Le « reblog » froid…

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Un petit coup de gueule…

J’ai hésité à enlever la possibilité de rebloguer…Je me suis dit ensuite que cela pouvait être un vrai partage d’affinités. J’ai de mon côté reblogué quelques fois et TOUJOURS en demandant l’autorisation aux rédacteurs du post. TOUJOURS aussi auprès de personnes pour lesquelles je manifeste de l’intérêt et avec qui j’ai eu des échanges électifs.

Alors le reblog pourquoi pas, mais merci d’exprimer un sentiment ou à défaut une pensée , un goût ou une émotion préalablement…au risque de se sentir pillé d’une intention qui, elle, avait une direction choisie.

Merci.

Vos papiers s’il vous plaît! ou la correction du brevet des collèges…(Je n’appartiens pas à ce monde IV.)

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Aujourd’hui se déroulaient les corrections du brevet des collèges avec ses petites nouveautés bien agaçantes. La réunion d’harmonisation le matin n’est pas nouvelle et me semble nécessaire même si au bout du compte on note des divergences d’appréciations dans la partie rédaction. (Moi j’ai tendance à être généreuse, je voudrais être bien vue de l’inspection que je ne m’y prendrais pas autrement…). Ensuite c’est parti pour une moyenne de 5h30 de correction en ce qui concerne le français. J’avais la chance de pouvoir m’isoler dans ma salle de classe cette année.Je n’aime guère le bavardage et les commentaires de chaque copie à voix haute. 5h30 c’est précisément le temps que j’ai mis à corriger mes trente trois copies, sans pause, avec un sandwich et trois abricots, trois bouteilles d’eau aussi car porte ouverte sur le couloir, il faisait 28 degrés encore dans ma salle.Alors quand c’est fini on devrait se réjouir! mais non, vient ensuite l’épreuve terrible de la saisie des 3 fois 33 notes (questions-dictées-rédactions)…

Le site sur lequel il faut se rendre ressemble un peu à ça:

https://trucmuche.faichaud.education.fr/ cyclomoteuretcorrections.

Ensuite vous devez rentrer un identifiant de connexion, raisonnable, six chiffres.

puis un mot de passe de connexion, c’est vrai, on ne sait jamais le type à côté de vous et dans le même état que vous a sans doute une envie furieuse d’aller pirater vos notes….Alors le mot de passe connexion ressemble un peu à ça: BtsVt60<y>f≤∃∅Æ2z, pour être bien sûr…Puis quand fort de ressources insoupçonnées vous parvenez enfin à vous connecter vous avez le vertige devant le numéro des lots et les numéros d’anonymats qui contiennent autant de chiffres et de lettres que celui de votre Livebox. Quand vous parvenez enfin à clore tout ça, vous êtes ravi de redescendre enfin votre paquet de copies au bon endroit. Et là les copies sont recomptées, on vérifie votre énième signature depuis le matin, on photocopie votre bordereau de notes (vous avez déjà fourni maintes fois votre adresse mail en cas de contestation)…C’est fini? Ah non veuillez indiquer l’heure de votre départ s’il vous plaît!…Là je ne sais pas pourquoi, un coup de chaud sans doute, j’ai dit à un collègue de mathématiques qu’il ne pouvait pas déposer ses copies sans fournir la preuve qu’il avait bien effectué le dépistage du cancer colo-rectal, quant à moi j’ai demandé s’il fallait fournir aussi mon dernier contrôle sanguin et les résultats de ma dernière mammographie!…Non mais alors!!!

Ah, j’oubliais, le serveur qui permet de saisir les notes est désormais bloqué jusqu’à 14h! pour être bien sûr que les correcteurs ne bâclent pas…

Et sinon vous enseignez quoi? Les valeurs humaines, ma brave dame, les valeurs humaines…..

Thé ou café? ou l’horreur du binaire « soit -soit « …

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Je suis de plus en plus soumise à ce genre de questionnaires qui m’attristent profondément et me renvoie à une vision du monde qui n’est pas la mienne. Hier encore les élèves me demandaient ( En cette période je travaille avec eux sur « Dire l’amour », tout un programme et beaucoup de discussions) si j’étais plutôt Vianney ou julien Doré! Horreur ET damnation: aucun des deux mes pauvres chéris! qu’on m’en préserve!…

Foot ou rugby? Aucun des deux non plus mais je taille un short au footeux  pour respirer mieux après.

