La lecture des Pierres de Roger Caillois.

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Dans « La lecture des Pierres » , Roger Caillois choisit des minéraux qui sont des moteurs pour l’imagination, des paésines (pierres représentant un paysage et apparaissant comme ça dans la nature. Le merveilleux à l’état spontané.

Cet ouvrage dévoile les plus belles pierres de l’exceptionnelle collection de Roger Caillois à travers des photographies inédites, réalisées en collaboration avec le Muséum national d’histoire naturelle de Paris (MNHN), qui a reçu en dation une grande partie de la collection.

Essayiste, académicien, Roger Caillois se passionne très tôt pour les « pierres curieuses, qui attirent l’attention par quelque anomalie de leur forme ou par quelque bizarrerie significative de dessin ou de couleur ». Il aborde le monde minéral dans une vision toute personnelle où art et sciences naturelles font éclore une image nouvelle de l’univers.

 

Photographies

François Farges, MNHN

 

Textes

Roger Caillois

Massimiliano Gioni, préface

Henri-Jean Schubnel, postface

Gian Carlo Parodi, MNHN, lexique

 

Relié, 190 x 253 mm

432 pages.

Deux romans graphiques pour raconter la guerre et l’exil.

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Ça commence par une enfance en Syrie. difficile ici de ne pas penser à Riad Sattouf et à son « Arabe du futur ». Cependant, la comparaison s’arrête aux premières pages. Car Hakim nous embarque dans son existence à lui, celle d’un jeune syrien rêvant d’un avenir radieux dans un pays qui bascule dans la guerre. Aîné de sa fratrie, il part d’abord au Liban, puis en Jordanie, enfin en Turquie. C’est là que s’arrête le premier tome de ce lon²g voyage, mis en dessin par Fabien Toulmé. Une histoire vraie qui met un visage, une trajectoire, sur ceux qu’on appelle, de façon distanciée et indifférenciée, les migrants.

« L’Odyssée d’Hakim, 1.de la Syrie à la Turquie » de Fabien Toulmé. (Encrages/ Delcourt, 304 p)

9782203148611

c’est un récit croisé entre deux espaces-temps, avec l’amour pour fil conducteur. Le premier se situe dans l’Allemagne contemporaine et met en lien Karsten, un jeune Allemand, et Neyla, une réfugiée syrienne. Le second déroule une passion au pied des bouddhas de Bâmiyân, en Afghanistan, en 1939, entre deux femmes aventurières éprises de liberté. avec son trait reconnaissable entre tous, Zeina Abichared pose son noir et blanc net et graphique sur la plume de Mathias Énard qui s’aventure pour la première fois en terrain dessiné.

« Prendre Refuge » de Zeina Abirached et Matthias Énard. Casterman, 399p.

« Des ronds dans l’air », mon second poème chanté…

Un grand merci à Koulane, la chanteuse, à Taté, la guitariste, et à Juan le flûtiste et marcheur solitaire, pour cette seconde composition…

 

Ils auraient tant aimé

Que tout fût dit écrit

sur l’horizon tracé

les charognards que le jour inquiète

figés dans la rectitude du temps

qui rient du vent

interrompant le vol

de l’alouette

 

Mais l’aile aveugle

bat

même engourdie

et persévère

esquisses circulaires

au péril de la friabilité

du mot

et de l’éraflure  d’encre

et malgré la penne

abîmée

elle féconde comme en absence

le nid

la peau la chair

la plume la fièvre le sang

d’un mur à l’autre

devant des remparts transparents

n’importe où tapant

se cognant comme on s’élève

à l’inaliénable liberté

du vivant

 

Barbara Auzou

Illettré.De Jean-Pierre Améris. Ce mardi sur France 3.

illettré

Genre : Téléfilm dramatique

Origine : français

Acteur : Abdel Baki BousmahaAnnie CordyFlorence HuigeKévin AzaïsSabrina OuazaniViolaine FumeauXavier Mathieu

Realisateur : Jean-Pierre Améris

Synopsis

Victime d’un accident de travail, Léo est cloîtré chez lui le temps de sa convalescence. Il fait alors la connaissance de sa voisine, Nora. Lorsqu’elle découvre quel secret il cache, elle lui propose de l’aider. Mais Léo s’emmure dans le déni : hors de question pour lui d’admettre qu’il ne sait pas lire…

« Lis les consignes. Tout est écrit là ! » Prié de changer de machine à l’improviste par son chef d’atelier, Léo n’est plus qu’un bloc de panique. Un instant plus tard, c’est l’accident. Blessé à la main, le jeune ouvrier fait la rencontre de Nora, pétillante infirmière qui va tenter de l’aider à dépasser la honte, pour sortir de l’illettrisme.

