L’Atelier poésie du collège de Clères remporte le prix spécial Jury pour la huitième année consécutive….

 

L’Amopa a décerné cette année encore le prix spécial jury de la jeune poésie au livret « N’arrête pas ton Char » ….Bravo à mes élèves!

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Je félicite mes élèves…Remise du prix le Mercredi 22 mai à 15h. CRDP¨de Mont-Saint-Aignan »…

Destin d’une eau de Raymond Queneau/ Mise en voix par les 6èmes.

Merci à Clément et Jade…Des petites choses sont encore à améliorer mais ils sont sur la bonne voix…Un poème se DONNE et ne se récite pas!

Où cours-tu, ru?
où cours-tu, ru,
au fond des bois?
agile comme une ficelle
tu coules liquide étincelle
qui éclaire les fougères
minces souples et légères
abandonnant derrière toi
la mobile splendeur des bois
où cours-tu, ru?
où cours-tu, ru,
du fond des bois
tu te précipites à la mort
tu perdras tes eaux vivaces
dans un courant bien plus fort
que le tien qui se prélasse
au pied des fougères
minces souples et légères
ignorant sans doute tout ce qui t’attend
la rivière le fleuve et le dévorant océan

 

Atelier Poésie: Les cadavres exquis, la suite.

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Préparation de la banque de mots dans les chapeaux-melons …

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Les Élèves:

 

Un autocar rempli d’artistes a été bombardé d’ovules haineux.

Suzane.

 

Un nymphéa proposa une séance d’hypocrisie à son amie mais celle-ci, exorbitée préféra son vannage.

Domitille 

 

Je suis certaine que j’ai pris un tas d’ossements pour éteindre une chandelle.

Fanette 

 

Quand le génie du coffre m’a infligé la perte du nord ,j’étais faible.

Suzane 

 

Un corps déchiqueté a été retrouvé dans une flaque d’ordures à la plage 

Fanette 

 

L’hypocrisie en embuscade, cette désolante mascarade, éteint la lumière.

Héloïse 

 

J’ai mâchonné des ordures, exploré ma bouche ,et animé des potins.

Clémence 

 

Le malade courant vers le nord est enthousiaste à l’idée de sauter dans le cercueil.

Suzane.

 


 

 

Un ovule qui veut se pendre a convenu d’un rendez-vous avec une plinthe.

Suzane.

 

Se serait-il douté que lors de ce rencart, il prendrait du salpêtre en tant que drogue et se retrouverait saltimbanque?

Kimi.

 

Un gnome à l’opéra insulta le pompage du jusqu’au-boutisme et termina sa vie en filigrane.

Domitille.

 

Il faut exploser sous la nappe et crier pour prendre la parole.

Alice.

 

La reine aménage la remarque d’un homme d’une séance de grisou.

Emma

 

Un insecte à voix suave était pourchassé par un inconnu en apesanteur qui voulait le convertir en confiture.

Héloïse.

 

Il est primordial de bombarder les ossements d’éventails haineux.

Clémence.

 

La perte de mon eye-liner n’est pas un prétexte à l’hydrogène!

Suzane.

 

Un herbivore couvert de taffetas mangea un dernier ragoût avant la mort qui viendrait le cisailler pour hérésie.

Kimi.

 

Un génie fait un clin d’oeil à un doigt recouvert de sparadrap pour qu’il prenne le coffre.

Capucine.

 

Un corps rempli d’hypocrisie  qui cherche des salamalecs se déplace dans un champ d’hellébores.

Suzanne.

 

 

« Nos éclats de miroir » de Florence Hinckel (Roman jeunesse)

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Auteur : F. Hinckel
Illustrateur : S. Maxwell
Une tranche de vie d’une ado de 15 ans,qui s’ouvre au monde grâce à l’écriture
Résumé : Je m’appelle Cléo, et j’aurai bientôt 15 ans, 1 mois et 20 jours. Cette date est importante pour moi, car c’est à cet âge-là que tu es morte, Anne Frank. Tu es mon écrivaine préférée ! Alors j’ai décidé de m’adresser à toi dans ce nouveau carnet. Je vais te raconter ce qui m’interroge, me fait rire ou me bouleverse. Toutes ces choses que je n’oserais jamais dire à voix haute : le voile devant les yeux de ma mère ; ma meilleure et parfois cruelle amie Bérénice ; ma grande sœur, si forte et déterminée ; Dimitri, mon amour d’enfance perdu de vue ; la complexité du monde. Mais aussi mon reflet, si mouvant qu’il m’échappe… ou parfois se brise.
Je vais te parler de nos éclats de miroirs.
Les tiens, les miens, les leurs.
Dès 12 ans.

