permettre une plus grande souplesse pour les horaires d’intervention.

Et puis toujours et pour la 21ème année: 

Je reprends l’atelier poésie sur la plage méridienne. Mais deux heures seulement au lieu de quatre l’année dernière car c’était vraiment très lourd. Je n’ai pas encore prévu le thème car beaucoup de nouveaux élèves plus jeunes devraient s’inscrire cette année. Une pensée pour mes grands qui m’ont suivie quatre années consécutives et qui feront leur entrée au lycée… (Achille, Gwenaïs, Jade, Lucie, Marie, Ronan…)

Et comme chaque année je m’autorise à être une « découvreuse de talents » et à proposer des écrits à des concours de langue française…

C’est parti. Ci-dessous le t.Shirt de foot (ils ont beaucoup d’humour!!!) que les élèves m’ont offert il y a deux ans et qui m’attend accroché au tableau…

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Peppo De Séverine Vidal.(roman ado.)

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Séverine Vidal est née en 1969. Après des études de lettres, elle devient professeur des écoles. Depuis la rentrée 2011, elle se consacre à l’écriture à plein temps. Son premier livre jeunesse est paru en 2010 chez Talents Hauts. Elle écrit des romans pour adolescents (Le Rouergue, Grasset, Oskar), des BD, des albums (Sarbacane, Frimousse) et des textes pour la presse. Elle est l’auteure de « Nos coeurs tordus » (prix Gulli 2017), écrit avec Manu Causse, et paru chez Bayard en mars 2017.

Description

Salut mon frère
Je pars à La Jonquera.
Occupe-toi des petits.
Je reviendrai.

Elle a déconné, Frida.
J’ai déjà du mal à m’en sortir quand j’ai que moi à gérer, alors je comprends pas comment elle a pu croire une seconde que je pourrais faire ça. Tout seul.

Je sais même pas comment on chauffe un biberon.
Mettre une couche dans le bon sens.
D’ailleurs tout le monde le dit toujours, et Tonton Max en tête : Pëppo t’as pas de bon sens.

Je suis coincé.
Pëppo, mon gars, t’es coincé. Gravement.
Et tout ce que tu vas faire, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au retour de Frida, tu le feras deux mômes sur les bras.
Ou dessous.
Je sais même pas comment ça se porte des bébés.

Il y a de la grâce dans cette comédie douce-amère, irrésistible de drôlerie. Un art de la légèreté et de la gravité mêlées, une singulière fantaisie, une poésie de la déglingue quand tout se barre en sucette mais que la vie est là, malgré tout, et la tendresse, et l’amour. ­Séverine Vidal construit un monde en quelques phrases, un camping à la ramasse, du côté des laissés-pour-compte. Quelques traits suffisent pour faire vibrer les personnages. Et puis il y a Pëppo, qu’on appelle « le piaf », cervelle d’oiseau et cœur d’artichaut, toujours un peu à côté, sur sa branche. Inoubliable. Abandonné depuis longtemps par ses parents, le jeune ado se trouve brusquement en charge des jumeaux de sa sœur, des bébés dont il n’a pas le mode d’emploi. En l’espace de quinze jours, sa vie va exploser. Le lecteur s’amuse, le texte court, ajusté au millimètre, mais l’histoire petit à petit se resserre, les émotions se bousculent. Et l’on referme le livre les larmes aux yeux, bouleversé, ébloui par ce petit miracle de justesse et d’équilibre.

A partir de 13 ans.

Ed. Bayard, 176 p.

 

 

| Dès 14 ans, éd. Bayard, 176 p.,

 

Remise du prix de la jeune nouvelle historique.

J’accompagnais cet après-midi mon élève, Pauline, à la remise de son premier prix pour la jeune nouvelle historique. Pour rappel, son texte « Et pourtant on avait l’espérance » est ici. Elle a reçu un chèque une bande dessinée historique dédicacée, plusieurs exemplaires de sa nouvelle et plusieurs recueils collectifs regroupant les nouvelles adultes et la sienne dans la catégorie des moins de  dix-huit ans…Et un autre cadeau que j’ai trouvé extraordinaire pour ma part…

Quatre lauréats dans la catégorie adulte, venant d’autres régions pour trois d’entre eux:

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Et puis Pauline est appelée.

