Où est passée ton âme?/ La Féline

 

La vie, comme l’histoire, se répète
Oh, comme le temps a passé
Je crains de revivre sans le savoir
Cet instant qu’on a traversé
Où est passée ton âme?
Cariño, no lo sé
Oh, ¿Dónde este mundo va?
Dis-le moi, s’il te plaît
Ils vivaient ensemble, attachés
J’en ai encore le cœur serré
Comme ils se ressemblaient, soulagés
De n’avoir plus à s’expliquer
Où est passée ton âme?
Cariño no lo sé
Oh, où est passée son âme?
Au fond, moi je le sais
Il n’y a rien après la mort
Elle va en beauté
Il n’y a rien que les corps
Je veux vivre et danser
Combien de plaisir peux-tu prendre
Dans le temps qu’on t’a accordé?
Je t’ai vu pâlir, te défendre
Je n’ai pas cessé de t’aimer
Où va passer ton âme?
Viens, je sais le secret
Il n’y a rien après la mort
Elle va en beauté
Il n’y a rien que les corps
Je veux vivre et danser
¿Dónde ha pasado el alma de tu cuerpo?
¿Dónde ha pasado el alma de tu cuerpo?
¿Dónde ha pasado el alma de tu cuerpo?
Non, il n’y a rien après la mort
Elle va en beauté
Il n’y a rien que les corps
Je veux vivre et danser
Même s’il n’y a rien après la mort
J’irai te chercher
Aussi loin que je pourrai
Aussi loin que je pourrai

Sur la place/ Barbara (Brel)

 

Sur la place chauffée au soleil
Une fille s’est mise à danser
Elle tourne toujours, pareille
Aux danseuses d’antiquités,
Sur la ville il fait trop chaud
Hommes et femmes sont assoupis
Et regardent par le carreau
Cette fille qui danse à midi
Ainsi certains jours, paraît
Une flamme à nos yeux
A l’église où j’allais
On l’appelait le bon Dieu
L’amoureux l’appelle l’amour
Le mendiant la charité
Le soleil l’appelle le jour
Et le brave homme la bonté
Sur la place vibrante d’air chaud
Où pas même ne paraît un chien
Ondulante comme un roseau
La fille bondit, s’en va, s’en vient
Ni guitare ni tambourin
Pour accompagner sa danse
Elle frappe dans ses mains
Pour se donner la cadence
Ainsi certains jours, paraît
Une flamme à nos yeux
A l’église où j’allais
On l’appelait le bon Dieu
L’amoureux l’appelle l’amour
Le mendiant la charité
Le soleil l’appelle le jour
Et le brave homme la bonté
Sur la place où tout est tranquille
Une fille s’est mise à chanter
Et son chant plane sur la ville
Hymne d’amour et de bonté
Mais sur la ville il fait trop chaud
Et, pour ne point entendre son chant,
Les hommes ferment les carreaux
Comme une porte entre morts et vivants
Ainsi certains jours, paraît
Une flamme en nos cœurs
Mais nous ne voulons jamais
Laisser luire sa lueur
Nous nous bouchons les oreilles
Et nous nous voilons les yeux
Nous n’aimons point les réveils
De notre cœur déjà vieux
Sur la place, un chien hurle encore
Car la fille s’en est allée
Et comme le chien hurlant la mort
Pleurent les hommes leur destinée

La compagnie/ Alain Souchon

 

Dehors, la lune à son balcon nous regardait
Beaune, Auxerre, Mâcon, Avallon passaient
Wagons lancés, lits balancés
Nous étions les amants enlacés
La petite lampe jaune envoyait ses dorures
On traversait le Rhône à toute allure
Wagons lancés, lits balancés
Nous étions les amants enlacés
On se serrait, serrait, on serrait l’amour
Comme si on avait peur que ça finisse un jour
Wagons lancés, lits balancés
Que ça finisse, les amants enlacés
Il suffisait d’un garçon, d’une fille
En un rien de temps on était à Vintimille
Mais c’est fini, ta Compagnie
Ça nous a fait du mal mais c’est fini
C’est fini, la Compagnie Internationale des Wagons-Lits
C’est fini, le gentil boogie-woogie coquin
Les baisers en gare, arrêtés pour l’entretien
C’est fini, les grands express européens
Et ton cœur brûlant le mien
Dans la nuit, les éclairs bleus de locomotives
Mettaient l’électricité que l’amour active
Wagons lancés, lits balancés
Nous étions les amants enlacés
Sept heures, pain beurre, jolie porcelaine
Longeant les splendeurs de la côte italienne
Air embaumé, Méditerranée
Transports amoureux surannés
On traversait des villages, on longeait des plages
Et par le jeu compliqué des aiguillages
Après l’Ombrie, voici Napoli
Et puis Capri, et Capri, c’est fini
C’est fini ta compagnie
Ça nous a fait du mal, mais c’est fini
C’est fini, la Compagnie Internationale des Wagons-Lits
C’est fini, le gentil boogie-woogie coquin
Les baisers en gare, arrêtés pour l’entretien
C’est fini, les grands express européens
Et ton cœur brûlant le mien
C’est fini, la Compagnie Internationale des Wagons-Lits
Et des grands Express européens
Et ton cœur brûlant le mien