Atelier Poésie d’avant-vacances. Cadavres exquis et distribution des livrets…

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Quelques-uns:

 

Une nébuleuse invaincue se retrouve face à un garçon trop gâté.

Alice.

En altitude, le minus nourrit sa géographie avec modération.

Suzane.

Ma réflexion est d’attaquer un blaireau en altitude car il m’a négligée.

Fanette.

C’est fou comme un artiste inconstant peut faire des choses sucrées lors des festivités.

Clémence.

J’ai attaqué le textile harmonieusement sur sa monture. Les gens m’ont prise pour une folle.

Clémence.

Je ne nie pas que c’est déplaisant de commencer à encastrer l’Atlantique.

Fanette.

Un musicien ébouillanté se met à jouer dans un Boui-Boui de Côte d’Ivoire.

Emma.

J’ai emboîté  cet entêtant manoir avec ton joyeux sommier mais j’en ai négligé une partie!

Héloïse.

Un major ébouillante une sculpture dans un festival vaporeux.

Fanette.

Un homme s’esclaffe de la fermeture inopinée du baragouin et le nie.

Emma.

Tout a commencé dans les festivités quand un brachycéphale a posté une encyclique.

Suzane.

 

J’ai enfin pu offrir un livret à chacun des 16 élèves!

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La confection du livret poésie des élèves est terminée…mais.

J’ai terminé aujourd’hui la mise en page du livret poésie pour les élèves de l’atelier…Il comporte finalement 52 pages, bien plus que je ne pensais…

Voici les premières pages…Je ne parviens plus à me satisfaire esthétiquement de la reliure avec boudins-spirales format A4…Mon souhait serait un format A5 agraffé…Aussi je me tourne vers vous. Quelqu’un connaît-il un service d’imprimerie en ligne en mesure de réaliser 18 livrets de 52 pages pour un moindre coût sachant qu’au delà de 100 euros le collège ne prendra plus en charge? Merci de m’apporter vos lumières!

capture première de couverture

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Atelier poésie: Dernière séance avant la mise en page du livret.

C’était ce midi la dernière séance d’Atelier poésie consacrée au thème des poètes du 20ème siècle. L’atelier reprendra dans 15 jours avec un thème nouveau et  j’espère pouvoir offrir à chacun des élèves un livret  collectif et relié des  poèmes écrits depuis septembre.

Le dernier poème:  Plein ciel, de Jules Supervielle.

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 J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Et je m’enfonçais

Dans le jour ardent.

Rien ne m’arrêtait.

  J’allais sans savoir

  C’était un navire

  Plutôt qu’un cheval.

  C’était un désir

  Plutôt  qu’un navire.

   C’était un cheval

   Comme on n’en voit pas.

   Tête de coursier

   Robe de délire

   Un vent qui hennit

   En se répandant.

   Je  montais toujours

   Et faisais des signes.

  …Suivez mon chemin,

   Vous pouvez venir

   Mes meilleurs amis

   La route est sereine

   Le ciel est ouvert.

   Mais qui parle ainsi?

   Je me perds de vue

   Dans cette altitude.

   Me distinguez-vous?

   Je suis celui qui

   Parlait tout à l’heure

   Suis-je encore celui

   Qui parle à présent?

   Vous-même, amis

   Etes-vous les mêmes?

   L’un efface l’autre

   Et change en montant. 

Les élèves:

 

J’ai rêvé

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

La crinière flottant au vent

Il galopait sur les nuages

Et buvait les rayons du soleil

Et quand lui s’assoupissait

Je me réveillais en tremblant

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

 

Suzane, 6ème

 

 

Le marchand de sable était passé

Par les vagues du rêve dans le quel j’étais.

Je fus bercée.

J’étais loin au-dessus du monde.

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Et rien n’égalait cette merveille

Ah cette sensation de voler

Entre les nuages illuminés

Par les rayons dorés

D’un soleil embrasant l’horizon

Et le monde était nouveau

À mes yeux

Brûlants de mille feux.

Kimi, 3ème.

 

 

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Le vent déployait son arsenal

À côté une hirondelle

Se battait de son mieux

Mais se cogna à un arbre creux

Elle tomba par terre

Je restais dans la course

J’avançais sur la pierre

La fourrure de mon cheval était douce

Le vent me poussait

Mais je restais

La force me quittait

Et mon espoir demeurait

 

Fanette, 6ème.

