Le numéro 94 de Traversées et l’arrivée prochaine de L’Epoque 2018…

Bonheur de recevoir comme pour chaque numéro ce 94 de la revue Traversées…Bonheur aussi d’y voir mon recueil en association avec le peintre Niala y figurer…(Je ne vous cacherai pas que 14 mois entre la réponse positive et la parution…C’est long…Même si je suis déjà sur le manuscrit de l’Epoque 2019…)

Lisez l’Edito de Patrice sur la sélection opérée par le comité de lecture malgré-lui, des centaines de manuscrits annuels pour un choix de 3 ou 4 recueils …

Ce n’est plus qu’une question de jours cette fois…J’en indiquerai ici le lien de la recension…

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Correspondance: Lettres. Stéphane Mallarmé.

  Mallarmé par Edouard Manet.
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Bénéficiant d’une superbe édition, 3 340 lettres de Stéphane Mallarmé nous plongent dans l’intimité du poète, de sa jeunesse à sa maturité. Saisissant.

Aucun mode d’emploi n’accompagne le génie mallarméen. L’œuvre est là, c’est tout, étique et hermétique, enclose en son secret. A prendre ou à laisser. Même dans les proses éclectiques de Divagations, Mallarmé (1842-1898) n’en a pas transmis les clés, laissant aux futurs exégètes le soin de forger le trousseau. Il est pourtant un lieu où le poète s’est confié, avec souvent cette sincérité rassurée qu’autorise l’amitié : sa correspondance, peu à peu rassemblée et complétée depuis un demi-siècle, et qui bénéficie aujourd’hui d’une nouvelle et superbe édition — offrant à lire quelque 3 340 lettres. Mallarmé avait beau prétendre détester l’exercice, il s’y est adonné tout au long de sa vie avec une telle constance qu’elles constituent une sorte de journal intime — une « autobiographie poétique et intellectuelle », selon les termes de Bertrand Marchal, responsable de ce volume après avoir dirigé l’édition des Œuvres complètes de l’écrivain en Pléiade.

On y suit donc les heures et les jours, fort paisibles, de Stéphane Mallarmé, de la jeunesse jusqu’aux années de la maturité au cours desquelles, ayant pu abandonner son emploi de professeur d’anglais, devenu un écrivain consacré, révéré même — et ce, en dépit de la parcimonie de ses publications —, il est décrété par ses pairs « prince des poètes ». Les familiers des mardis de la rue de Rome — ces soirées où il recevait, dans le salon de son domicile parisien, ses amis et admirateurs, de Manet à Huysmans, d’Henri de Régnier à Debussy ou Ravel… — ont livré de lui des descriptions d’une émouvante simplicité : « C’était un homme de taille moyenne […]. Il gardait, pour recevoir, d’épais chaussons de laine, et, comme il était très frileux, il avait presque toujours sur les épaules un plaid quadrillé. Cela ne l’empêchait point de s’adosser au poêle, et il restait debout toute la soirée, fumant sa pipe favorite au fourneau de terre rouge et au tuyau fait d’un os d’oie… » (Camille Mauclair).

Le contraste est saisissant, entre cette surface ordinaire et bourgeoise et l’absolu auquel tendaient toutes les forces intellectuelles et spirituelles de l’artiste : « Mallarmé vivait pour une certaine pensée : une œuvre imaginaire absolue, but suprême, justification de son existence, fin unique et unique prétexte de l’univers l’habitait », écrira plus tard Paul Valéry, s’agaçant des accusations d’illisibilité qui entouraient l’œuvre de son aîné et ami. Une œuvre qui défie le résumé et l’analyse, qui n’use ni de la narration ni de la description, qui n’a ni thèmes ni motifs cohérents. Une œuvre qu’il ne s’agit ni de déchiffrer, ni de comprendre, mais plus simplement d’éprouver : entrer en contact, et tenter de ressentir la « sorcellerie évocatoire » dont parlait Baudelaire… Au risque que s’en sente exclue « la foule profane ».