Léo « n’a pas les mots », et c’est toute une existence emmurée dans la peur plus encore que dans l’ignorance. Acheter un billet de train, prendre le bon médicament, choisir un plat dans un restaurant : le quotidien de Léo ressemble à un combat pour la survie et contre le regard des autres teinté de condescendance. Au-delà du pragmatisme évident, c’est le versant intime de l’illettrisme, fait de mépris de soi, d’isolement, de colère sourde que le jeu sobre, en violence contenue, de Kévin Azaïs (découvert dans Les Combattants) donne à voir et à ressentir. A ses côtés, ­Annie Cordy touche en grand-mère tendre et désarmée face aux reproches du petit-fils qu’elle a élevé « comme elle a pu ». ­Diffusé dans le cadre des journées nationales d’action contre l’illettrisme, le film n’échappe pas tout à fait aux pièges du ­didactisme. Mais en tenant à distance les émotions faciles et les clichés, ce récit sensible d’un éveil au monde et à soi-même porte joliment la conviction qu’il n’est jamais trop tard.

Peinture et poésie: histoire d’une relation amoureuse…

Evoquons ici l’histoire passionnée des amours et désamours de la peinture et de la poésie. Difficile d’imaginer cette relation amoureuse entre deux arts sur lesquels nous portons un regard bien différent aujourd’hui. Les foules se pressent dans les musées pour profiter de la peinture sous toute ses formes (huiles, dessins, collages..), qui est largement appréciée pour elle-même, en tant qu’art. La pauvre poésie, de son côté, reste peu valorisée dans nos expériences culturelles contemporaines. Elle est souvent cantonnée à un simple apprentissage scolaire. On ne discute pas d’un poème entre amis alors qu’on évoquera plus facilement la dernière exposition visitée.

Pourtant peinture et poésie sont deux arts qui ont longtemps fait vie commune, au point où l’un ne pouvait se concevoir sans l’autre. D’ailleurs, si l’on y regarde de près, on s’aperçoit qu’ils sont aujourd’hui encore unis par des liens discrets mais intenses. Mais revenons aux débuts de cette histoire d’amour…


Femme au miroir de Maurice de Vlaminck

SOUS L’ANTIQUITÉ: UNE RELATION FUSIONNELLE

Sous l’Antiquité, associer peinture et poésie est une habitude incontestée, une évidence. Pour le public comme pour les artistes, ces deux arts sont indissociables.
Déjà au 5ème siècle avant JC, Simonide de Céos, le poète qui chanta les héros de la bataille de Marathon affirme : « La peinture est une poésie muette et la poésie est une peinture parlante ».
Il s’agit du même art: l’un déclamé, l’autre contemplé et s’ils emploient des modes d’expression différents, tous deux ont pour but de procurer des émotions similaires chez le spectateur.
Au début de l’ère chrétienne, Horace réaffirme ce même principe en déclarant dans son poème L’Art poétique : « Ut pictura poesis » : la peinture est comme la poésie.

APRÈS LE DÉSAMOUR DU MOYEN-AGE: LA RENAISSANCE

Après la parenthèse d’un Moyen-Age où l’art est principalement religieux, l’idée du lien entre peinture et poésie réapparaît après l’invention de l’imprimerie.
Toute création artistique est régie par le principe suivant: seul peut être représenté en peinture ce qui est digne de faire l’objet d’un poème afin d’élever l’âme du spectateur, loin des trivialités du quotidien. En retour, un peintre doit choisir le sujet de ses œuvres uniquement parmi les thèmes dignes d’être chantés par le poète.
Au XVIIème siècle, l’association peinture-poésie permet au Classicisme de déployer une exigence qui débouche sur les chefs d’œuvre d’un Nicolas Poussin ou d’un Claude Le Lorrain.


Nicolas Poussin. Orphée et Eurydice©RMN

Cette idée que les deux arts ne peuvent être séparés perdure jusqu’au milieu du XVIIIème siècle. Mais l’association peinture-poésie qui avait stimulé un renouveau artistique en libérant l’art des seuls sujets religieux devient elle-même progressivement un carcan.

