Atelier poésie (Séance 8)

Quelques poèmes d’élèves écrits ce midi…

 

Deux têtes à la fenêtre

deux tetes à la fenetre chagall

Vois les anges

Dormir dans notre bleu

Le baiser que je t’ai décoché

A fait coucher la nuit

Et l’eau dans le même lit

Le rideau de la vie

S’est ouvert pour nous laisser passer

 

Thomas, 6ème

 

 

Au terme d’une nuit enchantée

Fougueuse une étoile s’est couchée

Au flanc de notre lit

Sous la caresse elle nous promit

Même de traiter la lune comme une égale

 

Léonce, 6ème

 

 

Tes yeux d’eau plissée

Sont sans nombre

Si bien que je cueille l’éternité

Au coin de tes lèvres multiples

En te contant l’histoire des hommes

 

Lina,6ème

 

 

la danse

La danse envahit la vallée

Mariées à violons bouquets à chanter

Frappe les oreilles frappe les esprits

La nature s’amuse avec eux

Des fleurs fleurissent peu à peu

Comme on s’envole

 

Lina, 6ème

 

 

L’ âme du taureau

S’exile dans un bouquet

Pour se jeter aux pieds

D’une déesse subtile

Qui tient le violon du jour

Le coq reprendra à son tour

Son périple à l’aube

 

Alice, 5ème.

 

Les femmes dénudées 

Dédient leur amour

Au poisson enchanté

Ou au coq bijoutier

Tour à tour

Accepte, hybride violoniste

Le bouquet de mère nature

Le murmure des cheveux lourds

 

Thomas, 6ème

 

 

Balayée la structure

Du ciel fait danser

Ses couleurs Un couple

Vole et accroche 

Des énigmes sur les murs

L’appétit du monde

Avance sur un cheval échevelé

Dans la doublure du vent

 

Louhann, 5ème

 

 

 

 

 

Atelier poésie: Séance 7

Quelques poèmes d’élèves…

le coq

Comme eux

Belle demoiselle

Nous emprunterons

La barque et les yeux

Des amoureux

Sur la crête des jours

 

Camille, 6ème

 

 

Et c’est comme une chanson

Gloire gloire au lever du jour

La bataille est remportée mon amour

Arrimons nos barques au lac de nos visions

 

Lina, 6ème.

 

 

Seule avec ma créature

Je regarde les mortels

Solitaires sur le tortueux chemin

De leur vie ramer sans s’arrêter

Et toi tu veux me sauver

Et tu me peins des barques enchantées

À faire crier la toile

 

Alice, 5ème

 

 

l'anniversaire

Souvent 

Quand le temps emporte le soleil

Tu nages dans mes souvenirs

Mer infinie de mélancolie

Solitude et tristesse sont mon seul royaume

Quand de nouveau ma merveille tu es 

À mes côtés les portes solidement fermées

S’ouvrent à nouveau sur un jardin

Et t’offrent l’amour en bouquets

 

Alice, 5ème

autoportrait a sept doigts

La lumière éclaire mon esprit

J’ignore depuis combien de temps je suis là

À peindre la vie et le nénuphar de mon costume grandit

Sous le pinceau de mon imagination

Et avec la complicité des étoiles

Longs sont les mois courtes les années

Sept fois j’ai recompté les couleurs caressées

Offertes à la toile

 

Alice, 5ème.

 

 

Il faudra bien sept doigts

Pour badigeonner sa vie

Des bottes de sept lieues pour relier

Paris à la Russie

Et le costume fleuri d’une apparition

Pour te faire une maison Bella

 

Léonce,6ème.

 

 

Si seulement

J’avais sept yeux

Bella

Si seulement

J’avais sept doigts

Pour pouvoir te peindre

Si seulement je pouvais t’étreindre

De mes visions

Du poignard de l’exil

Je ferais le jardin de ta maison

 

Thomas, 6ème.

 

la danse marc Chagall

 

Chante beau taureau

Les femmes éclatent de beauté

T’offrent des bouquets dénudés

Et la lumière ocre glisse sur ta toile

Et sur les choses Tu peux contempler

Le monde d’un œil fin et bienveillant

Tu es le garant de la beauté

 

Léonce, 6ème.

 

 

 

Atelier poésie : 4ème séance

Deux nouveaux tableaux de Chagall aujourd’hui…Et quelques-uns des poèmes d’élèves…

 

Sous les fenêtres de Paris…chagall-paris-par-la-fenc3aatre

Sous les fenêtres de Paris 

flottent les neuf vies

des chats ravis

Madame et Monsieur

défendent le fruit de leur amour

devant la grande tour la belle Eiffel

qui fait du ciel l’enfer ou le paradis

au gré de ses envies

Souvent elle erre inquiète

devant les immeubles en béton

cherchant son chat occupé

à guetter le prochain train

qui passera au matin 

en dehors de ses rails

 

Thomas 6ème.