 

 

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Galopant sur les nuages

S’abreuvant dans la pluie

Équidé céleste

Hennit sous la foudre écrasante

Ricochets des vents

Tornades imprévisibles changements

Animal fantastique

Fuyant sur terre

Entre les rochers celtiques

D’un lieu sacré

Où personne n’a posé le pied

Protecteur de ces endroits

Même si aucun être vivant ne le voit

La pureté de son cœur

N’est rien d’autre que la fraîcheur

De la liberté et du bonheur

Kimi, 3ème.

 

 

Une fois là-bas

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

La vie était parfaite

Dans la nuée éternelle

Mais ce n’était qu’un rêve

Mes yeux se réveillèrent

Là où j’étais resté

Devant un poney éclairé

Sur des heures trop brèves

 

Enzo, 6ème

 

 

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Il était un peu pâle

J’ai crié au vent

Pour ne pas qu’il s’en aille

Sur un nuage éblouissant

Et me redonne l’envie

De champs fleuris

En aval du ciel

 

Clémence, 3ème.

 

 

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Nous jouions près du canal

Un moment éternel

Mais à minuit

Il s’évaporait dans l’eau

Pourtant il revenait chaque nuit

Et m’offrait un petit bateau

Que l’on posait sur la rivière

Il avançait avec la complicité de l’air

C’était notre secret

On le partageait comme du miel

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

 

 

Fanette, 6ème.

 

 

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Ce n’était pas un nuage

Ce n’était pas un soleil

C’était plutôt une éclaircie

Comme une étoile éternelle

J’aurais préféré avoir un chat

Et la douceur d’un fil de soie

Mais j’avais un cheval

Un cheval comme on n’en voit pas

Avec des yeux d’étincelles

 

Capucine, 3ème.

 

 

J’avais un espoir

dans un champ d’effroi

Une larme gelée

Par temps brûlant

Venant à son tour

me délier les doigts.

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Où poussaient des étoiles.

Parfois elles se décrochaient

Charriant dans le vent

Le malheur

Pour laisser derrière elles

Des poussières de bonheur.

 

 

Domitille, 3ème.

 

 

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel.

Quand je le montais

Je me sentais belle.

Il éclairait le jour

De rayons de soleil

Et protégeait mes nuits

Des cauchemars éternels.

J’avais une vache

Dans un océan de nuages

Elle était peureuse et lâche

Et pourtant très sage.

Elle était noire

Mais pleine d’espoir

Souriait le jour

Et pleurait la nuit.

Mon cheval et ma vache

Étaient le yin et le yang

De ma jeune vie.

 

Héloïse, 3ème.

Atelier Poésie (Suite)

Les deux dernières séances (pour ce semestre) seront consacrées à Jules Supervielle.

Il faudra ensuite effectuer la mise en page du livret, imprimer puis relier avant de l’envoyer concourir au prix de la jeune poésie. Et cela doit être fait pour les vacances de Février.

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(…) Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois

Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir. 
Jules Supervielle.

Les élèves:

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Se réveillent en moi

Des souvenirs sournois.

Et je me souviens

Des beaux paysages

Que je pouvais observer

À cet endroit l’été dernier

Et de l’orchidée je revois

le minois.

 

Suzane, 6ème.

 

 

Mon cœur 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Accueille en lui bonheur

Et à la fois tristesse.

La morosité me désempare

Douce comme une caresse

Prenant le contrôle de mon âme.

L’espoir arrive accompagné du mélodrame.

 Sa musique mélancolique

Qui emplit le regard

Donne aux mots un sens.

Nostalgie du moment

Les larmes dévalant

Les joues et la vie continue

Riant des sentiments.

Kimi, 3ème.

 

 

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Les lumières dansantes

Prenant place dans le ciel

Deux cœurs enlacés

Au secret d’une nuit glacée

prennent peur

Et s’enfuient dans le petit jour.

 

Héloïse, 3ème

 

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Le mal évolue

Comme un arbre immortel

Et grandit de la mort des vivants

Qui deviennent eux-mêmes avec le temps

Des fantômes méprisants.

Emma, 6ème.

 

 

Dans ces bois obscurs

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

À jamais je vois

La beauté pure d’un paysage

Dont le vert a mangé le temps.

Je me réveille au soleil usé

D’un monde révoltant.

 

Clémence, 3ème.

Encore frissonnant 

Sous la peau des ténèbres

Elle lance des cris déchirants.

C’est la mort qui enterre

Des gens encore vivants

Dans un cimetière de pierre

Du marchand à la chocolatière!

Elle les tue jusqu’au dernier!