Dans une lettre datée du 27 juin 1884, destinée au journaliste Léo d’Orfer, se niche la définition que Mallarmé donnait de son geste d’écrivain : « La Poésie est l’expression, par le langage ­humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l’existence : elle doue ainsi d’authenticité notre séjour et constitue la seule tâche spirituelle. » Convaincu que « toute chose sacrée qui veut demeurer sacrée s’enveloppe de mystère », Mallarmé ne cultive pas l’obscurité. A l’écrivain et critique anglais Edmund Gosse, il explique, une dizaine d’années plus tard : « Je fais de la Musique, et appelle ainsi non celle qu’on peut tirer du rapprochement euphonique des mots, cette première va de soi ; mais l’au-delà magiquement produit par certaines dispositions de la parole, où celle-ci ne reste qu’à l’état de moyen de communication matérielle avec le lecteur comme les touches du piano. »

Au-delà du sens des mots, au-delà de l’harmonie et du chatoiement des sons : Mallarmé vise haut et loin, cherchant à atteindre « l’explication orphique de la Terre, qui est le seul devoir du poète et le jeu littéraire par excellence ». Ce dessein ultime, il l’a aperçu et compris dès le milieu des années 1860 — il a alors environ 25 ans. Au cours de l’été 1866, à son ami le poète Théodore Aubanel, il raconte : « J’ai jeté les fondements d’une œuvre magnifique. Tout homme a un Secret en lui, beaucoup meurent sans l’avoir trouvé, et ne le trouveront pas parce que, morts, il n’existera plus, ni eux. Je suis mort, et ressuscité avec la clef de pierreries de ma dernière Cassette spirituelle. A moi maintenant de l’ouvrir en l’absence de toute impression empruntée, et son mystère s’émanera en un fort beau ciel. » Puis, quelques jours plus tard : « J’ai voulu te dire simplement que je venais de jeter le plan de mon œuvre entier, après avoir trouvé la clef de moi-même — clef de voûte, ou centre, si tu veux, pour ne pas nous brouiller de métaphores —, centre de moi-même, où je me tiens comme une araignée sacrée, sur les principaux fils déjà sortis de mon esprit, et à l’aide desquels je tisserai aux points de rencontre de merveilleuses dentelles, que je devine, et qui existent déjà dans le sein de la Beauté. »

Ce « Grand Œuvre », ce « Livre […] tenté à son insu par quiconque a écrit, même les Génies », Mallarmé ne l’a pas écrit. Hérodiade, L’Après-midi d’un faune, Le Coup de dés, les Vers de circonstance… en sont des fragments, des échos. Nombre d’entre eux ont été trouvés, après la mort du poète, dans ses papiers que sa veuve et sa fille n’ont pas détruits, désobéissant à ses ordres : « Brûlez, leur intimait-il à la veille de sa mort. Dites qu’on n’y distinguerait rien, c’est vrai du reste, et vous mes pauvres prostrées, les seuls êtres au monde capables à ce point de respecter toute une vie d’artiste sincère, croyez que ce devait être très beau. »

Un article Télérama.fr

En librairie le 28 Mars . Editions Gallimard.

« Olga » de Bernhard Sclink.

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Trad. de l’allemand par Bernard Lortholary

Collection Du monde entier, Gallimard
Parution : 03-01-2019
À paraître le 01 mars aux éditions Gallimard.

« Personne n’a peur des gens qui sourient » de Véronique Ovaldé

Gloria a choisi ce jour de juin pour partir. Elle file récupérer ses filles à l’école et les embarque sans préavis pour un long voyage. Toutes trois quittent les rives de la Méditerranée en direction du Nord, la maison alsacienne dans la forêt de Kayserheim où Gloria, enfant, passait ses vacances. Pourquoi cette désertion soudaine ? Quelle menace fuit-elle ? Dans ce roman sous haute tension, Véronique Ovaldé met en scène un fascinant personnage de mère dont l’inquiétude face au monde se mue en un implacable sang-froid pour l’affronter.

