Sylvain Tesson, nouvel Ulysse pour un documentaire d’Arte

L’écrivain-voyageur Sylvain Tesson se lance dans un nouveau périple à l’occasion d’une collaboration avec Arte : le tournage du documentaire Dans le sillage d’Ulysse avec Sylvain Tesson. L’auteur de Sur les chemins noirs partira de Marseille, en voilier, pour refaire le voyage d’Ulysse en Méditerranée : l’admirateur d’Homère voguera ainsi sur les traces de son héros.

Des rivages de Sicile jusqu’aux côtes turques, en passant par l’Italie, l’Albanie et la Grèce, Sylvain Tesson convoquera la poésie d’Homère et tous les Dieux de l’Olympe au service d’une aventure intemporelle au cours de laquelle il rencontrera les habitants de ces rivages. En livrant au public sa vision très personnelle de l’Odyssée, l’écrivain nous emmène à la découverte des cultures et des lieux marqués par ce récit épique, toujours aussi présent dans notre culture européenne. Pivot de la coopération culturelle et économique entre les deux rives de la Méditerranée, c’est sur le Vieux-Port de Marseille que Sylvain Tesson embarquera pour sa grande Odyssée.

Dans le sillage d’Ulysse avec Sylvain Tesson
Une série documentaire avec Sylvain Tesson (5x26mn)
Réalisée par Christophe Raylat
Une coproduction : ARTE France, Lato Sensu Productions
Avec la participation d’Ushuaia TV et TV5 Monde

Diffusion sur ARTE en 2020

Sylvain Tesson
Écrivain, journaliste et grand voyageur, Sylvain Tesson est passionné par l’Asie centrale, qu’il parcourt inlassablement depuis 1997. Il s’est fait connaître en 2004 avec un remarquable récit de voyage, L’axe du loup. Reconnu par la critique et apprécié par le public, Sylvain Tesson publie de nombreux livres dont Une vie à coucher dehors, Petit traité sur l’immensité du monde, Dans les forêts de Sibérie (Prix Médicis essai 2011) et le recueil de nouvelles S’abandonner à vivre… En 2017, il partait déjà pour ARTE en expédition à travers les hauts plateaux du Tadjikistan pour le documentaire Octobre blanc, Sylvain Tesson sur les sommets de la révolution. La même année, il conçoit une série de 8 émissions pour France Inter intitulée Un été avec Homère, qui donnera lieu à un livre homonyme en 2018.

 

Les Bouffes parisiens :Fanny Ardant joue « Hiroshima mon amour ». (Jusqu’au 07 Juillet)

Fanny Ardant joue « Hiroshima mon amour » sur scène. L’actrice était l’invitée de Léa Salamé à 7h50 sur France Inter…

Fanny Ardant

Quelques extraits:

La comédienne Fanny Ardant reprend au théâtre « Hiroshima mon amour » de Marguerite Duras, et nourrit une grande admiration pour l’auteure : « Duras allie la forme et le fond, elle parle de la chose essentielle qu’est l’amour, que l’amour rend fou. »

J’aime aussi l’idée que Duras est comme une pile électrique, qu’elle aime provoquer, elle attend de celui qui l’écoute qu’il soit intelligent

Fanny Ardant poursuit : « Quand on demandait à Duras : ‘Vous êtes en colère?’, elle répondait ‘Oui’. On disait ‘Contre quoi?’, elle répondait ‘Contre tout, contre Dieu surtout' »  L’indignation rend vivant, on ne s’assagit pas, on ne se résigne pas ». .

Pour Fanny #Ardant, #Duras n’aurait pas aimé notre époque : « Cet espèce de puritanisme (…) Les groupes sociaux sont dangereux, ils diluent, rendent tolérants. Dans la solitude, vous vous construisez. Si j’étais tout le temps dans la société, je jetterai une bombe. »#le79Interpic.twitter.com/cNvhe0aUjw

— France Inter (@franceinter) June 12, 2019.

Dans la pièce que l’actrice reprend au Théâtre des Bouffes Parisiens, elle est seule en scène mais accompagnée par la voix, seule, de Gérard Depardieu.