 

 

Dans l’ atmosphère joyeuse et onirique

Du grand Paris de l’art où se concentrent passé

Et avenir flottent hommes et femmes 

Sous les yeux méfiants de chats hybrides

Qu’a enfanté la dame de fer comme on enfante

l’amour par peur du vide

 

Suzane, 5ème.

 

 

Il observe la Tour Eiffel

l’homme aux deux visages

Il observe Paris

Le peintre aux deux pays

Et puis le drapeau du ciel

aux teintes tricolores

La seine coule lentement

sur des rails disjointes

Il s’endort dedans 

sans une plainte

 

Léna, 6ème

 

 

Viens ma belle

Nous dormirons dans des nuages moelleux

C’est ici qu’est notre avenir

Nous vivrons heureux

Dans cette bulle qui scintille

Dans la chute libre des sens

De ce Paris en délire

 

Camille, 6ème.

 

Au dessus de la ville

over-the-town-1918

Vers l’inconnu vole suspendu

un couple uni pour la vie

L’église endormie veille

sur la chèvre déboussolée

Un arbre enchanté

grimpé sur le soleil

nous accueille serrés

Gît au sol le poignard renversé

de chaque jour sans patrie

 

Thomas, 6ème

 

 

Valse infernale

et tendre Vive voltige

au-dessus des frontières

C’est quand on quitte une terre

qu’on trouve le nid idéal

Je te peins notre envol

et toutes les fleurs droites

sur leur tige

 

Léonce, 6ème

Atelier Poésie: deuxième séance

La séance a commencé par le visionnage de cette courte vidéo

Certains élèves travaillent toujours sur Le Violoniste Bleu

le violoniste bleu

Pour faire disparaître la blessure 

Qu’abrite son cœur

Un homme musical

Joue du violon dans la nuit sombre

C’est la seule chose capable de contenir ses larmes

Car son amour tant attendu n’est jamais revenu

 

Louhann, 5ème

 

 

La lune commence à poindre

Survol de petites maisons

Par un homme grand de son violon

Qui retient son souffle

Pour ne pas réveiller sa bien-aimée

Et se demande comment dans son sommeil ailé

Il peut la rejoindre

Eléa, 5ème

 

 

D’autres sur Le Cirque bleu.

téléchargement (8)

Assoupie au bord d’une rencontre

La femme est dans le piège de son rêve

Un poisson un bouquet d’arêtes

À la main s’approche pour le lui donner

Un cheval d’eau par la fenêtre 

Lâche un poulet et partout

On joue du tambour 

pour battre le tempo

 

Thomas, 6ème

 

 

Dans une cascade d’étrangeté

Tombée d’un cirque de mélancolie

Un poisson à quatre bras se noie

Dans un flot de musique

Un vert cheval très mystique

Contemple avec enthousiasme

Au coq battant de son cœur

Le salto amoureux de la gymnaste

 

Léonce, 6ème

 

 

Au fond de l’océan

sans dessus dessous

une acrobate nage avec ses compères

les poissons sous les yeux

méfiants d’un critique fondu

dans le public

qu’éclaire une lune concentrée

sur l’air du violon 

 

Suzane, 5ème.

 

 

Dans les coulisses du chapiteau

Sous les regards indiscrets

Moi simple trapéziste

Je rêve d’une vie meilleure

Et je fais mon entrée

Les yeux fermés sur cent chevaux

Sur l’éclat d’un ciel indigo

J’ai des poissons au cœur

Aptes à redonner des couleurs

À tous ces gens morts dedans

 

Alice, 5ème

 

 

La lune joue de son instrument de carton

Tristement dans son coin car l’animal de l’eau

Lui a volé son violon pour des sanglots longs

Vert le cheval aux yeux remplis d’amour

Mesure les jours qui le séparent de l’oiseau

 

Lina, 5ème

 

 

La lune cette nuit 

A bien veillé Lili

Marc visionne le clou

Du spectacle au coq

Affolé de son cœur

Et son cheval ronronne

 

Léonce, 6ème.

 

Atelier poésie: première séance

C’est prise en otage dans ma propre salle par seize élèves (14 filles et 2 garçons) venus s’inscrire et considérant qu’on pouvait commencer dès aujourd’hui que la première séance de l’atelier poésie s’est tenue…Pensant qu’il était plus judicieux de reporter pour l’instant la vidéo sur Marc Chagall et de les laisser s’exprimer d’abord, je leur ai offert ce premier tableau:

Le Violoniste Bleu:

le violoniste bleu

Les élèves:

La lune est pleine et la violoniste est Seine

(La violoniste était une fille mais seul l’oiseau le savait)

Le village s’endormait sous l’œil vigilant de l’abbaye

Et les fleurs caressaient ce très bleu si bleu que même la mer

En était jalouse et cette chaise qui volait était un hamac

Qui se disputait en silence avec le ressac

 