On l’a vue cachée dans un terrier

Endormie sur l’oreiller du printemps!

Fanette, 6ème.

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Le cœur hésitant

Dans les bras obscurs

La silhouette avance

Sans se débattre

Comme vide

pas à pas

Puis près de la torpeur nocturne

Elle continue

Même tombée

À toujours se relever

La lisière dépassée

Le regard dans le vague

Peu à peu se ranime

la surplombant

La lumière contraste

Ici

Sous la lune.

 

Kimi, 3ème.

 

 

Je me réveille encore une fois

Dans mon monde à moi

Encore frissonnant 

sous la peau des ténèbres.

Je m’invente un rêve

Tout en noir et blanc

J’attends le soleil levant

Qui dessine durablement

Le contour de mes lèvres

Sur le papier de l’instant.

Jade, 6ème

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier poésie (Suite): Viens encore te consacrer caillou…

Pour la dernière séance avant Noël, les élèves ont continué à écrire à partir d’ un autre poème de Guillevic…

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Caillou

Viens encore une fois
Te consacrer caillou

Sur la table dans la lumière
Qui te convient,

Regardons-nous
Comme si c’était
Pour ne jamais finir.

Nous aurons mis dans l’air
De la lenteur qui restera.

 

Les élèves:

 

J’ai vu le monde marcher

Sur son chemin , milliers de pierres

Chacune était différente

Mais ce n’est pas richesse

Acquise sans effort mêlant avarice et paresse

Qui assure la valeur

Leurs couleurs infâmes, preuves d’une vie décevante

Et ces travailleurs démunis

Sans aucun repos jusqu’au trépas

De leur âme, la plus pure qui soit

Ces pierres précieuses

Saphirs, émeraudes, topazes ou diamants

Joyaux d’un monde disparu

Lorsque le temps sera venu

Ces infimes pièces du puzzle qu’est la vie

Devant les créateurs

Entreront au paradis

L’âme la plus riche et la plus sage

Accordera le passage

Viens encore une fois

Te consacrer Caillou.

 

Kimi , 3ème

 

 

 

Viens encore une fois

Te consacrer caillou

Ce soir nous danserons

Mais fais bien attention car

Les hiboux qui portent des bijoux

Sont fous et vivent dans des igloos

Viens  et deviens caillou

Et tu pourras nager dans la mer

Libre comme l’air

L’espoir au genou.

Alice, 6ème

 

 

Viens encore une fois

Te consacrer caillou

Au bord de cette chute d’eau

Tu pourras t’admirer

Et même passer à travers.

Ou alors tu resteras

Sous ce temple et tu

T’y endormiras

Sur la pierre de mes genoux

 

 

Suzane, 6ème

 

 

Une fleur tombe

Dans cet univers sombre

Comment se consacrer encore à la terre

Viens encore une fois te consacrer caillou

Et transformer ce monde en une statue de pierre

À la solde unique de la lumière

Dont la beauté éblouit la pensée des fous

Pour que le matin sur nous se lève enfin

Capucine, 3ème.

 

 

 

Viens encore une fois

Te consacrer caillou

Au bord du temple

À l’orée de la forêt

Il pleuvra des fleurs

Et les arbres riront

viens avec moi et cours

Allons dans la forêt nous consacrer caillou.

 

Alice, 6ème.

 

 

 

Viens encore une fois 

Te consacrer caillou.

Rejoins-moi

Sous les acajous

Nous danserons toute la nuit.

Je le promets jusqu’à minuit

Tu dormiras sous un clair de lune rousse

Ou sur un tas de plumes qui amassera mousse.

 

Fanette, 6ème.

 

 

 

Crisse la roche

Dure comme mon cœur.

Viens encore une fois

Te consacrer caillou

Devant l’immensité de la terre.

J’en ai vidé mes poches.

J’en ai perdu mes mots.

À cette nuit qui m’éblouit

À cette clarté floue

Cet univers tout petit

Plus petit que l’immensité de mes pensées

Je pars à la dérive.

Domitille, 3ème.

 

 

Viens encore une fois

Te consacrer caillou.

Rien qu’une fois

Dans cet univers flou.

La nature si douce

Et pourtant si dure

A construit un mur

Au milieu de la mousse.

 

Viens encore une fois

Te consacrer caillou

Apporter de la joie

À ce monde de fous.

 

Héloïse, 3ème.

 

 

Viens  encore  une fois

Te consacrer caillou

Et puis te fendre

Pour redécouvrir la forêt

La nature et les loups

Viens te surprendre.