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Présentation deHIROSHIMA MON AMOUR AVEC FANNY ARDANT

Résumé

Découvrez l’adaptation pour les planches d’Hiroshima mon amour avec Fanny Ardant.

Hiroshima mon amour est le scénario écrit par Marguerite Duras pour le film d’Alain Resnais sorti en 1959. Bien que retraçant la rencontre entre une Française et un Japonais à Hiroshima quelques années après la bombe atomique, Hiroshima mon amour est surtout le cri du souvenir d’un amour brûlant, scandaleux et déchirant, que cette femme connut avec un soldat allemand à Nevers pendant la seconde guerre mondiale.

« Orchestrer la rencontre entre cette exceptionnelle écriture et cette voix si singulière m’est apparue comme une évidence absolue. J’y ai trouvé l’une des plus belles œuvres de Marguerite Duras. J’ai immédiatement imaginé Fanny Ardant porter ces mots foudroyants » – Bertrand Marcos

 

« Le Loup »/ BD de Jean-Marc Rochette

9782203196773Résumé de l’éditeur : Après Ailefroide, Rochette questionne la place de l’homme face au règne animal. Comme dans son précédent album, l’action se déroule au cœur du Massif des Écrins, dans la vallée du Vénéon. Un grand loup blanc et un berger vont s’affronter passionnément, jusqu’à leurs dernières limites, avant de pactiser et de trouver le moyen de cohabiter. Rochette célèbre une nouvelle fois la haute montagne, sa beauté, sa violence ; l’engagement et l’humilité qu’il faut pour y survivre. Il tente aussi, par la fiction, de trouver une porte de sortie au conflit irréductible de deux points de vues, justes l’un et l’autre : les bergers qui veulent protéger la vie de leurs bêtes, les parcs qui tentent de sauver des espèces en voie d’extinction.

 

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Editions Casterman, 112p.

« L’essai »/ Bd de Nicolas Debon (2015)

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(Merci à Marie-Hélène qui m’a offert cette bande-dessinée…Je dois l’avouer il y a une continuité d’intention depuis le cd relatant l’insurrection ouvrière de chez Lip, les boucles d’oreilles Frida Kahlo et cette BD….)

RÉSUMÉ ESSAI (L’)

Avec L’Essai, Debon signe un histoire complète qui, entre fiction et réalité, met en scène l’histoire vraie d’une communauté anarchiste. Nicolas Debon s’inspire de l’histoire vraie d’une communauté anarchiste installée dans les Ardennes en 1903. Fonctionnant sur le principe de liberté et sur les préceptes libertaires, la communauté de L’Essai illustre à merveille l’espoir d’un modèle de société différent et exempt de toute autorité, dans une France plongée dans la misère. Un récit historique poignant sur un épisode méconnu de notre histoire et mis en images par un auteur au talent hors du commun.

Une aventure documentaire, un récit inspiré d’une histoire vraie, mais aussi une bande dessinée servie par un graphisme original avec des couleurs directes parfaitement appropriées aux décors majestueux.

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L’histoire véritable:
Nous sommes en 1903 et le mouvement anarchiste prend de l’ampleur, alors que la révolution industrielle pose des questions cruciales sur l’asservissement de l’homme à un destin qui ne lui appartient plus. Fortuné Henry a dépensé presque toutes ses économies pour acheter une parcelle de terre dans les Ardennes, au cœur du village d’Aiglemont. Seul avec quelques outils, il entreprend de canaliser les écoulements d’eau, se construit une cabane, et s’installe au milieu de nulle part, à la stupeur des habitants. Le projet de Fortuné est simple : il veut construire ici la première cellule d’une société nouvelle, où les hommes et les femmes vivraient et travailleraient en commun, sans gouvernement, sans autorité, forts de l’ambition commune de vivre ensemble. Il l’explique sans sourciller à un groupe de villageois qui vient à sa rencontre, et peu à peu l’information circule. De premiers volontaires rejoignent l’anarchiste idéaliste, et petit à petit le projet prend forme. Une première maison est construite, le terrain est savamment mis en culture. La communauté d’Aiglemont devient un vrai projet, qui surprend autant qu’il attire la curiosité. Malgré le manque d’argent, mais face à un intérêt de plus en plus grand des journaux et de la société civile, il semble trouver une forme d’équilibre.

