Lettre de fin d’année à mes élèves

JACK LANG

Alors même que se tiennent les derniers conseils de classe ( que vous ne craignez plus et vous avez bien raison- ils ne sont plus là depuis longtemps pour décider de votre avenir, et tant mieux ,-tout au plus répondent-ils à un simulacre hautement psychologique entre gens hautement bien attentionnés) et que certains d’entre vous désertent déjà mes chaises aux pieds qui se dévissent pour votre plus grande joie, je vous adresse ma lettre de fin d’année….

Je dois vous avouer que cette année ( est-ce mon demi-siècle enfin atteint? Merci pour les mouchoirs que vous m’offrîtes (Non, K, ça ne se mange pas..) et dans lesquels j’ai pleuré de joie mon accession à cet âge canonique) j’ai été fortement marquée par la double injonction contradictoire dans laquelle vous êtes constamment maintenus ,à savoir:

-Appartenir à un groupe quel qu’il soit

-Exiger un traitement individuel au sein de ce même groupe

Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous? Eh bien si…

Car si l’envie d’appartenir à un groupe est fort normal, peu nouveau et rassurant à votre âge, vous devenez si tendus vers ce seul désir qu’il mobilise chez beaucoup d’entre vous l’intégralité de votre énergie, n’en laissant aucune part pour l’apprentissage. Je vous avoue que c’est assez effrayant ce vide qui s’installe en vous dès que les regards se posent ailleurs…

Dîtes-vous bien que même s’il peut-être source de belles rencontres, le groupe classe est artificiel et que vous aurez l’occasion de découvrir qu’il en est de même pour tous les groupes ou presque, vous qui êtes friands des grandes ferveurs populaires dont vous ignorez tout.

Et pourtant à l’intérieur de ce groupe si revendiqué, chacun d’entre vous réclame son traitement individuel, parfois justifié, ne pensez pas que je mets là en question les besoins scolaires spécifiques de certains, mais chacun revendique et s’invente des droits en oubliant ses devoirs…

Alors, à K qui me proclame son idole et déclare que l’amour fugace se mange chaud avec des lardons, à L qui me demande des nouvelles de mes pieds de tomates tous les matins, à mes glousseuses de quatrième, à mes sixièmes qui apprennent Molière plus vite que leur ombre, à Kimi, et à tous les autres, je vous souhaite un bel été.

Apprenez à ne pas croire tout ce qu’on vous dit (hormis la parole de vos professeurs bien entendu!) et je réitère: non, tout ne se vaut pas!

Puisse cette douce sensation d’exister pleinement comme un être unique qui ne répond à aucune injonction de mode de cette société qui ne vous veut pas que du bien vous saisir bientôt…

« Impose ta chance, serre ton bonheur, et va vers ton risque.

À te regarder, ils s’habitueront »

René Char.

Votre professeur de français, (non, pas Âgecanonix, K..)

Madame Auzou.

Préparation des portes ouvertes du collège ce matin…

C’était préparation des portes ouvertes qui se tiendront demain au collège, ce matin…Quelques élèves ont accroché les panneaux Poésie de l’atelier ( j’ai supervisé tout en faisant cours en même temps…), et je disposerai demain matin sur une table des exemplaires du livret « N’arête pas ton Char« , ainsi que la nouvelle historique de mon élève Kimi…Peut-être aussi d’anciens livrets puisque une quarantaine ont été réalisés depuis que j’anime cet atelier (20 ans à la rentrée…)

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Quelques élèves viendront présenter leur travail aux parents et aux futurs élèves…

L’Atelier poésie du collège de Clères remporte le prix spécial Jury pour la huitième année consécutive….

 

L’Amopa a décerné cette année encore le prix spécial jury de la jeune poésie au livret « N’arrête pas ton Char » ….Bravo à mes élèves!

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Je félicite mes élèves…Remise du prix le Mercredi 22 mai à 15h. CRDP¨de Mont-Saint-Aignan »…

Destin d’une eau de Raymond Queneau/ Mise en voix par les 6èmes.

Merci à Clément et Jade…Des petites choses sont encore à améliorer mais ils sont sur la bonne voix…Un poème se DONNE et ne se récite pas!

Où cours-tu, ru?
où cours-tu, ru,
au fond des bois?
agile comme une ficelle
tu coules liquide étincelle
qui éclaire les fougères
minces souples et légères
abandonnant derrière toi
la mobile splendeur des bois
où cours-tu, ru?
où cours-tu, ru,
du fond des bois
tu te précipites à la mort
tu perdras tes eaux vivaces
dans un courant bien plus fort
que le tien qui se prélasse
au pied des fougères
minces souples et légères
ignorant sans doute tout ce qui t’attend
la rivière le fleuve et le dévorant océan

 

Atelier Poésie: Les cadavres exquis, la suite.

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Préparation de la banque de mots dans les chapeaux-melons …

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Les Élèves:

 

Un autocar rempli d’artistes a été bombardé d’ovules haineux.

Suzane.

 

Un nymphéa proposa une séance d’hypocrisie à son amie mais celle-ci, exorbitée préféra son vannage.