LE CARCAN D’UNE UNION ÉTOUFFANTE

L’union peinture-poésie revêt en effet le caractère d’une obligation rigoureuse qui puis rigidifie l’expression picturale en en limitant les sujets.
A partir du moment où l’Elégiaque ou le Grandiose sont les seuls sujets de tableau envisageables, un académisme mortifère se développe. On en trouve l’exemple dans les tableaux de concours au prix de Rome fin XVIIIème siècle.


Anne-Louis Girodet De Roussy-Trioson, 1787
Nabuchodonosor fait tuer les enfants de Sédécias en présence de leur père
Photo (C) RMN-Grand Palais / Agence Bulloz, Le Mans, musée de Tessé

LA SÉPARATION PROVISOIRE

Certains artistes cherchent à sortir de cette impasse. En 1766, dans son Laocoon, le dramaturge Lessing affirme que par nature, peinture et poésie sont entièrement étrangers l’un à l’autre.
Pour lui, la poésie se déroule dans le temps, alors que la peinture se structure dans l’espace. La poésie a pour domaine l’action, la peinture se préoccupe seulement de beauté.
Cette coupure entre les deux arts, amorcée fin XVIIIème se révèle vivifiante pour l’un comme pour l’autre. La peinture peut alors aborder le paysage pour lui-même et non en tant que simple toile de fond. Le portrait peut être envisagé pour la ressemblance et non en vue de l’exaltation d’une vertu.


Corot, Rome vue des jardins Farnèse, le Matin – mars 1826©RMN

Les poètes du XIXème, eux aussi, se libèrent peu à peu de la dictature des siècles passés et s’approprient l’intime et le quotidien comme Baudelaire avec Les Fleurs du Mal. C’est de ce divorce entre poésie et peinture qu’est né l’Art Moderne.

LA RÉCONCILIATION

Mais deux arts unis par des liens historiques d’une telle puissance ne peuvent rester longtemps étrangers l’un à l’autre.
Le poème lui-même, et non le thème poétique, commence à inspirer les peintres . Naissent ainsi des oeuvres picturales qui sont l’illustration d’un poeme précis, par Picou ou par Manet par exemple.

A l’aube du XXème siècle apparaît un objet artistique nouveau: le livre d’artiste, ouvrage composé à quatre mains par un peintre et un poète sous la direction inspirée d’un éditeur d’art.Kahnweiler réunit ainsi Apollinaire et Derain, Picasso et Max Jacob pour éditer des livres où dialoguent le peintre et le poète sur la surface de papier du livre d’artiste. Tériade et Maeght poursuivent l’aventure. Celle-ci va s’essouffler avec l’entrée dans le XXIème siècle, victime des crises, crise de la poésie peinant à trouver son public comme crise économique pesant sur la rentabilité éditoriale.

En parallèle, le poème devient visuel en s’emparant de l’image à travers le calligramme, où le mot devient expérience picturale. Qu’est ce qu’est vraiment un calligramme d’Apollinaire ? Il est difficile d’y distinguer le poème de la forme picturale.

Les avant-gardes s’emparent également de la fusion entre poésie et peinture, tout au long du XXème siècle:
– Dada intègre des poèmes dans ses tableaux ou utilise la technique du cadavre exquis pour créer des poèmes qu’ils transforment en sujets de tableaux


Theo van Doesburg kleine Dada soirée

– Oupeinpo et Fluxus étendent le même principe de communion entre peinture et poésie dans certaines des œuvres de ses artistes
– le lettrisme, parsème les toiles de morceaux de poèmes et la lettre en tant que signe devient poème dans sa représentation visuelle.


Eclipse de jour

La relation amoureuse entre peinture et poésie s’est déroulée au gré de leurs querelles et réconciliations tumultueuses.
Ce sont deux arts n’ont cessé de s’entremêlent, de se déchirer pour mieux se retrouver. Pour illustrer leur union contemporaine, n’hésitez pas à visiter nos expositions virtuelles qui mêlent oeuvres et poèmes.

Un article Les Atamanes.

Les Mots-Peints: Notre Jardin Bleu II.

Voici Notre Jardin Bleu II, ma trente-et-unième collaboration avec le peintre Niala que vous retrouvez ici et là.

