Prolégomènes VII / Poèmes en prose illustrés par Niala

Pour Matthieu,

 

Écoute d’une oreille distraite les grands courants qui s’organisent puis se divisent

Leurs bras manigancent des éclipses

Les plus humbles ont gagné du terrain sur le rosier qui leur retrousse volontiers son âme tant leur regard le bouleverse

Doucement

Doucement

Le corps vient

Avec le grand soleil et son cri qui insiste

Prolégomènes (II) / Poèmes en prose illustrés par Niala

 

Pour Matthieu,

 

Tu ne feras pas l’économie du souffrir mon enfant

L’horaire du désir est fort instable et les fenêtres les plus claires sont celles qui débordent de larmes

Le coq chante dans le sang à s’étourdir pour empêcher la nuit de s’avancer à pas de loup rejouer le drame

Du tout circulaire Il faut dire que les femmes sont affolantes avec leurs hanches leur ventre leurs seins faits exprès pour nous ramener à l’origine première

Et des mots descendent de nos jambes entre le rose et le rien sans qu’on sache parfois qu’en faire

Sinon un surcroît d’espoir vivant dans l’azur qui se consume

L’EPOQUE 2020 /49: LE LATENT LEVÉ

L’EPOQUE 2020/ 49: LE LATENT LEVÉ / Niala / acrylique s/toile 73×60

 

Rien ne me fera blesser

Cette vie qui dépasse partout la pensée

Et ta main preste comme une leçon de choses

Est un feu fascinant qu secoue son vertige

Au-dessus de ses prairies natales

Des chênes bronzés braconnent

Ce peu de saison attardée

Pour dresser sur sa tige un dernier bouquet d’oriflammes

La terre fidèle à sa vocation allège la nuit de sa course

Roux est l’attelage du songe et de la femme

Il tend au matin ses fruits tendres où vont les bouches gourmandes

Et dans la taupe automnale du sang

Le printemps s’enfonce très loin

Et pour longtemps

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020 /48 :LE MARIN-JARDINIER

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-huitième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : LE MARIN-JARDINIER  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/48 « LE MARIN-JARDINIER » Niala Acrylique s/toile 61×50

 

Il n’y aura plus de temps

Je ceins les hanches de la plus haute clairvoyance

Et les printemps tournent leurs rires autour des salières

Celui qui nage tient l’étendue toute entière

Embrassée et va passeur de pollens et de lumières

Dans les blés mûrissants lever des aigrettes de clarté

Toi qui toujours me demandais si nous étions encore loin de la mer

Tu vas vers ton secret entre la force et le flot

Tu n’as pour seule pensée que le bruit de l’eau

Ton audace est une fleur insoumise et sans calcul

Qui manie sa pale jusqu’à l’élégance empennée du corail

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020 / AUTOMNALE 4

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-septième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : AUTOMNALE 4  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/47″Automnale 4
Niala
Acrylique s/toile 50×50

 

Je te couronne d’un arbre allumé au mitan de ton destin

Et tes pensées crêtées de roux ont des flambeaux pour parfum

De tête des feux incandescents pour  chemins

Ressuscitant de lui-même le caramel de l’instant fond

Dans un heurt de lumière bouclée derrière tes fenêtres

Ta présence têtue sur toutes les brèches n’a pas de fin

Tu désarmes le cuivre des saisons

 Tu pousses les globes des moissons

Terrestres dans une scandaleuse discrétion

Qui n’a d’égale que la brûlure

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/46: AUTOMNALE 3

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-sixième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : AUTOMNALE 3  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/46″Atomnale 3″
Niala
Acrylique s/toile 20×20

 

Un enfant erre dans son sourire

Comme on ordonne un univers

Insensé et c’est l’appel d’un fauve qui voudrait

Mordre à pleines dents l’orange frisson

Laissé par un sillage de lumière

C’est l’espoir retrouvé qui s’élance dans ses ors

Pour bercer l’automne de ce qui demeure inconsolable

Les mots prennent un goût de feux de grange

 La couleur recommencée encore dans un ciel instable

Se souvient que c’est elle qui brûle les éclisses du cœur

Et tangente l’enclos

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/45: AUTOMNALE 2

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-cinquième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : AUTOMNALE 2  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/45″Automnale 2″ Niala Acrylique s/toile 73×60

 

Ce n’est qu’ainsi

Abandonnant parfois le mouvement

Que la pensée debout sur ses eaux palpe le monde

Et avec elle la joie folle d’avoir une ombre

De la voir tourner encore sur l’axe d’un Mai intérieur

Qui va où l’ouvert le porte

Le tout de la branche a passé entre mes doigts

C’est un arbre tombé d’un fruit orange

L’arrêt d’une fleur éclose

Sur la muette origine de la parole

A des mémoires de chaux

Des désirs de bouquets

Qu’une seule main émonde

Qu’un seul baiser transporte

Dans un drap étiré où respirent ensemble

Le dedans et le dehors

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/44: AUTOMNALE I

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-quatrième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : AUTOMNALE I  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’ÉPOQUE 2020/44« Automnale 1 » Niala  Acrylique s/toile 65×54

Arrange-moi avec toi-même

Et puis avec le temps

Pour la tempe de nos hivers

Qui tourne meule attendrie

Pour nos paumes qui font et défont les chemins

Il y a dans ta voix des modulations de forets obstinées

Qui roulent les feuilles d’un absolu féminin

Et le mystère actif de tes seins simples comme la terre

Joueurs comme une portée de jeunes chiens

Et si je ne peux tenir en laisse le velours orange

De tes yeux qui lâchent leur loutre de feu

Permets-moi au moins de te nourrir un peu

De ces fruits métronomes à dévorer vivants

Ils te rendront la monnaie de ta pièce qui craint tant

L‘automnale mélancolie

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/ 43: LES TREMIERES

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-troisième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : LES TREMIERES  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/43″Les Trémières » Niala Acrylique s/toile 61×50

 

Voici les contours de mon corps

Pour le plaisir de celui qui me nomme

J’étage des bonheurs presqu’étrangers

Je suis la gitane l’inavouée

L’absente de tous bouquets

Qui sème ses moineaux ailleurs

Que dans des draps d’effets

Et si j’ai noué un pacte avec le vent

C’est que je ne crains ni l’espace trop grand

Ni de l’acier obstiné l’oraison lente

Je suis baie ouverte sur mer vivante

Ma simplicité dans vos grands vases de confusion

gagne du champ sur la génèse droite de moi-même

 

Barbara Auzou.