Nous dormirons ensemble(Aragon) Christine Sévres et Jean Ferrat

Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin, minuit, midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit

Nous dormirons ensemble

C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble

Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble

 

Et puis/ Reggiani

 

Et puis…
Et j’allais dire déjà
L’enfance se fait lointaine
Comme un pays d’où l’on s’en va
Je ne vois plus qu’à peine
Le rivage
Mon amour, mon amour
Avec toi j’appareille alors
Pour autre part, pour autre chose, à bord
De ma quarantaine
Et je t’emmène
Là-bas dans une image
Je t’aime
Toi qui ne seras jamais
Une grande personne
Ne me quitte jamais
Je t’aime
Et puis…
Comme on va en province
Quand on aura fait la vie
Nous irons à la soixantaine
Dans la maison que j’aime
En Provence
Mon amour, mon amour
Nous aurons fait l’amour et puis
D’autres garçons bien avant les vieux jours
Et les vieilles nuits
Si tu es sage
Tu auras des images
Je t’aime
Toi qui ne seras jamais
Une grande personne
Ne me quitte jamais
Je t’aime
Et puis…
Mais ce n’est pas demain
Il faudra que le soir vienne
Je m’en irai sur le chemin
Où nous attend la chienne
Un par un
Mon amour, mon amour
Quand je serai dans les nuages
C’est autre part, c’est autre chose, encore
Mais sans toi, tu sais
Je serai seul
Là-bas dans l’autre image
Je t’aime
Moi qui ne serai jamais
Une grande personne
Ne me quitte jamais
Je t’aime.

Tu sais/ Barbara

 

Tu sais, si ce n’était pas toi,
Si ce n’était pas toi
Au bout de ce voyage,
Tu sais, si ce n’était pas toi,
Referais-je les pas,
Aurais-je le courage
De te venir,
De recommencer un voyage,
De te venir,
De risquer peut-être un naufrage?
Tu sais, je suis si lourde
Du temps que je porte,
Si lourde, lourde
Et l’idée de refaire mes bagages
Au creux de l’hiver, c’est dur, à mon àge.
Je veux dormir. J’ai besoin de silence.
Je n’en peux plus, et soudain, je balance, je balance
Car toi, chaque fois que je te retrouve,
Toi, c’est la vie que je redécouvre.
J’ai beau savoir, et te connaitre et m’y attendre,
C’est fou,

Jean Ferrat/ Potemkine

M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Qui chante au fond de moi au bruit de l’océan
M’en voudrez-vous beaucoup si la révolte gronde
Dans ce nom que je dis au vent des quatre vents

Ma mémoire chante en sourdine
Potemkine

Ils étaient des marins durs à la discipline
Ils étaient des marins, ils étaient des guerriers
Et le cœur d’un marin au grand vent se burine
Ils étaient des marins sur un grand cuirassé

Sur les flots je t’imagine
Potemkine

M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Où celui qui a faim va être fusillé
Le crime se prépare et la mer est profonde
Que face aux révoltés montent les fusiliers

C’est mon frère qu’on assassine
Potemkine

Mon frère, mon ami, mon fils, mon camarade
Tu ne tireras pas sur qui souffre et se plaint
Mon frère, mon ami, je te fais notre alcade
Marin ne tire pas sur un autre marin

Ils tournèrent leurs carabines
Potemkine

M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Où l’on punit ainsi qui veut donner la mort
M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Où l’on n’est pas toujours du côté du plus fort

Ce soir j’aime la marine
Potemkine.

Sur un trapèze/ Bashung

On dirait qu’on sait lire sur les lèvres
Et que l’on tient tout les deux sur un trapèze
On dirait que sans les poings on est toujours aussi balèzes
Et que les fenêtres nous apaisent
On dirait que l’on soufflerait sur les braises
On dirait que les pirates nous assiègent
Et que notre amour c’est le trésor
On dirait qu’on serait toujours d’accord
J’ai traqué les toujours, désossé les déesses,
Goûté aux alentours souvent changé d’adresse
Ce qui nous entoure l’extension de nos corps
Quand nous sommes à l’écart mineur chercheur d’or
Quand faut-il être pour?
Que faut-il être encore?
Quand faut-il être pour?
Que faut-il être encore?
On dirait qu’on sait lire sur les lèvres
Et que l’on tient tout les deux sur un trapèze
On dirait que sans les poings on est toujours aussi balèzes
Et que les fenêtres nous apaisent
Peut-être que la nuit le monde fait la trêve!
Et qu’aujourd’hui ton sourire fait grève!
On dirait qu’on sait lire sur les lèvres
Et que l’on tient tout les deux sur un trapèze
Peut-être que la nuit le monde fait la trêve!
Et qu’aujourd’hui ton sourire fait grève!

Les Mots/ Isabelle Mayereau

Je m’ demande où ça va
Tous les mots qu’on dit pas, qu’on ravale
Vers quel profond dédale
Vers quelle mare aux canards
En eaux troubles, en eaux sales
Vers quel fleuve

Je m’ demande où ils vont
Tous ces moments de haine poisseux
Qu’on retient, qui enchaînent,
Brutalisent, atrophient,
Coupent en deux

Je m’ demande où ils partent
Tous ces mots d’amour tapis
Tous ces mots en souffrance
Difficile d’ajuster aussi

Les mots lâchés, perdus
Valent bien mieux que tous ces gouffres
Amers
Les mots lancés, jetés, boxés
Retirés du dictionnaire

Mais un jour il faudra
Que tes silences cessent
Que tu trouves les mots
Aiguisés, déguisés,
Tout en pointe, en finesse

Mais pour toi qui es rebelle
J’arriverai un jour à les défaire
À les choisir, élire, contourner,
Retourner, bousculer à l’envers

Je m’demande où ça va
Tous les mots qu’on dit pas, qu’on ravale

 

Isabelle Mayereau.

Etonnant , non?

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EN DIRECT – Avec 24% des voix selon les premières estimations, le RN arrive en tête devant LREM (22,5%). Europe Écologie-Les Verts (12,5%) complète le podium, loin devant la liste Les Républicains (8,5%).

Demain je dois poursuivre ma séquence « Dire l’amour » en quatrième…Roméo et Juliette , vous ne faites plus le poids dans le rôle qu’on m’oblige à jouer dans cette grande et monstrueuse éducation nationale…J’aurais préféré, chers élèves, vous expliquer comment, à force de mépris on en arrive là…Oh, et après tout je vous ferai écouter les plus beaux poèmes d’amour…