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« Lino Ventura et l’oeil de verre »/ Bd Arnaud Le Gouëfflec et Stéphane Oiry.

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  • BD franco-belge

Merlin, journaliste, rencontre Lino Ventura dans le cadre d’un article. Fidèle à sa légendaire pudeur, celui qui s’est toujours considéré acteur par « accident » ne se livre pas facilement. Mais au fil de leurs entretiens, le colosse des Tontons flingueurs se dévoile, revenant sur sa carrière, ses débuts dans le catch, ses blessures, ses amitiés, ses brouilles, son rapport à la caméra – cet « œil de verre » comme il aimait à l’appeler –, sa rigueur intransigeante à choisir le bon scénario, pour finir par son engagement en faveur des enfants handicapés à travers l’association « Perce-Neige », toujours active de nos jours. Doucement, une carapace se fêle et une personnalité se dessine. Celle, qu’il n’a jamais pu cacher malgré ses innombrables rôles, d’un personnage droit dans ses bottes et profondément humain. Acteur né, homme d’instinct et colosse au cœur d’or, Lino Ventura est probablement l’une des figures les plus populaires et les plus fascinantes du cinéma français, ayant collaboré avec les plus grands et dont on ne compte plus les chefs-d’œuvre. Par le biais de cet entretien fictif, ce passionnant roman graphique nous replonge dans la carrière et la vie de cet acteur de légende et nous fait découvrir, sous le masque du comédien, la personnalité de l’homme.

Editions Glénat, 141p

ADA DE BARBARA BALDI : QUAND LA BD DEVIENT UN ART

 

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ada-barbara-baldi-couverture.jpgLes romans graphiques deviennent de plus en plus épais et le « roman », depuis quelques mois, l’emporte souvent sur le « graphique ». Dans cette tendance, Ada fait figure d’exception. Exception comme exceptionnelle, car autant l’écrire de suite, cet ouvrage taiseux est une pure merveille picturale. L’auteure italienne signe ici après La partition de Flintham (Ici Même éditions, 2018) une deuxième réalisation qui confirme son talent immense

En feuilletant d’abord l’ouvrage, on pourrait se croire dans un conte pour enfants avec les forêts étouffantes et les images glaçantes d’un ogre en gros plan. L’ogre est en fait le père d’Ada, double de l’écrivaine. Un bûcheron qui vit dans une forêt d’Autriche en 1917, près de Vienne, capitale proche et lointaine où Egon Schiele et Gustav Klimt cherchent de nouvelles partitions picturales. Ce père, dont l’épouse s’est sauvée, et qui ressemble avec son énorme moustache à Staline, est autoritaire, violent et interdit à Ada la lecture et la peinture, deux passions salvatrices et empreintes d’espoir pour l’adolescente. Ada, à sa manière, silencieuse et a priori résignée, va pourtant résister, trouvant dans l’eau glacée d’un torrent ou la mise en forme d’un bouquet de fleurs, la force de combattre et d’éteindre la violence paternelle.

Ce combat raconté à distance est celui d’une jeune fille qui utilise aussi son attachement à la nature pour se construire un monde intérieur lui permettant de grandir en dehors des vociférations et injonctions paternelles. Cette nature, souvent ténébreuse mais éclairée parfois par un soleil rasant ou une lampe à huile comme des signes lumineux d’espoir, est majestueusement peinte et dessinée. Des panoramiques ou des pleine pages verticales créent une atmosphère étouffante et pesante quand le père impose à sa fille des travaux lourds et pénibles mais deviennent sources d’intimité et de bonheur quand Ada se retrouve seule au milieu des arbres et des animaux.

