Le vieil homme et son potager. Récit photographique d’Olivier Le Brun.

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Olivier Le Brun photographies et textes

24 € • 24 x 17 cm • 96 pages • isbn 9782359840933 • avril 2018 • collection L’œil voyage

« C’était un bel été, comme c’est l’habitude dans l’Ouest canadien, au bord du lac Okanagan. J’entrepris de photographier mon père dans son quotidien. Nous étions en 1997, il avait 92 ans. »

Ainsi commence le récit photographique d’Olivier Le Brun réalisé le temps d’une saison dans une nature à la fois ingrate et généreuse. La simplicité lumineuse du propos, l’économie des moyens choisis et la qualité des images imprègnent le lecteur tout au long du récit. Un lien intense à la terre, à la nature et à la nourriture qu’elles nous offrent se lit alors de manière implicite.

Parfois danse, injonction ou repos, parfois corps à corps avec la nature, les gestes du vieil homme dans son potager s’égrènent en 71 photographies en noir et blanc qui se répondent ou s’enchaînent pour former un corpus placé sous le signe de la lumière de l’été et d’une terre familière.

Tout à la fois parcours de vie, regard sur la nature et questionnement sur le temps, ce livre rassemble aussi les éléments d’un rêve : vivre en autarcie dans un espace dont on ne voit pas les limites, tout en atteignant, en fin de vie, une forme de sagesse.

Extrait.

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Hokusai: le vieil homme et la peinture. Documentaire.

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 Ce samedi 14 juillet sur HISTOIRE à 19:35 le programme « Hokusai, le vieil homme et la peinture » produit en Angleterre en 2017. D’une durée de 65 min ce programme est adapté à tous publics.

Une biographie captivante de l’artiste japonais Katsushika Hokusai (1760-1849) dont l’oeuvre La Grande Vague de Kanagawa est presqu’aussi connue que La Joconde de Léonard de Vinci. Son travail unique a inspiré les plus grands peintres du monde, de Monet à Van Gogh, et donné naissance aux mangas. Le film se concentre sur le travail et la vie d’Hokusai, mais aussi l’époque à laquelle il vivait dans la grande métropole d’Edo, aujourd’hui Tokyo. Des experts du monde entier utilisent les dernières technologies comme l’ultra HD pour analyser les dessins et peintures d’Hokusai et nous livrer ensuite une interprétation passionnante et parfois surprenante.

La poésie sauvera le monde. Jean-Pierre Siméon.

Le déni de la poésie n’est pas une affaire littéraire, il est politique. Lui dénier toute dimension socialement transgressive et agissante, c’est qu’on le veuille ou non un choix politique. Se priver de la saisie particulière de la réalité que la poésie opère dans le poème, c’est amoindrir fondamentalement la compréhension collective du monde.

L’Amour Braque: William Wegman.

Quelques jours après son déménagement à Los Angeles, William Wegman adopte son chien, un Braque de Weimar, qu’il nomme Man Ray en hommage à l’artiste du mouvement dada et surréaliste. Ainsi commence une longue et fructueuse collaboration. Man Ray devient une figure centrale dans les photographies et les vidéos de Wegman. Lui succéderont Fay Ray à partir de 1986, et sa descendance : Battina, Chips, Bobbin, Candy, Crooky et Chundo.

William Wegman est né en 1943 à Holyoke, Massachusetts. Il a étudié la peinture au College of Art du Massachusetts et à l’Université dans l’Illinois. C’est l’un des premiers artistes à introduire la vidéo comme outil artistique. Des rétrospectives du travail de Wegman ont été organisées dans différents musées à travers l’Europe, l’Asie (Japon, Corée) et les Etats-Unis. Le travail de Wegman est présent dans les Collections publiques permanentes de plusieurs musées notamment le Centre Georges Pompidou à Paris, le Whitney Museum of American Art à New York et le Walker Art Center à Minneapolis. En 2015, il a reçu le « Photographer of the Year award » au Palm Springs Fine Art Fair.

Le travail du photographe est très varié, passant de l’art conceptuel au shooting pour des magasines photo. Il expose des vidéos dans des musées et en crée d’autres pour le Saturday Night Live ou Nickelodeon. Il a fait la couverture du National Geographic avec sa chienne Penny en 2012 et réalise aussi des commandes pour les studios Acne.

