Correspondance Samuel Beckett (IV)

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Au seuil de sa vie, l’écrivain irlandais livre dans son abondante correspondance une image désabusée de lui-même. Un sang d’encre toujours sauvé par l’humour, à découvrir dans le quatrième et dernier volume de ses “Lettres”, qui vient de paraître chez Gallimard.

 L’écrivain charles Juliet a décrit, dans Rencontres avec Samuel Beckett (éd. P.O.L, 1999), l’auteur de L’Innommable tel qu’il lui apparut la première fois qu’il se présenta chez lui, le 24 octobre 1968 : « Je prends place sur un petit canapé en face de sa table de travail, tandis qu’il s’assoit sur un tabouret, de biais par rapport à moi. Il a déjà adopté la position qui lui est familière, lorsque, assis, il demeure inoccupé : une jambe enroulée autour de l’autre, le menton dans une main, le dos courbé, les yeux fixant le sol. Le silence est tel qu’il pourrait quasiment se solidifier… » En 1968, Samuel Beckett est âgé de 62 ans. Il n’a pas encore reçu le prix Nobel de littérature – à son grand dam, ce sera chose faite un an plus tard, le 13 octobre 1969 –, mais ses romans et son théâtre font déjà de lui, depuis près de vingt ans, l’un des géants de son temps. Evidemment Beckett, lui, ne se vit pas comme tel. Dans les lettres qu’à la fin des années 1960 il adresse à ses amis, il est question de son « petit avenir problématique d’écrivain finissant sinon fini », de « l’écriture [qui lui] semble maintenant diaboliquement difficile » et dont il « soupçonne qu’il n’en reste plus beaucoup en [lui] ».

“Rien ne va plus dans ma vieille tête. La carcasse se traîne entre monts et vaux.”

Ce quatrième et dernier volume de ses Lettres – rassemblant au total, dans les quatre tomes, 2 500 missives choisies par les maîtres d’œuvre de cette admirable édition parmi les quelque 15 000 dont se compose le corpus – couvre les années 1966-1989, soit près d’un quart de siècle. Nombre des interlocuteurs privilégiés des décennies précédentes ont disparu – son ami de jeunesse Thomas McGreevy est mort et il s’est éloigné du critique d’art Georges Duthuit —, et c’est désormais à d’autres destinataires que le grand Sam fait à l’occasion l’aveu de la faiblesse qui peu à peu le gagne. La prose qui sort de sa plume n’est à présent que « fange », ou « débris », juge-t-il. Et les années s’écoulant, ça ne s’arrange pas. « Rien ne va plus dans ma vieille tête. La carcasse se traîne entre monts et vaux. Un œil mi-clos la suit de loin », note-t-il en 1982, avec ce désespoir empreint de sarcasme, ce stoïcisme narquois qui est son ton de prédilection dès lors qu’il se confesse – un ton qui le tient loin de l’apitoiement sur lui-même et confère paradoxalement à ses lettres les plus navrées, et à l’ensemble du volume, une étonnante, émouvante vitalité.

D’après un article Télérama.

Lettres IV

 (1966-1989)

Trad. de l’anglais (Irlande) par Gérard Kahn. Édition de George CraigMartha Dow FehsenfeldDan Gunn et Lois More Overbeck

Collection Blanche, Gallimard
Parution : 26-04-2018

« La note américaine  » par David Grann.

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Le journaliste David Grann mène une enquête brillante afin d’éclaircir une série de meurtres qui décima la tribu des Indiens Osage, dans l’Oklahoma des années 1920.