 

Ce nouveau livre, l’auteur l’a écrit des chansons plein la tête. Et, notamment, celles du dernier album de Jeanne Cherhal, « Histoire de J. ».

Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, Flammarion, 2019.

A paraître en Mars aux Editions Flammarion.

« Un poisson sur la lune » de David Vann.

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“Les gens seraient-ils en réalité tous au bord du suicide, toute leur vie, obligés de survivre à chaque journée en jouant aux cartes et en regardant la télé et en mangeant, tant de routines prévues pour éviter ces instants de face à face avec un soi-même qui n’existe pas ?” Tel est l’état d’esprit de James Vann lorsqu’il retrouve sa famille en Californie – ses parents, son frère cadet, son ex-femme et ses enfants. Tous s’inquiètent pour lui et veulent l’empêcher de commettre l’irréparable. Car James voyage avec son Magnum, bien décidé à passer à l’acte. Tour à tour, chacun essaie de le ramener à la raison, révélant en partie ses propres angoisses et faiblesses. Mais c’est James qui devra seul prendre la décision, guidé par des émotions terriblement humaines face au poids du passé, à la cruauté du présent et à l’incertitude de l’avenir.

David Vann revisite son histoire familiale et réussit une confession spectaculaire, mêlant subtilement réalité et fiction pour livrer une implacable réflexion sur ce qui nous fait tenir à la vie.

Traduit par Laura Derajinski.

ROMAN

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ISBN 978-2-35178-126-5

Parution le 07/02/2019

288 pages.

« Ce qu’il reste de nos rêves » de Flore Vasseur.

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Aaron Swartz est un demi dieu pour les activistes de la liberté d’expression et de l’accès à la connaissance, l’homme à broyer pour les autorités américaines.

Depuis l’âge de 8 ans, il programme et défend un Internet libre. Avant tout le monde, il perçoit le projet mortifère de la Silicon Valley, l’influence de l’argent en politique, l’organisation de la médiocrité comme ultime projet de domination. Il n’a qu’une idée, qu’une ambition, aussi absolue que désespérée : sauver le monde. Surdoué, idéaliste, il mord la ligne jaune en 2011. Le gouvernement d’Obama l’attaque et le menace de prison à vie. Le 11 janvier 2013, l’ange d’Internet est retrouvé pendu à la fenêtre de son appartement de Brooklyn.

L’Amérique, l’enfance, l’Internet, Aaron Swartz représente tout ce que Flore Vasseur a aimé. Sa mort est un message envoyé à toutes celles et ceux qui ambitionnent de s’émanciper de leur conditionnement. C’est l’histoire d’un jeune prodige qui nous voulait libres. Disparu, il nous laisse une question : quel est le prix à payer pour une idée ?

À paraître le 09 janvier aux Editions Équateurs.

« Les Porteurs d’eau » de Atiq Rahimi.

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Ils sont afghans mais l’un vit à Paris et l’autre à Kaboul, sous le joug taliban. Le 11 mars 2001, ils vont voir tous deux leur vie basculer.

A Paris, au moment de se lever, Tom entend le fracas de la pluie sur les vitres. Il a décidé de prendre la voiture dès l’aube pour Amsterdam, quittant son épouse, Rina, afin de retrouver une autre femme prénommée Nuria. Tom est un exilé, parti d’Afghanistan à l’âge de 20 ans. Mais il repousse de toutes ses forces la nostalgie de sa vie pas­sée, renonçant à parler sa langue maternelle pour « se déguiser en citoyen français ». A Kaboul, le même matin, Yûsef n’a guère envie d’abandonner sa couche et de s’éloigner de Shirine, sa belle-sœur, dont il est — inconsciem­ment — amoureux. Yûsef est porteur d’eau, un métier essentiel dans cette ville asséchée et glaciale. A chaque ­minute, il risque de soulever la colère des talibans et de subir leurs coups de fouet, car il devrait aller prier à la mosquée plutôt que courir à la source connue de lui seul. Mais il est « le sauveur des assoiffés », comme le surnomme son ami hindou, Lâla Bahâri.

