Les cahiers de vie en sixième…

C’est la troisième année que je demande dès le premier jour à mes sixièmes de décorer à leur image ce que j’appelle un « cahier de vie ». C’est leur endroit de liberté et d’expression libre et mon encre rouge y est interdite…L’élève est appelé à s’en saisir dès qu’il a terminé une activité par exemple…Voici quelques cahiers déjà décorés…

Année scolaire 2018-2019.

Je m’apprête à faire ma 26ème rentrée en tant qu’enseignante…Mais ma 47ème en tout…Vous me direz, ce n’est qu’une question de place par rapport au bureau et pourtant non, je suis rarement derrière le bureau, plus d’estrade et des îlots de travail dans ma salle de classe et puis un autre look qu’à 4 ans…Terminé les chaussettes jaunes sur les mollets grassouillets et les couettes coupées depuis très longtemps! Ce qui perdure finalement ce doit-être le même genre de sourire de rentrée scolaire….

barbaraCette année, pas de changement par rapport à l’année dernière, sauf bouleversement de dernière minute: j’aurai  donc une sixième, deux quatrièmes et une troisième

Aussi mes préparations sont bien rodées pour l’essentiel même si chaque année j’y apporte quelques changements et que je fais de nouvelles tentatives. Je publierai demain mes progressions pour les trois niveaux car mon tableau de bord wordpress m’indique depuis quelques jours que le pédagogique est à nouveau consulté, la rentrée approchant…Toutefois, je tenais à signaler ce blog fabuleux pour les enseignants de français: Le Fil de Laure.

Les projets:

En 6ème:

Cette année mon établissement accueille une quinzaine d’enfants de l’IME d’un village voisin. Une salle leur est dédiée, tout près  de ma propre salle 128. Ils s’adapteront à leur nouvel environnement et les échanges devraient s’installer progressivement entre ces enfants porteurs de handicaps et nos élèves. J’ai évidemment très envie qu’ils viennent dans ma classe de sixième et de pouvoir susciter le lien et le partage. À suivre donc, pour des échanges théâtraux sans doute.

En 4ème: Je reprends l’idée de mon ami Pierrick et je vais faire rédiger aux élèves des journaux intimes de personnages fictifs pendant la révolution.

En 3ème: j’ai rempilé avec la compagnie Naxos théâtre .

J’avais travaillé sur l’adaptation du journal d’Anne Frank l’année dernière avec eux et beaucoup apprécié leurs interventions. Ils interviendront cette année auprès de ma classe de troisième pour une adaptation du Marchand de Venise de Shakespeare.

CaptureJe tiendrai donc une chronique de cette expérience sur ce blog. Cette initiation théâtrale sera intensive puisqu’elle s’étalera sur sept semaines seulement. Mais cette année je ne suis pas seule! Ma jeune collègue d’anglais s’intégrant au projet, cela devrait permettre une plus grande souplesse pour les horaires d’intervention.

Et puis toujours et pour la 21ème année: 

Je reprends l’atelier poésie sur la plage méridienne. Mais deux heures seulement au lieu de quatre l’année dernière car c’était vraiment très lourd. Je n’ai pas encore prévu le thème car beaucoup de nouveaux élèves plus jeunes devraient s’inscrire cette année. Une pensée pour mes grands qui m’ont suivie quatre années consécutives et qui feront leur entrée au lycée… (Achille, Gwenaïs, Jade, Lucie, Marie, Ronan…)

Et comme chaque année je m’autorise à être une « découvreuse de talents » et à proposer des écrits à des concours de langue française…

C’est parti. Ci-dessous le t.Shirt de foot (ils ont beaucoup d’humour!!!) que les élèves m’ont offert il y a deux ans et qui m’attend accroché au tableau…

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Un extrait de « Prose pour l’étrangère de Julien Gracq ».

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J’ai respiré ton air acide, je suis entré dans ta saison hasardeuse comme un voyageur qui reconnaît les routes à l’heure imprudente où tout craque encore dans la montagne d’avril tigrée de jacinthes et d’avalanches. Tu m’as giflé de ton printemps sans tiédeur, tu m’as ameubli de ton sourire en fondu de perce-neige, tu traverses ma prévoyance comme la fleur désastreuse épanouie aux doigts mêmes des saints de glace. J’aime ton visage qui brouille les repères du cœur et les saisons de la tendresse — ton visage en désarroi, plus frais, plus emmêlé, plus trouble que les chantiers bousculés du dégel, pareil à la mue du ciel de juin et à l’alpage qui boit sa neige — ton front buté de voleuse de cerises, et ta bouche court bridée de jeune épouse — ton rire qui secoue toute la neige des jardins de mai, et ta voix ombrée de parterre nocturne — et, comme un creux d’eau de glacier au bord d’une joue de prairie neuve, le bleu durci de tes yeux de pensionnaire qui saute le mur du couvent.