« Partez dans n’importe quelle direction depuis Pawhuska et, la nuit, vous remarquerez les maisons des Osages dont les contours se dessinent grâce à la lumière électrique, qu’un étranger pourrait prendre pour un signe ostentatoire de richesse. Mais tous les Osages savent que l’on allume ces lampes pour se protéger de l’apparition d’un spectre obscur — d’une main invisible — dont le fléau s’est abattu sur ces terres […] et les a converties en un Golgotha et un champ de crânes […]. La question qui ne quitte pas les esprits est la suivante : qui sera le prochain ?» écrivait, au début des années 1920, un reporter de passage en Oklahoma, rendant compte de l’effroi qui régnait alors au sein de la tribu des Indiens Osage. C’était au temps du « règne de la Terreur » — ainsi la mémoire collective osage le qualifie-t-elle —, engendré par une série d’assassinats (meurtres par arme à feu ou par empoisonnement) perpétrés entre 1921 et 1926 contre des membres de la communauté. Combien la main du diable fit-elle de victimes ? Vingt-quatre, c’est le nombre qu’ont retenu les annales, mais en fait, il y en eu bien davantage. Prendre la pleine mesure du crime — conspiration est, en fait, le terme qui conviendrait — qui fut perpétré alors est l’un des enjeux de la formidable enquête qu’a menée, près d’un siècle plus tard, le journaliste David Grann. « Presque tout le monde y a perdu une mère, un père, une sœur, un frère ou un cousin. La douleur ne disparaît jamais vraiment », témoigne aujourd’hui encore devant lui une vieille femme de la réserve.

Vertu documentaire, rigueur de l’investigation, intensité de l’interrogation morale, efficacité du suspense : on ne sait trop comment hiérarchiser les qualités de ce récit, qui commence par dépeindre l’histoire hors du commun des Indiens Osage, dépossédés à la fin du XIXe siècle de leur territoire du Kansas par les colons et relégués par le gouvernement sur les terres infertiles d’« un nouvel Etat qui allait s’appeler l’Oklahoma ». Quelques décennies plus tard, au seuil du XXe siècle, l’or noir jaillit de ces terres stériles, et les Osages devinrent littéralement les rois du pétrole, vivant dans l’opulence — quoiqu’en réalité, placés souvent sous la tutelle de curateurs blancs, afin de pallier leur « faiblesse raciale ». Néanmoins, « de plus en plus d’Américains blancs exprimaient leur colère face à la prospérité des Osages […], écrit David Grann. Les journalistes racontaient des histoires, souvent cousues de fil blanc, dans lesquelles des Osages jetaient leurs pianos sur la pelouse ou changeaient de voiture lorsqu’ils crevaient un pneu ».

Puisant son matériau tant dans les archives que sur le terrain, David Grann s’attache plus particulièrement à la destinée d’une famille de la réserve de Gray Horse : Mollie Burkhart (du nom de son mari blanc, Ernest Burkhart) et ses sœurs Anna, Minnie et Rita — ces trois dernières furent assassinées une à une au cours du « règne de la Terreur ». Au fil de son enquête passionnante, on croise nombre d’autres personnages : des aventuriers dénués de scrupules et des détectives privés hâbleurs, de sinistres voyous travestis en hommes de cœur et parfois un enquêteur taiseux et intègre. On côtoie également le jeune John Edgar Hoover, âgé de 29 ans quand, en 1924, il prit la direction du Bureau of investigation (BOI) — ancêtre du Federal Bureau of investigation (FBI) —, et qui vit dans la potentielle résolution de ces meurtres en série l’instrument de sa toute-puissance naissante. On se penche, enfin et surtout, sur ces victimes innombrables dont David Grann dresse la liste — à côté de celle, non moins considérable, des coupables —, justifiant le commentaire d’une Osage d’aujourd’hui : « Cette terre est gorgée de sang. »

 

Killers of the flower moon, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cyril Gay, éd. Globe, 366 p., 22 € (en librairie le 7 mars).

D’après un article de Télérama.

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L’archipel du chien par Philippe Claudel.

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Après le recueil de nouvelles Inhumaines l’an passé, Philippe Claudel reviendra en librairie le 14 mars avec un roman. Intitulé L’Archipel du chien (Stock), il nous emmènera sur une île à l’écart des fracas du monde sur laquelle une poignée d’hommes va voir son existence basculer suite à la découverte de trois corps sur la plage.

L’ARCHIPEL DU CHIEN : UNE ÉPOPÉE MODERNE

Le romancier nous embarquera pour une île mystérieuse dans une géographie mi-réelle mi-fantasmée où une poignée d’hommes voit sa tranquillité bouleversée quand trois corps d’hommes noirs viennent s’échouer sur la plage. « J’ai imaginé L’Archipel du chien comme un roman de mystère, un récit haletant et oppressant, une épopée moderne », explique l’auteur dans une note confiée à son éditeur. Il ajoute avoir voulu renouer avec un romanesque déjà exploré dans Les Âmes grises et Le Rapport de Brodeck puisqu’il joue avec les codes du récit policier autour de personnages pittoresques mais archétypaux tout en lançant des fils vers des figures mythologiques ou religieuses.

