Billet des Corbières 68: « L’attente. »

Les vignes attendent en silence sur les coteaux en pente sèche de l’attente.

La maison attend ses pierres portées à l’épaule éphémère qui t’attend et dessine les solives croisées de la lutte perdue tandis que l’olivier brûle tendant la bouche à la verte acidité de ses olives.

Le schiste patiente et résiste mais attend l’éboulement fracassant de son rêve au pied d’un sentier qui attend et serpente sous l’écorce qui se fend, épousant la forme changeante du vent posée sur les heures immobiles.

La mer projette ses désirs vers demain et attend que se posent les traces indélébiles laissées par son sillage lent sur sa peau grise.

Dans la gorge de la garrigue le cri se dissimule et attend comme un insecte qui tisse ses menaces électriques sur l’éclair et sur l’avenir,

Patiemment.

 

Barbara Auzou.

Billet des Corbières 67: René Depestre, Rage de vivre: œuvres poétiques complètes.

9782232122804ORIL’ouvrage s’ouvre avec Étincelles, imprimé en Haïti en 1945 et se clôt avec Non-assistance à poète en danger, publié chez Seghers en 2005. Les recueils Végétations de clartés (1951), Traduit du grand large(1952), Journal d’un animal marin (1964), publiés par Pierre Seghers, y côtoient des éditions rares, parues à l’étranger et aujourd’hui introuvables pour offrir un point de vue passionnant sur soixante années de création poétique. Véritable autobiographie poétique, cette somme permet de suivre l’itinéraire littéraire politique et humain d’un homme au parcours exceptionnel. Les premiers poèmes reflètent la colère du jeune homme de dix-huit ans dont Aimé Césaire percevra immédiatement la valeur. Un « triple credo contestataire » s’y trouve aussitôt formulé : « la négritude-debout, le brûlot surréaliste et l’idée de révolution ». De Port-au-Prince à Paris, de Prague au Chili, de la Havane à Lézigan-Corbières, où il est aujourd’hui installé, René Depestre donne à lire le chant fantaisiste, dionysiaque et vigoureux de ses passions caribéennes. Celles d’un animal marin possédé par le loa de la poésie, d’un homme qui a su porter très haut la parole de la liberté et de l’universalité.

Publié avec le concours du Centre national du livre

René Depestre, 92 ans, réside toujours à Lézignan-Corbières.

Billet des Corbières 66: JOË BOUSQUET, DE LA BLESSURE À L’ÉCRITURE/ Carcassonne.

JOE_BOUSQUET_A4_imgVendredi 29 juin 2018 au Samedi 27 octobre 2018 –

Mardi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h

Exposition présentée par le Centre Joë Bousquet et son Temps.

Elle est prolongée par l’exposition permanente consacrée au poète. Les deux expositions présentent un ensemble exceptionnel, dont des lettres inédites du front et des lettres d’amour, sur une œuvre majeure et singulière du XXe siècle.

Pendant la grande guerre, Joë Bousquet est gravement atteint par une balle allemande ; touché aux vertèbres, ce dernier est paralysé des deux jambes. Désormais il résidera au 41, rue de Verdun à Carcassonne dans une chambre aux volets clos. Pendant de nombreuses années Joë Bousquet cultivera l’art de l’écriture. Il rencontrera de nombreux écrivains, romanciers et autres célébrités.

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Autan Occitan 6/ Billet des Corbières 65.

Voici Autan Occitan 6 , fruit de ma collaboration avec le peintre Niala. 

Que vous retrouvez aussi ici.

(Autan-Occitan est une série de 10 tableaux de Niala à partir desquels Barbara Auzou a écrit 10 poèmes. Il s’agit donc d’une oeuvre commune de deux auteurs indissociables.)

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(Autan Occitan 6 / Niala 2018/ Acrylique sur toile. 46×38 )

 

 

La porte s’ouvre sur le frémissement

d’un air humide et la chaleur déjà a dégrafé

sa robe pour l’offrir à une branche complice à sa portée.

La vareuse bleue du volet s’étire et se détrousse

sur le sel de son dernier fil en gémissant

et le chemin accompagné de son chien musarde maintenant

dans le souvenir de son sommeil en pente douce

et à la recherche de son miel de romarin.

 

Adossée à la colline, l’unique route.

 

Et, au détour d’une tâche de soleil, l’éperon rocheux

au-dessus des asphodèles se dresse ombrageux et attend

que quelques gouttes suspendent encore un instant

leur chute lente sur les aspérités du vieux chêne.

 

Nos genoux de glaïeuls sauvages enchâssés sur le tapis de laine

se déploient et se soulèvent ensemble vers l’oeuvre du jour.

Au plafond danse doucement un bouquet d’immortelles

qui ouvre encore la corolle du calme alentour.

 

A la treille brûlante des visages, l’œil ne refuse pas la nacre de l’aube.

 

 

Barbara Auzou.

Billet des Corbières 64: Poussières bues.

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Le réel se rêve nu

à la main risquée

et l’ombre négligée

s’accroît sur la ronce en feu

à la recherche de sa trace et

de son écho silencieux

dont les sources se souviennent

comme un chant de pierres éploré

sur les soleils brûlés de l’enfance.

 

Bleue la cicatrice de la forêt blessée

qui dissimule dans l’absence de feuilles

et dans des couronnes de cendres

par millier ses oiseaux fondus.

Bleu le fer aux tempes qui bat en cadence

dans l’ardent brasier de l’été

consumé de poussières bues.

 

Barbara Auzou.

Autan Occitan 5/ Billet des Corbières 60.

Voici Autan Occitan 5 , fruit de ma collaboration avec le peintre Niala. 

Que vous retrouvez aussi ici.

(Autan-Occitan est une série de 10 tableaux de Niala à partir desquels Barbara Auzou a écrit 10 poèmes. Il s’agit donc d’une oeuvre commune de deux auteurs indissociables.)

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Autan Occitan 5. Niala 2018/ Acrylique sur toile 46×38.

 

Sur le dos d’âne d’un vieux pont

Aux arches inégales et basses

J’ai bâti mon foyer médiéval

Comme on enjambe l’ellipse de sa nuit

À cru et à califourchon.

 

Les anciennes fenêtres à meneaux

Rêvaient d’oiseaux et largement se fendaient

Devant des platanes en pleurs qui dévêtaient

Les balcons de leur garde-fous de fer forgé.

 

Dans le secret de ma solitude arasée

j’offrais le perchoir de mon poignet

À la confiance du grand rapace.

Dans la flèche de ses yeux

Où brillait le mince filet de l’Orbieu,

J’ai entendu gémir les chaines rouillées

 Et se tarir les dernières eaux

Pour permettre courtoisement mon passage à gué.

 

 

Barbara Auzou.

 

Billet des Corbières 59: Montolieu, village du livre.

Quelques clichés de Montolieu, à 17km au nord de Carcassonne, et ses dix-sept librairies de livres d’occasion…J’ai ramené les Cocteau que je n’avais pas, idem pour les Virginia Woolf, puis la poésie complète de Hassam Wachill…

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Ici même les toilettes publiques sont belles…

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et prétexte  à poésie:

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