« Le Parfum » de Patrick Süskind…

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Mon article précédent sur « La civilisation des odeurs » de Robert Muchembled me donne évidemment l’envie de relire cet extraordinaire roman de Patrick Süskind…

Ce roman évoque l’étonnant destin de Jean-Baptiste Grenouille, qui possède un sens olfactif incroyable. Ses aventures se déroulent en France au XVIII ème siècle.

Résumé du Roman

Jean-Baptiste Grenouille naît à Paris le 17 juillet 1738. Il vient au monde au milieu de légumes et de poissons avariés, lors « d’une des journées les plus chaudes de l’année« . Sa mère, accusée d’infanticide, est condamnée et décapitée. Le petit Jean-Baptiste est confié à plusieurs nourrices. Aucune d’elle ne le garde. Elles considèrent toutes qu’il est soit trop goulu, soit inquiétant car ne possédant aucune odeur.

L’une des nourrices le ramène au père Terrier, moine au cloître de Saint-Merri. Ce dernier est frappé par l’extraordinaire sensibilité olfactive du nourrisson. Ce don l’inquiète et il se débarrasse vite de Grenouille. Lire la suite

A propos de l’An 2000…Par Duras.

Marguerite DURAS imagine l’homme en l’an 2000 : « l’homme sera noyé dans l’information, … pas loin du cauchemar, … tout sera bouché, investi … il restera la mer, la lecture, … Un jour l’homme sera seul de nouveau » « Quand la liberté aura déserté le monde, il restera toujours un homme pour en rêver »… »un jour, un homme lira et tout recommencera. »

3m40.

 

Simone De Beauvoir, une vidéo réalisée par Marie, élève de 3ème.

Voici la dernière des 4 vidéos « portraits de femmes » réalisées par les filles de 3ème. Après Simone Veil, Antoinette Fouque et Gisèle Halimi…(dernière…encore que Françoise Nourrissier et Elisabeth Badinter nous tentent bien…)

Celle-ci a été réalisée par Marie (troisième Marie!).

« Hélène ou le règne végétal de René » Guy Cadou…

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Durant sa courte vie, le poète français prolifique René Guy Cadou (1920-1951) connaît plusieurs événements marquants: la mort de son père, la guerre, la débâcle de la deuxième guerre mondiale et la rencontre de sa femme, Hélène, qui inspire le recueil Hélène ou le règne végétal. Ses poèmes d’une élégante simplicité mènent vers une approche mystique des choses et des êtres aimés. Cependant son expression poétique, nourrie d’une correspondance avec Max Jacob, peut aussi être poignante et personnelle reflétant l’amour, la liberté, et la fraternité des hommes face aux horreurs de la guerre. Ses poèmes associent fraîcheur et urgence.

Présentation

Hélène ou le Règne végétal est un recueil de poèmes que René Guy Cadou adresse à sa femme. Il a donc été inspiré par la rencontre que fait en 1943 l’auteur de sa muse Hélène qui va transformer l’œuvre du poète, qui s’empreindra désormais à chaque vers de l’amour et de la dévotion qu’il voue à son épouse.

L’auteur s’adonne donc ici à une louange à l’amour – l’amour qui a éveillé partout autour de lui la nature, la paix et la beauté. Ce recueil qui regorge d’éléments en lien avec ce thème délivre également un message de paix et d’harmonie que l’auteur tente de transmettre à un monde qui a l’oreille dure.

Composé d’un nombre considérable de poèmes, Hélène ou le Règne végétal englobe tout un pan de l’œuvre du poète, des textes écrits entre 1947 et 1951.

 

Poème choisi:

Je t’attendais ainsi…

Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires

Dans les années de sécheresse quand le blé

Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe

Qui écoute apeurée la grande voix du temps

 

Je t’attendais et tous les quais toutes les routes

Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait

Vers toi que je portais déjà sur mes épaules

Comme une douce pluie qui ne sèche jamais

 

Tu ne remuais encore que par quelques paupières

Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées

Je ne voyais en toi que cette solitude

Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou

 

Et pourtant c’etait toi dans le clair de ma vie

Ce grand tapage matinal qui m’éveillait

Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays

Ces astres ces millions d’astres qui se levaient

 

Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres

Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau

Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères

Où nous allions tous deux enlacés par les rues

 

Tu venais de si loin derrière ton visage

Que je ne savais plus à chaque battement

Si mon cœur durerait jusqu’au temps de toi-même

Où tu serais en moi plus forte que mon sang

 

 

Cadou, René Guy « Je t’attendais ainsi… », Hélène ou le règne végétal, Paris, Seghers, 1951.