Julien Gracq/  Prose pour l’étrangère.

( Dans une édition hors commerce tirée à 63 exemplaires en juillet 1952, Julien Gracq publiait cette Prose pour l’étrangère,suite de 12 poèmes en prose que l’on trouvera dans La Pléiade, tome I.)

Vous prendrez-bien une petite scène de ménage? Le Médecin malgré-lui, Acte 1, scène 1 par mes élèves de sixième.

Un matin de scènes de ménage et de coups de bâton au collège….Bravo à eux! Ils connaissaient tous parfaitement leur texte!

Elles sont floues (ma vue? les reflets nombreux dans ma salle?) néanmoins on peut apprécier le jeu des élèves quand-même…

 

 

 

Atelier poésie: dernières séances…

Voilà, les panneaux pour les portes ouvertes du collège sont achevés.  j’ai demandé aux élèves de retrouver la chronologie de ces rimes à remonter le temps…Un sans faute.

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Le bricolage terminé, nous nous sommes remis à écrire. J’ai demandé aux élèves de partir de l’idée d’un « tabouret bas »…

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Le texte de Marie:

 

Un village

une cafétéria

sur un tabouret bas,

une personne

assise devant une table

immaculée.

Une tasse de café

Une tristesse passagère

couleur ébène.

 

Le texte d  ‘ Elise

 

Je m’assieds sur un tabouret bas,

je prends ma plus belle plume

et je fais le premier pas.

J’ouvre grands mes yeux

et jette mes regrets au feu.

 

 

Le texte de Kimi:

 

Sur un tabouret bas,

tu m’as laissée là.

Alors que je ne suis rien sans toi.

Mais que sais-tu de moi?

Je t’ai attendu.

N’es-tu jamais venu?

Je me suis endormie,

glissant petit à petit dans un oubli

où personne après moi n’entrerait.

 

et le mien:

 

 

J’ai attrapé la rage

à la gorge de son galop

furieux et l’ai enfermée

dans les couloirs d’un chant ordinaire

sur un tabouret bas et frileux

l’obligeant à laver l’insulte

faite aux coquelicots.

 

Alors, la mémoire s’est redressée

surprise devant la frêle fleur de l’absolu.

 

MME Auzou.

 

 

 

Atelier Poésie : remise des prix cet après-midi…Ou comment clore en beauté cette vingtième année d’existence d’un atelier dont je ne me suis jamais lassée…

 Eh bien voilà, c’est terminé officiellement pour l’atelier poésie cette année (mais nous allons continuer à nous retrouver les mardis et jeudis midi encore un peu…)

L’atelier a remporté ce prix pour la septième année consécutive avec le livret collectif « Des rimes à remonter le temps » et les membres du jury se sont dits impressionnés par cette remontée du temps, de Gilgamesh à une réflexion finale sur l’éternité. Alors je remercie chaleureusement les élèves qui me donnent à penser que la poésie est bien vivante . De mon côté, j’espère leur avoir montré qu’elle était présence choisie au monde et art de vivre,  acte de résistance aussi.

Beaucoup des élèves qui m’accompagnent depuis quatre ans maintenant vont partir vers d’autres horizons. Alors, Achille, Ronan, Jade, Gwenaïs, Marie, Marie, Lucie, Emma…J’espère que la poésie accompagnera votre vie.

Bravo à vous tous.

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Mes cadeaux personnels!

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Le président de l’Amopa, appelant les Lauréats…

Et une petite partie de mes poètes:

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Bravo à vous. Vous m’avez donné de bien beaux moments de poésie….

 

« Quand Hitler s’empara du Lapin rose » de Judith Kerr.( a partr de 11 ans)

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Classique incontournable de la littérature anglaise, Quand Hitler s’empara du lapin rose raconte l’histoire d’Anna, une jeune allemande de neuf ans, qui vit à Berlin avec ses parents et son grand frère Max. Elle aime dessiner, écrire des poèmes, les visites au zoo avec son oncle Julius.
Brusquement tout change. Son père disparaît sans prévenir. Puis, elle-même et le reste de sa famille s’exilent pour le rejoindre en Suisse. C’est le début d’une vie de réfugiés. D’abord Zurich, puis Paris, et enfin Londres. Avec chaque fois de nouveaux usages, de nouveaux amis, une nouvelle langue.
Ce périple plein d’angoisse et d’imprévus est ensoleillé par la cohésion de cette famille qui fait front, ensemble, célébrant leur bonheur d’être libre.
Cette histoire, c’est celle de Judith Kerr. Elle signe avec Quand Hitler s’empara du lapin rose un roman autobiographique bouleversant, précieux témoignage de l’exil  et de la montée du nazisme à travers les yeux d’une enfant. Un roman inoubliable à lire à tout âge.

À partir de 11 ans.

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Éditeur : Albin Michel (02/05/2018)