Son sujet principal, le Braque de Weimar, est à présent une célébrité. Son flegme, sa stature et son expression constante ainsi que sa robe gris-argentée en font un modèle élégant et décalé.

Weigman utilise une chambre avec des films Polaroid 11×14 Noir et Blanc puis 20×24 à partir de 1986 avec Fay Ray, qui succède à Man Ray après sa mort en 1982. Il aime également travailler en numérique avec un appareil Hasselblad – plus pratique – dans son studio tout équipé à Chelsea, NYC.

Pourtant si William Wegman est devenu photographe de modèles Braque de Weimar, cela n’a tenu qu’à un « pile ou face ». En effet, Wegman ne se destinait pas à la photographie, il est artiste-peintre lorsqu’il déménage à Los Angeles. Sa femme souhaite adopter un chien, elle aime particulièrement les Dalmatiens et les Braques allemands. Ils trouvent une annonce dans le journal pour un Braque de Weimar à 35$ et lorsque la femme de Wegman le rencontre elle l’adopte immédiatement. Wegman n’est pas sûr de vouloir le garder, il craint que l’animal ne le dérange dans son travail. Il décide alors de lancer une pièce : « Pile le chien pourra rester, Face ils le rendront ». La pièce est tombée sur pile, cinq fois de suite !

Man Ray, le premier chien de William Wegman adorait l’appareil photo et était asocial (il ne supportait pas la présence des autres chiens). Wegman trouve en lui un partenaire  curieux qui semble se prêter au jeu et accepter de revêtir des déguisements de toutes sortes. Ce qui débuta par un jeu sur les postures et les expressions anthropomorphes fini par imposer le chien comme sujet central des photographies de Wegman. Il devient le modèle des représentations métaphoriques des comportements humains.

Les chiens posent sur du mobilier Herman Miller, Charles and Ray Eames, ou encore George Nelson lorsque Wegman honore des commandes. Il place ses chiens sur une plateforme pour leur donner taille humaine mais c’est aussi un moyen de respecter le format vertical des photographies tout en incluant le chien, ayant une posture naturellement horizontale, en intégralité dans le cadre. Chaque scène est répétée plusieurs fois avant la prise, et Wegman a parfois une assistante qui l’aide à positionner les chiens. Il y a toujours dans le travail de l’artiste un certain sens de l’humour et de la spontanéité.

Très proche de ses modèles, William Wegman connait intimement le caractère de chacun de ses chiens et choisira donc plutôt Penny pour des photos de mode, car elle a un certain charisme et aime se prêter au jeu du modèle. Wegman affectionne par exemple Chip, fils de Battina, pour son regard particulièrement triste, dû selon Wegman à sa naissance difficile lors de laquelle il s’est arrêté de respirer.

Les chiens ne portent pas vraiment les robes, ces dernières sont accrochées à un collier qui fait office de cintre. Lorsque Wegman lance une balle à Fay Ray, son deuxième chien, elle ne va pas la chercher mais se contente de la suivre des yeux. Les Braques de Weimar sont des chiens d’arrêt, ils ont cette faculté innée de rester immobiles.

William Wegman a fait du Braque de Weimar sa muse, dans le respect et la collaboration, il met l’animal en scène déployant une large palette d’inspirations et de représentations. Ses portraits font sourire ou amusent mais toujours grâce à la justesse du ton de l’artiste et aux performances réalisées par ses modèles au raffinement inné.

Zurich fête les 100 ans du mouvement dada.

Elle fut une des rares artistes suisses du mouvement dada, et par ailleurs épouse de l'Alsacien Hans Arp.

En 1916, en pleine guerre, des artistes réfugiés en Suisse s’insurgent et proclament la victoire de l’absurde. Cent ans après, Zurich, qui a vu naître le mouvement, n’en finit pas d’honorer l’esprit dada.

  À Zurich, cette année, « dada est tatou, tout est dada »*. A peine sorti de la gare centrale, « Dada Universal », nous promet l’affiche recouvrant le beffroi du Musée national. Ce à quoi le Kunsthaus, sur les hauteurs de la ville, répond par « Dadaglobe Reconstructed » : deux belles expositions, parmi la constellation d’événements célébrant les 100 ans du mouvement dada, né ici le 5 février 1916 avec la création du Cabaret Voltaire par une joyeuse bande d’artistes étrangers fuyant la Première Guerre mondiale (les Allemands Hugo Ball et Emmy Hennings, les Roumains Tristan Tzara et Marcel Janco, l’Alsacien Hans Arp…).