Thé ou café?: j’en sais rien

Gauche ou droite?: très gauche mais attention une idée de la gauche à réinv…Mais pourquoi vous me coupez? Ah il fallait répondre en un seul mot…

Baudelaire ou Flaubert?: les deux mon cap…Ah je dois choisir. C’est l’un OU l’autre!

Mer ou montagne?: plutôt mer mais hors-sais…Répondez en un seul mot s’il vous plaît!

Moi je suis mer étale et orage sur le mont Ventoux, prairie normande et garrigue sauvage, menthe et basilic, silence et rires en cascades, eau fraîche et vin millésimé, pudeur et exubérance, ardeur et fatigue, galop fou et ruades, tolérance et vexations, lumineuse et obscure, forêts profondes et paysages maritimes, folle et sage, aube et crépuscule!

 

La définition du « BEAU » par Bouvard et Pécuchet…et mes 800 abonnés.

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D’abord, qu’est-ce que le Beau ?
Pour Schelling, c’est l’infini s’exprimant par le fini ; pour Reid, une qualité occulte ; pour Jouffroy, un trait indécomposable ; pour De Maistre, ce qui plaît à la vertu ; pour le P. André, ce qui convient à la raison.
Et il existe plusieurs sortes de Beau : un beau dans les sciences, la géométrie est belle ; un beau dans les mœurs, on ne peut nier que la mort de Socrate ne soit belle. Un beau dans le règne animal : la beauté du chien consiste dans son odorat. Un cochon ne saurait être beau, vu ses habitudes immondes ; un serpent non plus, car il éveille en nous des idées de bassesse.
Les fleurs, les papillons, les oiseaux peuvent être beaux. Enfin la condition première du Beau, c’est l’unité dans la variété, voilà le principe.
– Cependant, dit Bouvard, deux yeux louches sont plus variés que deux yeux droits et produisent moins bon effet, ordinairement.
Ils abordèrent la question du sublime.
Certains objets sont d’eux-mêmes sublimes, le fracas d’un torrent, des ténèbres profondes, un arbre battu par la tempête. Un caractère est beau quand il triomphe, et sublime quand il lutte.
– Je comprends, dit Bouvard, le Beau est le Beau, et le Sublime le très Beau. Comment les distinguer ?
– Au moyen du tact, répondit Pécuchet.
– Et le tact, d’où vient-il ?
– Du goût !
– Qu’est-ce que le goût ?
On le définit : un discernement spécial, un jugement rapide, l’avantage de distinguer certains rapports.
– Enfin le goût c’est le goût, et tout cela ne dit pas la manière d’en avoir.
Il faut observer les bienséances, mais les bienséances varient ; et si parfaite que soit une œuvre, elle ne sera pas toujours irréprochable. Il y a pourtant un Beau indestructible, et dont nous ignorons les lois, car sa genèse est mystérieuse. […]
Des doutes l’agitaient, car si les esprits médiocres (comme observe Longin) sont incapables de fautes, les fautes appartiennent aux maîtres, et on devra les admirer ? C’est trop fort ! Cependant les maîtres sont les maîtres ! Il aurait voulu faire s’accorder les doctrines avec les œuvres, les critiques et les poètes, saisir l’essence du Beau ; et ces questions le travaillèrent tellement que sa bile en fut remuée. Il y gagna une jaunisse.

Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet, 1881.

 

C’était ma façon à moi de remercier les 800 abonnés ce soir sans tambours ni trompettes puisque un dixième me lit vraiment…À ceux-là je dis merci, je sais qui ils sont et je souhaite que nos échanges soient fructueux et donnent à vivre à voir, à créer et à aimer.

Je n’appartiens pas à ce monde (5)…ou la pelle et la balayette…

SET_24752__C’est l’histoire d’un collègue de lettres qui avait depuis des années un pelle et une balayette dans sa salle de classe pour nettoyer de ses bons soins ce que lui aurait échappé des salissures après une heure de cours…

Or, ce même collègue un jour perdit ce précieux duo. Il en fit donc part à la gestionnaire de son établissement afin qu’elle l’approvisionne à nouveau .

Ne voyant rien venir, il s’enquit , au détour de l’achat de tickets de cantine, de la suite espérée donnée à sa demande…

Mal lui en prit:

-« Ah mais non , cela ne va pas être possible! »

-« Ah bon mais pourquoi? cela ne coûte rien du tout! »

-« Mais ce n’est pas la question! c’est une question de droit!!! »

-…………………………………………..?

