Le Joueur d’échecs d’après Stefan Zweig. B.D

9782203093478Atlantique sud, sur un paquebot qui fait route vers l’Argentine, quelques gentlemen tuent le temps en jouant aux échecs; La présence à bord du champion du monde attise leur désir de se mesurer à lui…

Écrite peu de temps avant son suicide en février 1942, Le joueur d’échecs est la dernière oeuvre de Stefan Zweig (1881-1942), nouvelle d’une centaine de pages, racontée par un narrateur anonyme et traversée par deux récits entremêlés dont l’étrange histoire de Monsieur B, plongé dans le silence par ses tortionnaires nazis…

Les dessins de David Sala jouent délibérément avec les zones d’ombres et les anachronismes et rendent parfaitement l’atmosphère de malaise et de confusion qui parcourent le texte.

Le Joueur d’échecs

d’après Stefan Zweig

Maquettiste : Studio Casterman BD

20,00 €. Paru le 04/10/2017

« Le Parfum » de Patrick Süskind…

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Mon article précédent sur « La civilisation des odeurs » de Robert Muchembled me donne évidemment l’envie de relire cet extraordinaire roman de Patrick Süskind…

Ce roman évoque l’étonnant destin de Jean-Baptiste Grenouille, qui possède un sens olfactif incroyable. Ses aventures se déroulent en France au XVIII ème siècle.

Résumé du Roman

Jean-Baptiste Grenouille naît à Paris le 17 juillet 1738. Il vient au monde au milieu de légumes et de poissons avariés, lors « d’une des journées les plus chaudes de l’année« . Sa mère, accusée d’infanticide, est condamnée et décapitée. Le petit Jean-Baptiste est confié à plusieurs nourrices. Aucune d’elle ne le garde. Elles considèrent toutes qu’il est soit trop goulu, soit inquiétant car ne possédant aucune odeur.

L’une des nourrices le ramène au père Terrier, moine au cloître de Saint-Merri. Ce dernier est frappé par l’extraordinaire sensibilité olfactive du nourrisson. Ce don l’inquiète et il se débarrasse vite de Grenouille. Lire la suite

La civilisation des odeurs (16è-début du 19è) par Robert Muchembled.

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Au Moyen Age, on luttait contre la peste…En humant les latrines.Bonnes ou mauvaises, les odeurs? À chaque époque sa réponse, raconte l’historien Robert Muchembled…

Elles sont fétides ou musquées, envoûtantes ou repoussantes. On les suppose diaboliques, mais on s’en fait aussitôt une cuirasse contre la peste…Les odeurs! Elles ont toutes une histoire, religieuse, culturelle, sociale et économique, au moins depuis le moyen-âge, et en pister les remugles ou les fragrances revient à plonger dans la vie quotidienne des sociétés anciennes. Ateliers, échoppes, chambres ou rues, c’est dans tous ces lieux que robert Muchembled, grand arpenteur de l’histoire des mentalités, est allé les débusquer…Où l’on apprend qu’à la fin du Moyen Age, avec le développement de l’urbanisation, on commence à vouloir juguler les mauvaises odeurs, qu ‘on attribuait à la femme des odeurs fétides…jusqu’au développement de la grande industrie du parfum…

La Civilisation des odeurs de Robert Muchembled (16è-début 19è). Editions Les Belles Lettres. (paru le 13/10/2017)

 

 

« Ma très grande mélancolie arabe » de Lamia Ziadé.

(P.O.L, 409p)

Note de l’éditeur:

Dans ce livre, il y a des ruines et des martyrs, des vestiges, des temples, des sanctuaires, des portiques, il y a des tombes, des cercueils, des mausolées, des cimetières, des épitaphes. Il y a des sépultures mythiques et des fosses communes. Il y a des résistants tués, des révoltés abattus, des leaders assassinés, des enfants massacrés, des partisans torturés, des nationalistes pendus. Il y a des rebelles héroïques. il y a des saints, des prophètes, des dieux, des vierges, des archanges, il y a des victimes et des assassins. Il y a aussi des châteaux forts, des citadelles, des basiliques, des mosquées, des dômes, des minarets, des phares, des miradors, des barbelés, des carcasses d’hôtels, des camps, des prisons. Et des détenus, des captifs, des séquestrés. Il y a des condamnés à mort.

Il y a des miliciens et des dictateurs, des fédayins et des moudjahidines, une infirmière kamikaze, une miss univers et un prince rouge, des émirs, des pachas, des califes, des patriarches et des poètes.