Autant la première veut offrir, par un principe d’association d’objets et d’oeuvres (de « collages », dit son commissaire, Juri Steiner), un panorama explicite de ce courant littéraire et artistique en révolte contre la guerre et l’establishment ; autant la deuxième se concentre sur Dadaglobe, une « anthologie » qu’initia en 1921 Tristan Tzara, alors installé à Paris, en sollicitant 50 artistes dada de par le monde, mais qui ne fut jamais publiée et que le Kunsthaus « reconstitue » en exposant de nombreuses oeuvres qui devaient y figurer.

Un point commun à ces deux mises en lumière : l’accent mis sur l’universalité d’un mouvement portant aux nues non-sens et absurde, et sur les nombreuses influences qu’il eut ensuite, des situationnistes aux punks… Avec chacune son lot de moments forts : parmi d’autres, l’inoubliable Danse de la sorcière (1914), de Mary Wigman, projetée au Musée national, ou les textes toujours rafraîchissants que l’on peut lire ou relire au Kunsthaus (« Vivent les concubines et les concubistes. Tous les membres du mouvement dada sont présidents », in Bulletin Dada du 5 février 1920).

“Il faut avoir encore du chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse.”

Autre étoile brillant au firmament dada : le Cabaret Voltaire, toujours vivant, accueille « 165 jours de fête » (honorant chaque dadaïste par une performance). D’autres événements plus ou moins satellitaires compléteront cette carte du ciel : les performances proposées par Flux Laboratory, ou encore l’exposition « Friedrich Glauser — Ce n’est pas très beau », au musée littéraire Strauhof, sur l’un des rares artistes suisses du mouvement. Formant ainsi une véritable constellation zurichoise pour un courant qui, mieux que tous, fit vivre cette phrase de Nietzsche (que Hugo Ball adorait) : « Il faut avoir encore du chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse. »

* Tristan Tzara, in Manifeste du mouvement dada, 1920.

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Chagall, les années décisives 1911-1919.

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L’oeuvre de Marc Chagall (1887-1985) est comme un ressort comprimé qui ne demande qu’à bondir.Un déclencheur et tout fuse, mouvement, humour, explosion des couleurs, inventivité picturale inouïe. L’exposition « Les années décisives » montrent comment, durant la deuxième décennie du XXème siècle, l’artiste brasse et engrange, au fil de ses voyages et de ses rencontres, une substantifique moelle, rarement exprimée avec tant d’originalité par ses pairs. En 1910, le jeune peintre de 22 ans, formé à Saint-Pétersbourg, arrive à Paris et tombe immédiatement dans le chaudron de la modernité. Apollinaire, Delaunay, fauvisme, cubisme, tout le nourrit, à l’image d’une oeuvre iconique, Paris par la fenêtre (1913), où il positionne déjà, sur fond de ciel et de tour Eiffel en facettes, un chat à tête humaine, un couple de juifs volants et un personnage à deux faces (Desnos et Apollinaire). En 1914, coincé en Biélorussie par la guerre, il retrouve ses racines juives, avant de s’embarquer dans l’aventure révolutionnaire. L’exposition du Guggenheim de Bilbao concentre en 80 oeuvres des peintures célèbres ou des dessins peu montrés.

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jusqu’au 02 septembre. Musée Guggenheim, Bilbao.

 

Une maison, un artiste: Frida Kahlo, sa maison bleue. (Documentaire sur France 5.22h35)

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Série documentaire de Patrick Poivre d’Arvor, réalisation: Nathalie Plicot. Inédit.

À Coyoacan, village du sud de Mexico, une splendide bâtisse cobalt aimante le regard. La « casa azul »a vu naître et mourir l’une des artistes les plus avant-gardistes du XXème siècle. Orné de tableaux, d’objets d’art populaire et de divinités précolombiennes, autour d’un jardin botanique, ce musée excentrique servit d’écrin magique à l’extraordinaire créativité de Frida Kahlo. Sa maison bleue fut aussi le théâtre de sa passion avec Diego Rivera et de son engagement politique.Léon Trotsky et André Breton trouvèrent refuge entre ses murs azur, qui servent ici d’écran à l’oeuvre de l’icône mexicaine.

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