Domitille 

 

Je suis certaine que j’ai pris un tas d’ossements pour éteindre une chandelle.

Fanette 

 

Quand le génie du coffre m’a infligé la perte du nord ,j’étais faible.

Suzane 

 

Un corps déchiqueté a été retrouvé dans une flaque d’ordures à la plage 

Fanette 

 

L’hypocrisie en embuscade, cette désolante mascarade, éteint la lumière.

Héloïse 

 

J’ai mâchonné des ordures, exploré ma bouche ,et animé des potins.

Clémence 

 

Le malade courant vers le nord est enthousiaste à l’idée de sauter dans le cercueil.

Suzane.

 


 

 

Un ovule qui veut se pendre a convenu d’un rendez-vous avec une plinthe.

Suzane.

 

Se serait-il douté que lors de ce rencart, il prendrait du salpêtre en tant que drogue et se retrouverait saltimbanque?

Kimi.

 

Un gnome à l’opéra insulta le pompage du jusqu’au-boutisme et termina sa vie en filigrane.

Domitille.

 

Il faut exploser sous la nappe et crier pour prendre la parole.

Alice.

 

La reine aménage la remarque d’un homme d’une séance de grisou.

Emma

 

Un insecte à voix suave était pourchassé par un inconnu en apesanteur qui voulait le convertir en confiture.

Héloïse.

 

Il est primordial de bombarder les ossements d’éventails haineux.

Clémence.

 

La perte de mon eye-liner n’est pas un prétexte à l’hydrogène!

Suzane.

 

Un herbivore couvert de taffetas mangea un dernier ragoût avant la mort qui viendrait le cisailler pour hérésie.

Kimi.

 

Un génie fait un clin d’oeil à un doigt recouvert de sparadrap pour qu’il prenne le coffre.

Capucine.

 

Un corps rempli d’hypocrisie  qui cherche des salamalecs se déplace dans un champ d’hellébores.

Suzanne.

 

 

« Nos éclats de miroir » de Florence Hinckel (Roman jeunesse)

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Auteur : F. Hinckel
Illustrateur : S. Maxwell
Une tranche de vie d’une ado de 15 ans,qui s’ouvre au monde grâce à l’écriture
Résumé : Je m’appelle Cléo, et j’aurai bientôt 15 ans, 1 mois et 20 jours. Cette date est importante pour moi, car c’est à cet âge-là que tu es morte, Anne Frank. Tu es mon écrivaine préférée ! Alors j’ai décidé de m’adresser à toi dans ce nouveau carnet. Je vais te raconter ce qui m’interroge, me fait rire ou me bouleverse. Toutes ces choses que je n’oserais jamais dire à voix haute : le voile devant les yeux de ma mère ; ma meilleure et parfois cruelle amie Bérénice ; ma grande sœur, si forte et déterminée ; Dimitri, mon amour d’enfance perdu de vue ; la complexité du monde. Mais aussi mon reflet, si mouvant qu’il m’échappe… ou parfois se brise.
Je vais te parler de nos éclats de miroirs.
Les tiens, les miens, les leurs.
Dès 12 ans.

Atelier Poésie d’avant-vacances. Cadavres exquis et distribution des livrets…

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Quelques-uns:

 

Une nébuleuse invaincue se retrouve face à un garçon trop gâté.

Alice.

En altitude, le minus nourrit sa géographie avec modération.

Suzane.

Ma réflexion est d’attaquer un blaireau en altitude car il m’a négligée.

Fanette.

C’est fou comme un artiste inconstant peut faire des choses sucrées lors des festivités.

Clémence.

J’ai attaqué le textile harmonieusement sur sa monture. Les gens m’ont prise pour une folle.

Clémence.

Je ne nie pas que c’est déplaisant de commencer à encastrer l’Atlantique.

Fanette.

Un musicien ébouillanté se met à jouer dans un Boui-Boui de Côte d’Ivoire.

Emma.

J’ai emboîté  cet entêtant manoir avec ton joyeux sommier mais j’en ai négligé une partie!

Héloïse.

Un major ébouillante une sculpture dans un festival vaporeux.

Fanette.

Un homme s’esclaffe de la fermeture inopinée du baragouin et le nie.

Emma.

Tout a commencé dans les festivités quand un brachycéphale a posté une encyclique.

Suzane.

 

J’ai enfin pu offrir un livret à chacun des 16 élèves!

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La confection du livret poésie des élèves est terminée…mais.

J’ai terminé aujourd’hui la mise en page du livret poésie pour les élèves de l’atelier…Il comporte finalement 52 pages, bien plus que je ne pensais…

Voici les premières pages…Je ne parviens plus à me satisfaire esthétiquement de la reliure avec boudins-spirales format A4…Mon souhait serait un format A5 agraffé…Aussi je me tourne vers vous. Quelqu’un connaît-il un service d’imprimerie en ligne en mesure de réaliser 18 livrets de 52 pages pour un moindre coût sachant qu’au delà de 100 euros le collège ne prendra plus en charge? Merci de m’apporter vos lumières!

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