Il y a l’élégance, la classe, le style, la manière, la touche, la griffe, il y a la flamme, la passion, l’idéal, la cause. Il y a Septembre Noir et la bataille de Kerbala, la corniche de Beyrouth et le discours d’Alexandrie, la tête de Jean-Baptiste et celle de l’imam Hussein, la fiancée de Naplouse et l’artificier de la Casbah, la prisonnière de Khyam et la dactylo d’Alger, les Boeings de la Pan Am et l’automobile du Roi d’Irak, le minaret de Jésus et le rocher de Mahomet. il y a aussi un imam disparu, un cheikh caché, un ayatollah inspirant, un mufti éliminé et un mufti ambigu. Il y a des keffiehs, des treillis, des lunettes noires, des turbans, des sahariennes, des drapeaux, des uniformes, des journaux, des slogans.
Il y a la plume, le mot, le verbe, l’éloquence, le discours, l’étendard.

Il y a des attentats, des enterrements, des processions, des funérailles, des cortèges, des pleurs. Et aussi des colonnes, des chapiteaux, des gisants, des sarcophages. Des tombeaux phéniciens, des cénotaphes sumériens, des nécropoles romaines, des pyramides égyptiennes. Il y a le Saint Sépulcre, le temple de Salomon et le dôme du rocher.

Il y a des massacres, des tueries, des boucheries. Il y a des blasts d’explosions. Il y a du sang, des soupirs, des larmes, des lamentations, de la poussière, de la fumée, de la boue, des bris de verre, des décombres, la désolation, la tristesse, l’agonie, le drame, la tragédie, le deuil, les couronnes, les fleurs, les rubans, les chants, les youyous, le paradis. C’est une danse macabre.

Dans ce livre, il y a un siècle au proche orient.

Lamia Ziadé, née à Beyrouth, vit à Paris depuis l’âge de 18 ans. Elle a exposé dans de nombreuses galeries. Elle publie en octobre 2015 aux éditions P.O.L : Ô nuit, Ô mes yeux, un beau livre sur les chanteuses et chanteurs, actrices et acteurs moyen orientaux entre 1930 et 1970 à Beyrouth, Le Caire, Damas et Jerusalem.

 

La poésie de Jean Ristat (né en 1943)

Jean Ristat, né à Argent-sur-Sauldre (Cher) en 1943, est un écrivain et un poète français.

Il a fondé en 1974 la revue et la collection Digraphe, avec un titre proposé par son professeur de philosophie, Jacques Derrida, dont il mettait alors en vers le récent essai sur La Pharmacie de Platon (cf. le supplément à la réédition de 1974).

Il est l’actuel directeur des Lettres françaises, le supplément littéraire du quotidien L’Humanité.

Il est en outre responsable de l’édition complète des écrits d’Aragon, dont il est l’exécuteur testamentaire. 

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« Classé sans suite » de Claudio Magris

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[Non luogo a procedere]

Trad. de l’italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau

Collection L’ArpenteurDomaine italien, Gallimard
Parution : 12-10-2017
Note de l’éditeur:

Littérature brésilienne :Clarice Lispector: réédition de ses nouvelles en un seul volume.

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Alors qu’elle n’a pas vingt ans, Clarice Lispector (1920-1977) publie son premier roman Près du cœur sauvage. La critique salue la naissance d’une grande écrivaine. Son œuvre, publiée presque entièrement en France par les éditions Des femmes-Antoinette Fouque, est composée de fictions, de nouvelles, de chroniques et de contes qui font entendre une voix unique que cerne une écriture d’une précision implacable. Réunis pour la première fois en un seul volume, ses récits mettent en scène des femmes qui, à l’occasion d’une rencontre à première vue anecdotique – un mendiant dans la rue (La Belle et la bête , du recueil éponyme), un aveugle aperçu depuis la fenêtre d’un bus (Amour , dans Liens de famille) -, émergent brutalement de la torpeur existentielle un peu triste dans laquelle elles s’étaient confortablement coulées. Ces femmes alors, prises de vertige, se redécouvrent un monde et se redéfinissent elles-mêmes par rapport aux êtres qui les entourent, à leur environnement, au temps…

Figure majeure de la sphère littéraire brésilienne du 20è siècle, Clarice Lispector est née en 1920 et morte en 1977. Grande romancière et nouvelliste, elle était également une journaliste de renom. C’est son ouvrage Le Bâtisseur de ruines (1961) qui a fini de la rendre célèbre : sorte de roman de réapprentissage, il raconte les déambulations d’un ingénieur, Martin, après qu’il a commis un crime.

nouvelles-clarice-lispectorTraduit du portugais. 475p. Editions Des Femmes