Emma, 6ème.

 

 

 

Le cœur à nouveau brisé

Et l’âme endeuillée

L’amour autrefois sans pareil

Est aujourd’hui une flamme sans éveil.

Le mur qui me protégeait a cédé

Et mon cœur ensanglanté

De la pierre est devenu.

De la pierre de pluie.

Viens encore te consacrer caillou

Puisque plus personne

Ne se soucie de ce que je suis.

 

Kimi, 3ème.

 

 

 

 

 

Atelier Poésie: Suite.

Les élèves ont travaillé aujourd’hui d’après cet extrait de « Inclus » de Guillevic.

Dans une ambiance…Comment dire…très tonique.

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En somme,
Avec les mots,
C’est comme avec les herbes, 
Les chemins, les maisons, tout cela
Que tu vois dans la plaine
Et que tu voudrais prendre.
Il faut les laisser faire,
Par eux se laisser faire,
Ne pas les bousculer, les contrarier,
Mais les apprivoiser en se faisant
Soi-même apprivoiser.
Les laisser parler, mais,
Sans qu’ils se méfient,
Leur faire dire plus qu’ils ne veulent,
Qu’ils ne savent,
De façon à recueillir le plus possible
De vieille sève en eux,
De ce que l’usage du temps
A glissé en eux du concret.

Guillevic (extrait du recueil « Inclus » – Gallimard, 1973)

 

les élèves:

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes,

Comme les feuilles avec les arbres

Comme les arbres avec les passants

que le vent endort les berçant

Comme le soleil avec les fleurs

Comme le pouls avec le coeur.

 

Clara F, 5ème.

 

 

 

Les paroles et leurs sous-entendus sonnent faux

Blessant, réconfortant de leur caractère acerbe

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes

A mon oreille, sont les plus doux

Annoncent les bonnes comme les mauvaises nouvelles

Sent-on leur présence tout autour de nous ?

Certains donnent la vie, d’autres la scellent

Mais à force de les entendre

Finit-on par ne plus les comprendre ?

La vie est insipide

Et le silence des plus arides

Leurs sens propres à chacun

Leurs images si étranges

Et pourtant,

On y lit à travers

Comme dans un livre ouvert.

 

kimi, 3ème.

 

 

 

Avec les mots

C’est comme avec les herbes

Ça meurt ça vit au fil des saisons

Je ne vais pas vous faire un proverbe

Les proverbes c’est comme les mots

Ça va, ça vient pour s’envoler

Comme des pétales

Légères comme un âme

Sur le point de s’envoler

Comme les mots

Comme un pétale

Comme les herbes

Comme un proverbe

 

Domitille, 3ème

 

 

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes

Ils s’étendent, s’étirent

et peuvent mourir.

C’est leur destin.

Les mots sont divins

et rêvent de saisons

où s’endormir.

 

Suzanne, 6ème.

 

 

 

Par amour, il faut faire attention

Pour une belle déclaration.

Il faut être doux comme des chiots

Avec les mots

C’est comme avec les herbes

Et ce sera superbe

Donnez-leur une fleur

Il sera de bonne humeur

Et glissera comme un pinceau.

 

Fanette, 6ème.

 

 

 

Quand j’étais petite

chez mes grands-parents

Mon grand-père me disait

Tu vois mon enfant,

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes

Il faut les comprendre, il faut les connaître

il faut en prendre soin

et il t’emmèneront loin.

C’était la grammaire de nos jardins.

 

Alice, 6ème.

 

 

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes,

Ça envahit l’espace

Prenant place doucement

Envahissant tout sur son passage

Pour ensuite laisser place au silence

Calme, froid

Les mots et les herbes

Flottant dans le vent

Tous c’est non-dits, ces mensonges

Qui un jour sortiront de l’ombre

Sont pour l’instant cachés

Tel un secret

Grandissant sans regrets

 

Héloïse, 3°

 

 

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes,

Il en existe plein: des gratuits

Et puis

Des mots agréables que les gens ne disent pas

et quand vient la nuit ils couchent des mots terribles

Dans les champs sous des grands draps.

 

Emma, 6ème.

 

 

 

Avec les mots, 

C’est comme avec les herbes.

Les gens sont faux

Éclos parmi des fleurs superbes

Sur le joli champ du quotidien.

 

Clémence, 3ème.

 

 

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes

Le temps est compté

Et il ne faut pas faire d’histoires.

On continue à trembler,

Le crayon à la torche qui écrit

Ces mots qu’on écorche

sans raison retombés.

 

Alexis, 6ème.