À paraître le 14 mars chez Stock.

 

 

« UNE LECTURE SYMBOLIQUE DE NOS VIES ET DE NOS DESTINS »

 

En résulte « une lecture symbolique de nos vies et de nos destins » extrêmement ancrée dans le présent du fait des motifs effleurés – la tragédie des migrants et les sociétés confrontées à cette misère – ainsi que dans les pas d’auteurs comme Léo Perutz, Georges Simenon, Leonardo Sciascia ou Ismaël Kadaré.

 

 

« Diên Biên Phu » par Marc Alexandre Oho Bambe.

Marc Alexandre Oho Bambe, alias Capitaine Alexandre, est poète et slameur. Né en 1976 à Douala, au Cameroun, il est bercé par la poésie dès son plus jeune âge, notamment par Aimé Césaire et René Char (à qui il rendra hommage en choisissant son nom de scène). Arrivé en France à dix-sept ans, il étudie à Lille, travaille brièvement dans une agence de communication, avant de se consacrer au journalisme et à l’écriture.
En 2006, il fonde le collectif On A Slamé Sur La Lune, troupe de poètes slameurs, musiciens, metteurs en scène, plasticiens, vidéastes et performeurs, qui en 2010 sort son premier album. Les membres du collectif multiplient les interventions culturelles et les performances scéniques, et affirment leur ambition pédagogique : celle de sensibiliser le public à la poésie, au spectacle vivant et au dialogue des cultures.
À partir de 2009, Marc Alexandre Oho Bambe publie de la poésie, notamment Le Chant des possibles, aux éditions La Cheminante (prix Fetkann ! de poésie, 2014, et prix Paul Verlaine de l’Académie française, 2015), Résidents de la République (La Cheminante, 2016) et De terre, de mer, d’amour et de feu (Mémoire d’encrier, 2017).
Capitaine Alexandre slame ses textes et chante les possibles sur les scènes du monde entier, intervient lors de conférences internationales, et donne de nombreux concerts littéraires en France et à l’étranger. Sa dernière création, De terre, de mer, d’amour et de feu, est un opéra slam baroque, présenté en juin 2017 en avant-première à la Fondation Louis Vuitton dans le cadre de la Carte blanche d’Alain Mabanckou.
Marc Alexandre Oho Bambe enseigne depuis dix ans et transmet à ses élèves et ses étudiants le goût de la littérature et de la poésie. il est également chroniqueur pour Africultures, Médiapart, Wéo et Le Point Afrique.

Diên Biên Phù

Étrangement, j’avais le sentiment de devoir quelques chose à cette guerre : l’homme que j’étais devenu et quelques-unes des rencontres les plus déterminantes de ma vie.
Étrangement, j’avais trouvé la clef de mon existence, l’amour grand et l’amitié inconditionnelle.
En temps de guerre.
Au milieu de tant de morts, tant de destins brisés.

Vingt ans après Diên Biên Phù, Alexandre, un ancien soldat français, revient au Viêtnam sur les traces de la « fille au visage lune » qu’il a follement aimée. L’horreur et l’absurdité de la guerre étaient vite apparues à l’engagé mal marié et désorienté qui avait cédé à la propagande du ministère. Au cœur de l’enfer, il rencontra les deux êtres qui le révélèrent à lui-même et modelèrent l’homme épris de justice et le journaliste militant pour les indépendances qu’il allait devenir : Maï Lan, qu’il n’oubliera jamais, et Alassane Diop, son camarade de régiment sénégalais, qui lui sauva la vie.

Disponible en librairie à partir du 1er mars 2018.

Poésie syrienne contemporaine, édition bilingue établie par Saleh Diab.

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Poésie syrienne contemporaine

Saleh Diab.

Poésie.

Cette anthologie bilingue est un panorama des divers courants qui ont agité le mouvement moderniste, non seulement de la poésie syrienne, mais aussi de la poésie arabe dans son ensemble, du début du XXe siècle à nos jours.

