L’herbe tendre/ Serge Gainsbourg/ Michel Simon

 

D’avoir vécu le cul
Dans l’herbe tendre
Et d’avoir su m’étendre
Quand j’étais amoureux
J’aurais vécu obscur
Et sans esclandre 
En gardant le cœur tendre 
Le long des jours heureux

Pour faire des vieux os
Faut y aller mollo
Pas abuser de rien
Pour aller loin
Pas se casser le cul
Savoir se fendre
De quelques baisers tendres
Sous un coin de ciel bleu

Pas se casser le cul
Savoir se fendre

De quelques baisers tendres
Sous un coin de ciel bleu

 

Ma Môme/ Jean Ferrat/ Jean-Luc Godard

Ma Môme – Jean Ferrat – Anna Karina – Jean-Luc Godard (Vivre sa Vie 1962)

 

Ma môme, ell’ joue pas les starlettes
Ell’ met pas des lunettes
De soleil
Ell’ pos’ pas pour les magazines
Ell’ travaille en usine
A Créteil

Dans une banlieue surpeuplée
On habite un meublé
Elle et moi
La fenêtre n’a qu’un carreau
Qui donne sur l’entrepôt
Et les toits

On va pas à Saint-Paul-de-Vence
On pass’ tout’s nos vacances
A Saint-Ouen
Comme famille on n’a qu’une marraine
Quelque part en Lorraine
Et c’est loin

Mais ma môme elle a vingt-cinq berges
Et j’crois bien qu’la Saint’Vierge
Des églises
N’a pas plus d’amour dans les yeux
Et ne sourit pas mieux
Quoi qu’on dise

L’été quand la vill’ s’ensommeille
Chez nous y a du soleil
Qui s’attarde
Je pose ma tête sur ses reins
Je prends douc’ment sa main
Et j’la garde

On s’dit toutes les choses qui nous viennent
C’est beau comm’ du Verlaine
On dirait
On regarde tomber le jour
Et puis on fait l’amour
En secret

Ma môme, ell’ joue pas les starlettes
Ell’ met pas des lunettes
De soleil
Ell’ pos’ pas pour les magazines
Ell’ travaille en usine
A Créteil

 

Les nuits claires et tous leurs prodiges

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Pardonne-moi si je préfère

les nuits claires et tous leurs prodiges

le vent capricieux se balançant jusqu’à l’épuisement

sur sa tige Dans une toute petite vie l’arche pour nous

du plus grand étonnement mordu aux branches de l’étreinte

En voudrais-tu toi

de cette existence de simulacres où l’oiseau même reste coi

où on ne parle plus du sommeil que comme un miracle qui se pense

et qui bat son fouet contre des étoiles éteintes?

 

Barbara Auzou.

 

Coule veine/ Isabelle Mayereau

D’une grande douceur toujours, jamais triste…

On s’ raconte l’histoire
Le passé
On a du mal à croire
On dirait
Au futur

On s’ parle dans les yeux
C’est plus facile
Les mots sont dangereux
Faut du style
Dangereux

On partage un verre
De blanc, le soir
On refait la terre
Dans l’ même miroir
La terre, voir

Les mots qui nous viennent
Sont à n’ pas dire
Ils coulent dans nos veines
Comme des vampires
Coule, veine

On construit des ponts
Des archipels
Avec des violons
Et des ailes
Volées

On partage le temps
Pour quelques heures
Quelques élans
De bonheur
Pas dévoilés

Nous dormirons ensemble(Aragon) Christine Sévres et Jean Ferrat

Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin, minuit, midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit

Nous dormirons ensemble

C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble

Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble

 

Et puis/ Reggiani

 

Et puis…
Et j’allais dire déjà
L’enfance se fait lointaine
Comme un pays d’où l’on s’en va
Je ne vois plus qu’à peine
Le rivage
Mon amour, mon amour
Avec toi j’appareille alors
Pour autre part, pour autre chose, à bord
De ma quarantaine
Et je t’emmène
Là-bas dans une image
Je t’aime
Toi qui ne seras jamais
Une grande personne
Ne me quitte jamais
Je t’aime
Et puis…
Comme on va en province
Quand on aura fait la vie
Nous irons à la soixantaine
Dans la maison que j’aime
En Provence
Mon amour, mon amour
Nous aurons fait l’amour et puis
D’autres garçons bien avant les vieux jours
Et les vieilles nuits
Si tu es sage
Tu auras des images
Je t’aime
Toi qui ne seras jamais
Une grande personne
Ne me quitte jamais
Je t’aime
Et puis…
Mais ce n’est pas demain
Il faudra que le soir vienne
Je m’en irai sur le chemin
Où nous attend la chienne
Un par un
Mon amour, mon amour
Quand je serai dans les nuages
C’est autre part, c’est autre chose, encore
Mais sans toi, tu sais
Je serai seul
Là-bas dans l’autre image
Je t’aime
Moi qui ne serai jamais
Une grande personne
Ne me quitte jamais
Je t’aime.

Tu sais/ Barbara

 

Tu sais, si ce n’était pas toi,
Si ce n’était pas toi
Au bout de ce voyage,
Tu sais, si ce n’était pas toi,
Referais-je les pas,
Aurais-je le courage
De te venir,
De recommencer un voyage,
De te venir,
De risquer peut-être un naufrage?
Tu sais, je suis si lourde
Du temps que je porte,
Si lourde, lourde
Et l’idée de refaire mes bagages
Au creux de l’hiver, c’est dur, à mon àge.
Je veux dormir. J’ai besoin de silence.
Je n’en peux plus, et soudain, je balance, je balance
Car toi, chaque fois que je te retrouve,
Toi, c’est la vie que je redécouvre.
J’ai beau savoir, et te connaitre et m’y attendre,
C’est fou,