Nous sommes le 11 mars 2001 et les talibans viennent de détruire les deux bouddhas de Bâmiyân, en Afghanistan. Dans ce très beau roman, Atiq ­Rahimi reprend ses thèmes de prédilection : les grandes tragédies de l’histoire contemporaine, la cruauté des hommes, la douleur de l’exil et de la clandestinité, motifs placés au cœur de l’association subtile d’un récit réaliste traversé par le conte persan. Alter­nant au fil des chapitres les voix de ses héros, l’auteur de Syngué Sabour (Goncourt 2008) fait basculer leur vie en l’espace d’une journée. Cette réduc­tion temporelle convient à la concentration des faits, la description des gestes, la rigueur d’une écriture rythmique où chaque mot semble déterminant. Tom et Yûsef vont prendre conscience de leurs désirs respectifs dans un monde où règnent le mensonge, la trahison et le silence. Leur ­réveil passe par l’exigence de leurs corps, mais autour d’eux le monde s’écroule et la culture est ravagée. Quand la nuit tombe, Tom cesse enfin de chercher qui il est, en reprenant son vrai prénom de ­Tamim, tandis que Yüsef ne craint plus son destin en se dépouillant de tout. Mais, dehors, la folie des hom­mes continue de frapper, et Atiq Ra­himi sait que la poésie ne gagne pas face à l’intégrisme et sa jumelle, l’intolérance.

 

| Ed. P.O.L, 288 p.,

Un article Télérama.

« La Guerre des Pauvres ». Eric Vuillard.

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Si son titre — et, assurément, son motif central — fait directement écho à notre actualité, La Guerre des pauvres plonge en fait, à l’aube des temps modernes, dans l’Europe du xvie siècle, aux (dés)équilibres ébranlés par le message neuf de la Réforme protestante. Eric Vuillard s’y attache non pas au très politique Luther, mais à un réformateur autrement enragé, le prédicateur millénariste Thomas Müntzer, qui puisa dans la Bible les arguments théologiques d’une rébellion sociale contre les princes, une authentique ­révolution dans laquelle il entraîna les gueux du Saint Empire. « Mais ce n’était pas Dieu. C’était bien les paysans qui se soulevaient. A moins d’appeler Dieu la faim, la maladie, l’humiliation, la guenille. Ce n’est pas Dieu qui se soulève, c’est la corvée, les censives, les dîmes, la mainmorte, le loyer, la taille, le viatique, la récolte de paille, le droit de première nuit, les nez coupés, les yeux crevés, les corps brûlés, roués, tenaillés », écrit Vuil­lard au fil de ce texte lyrique et subversif, de vif-argent, qui prend fait et cause pour le fanatique prédicateur et le peu­ple « plus envahissant, plus tumultueux, un peuple pour de vrai » qu’il sut électriser de son verbe et de sa sainte fureur.

 

| Ed. Actes Sud, 70 p

A paraître le 10 janvier.

D’après un article Telerama.fr

Sérotonine de Michel Houellebecq.

9782081471757

Sérotonine

«Mes croyances sont limitées, mais elles sont violentes. Je crois à la possibilité du royaume restreint. Je crois à l’amour» écrivait récemment Michel Houellebecq.
Le narrateur de Sérotonine approuverait sans réserve. Son récit traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses villes, détruit ses campagnes au bord de la révolte. Il raconte sa vie d’ingénieur agronome, son amitié pour un aristocrate agriculteur (un inoubliable personnage de roman – son double inversé), l’échec des idéaux de leur jeunesse, l’espoir peut-être insensé de retrouver une femme perdue.
Ce roman sur les ravages d’un monde sans bonté, sans solidarité, aux mutations devenues incontrôlables, est aussi un roman sur le remords et le regret.
  • Hors collection – Littérature française
  • À paraître le 04/01/2019