Et la présidente du jury lui demande comment elle est venue à l’écriture. Je lui envoie mes yeux implorants mais trop tard, me voilà dix secondes plus tard auprès d’elle à répondre aux questions et à poser pour les journaux. (je m’aperçois seulement à cet instant que j’ai toujours mes sabots bleus aux pieds..)..Mais le cadeau extraordinaire le voici:

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Le boulanger est un artiste et lui offre un pain géant qui porte le titre de sa nouvelle!

Je repars moi aussi avec un exemplaire de sa nouvelle et un recueil collectif:

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Je me suis éclipsée discrètement pendant le pot (suis sauvage…) après que l’on m’ait demandé si je voulais devenir juré littéraire (euh non) et si j’étais intéressée pour animer un atelier de réhabilitation scolaire par l’écriture (c’est une belle idée mais ..). J’ai fini par dire avec le sourire qu’il fallait que je rentre parce que j’avais un poème sur le feu…

En tout cas, Bravo à toi Pauline. La sensibilité dont ton texte fait preuve a largement creusé la différence.

Florida de Jean Dytar.(Roman graphique.)

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Résumé

Après les miniatures persanes et la peinture du quattrocento, Jean Dytar cède à la magie de la cartographie et ses promesses de découvertes. Il saisit l’occasion pour présenter avec subtilité sa carte de l’âme humaine.

Fin du XVIe siècle. Jacques Le Moyne, jeune cartographe, intègre une expédition française

 pour la Floride. Le projet, initié par les Huguenots, est un échec. Une fois installé à Londres avec sa famille, Jacques ne confie son expérience à personne, pas même à son épouse. Mais de nobles anglais rêvent d’un avenir colonial pour l’Angleterre et sont prêts à toutes les manipulations pour y parvenir

 

 

 

Rester debout de Fabrice Colin.

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1933 : en Allemagne, Hitler accède au pouvoir. Petit à petit, la menace se précise et des rumeurs circulent, auxquelles aucun Juif ne veut croire. Puis c’est la guerre, les premières rafles – et, à cet instant, il est déjà trop tard. Internée à Auschwitz-Birkenau avec sa mère et sa sœur aînée, Simone doit se battre, pour elle et pour les autres. Bientôt, son courage, sa force, sa volonté serviront d’exemples à travers le monde. À jamais survivante, définitivement libre, elle sera prête, alors, à livrer d’autres combats.

Rester debout, c’est l’histoire de la femme la plus populaire de France qui, à la veille de sa mort, se remémore, à travers les brumes d’une longue rêverie féconde, ses premières années. Mais c’est d’abord la chronique d’années tendres et heureuses, le récit d’une enfance qui, malgré la crise et les préjugés, commence sous le signe de l’harmonie familiale – avant, insidieusement, de basculer vers le drame.

À partir de 13 ans.

Paru le 28/03/2018 aux Editions Armand Colin.

 

La peau de mon tambour de Marie Sellier (15 ans et +)

CVT_La-peau-de-mon-tambour_6909Le titre indique déjà l’idée de tension et de vibration. La Peau de mon tambour dit la trajectoire de zoé, adolescente fragile, d’un été à l’autre. De la brûlure du premier à l’éclat du second.Traversée de turbulences entre l’enfant qu’elle n’est plus et l’adulte qu’elle n’est pas encore, bousculée par une mère à la dérive, injuste et agressive. Comment se construire lorsqu’on est constamment dévalorisée? Zoé voit son univers se transformer autour d’elle-sa grand-mère adorée lui semble soudain vieillie, son cousin lui échappe. Alors elle fond, se dilue, s’évapore. Marie Sellier la regarde de loin comme au plus intime, passant de la deuxième à la troisième personne du singulier, longue et courte focale constamment mêlées. son roman est physique, attentif aux sons et aux odeurs, au plus près des corps, pour mieux approcher l’âme.L’ambition littéraire et poétique de ce roman, son exigence, mais aussi son incarnation puissante, transcendent ainsi la rudesse du sujet. Au bout du compte, c’est la lumière qui l’emporte.

D’après un article Télérama-livres.

paru le 21/03/2018.