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Les aquarelles retravaillées à l’ordinateur relèvent du plus grand talent et chaque dessin est une œuvre d’art à part entière. Les effets picturaux sont multiples et parfois, comme dans une photo, la mise au point est fixée sur un détail, un objet, laissant dans le flou un environnement cotonneux et protecteur. On croit voir parfois un tableau de William Turner et la rousseur d’Ada, semblable à celle de la dessinatrice, révèle le caractère partiellement autobiographique de l’ouvrage. Elle se tient droite, Ada, et la première représentation d’elle dans une case unique la montre devant son chevalet caché. Ces portraits verticaux d’elle sont parmi les plus belles planches de la BD. La rousseur d’Ada flamboie comme les chevelures des femmes rousses de Toulouse Lautrec et le silence de son regard rappelle la force intérieure des modèles peints par Egon Schiele. Des rapprochements osés, mais justifiés.

Egon Schiele Couple de femmes amoureusesEgon Schiele, Couple de femmes amoureuses, 1915, crayon et aquarelle, 32,5 × 49,5 cm.

La simplicité de l’histoire pourrait sembler insuffisante pour nourrir une centaine de pages, mais le silence permet à l’autrice d’aller à l’essentiel et de maintenir notre attention sur la force intérieure qui anime Ada. On sent avec elle le froid qui pénètre le corps, on ressent le vent qui balaie la chevelure, on est transpercés par la pluie qui accompagne un acte odieux du père. Et surtout Barbara Baldi nous emmène avec elle sous les cieux, personnage à part entière qui renforce le sentiment de solitude d’une jeune fille enfermée dans une prison sans barreau et qui se sert de la beauté du monde pour se sauver dans des terres inconnues. Même quand l’hiver et la nuit étouffent les pas et les mots.

Ada, Barbara Baldi, traduit de l’italien par Laurent Lombard, Nantes, Éditions Ici même, 7 février 2019. 120 pages. 24€. A obtenu le prix BD RTL.

« Devant le jour épais qui s’avance à pas lents » de René -Guy Cadou, suivi d’une vidéo-mémoire…

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« Devant le jour épais qui s’avance à pas lents

Devant l’horrible face à face

Ô cœur ouvert à tous les vents

Et jusque dans ces bras qui cherchent le courant

Hier demain et à présent

 

Il n’y a rien de nouveau

Sous le soleil de ma poitrine

C’est toujours la même tendresse qui chemine

Le même filet bleu qui baigne mes poumons

Toujours ma chair à l’abandon

 

Plus haut la tête claire

Ô mon front riverain du ciel et de la terre

Prunelles éclatées dans un printemps trop doux

Je cours

Et je suis fait pour aller à genoux

 

Ne me demandez plus de partager vos armes

Je dispose mes mains autour de ma maison

Et ceci est mon sang et le froment des larmes. »

 

René Guy Cadou, « La vie rêvée » in Poésie la vie entière ; éd. Seghers ; 2001.

 

Conçu à partir de dix textes de René-Guy Cadou, ce document propose une visite imaginaire guidée par Hélène sa compagne de toujours, à l’école de Louisfert, hier demeure du poète, aujourd’hui musée à sa mémoire.

« Suzanne et Louise », Roman-Photo d’Hervé Guibert

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Suzanne et Louise, publié en 1980, raconte la vie de deux soeurs, l’une veuve, l’autre célibataire, recluses dans un hôtel particulier du XVe arrondissement, gardées par un gros berger allemand. Suzanne tient les cordons de la bourse. Louise, ancienne carmélite, lui sert de bonne, humble et tyrannique. L’auteur, qui est aussi leur petit neveu, est un des rares à leur rendre visite. Mêlant ses manuscrits à ses photos, Hervé Guibert a composé un livre entièrement mis en scène par ses soins. Le résultat en est unique. Un tombeau pour deux vivantes pas dupes qui le remercièrent d’avoir «tiré de [leur] obscurité ce livre trop brillant pour [leur] modestie». Un dossier comportant témoignages, documents et photos inédits complète cette nouvelle édition.

L’arbalète Gallimard.