La Syrie, en tant que pays, est en train de disparaître. Mais la poésie n’est pas inscrite dans un temps ou un lieu. Elle n’est pas de circonstance. N’est-ce pas dans les œuvres des poètes syriens, qui ont pris la poésie comme un dialogue incessant entre soi et le monde, que se dessine le visage de la Syrie ?

À paraître début mars.

La presse en parle

« Ce livre du moi éclaté en une galerie de miroirs révèle sa musique secrète de l’intimité rêvée, vécue ou fantasmée, des « plaines du déboire » aux rives de l’exaltation amoureuse, du champ de bataille de l’altérité égratignée aux « terres brûlées » de la solitude… »

Europe, n° 1019

« Entre la typographie et la syntaxe participent à la création d’un univers très personnel où tout peut devenir poétique. »

Place de la Sorbonne, n° 5

« Cet ouvrage qui se traduit en lui-même, devient un livre miroir, fruit d’une intense confrontation de langue et de cultures, et s’offre à nous comme un bel alliage de voix poétique. »

Les Hommes sans Epaules n° 37

« C’est la qualité de l’image poétique qui m’a tout de suite séduit dans la poésie de Saleh Diab. il a su assimiler, la couleur unique qu’il a su donner au verbe. »

Poésie première n°37

« L’auteur va toujours à l’essentiel en nous restituant la fugacité de l’instant dans sa plus grande simplicité. Il sait bâtir un monde avec des rien surgis du transitoire. »

Poésie 1, n° 47

« La poésie de Diab est toute entière à son image : un vers libéré des contraintes de la traduction classique, des mots simples et profonds, rythme doux et enivrant. »

Livre et lire

« J’ai visité ma vie pourrait se lire comme un voyage circulaire, celui d’un voyageur qui ne sait où poser ses bagages. »

Recours au poème

Récit d’un monde adolescent…

La-France-d-hier

« Mai 68 peut apparaître comme la préhistoire pour les générations dites X, Y, ou Z… Mais que savent-elles au juste des conditions dans lesquelles a vécu ma génération, de sa jeunesse et de son passage à l’âge adulte ? Ce livre voudrait faire comprendre “de l’intérieur” la vie d’un jeune dans les années 1950 et 1960. Parce que l’adolescence est la plaque sensible du basculement dans le nouveau monde, “crise de l’adolescence” et “crise de la modernité” se font écho : elles révèlent un malaise symptomatique des difficultés du pays à s’engager dans une nouvelle étape de son histoire. »  Jean-Pierre Le Goff a retenu tout ce qu’il a observé dans les comportements familiaux et sociaux, le catéchisme et les enterrements, les débuts de la grande consommation et des loisirs de masse, le livre de poche, le cinéma, la publicité, les lumières de la ville, le quotidien des femmes, le yéyé… Cinquante ans après Mai 68, pour éviter les contresens et les récupérations, rien de plus nécessaire que ce récit émouvant et drôle qui constitue un document ethnologique hors du commun éclairant le passé et le présent ».

Chez stock, 300p. À paraître le 07/02.

Trois recueils de Jean-Claude Pirotte réunis chez Poésie/Gallimard.

product_9782072768545_195x320Dans l’œuvre multiforme et démesurée de Jean-Claude Pirotte, Poésie/Gallimard a choisi de rassembler trois recueils qui offrent, pour les années 2008-2011, un parcours, une traversée, avec pour double décor le Jura et la mer du Nord. Dans Passage des ombres, on va de l’un à l’autre, plusieurs fois, le paysage semble une toile de fond pour ces ombres passantes, passagères. Station suivante, Cette âme perdue, il n’y a plus qu’un seul lieu, la mer du Nord qui envahit chaque page – une surprenante ode maritime en 88 poèmes, avec poissons, naufrages, noyés, marées, tonnerres sur la mer. Dernière station, Ajoie, «le pays de l’Ajoie», là aussi le paysage prend possession de chaque poème. La mer est remplacée par les monts du Jura, côté Suisse.
Le tryptique composé par ces recueils donne un tableau où les éléments finalement se fondent. Mer du Nord et Jura : le même ciel, la même terre. Une géologie sereine ou plus trouble, qui appelle inéluctablement la tempête, car le vent souffle à chaque page ou presque. Et puis il y a ce qui singularise Pirotte entre tous, ces légères traces d’ironie dans la mélancolie, qui souvent s’inversent en traces de mélancolie dans l’ironie… Selon les moments, cette poésie apparaîtra ludique, entièrement teintée d’humour, d’irrévérence, ou au contraire sombre, chargée de tous les désespoirs ambiants. En fait, c’est une parole qui se donne pour familière, aussi proche, affectueuse et intime que possible, comme si elle était , toute proche, et murmurait depuis la pièce d’à côté.