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(Notre Jardin Bleu II, Niala 2018/ Acrylique s/ toile 61×50)

 

 

Que peut-on pour le monde

sinon nous promettre d’arracher

ce que l’on est à son fantôme froid

et notre cheval clairvoyant est rentré

à l’écurie peiné , boitant, mais droit

par la porte à deux battants

ouverte sur sur ce grand tout

aux cendres retombées

sur le végétal à jamais innocent.

 

Nous resterons silencieux

à soutenir notre effacement

par les yeux

par la peau

par ce peu de mots clairs

arrachés à la mâchoire immonde

et la main se souvient et dessine

la saison des corps sous le feu nomade

qui se balance à l’amble de l’abri sédentaire.

 

Les coqs déboutés de leur faconde et de leur fortune

saluent maintenant comme des métronomes

nos nuits de plumes couchées sur papier de verre.

 

Notre jardin bleu est un œuf de lune

dont nous habitons le jaune.

 

Barbara Auzou.

 

 

Pour les chanceux qui habitent la région, l’exposition Chagall « Du coq à l’âne » se tient à Brioude jusqu’à la mi-octobre…

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La commune de Brioude, en Haute-Loire, accueille jusqu’au 7 octobre près d’une centaine d’œuvres de Marc Chagall. L’exposition « Du coq à l’âne » propose au public de découvrir les animaux métamorphosés du peintre qui ont peuplé son univers artistique tout au long de sa vie.

Une exposition de Chagall, c’est toujours exceptionnel. Mais pour la petite commune de Brioude, peuplée de seulement 6600 habitants, accueillir les œuvres de l’un des plus grands peintres du 20e siècle relève de l’évènement. Et pour cette exposition hors norme, la commune a choisi un lieu exceptionnel : le Doyenné. Un édifice bâti en 1165 aujourd’hui transformé en centre d’art contemporain.

« Du coq à l’âne » plonge le visiteur dans le bestiaire surréaliste de Marc Chagall. Une chèvre jaune, un cheval rouge… l’artiste n’a jamais cessé de représenter des animaux dans ses œuvres. Des animaux qui se métamorphosent et deviennent des créatures fabuleuses.

Chagall représente des animaux qu’il connaît bien, depuis sa naissance, et qu’il a transportés avec lui à travers des décennies, de pays en pays. Depuis sa Russie natale jusqu’à Berlin ou Paris.

Jean-Louis Prat, commissaire de l’exposition

De son enfance passée dans une ferme, Chagall a conservé cet intérêt pour la figure animale. L’exposition présente notamment douze illustrations des fables de La Fontaine. Des gouaches qui, pour certaines, ont peut-être été peintes en Auvergne, lors d’un séjour de l’artiste à la fin des années 1920.

Les sculptures, peintures et céramiques réunies pour cette exposition proviennent de collections privées et du musée Georges Pompidou. Des œuvres magnifiées dans un bâtiment du Moyen Age dont le plafond armorié du 13e siècle est classé monument historique.

Le bestiaire de Chagall avait tout à fait sa place dans cette salle avec ce plafond, qui lui-même renferme des peintures d’animaux fantastiques.

Jean-Jacques Faucher, maire de Brioude

Le Doyenné, qui accueille l’exposition, est désormais le centre d’art contemporain de Brioude après un an et demi de travaux. « Du coq à l’âne » est sa toute première exposition.

Billet des Corbières 66: JOË BOUSQUET, DE LA BLESSURE À L’ÉCRITURE/ Carcassonne.

JOE_BOUSQUET_A4_imgVendredi 29 juin 2018 au Samedi 27 octobre 2018 –

Mardi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h

Exposition présentée par le Centre Joë Bousquet et son Temps.

Elle est prolongée par l’exposition permanente consacrée au poète. Les deux expositions présentent un ensemble exceptionnel, dont des lettres inédites du front et des lettres d’amour, sur une œuvre majeure et singulière du XXe siècle.

Pendant la grande guerre, Joë Bousquet est gravement atteint par une balle allemande ; touché aux vertèbres, ce dernier est paralysé des deux jambes. Désormais il résidera au 41, rue de Verdun à Carcassonne dans une chambre aux volets clos. Pendant de nombreuses années Joë Bousquet cultivera l’art de l’écriture. Il rencontrera de nombreux écrivains, romanciers et autres célébrités.

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