Poésie: Charles Dobzynski (1929-2014)

 

Il a gardé jusqu’au bout un enthousiasme débordant. Il avait faim du monde qu’il aimait, et se connectait à sa page Facebook, même s’il ne pouvait plus marcher. Il encourageait tous les projets, même les plus fous. Charles Dobzynski était né à Varsovie, le 8 avril 1929, avant de s’installer à Paris avec ses parents.

Il avait eu le don d’échapper aux rafles et aux arrestations, en particulier la rafle du Vel’d’Hiv’ dont il se souviendra dans son œuvre: «La police du quartier tirée à quatre épingles verrouille le silence. Il faudra fracturer le soleil. Bonder les autobus. Mais tout se tait. Le pays porte le deuil muet de ceux que l’on déporte…» («Journal alternatif», Ed. Dumerchez, 2000).

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Françoise Héritier, éternelle pionnière…

 

Après « Le sel de la vie », Françoise Héritier La maison d’édition Odile Jacob publie « Au gré des jours », dont la première partie poursuit la même liste poétique, drolatique et universelle déjà présente dans « Le sel de la vie »…Dans la seconde partie, l’anthropologue Française Françoise Héritier cherche à comprendre comment elle est devenue elle-même: « je me suis formée émotionnellement et affectivement de bric et de broc » annonce t-elle dans le style simple des gens trop brillants pour ne jamais à avoir à succomber à l’esprit de sérieux…

Deuxième femme à être entrée au collège de France, adoubée par Claude Lévi-strauss, cette icône vivante du féminisme de 83 ans en profite, avec une joie espiègle, pour dresser un hymne tendre et poignant à l’amitié, elle qui, en entrant au Collège de France ne put jamais cesser de ressentir un fort sentiment d’illégitimité…

Le jeudi 09 Novembre, sur le Plateau de La grande Librairie, en compagnie de Michel Serres et Le prix Goncourt, Éric Vuillard.

 

Les Mains libres: Paul Eluard et Man Ray…

Ce recueil est un modèle de complicité artistique, les deux auteurs engendrant une œuvre qui exige que les dessins de l’un et les poèmes de l’autre demeurent indissociables. Renversant l’ordre habituel des choses, Paul Éluard avait d’ailleurs tenu à préciser sur la page de titre du manuscrit de travail des Mains libres que c’était lui, le poète, qui avait «illustré» les dessins de Man Ray. En fait d’illustrations, les textes entrent plutôt en résonance intuitive avec les propositions graphiques : on dirait face à face des traits et des mots qui, tous, ont finalement fonction d’embarcadères et prennent un malin plaisir à jouer de l’égarement ou à décupler les destinations imprévues.
Toutes les pages de ce livre témoignent d’une intuition active et partagée, toujours en mouvement, toujours éclairante. Deux artistes, avec leurs armes propres, y découvrent leur champ commun. Ils ont les mains libres, mais avec, en plus, le bonheur d’être ensemble.

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Réveil des temps de guerre de Maurice Fombeure…

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Je re-re-re…lis beaucoup de poésie en ce moment et c’est comme ça que j’ai exhumé Maurice Fombeure des entrailles de ma bibliothèque…Mes annotations d’une écriture encore enfantine laisse peu de doutes sur la durée de l’oubli du Monsieur…J’avais souligné celui-ci et aujourd’hui, je ne sais plus pourquoi!

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Réveil des temps de guerre

Le clair visage de l’amour

Parfois rit au faîte des granges

Et m’apaise d’un long silence

Chacun de ces soldats sans nombre

Gémissant comme des enfants

Ainsi caresse un rêve, une ombre

Mais le clairon, notre olifant

Brise tout de ses ailes dures.

 

 

Olisy, le 7 novembre 1939