À paraître le 15/02/2018.

« Larmes blanches » D’Hari Kunzru.

 

Carter et Seth, âgés d’une vingtaine d’années, appartiennent a des mondes opposés. Le premier est l’héritier d’une grande fortune américaine, l’autre est un misfit social sans le sou, timide et maladroit. Ils forment un tandem  uni par une passion commune, la musique, qu’ils écoutent dans leur studio. Seth, obsédé par le son, enregistre par hasard un chanteur de blues inconnu dans Washington Square. Carter, enthousiasmé par la mélodie, l’envoie  sur Internet, prétendant que c’est un disque de blues des années 20, un vinyle perdu depuis longtemps, œuvre d’un musicien obscur, Charlie Shaw.
Lorsqu’un vieux collectionneur les contacte pour leur dire que leur faux musicien de blues a réellement existé, Seth accompagné par Leonie, la sœur de Carter, partent dans le Mississipi sur les traces de ce personnage.

«  Captivant, ce roman élucide l’histoire inique de l’appropriation par les Blancs de la culture noire. » The Washington Post

Traduit de l’anglais par Marie-Hélène Dumas

Littérature étrangère/ Editions JC Lattès
Parution :
10/01/2018

« L’oiseau, le goudron et l’extase » de Alexander Maksik.

9782714475992

Note de l’éditeur:
 
Après La Mesure de la dérive, finaliste du prix du meilleur livre étranger et traduit en une dizaine de langues, Alexander Maksik nous revient avec un roman qui ébranle, porté par une psychologie fine et une écriture à fleur de peau. Aussi puissant que sincère, un morceau de bravoure sur ces élans d’amour, de rage et de liberté qui nous bousculent tous.
L’oiseau l’attaque violemment et la douleur lui perfore les poumons.
Le goudron s’infiltre dans chacun de ses pores et tétanise ses membres, jusqu’à l’étouffement.
Et l’extase le rend fou, l’électrise pour lui donner des ailes.Quand il a rencontré Tess Wolff au cours d’un été pluvieux, Joe March a été saisi d’une violente transe amoureuse, un désir qui le dévore. Cette première déflagration sera suivie d’une seconde, encore plus forte : en ce même été, sa mère, son adorée, commet l’irréparable.L’oiseau, c’est l’existence de Joe qui explose en mille morceaux.
Le goudron, c’est la peur qui l’engloutit.
Et l’extase, c’est cet élan vital, qui chaque jour va lui donner la force d’avancer…

À paraître le 01 Février. Editions Belfond.

« Des jours d’une stupéfiante clarté d’Aharon Appelfeld…

Alors qu’Aharon Appelfeld nous quittait le 04 Janvier,( voir l’article que je lui avais consacré ici.) son dernier livre paraît en librairie le 01 Février…

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Traduit de l’hébreu par Valérie Zenatti

Theo Kornfeld a vingt ans lorsqu’il quitte le camp de concentration que ses gardiens viennent d’abandonner à l’approche des Russes. Il n’a qu’un seul but : retrouver la maison familiale. Errant sur les chemins, blessés au plus profond d’eux-mêmes, les déportés qu’il croise lui rappellent l’horreur à laquelle il a survécu, tandis que d’autres figures émergent de son passé. Celle de sa mère, Yetti, une femme à la beauté exceptionnelle, au caractère fantasque, qui aimait les églises, les monastères et l’œuvre de Bach. Celle de Martin, un père trop discret que Theo va apprendre à mieux connaître.

Des jours d’une stupéfiante clarté raconte son voyage à travers les paysages d’Europe centrale baignés de lumière. Chaque rencontre suscite en lui d’innombrables questions. Comment vivre après la catastrophe ? Comment concilier passé et présent, solitude et solidarité ? Comment retrouver sa part d’humanité ?

Par-delà le fracas de l’Histoire, ce livre admirable est le récit d’une résurrection.

Collection: Editions de l’olivier. Littérature étrangère