Léonce, 6ème

 

 

Il jouait quand il s’ennuyait

Il rêvait sous l’œil de l’oiseau chanteur 

Il était aussi compositeur

Il présentait son art tous les soirs

Toujours perché sur sa chaise

Au-dessus des nuages 

Il jouait à son aise

On ne sut jamais son âge

 

Lina, 6ème

 

 

Chaque nuit de pleine lune

Il fait fuir les âmes prédatrices

Berce petits et grands de sa musique

Dieu sait à quoi il ressemble 

Mais tous l’aiment et le remercient

Au matin quand le soleil jette

Sa première bissectrice

Dans la nuit bleue on peut voir

Un oiseau marié à un bouquet de fleurs

La légende dit qu’ils flotteraient

Au-dessus de nos villages pour nous initier

 

Suzane, 5ème.

 

 

Quand il joue au clair de lune

Il ne voit plus le temps passer

Les fleurs rouges dansent dans le vent

Et les rares oiseaux encore debout

Viennent le saluer puis s’éloignent

Au loin dans la brume épaisse

Les lumières s’éteignent

Quant à moi je reste assise là

L’aimant en secret

Et mon cœur saigne

 

Alice, 5ème.

 

 

Je joue du violon

Je suis une fille en pantalon

Un rien m’habille

Les étoiles scintillent

Assez pour accrocher

Aux yeux des enfants

Des fleurs tous les printemps

 

Camille, 6ème.

 

 

Au clair de lune

Un oiseau vint se poser

Sur l’épaule d’un violoniste

Lui- dit-il quelque chose de triste

Pour que son tabouret se mette à flotter?

Puis vint se poser un oiseau bleu un peu artiste

Sur le pantalon du joueur de violon

Et le son du violon ne fut pas long à s’estomper

En même temps que la lune s’éclipsait

Vers l’aube tentatrice

 

Thomas, 6ème

 

 

 

 

Lettre de fin d’année à mes élèves

JACK LANG

Alors même que se tiennent les derniers conseils de classe ( que vous ne craignez plus et vous avez bien raison- ils ne sont plus là depuis longtemps pour décider de votre avenir, et tant mieux ,-tout au plus répondent-ils à un simulacre hautement psychologique entre gens hautement bien attentionnés) et que certains d’entre vous désertent déjà mes chaises aux pieds qui se dévissent pour votre plus grande joie, je vous adresse ma lettre de fin d’année….

Je dois vous avouer que cette année ( est-ce mon demi-siècle enfin atteint? Merci pour les mouchoirs que vous m’offrîtes (Non, K, ça ne se mange pas..) et dans lesquels j’ai pleuré de joie mon accession à cet âge canonique) j’ai été fortement marquée par la double injonction contradictoire dans laquelle vous êtes constamment maintenus ,à savoir:

-Appartenir à un groupe quel qu’il soit

-Exiger un traitement individuel au sein de ce même groupe

Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous? Eh bien si…

Car si l’envie d’appartenir à un groupe est fort normal, peu nouveau et rassurant à votre âge, vous devenez si tendus vers ce seul désir qu’il mobilise chez beaucoup d’entre vous l’intégralité de votre énergie, n’en laissant aucune part pour l’apprentissage. Je vous avoue que c’est assez effrayant ce vide qui s’installe en vous dès que les regards se posent ailleurs…

Dîtes-vous bien que même s’il peut-être source de belles rencontres, le groupe classe est artificiel et que vous aurez l’occasion de découvrir qu’il en est de même pour tous les groupes ou presque, vous qui êtes friands des grandes ferveurs populaires dont vous ignorez tout.

Et pourtant à l’intérieur de ce groupe si revendiqué, chacun d’entre vous réclame son traitement individuel, parfois justifié, ne pensez pas que je mets là en question les besoins scolaires spécifiques de certains, mais chacun revendique et s’invente des droits en oubliant ses devoirs…

Alors, à K qui me proclame son idole et déclare que l’amour fugace se mange chaud avec des lardons, à L qui me demande des nouvelles de mes pieds de tomates tous les matins, à mes glousseuses de quatrième, à mes sixièmes qui apprennent Molière plus vite que leur ombre, à Kimi, et à tous les autres, je vous souhaite un bel été.

Apprenez à ne pas croire tout ce qu’on vous dit (hormis la parole de vos professeurs bien entendu!) et je réitère: non, tout ne se vaut pas!

Puisse cette douce sensation d’exister pleinement comme un être unique qui ne répond à aucune injonction de mode de cette société qui ne vous veut pas que du bien vous saisir bientôt…

« Impose ta chance, serre ton bonheur, et va vers ton risque.

À te regarder, ils s’habitueront »

René Char.

Votre professeur de français, (non, pas Âgecanonix, K..)

Madame Auzou.