De mémoire d’enfant/Soan

Tu préférais croire que je tremble et j’aime autant penser que toi
T’avais les qui te ressemblent et qu’ils étaient posés sur moi
C’était pas la foire aux sans-prénom qui se traînaient le long des rues
Y avait des cabanons d’espoir les plus beaux même qu’on ait vu
De mémoire d’homme je sais pas, de mémoire d’enfant je sais plus
Va t’en à croire que tu t’en vas tout ça n’est que du temps perdu
Même si nos prières sont des mots de trop
La gueule de traviole et que l’on rafistole
Hier dans sa piaule ça ne trompe pas les chimères
Qu’on garde une frivole partir pour nous c’est la vérole
Un jour qui ronge nos genoux puis on s’étiole
A petit feu, par petits bouts
J’ai pas dit que j’aimais ça les courses folles et les poursuites
Et j’ai pas dit non plus que je n’en voulais pas
J’ai pas brûlé ma guitare vociférant gloire à Satan
C’était pas moi il faisait noir, au diable le plaignant
Tu préférais croire, il me semble que j’avais perdu la voie
Ne l’attend c’est sans espoir jusqu’à  l’heure de mon trépas
Imagine un peu les yeux fermés comme on est seul au petit jour
Une fois qu’on s’est trompé d’amour, un peu trop seul et trop marié
De mémoire d’enfant je suis pas né, je n’est pas vu la tour Eiffel
Et j’ai pourtant tapé des pieds tant que j’ai pu tenté le ciel
Même si nos prières sont des mots de trop
La gueule de traviole et que l’on rafistole
Hier dans sa piaule ça ne trompe pas les chimères
Qu’on garde une frivole partir pour nous c’est la vérole
Un jour qui ronge nos genoux puis on s’étiole
A petit feu, par petits bouts
J’ai pas dit que j’aimais ça les courses folles et les poursuites
Et j’ai pas dit non plus que je n’en voulais pas
J’ai pas brûlé ma guitare vociférant gloire à Satan
C’était pas moi il faisait noir, au diable le plaignant

Disparition d’Eric Jaumier/ Blanc Corbeau aux Editions Jacques Brémond

J’apprends ce midi le décès d’Eric Jaumier dont je vous avais présenté l’ouvrage Blanc Corbeau paru aux Editions Jacques Brémond il y a une dizaine de jours…

J’avais eu quelques échanges avec lui et il m’avait envoyé notamment une plaquette de poèmes sur lesquels il était en train de travailler. Aussi je me refuse à les reproduire ici et vais les transmettre à Jacques Brémond…

Éric Jaumier a décidé de nous quitter. jeudi dernier. l’été commençait juste. départ sans retour.

la parution récente de Blanc corbeau  ne l’aura pas beaucoup aidé. sa vie bien trop courte me laisse un goût d’inachèvement.

je n’aurai pas eu le bonheur de le connaître bien longtemps, et uniquement par correspondance. son manuscrit m’était arrivé par la poste.

le scalpel du poème m’avait touché.

j’avais compris sa fragilité. un de ses amis qui connaissait bien Claude Margat, auteur de la préface, me l’avait aussi dit.

nos échanges, toujours courtois, un peu acides parfois, disait bien le mal-être qui l’habitait.

espérons que sa très courte œuvre touchera juste.

jacquesbrémond

Blanc corbeau d’Éric Jaumier

isbn 978-2-915519-96-9

parution mai 2020

A lire , en sa mémoire, ce très beau livre….

Brémond1

l’absence/ Reggiani

 

C’est un volet qui bat
C’est une déchirure légère
Sur le drap où naguère
Tu as posé ton bras
Cependant qu’en bas
La rue parle toute seule
Quelqu’un vend des mandarines
Une dame bleu-marine
Promène sa filleule
L’absence, la voilà
L’absence
D’un enfant, d’un amour
L’absence est la même
Quand on a dit je t’aime
Un jour
Le silence est le même
C’est une nuit qui tombe
C’est une poésie aussi
Où passaient les colombes
Un soir de jalousie
Un livre est ouvert
Tu as touché cette page
Tu avais fêlé ce verre
Au retour d’un grand voyage
Il reste les bagages
L’absence, la voilà
L’absence
D’un enfant, d’un amour
L’absence est la même
Quand on a dit je t’aime
Un jour
Le silence est le même
C’est un volet qui bat
C’est sur un agenda, la croix
D’un ancien rendez-vous
Où l’on se disait vous
Les vases sont vides
Où l’on mettait les bouquets
Et le miroir prend des rides
Où le passé fait le guet
J’entends le bruit d’un pas
L’absence, la voilà
L’absence
D’un enfant, d’un amour
L’absence est la même
Quand on a dit je t’aime
Un jour
Le silence est le même