-« Qui utilise la pelle et la balayette? »

-« ben c’est moi… »

-« Pouvez-vous me le certifier par écrit? Vous utilisez la pelle et la balayette et jamais vous ne faites exécuter la tâche par un élève, écrivez! »

Yeux de mon collègue sortis de leurs orbites, prenant congé….

ça pourrait être une histoire drôle…mais elle ne l’est pas.Elle est terrible.

À défaut d’une ligne directrice solide, les mesures abracadabrantes qui enlèvent à l’élève toute responsabilité de ses actes est alarmante.Et pour avoir été tutrice d’une jeune stagiaire l’année dernière (et mère d’une fille subissant l’ESPE qui est un laboratoire de soumission à la fonction) j’en vois les conséquences. Lors de sa visite par une formatrice pressée l’année dernière ma stagiaire avait eu le malheur de dire à un élève, pourtant du ton le plus tendre qui soit, « Louis arrête de rêvasser, tu vas encore te plaindre après que tu n’as pas le temps de finir »…Pendant 30 minutes après la visite , elle a subi un discours pontifiant, humiliant, bobo et sûr de sa bonne droiture sur la stigmatisation de l’élève dans ses failles…Le cours par ailleurs était très bon, l’empathie élèves-professeur aussi.

Et moi qui  me sens tellement faite pour ce métier, qui casse les élèves gentiment au point qu’ils m’ont demandé d’animer un club « réparties » ce jeudi, et qui leur donne aussi  ce que je suis et pas seulement ce que j’enseigne…Je dis que ce monde marche sur la tête.Et que les enfants ont davantage besoin de personnalités que de fonctions devant eux…

Je n’appartiens pas à ce monde.

En finir avec le snobisme littéraire? ( Musso versus Faubert)

Petit coup de gueule ce soir en parcourant divers articles revenant sur ce sujet…

-Cette société pue à vouloir pernicieusement vouloir que TOUT se vaille. Ce n’est pas le cas. Chacun le sait mais tout le monde essaie d’y trouver pour le coup la légitimité de sa propre parole.Donnée à tous mais en apparence seulement.Car ça fait belle-lurette que la parole est RAVIE au profit de l’illusion de la parole.

-Non Musso et Lévy ne peuvent prétendre à l’art littéraire. Que cela se lise aisément est une chose, qu’on puisse en trouver la lecture agréable je peux comprendre (j’en ai lus beaucoup aussi pour comprendre le phénomène de vente!). Après je voudrais que dix ans après on puisse m’en parler encore en vibrant. Moi je ne savais déjà plus de quoi il retournait quelques jours après..

-Il existe un véritable danger à tout aligner sur le plan artistique dont nos gouvernants à long terme ne pourront que se féliciter dans le flou volontairement entretenu.

-L’école propose AUSSI de la littérature dite « non-classique » et c’est bien. Et elle ne doit surtout pas se passer des Classiques non plus. C’est un acte de résistance.

-La question de l’émotion et du plaisir ne me semble pas pertinente.Elle relève trop de l’immédiateté et du plaisir immédiat qui entrave, empêche d’aller plus loin et est savamment travaillée dans ce sens. J’aime donc c’est excellent?

Euh moi j’aime les entrecôtes bien saignantes, donc c’est bien et c’est bon! (et pas dans l’air du temps!)

-Voilà,

Gustave,

Du fond de nos Gueuloirs communs, je lève mon verre (de vin de préférence!, pas bien non plus…) en l’honneur de Bouvard et Pécuchet!

Feux de cheminots et dernier voyage…

Cela fait hélas quelques semaines que l’on se fait les gorges chaudes des soi-disant privilèges  des cheminots et de leurs voyages gratuits..Ah l’immense privilège…octroyé pourtant à vie aux députés et ex-députés qui ne brillèrent pas par leur courage ni leur assiduité…et qui plus est, leur DERNIER VOYAGE leur sera même offert!…

Ayez une pensée pour feu le service public quand je mourrai et faites-moi un dernier voyage comme celui-là…

Le prochain nom de la classe de terminale: La classe de maturité…Arghhh…

replique-blanche-neige-sept-nains-12 (1)

maturité
nom féminin
1.
  1. État d’un fruit mûr.
  2. 2.
    au figuré
    Plein développement.
    Lettre à mes élèves

    Mes chères pommes,

J’aurais tout essayé pour vous rendre savoureuses, vous qui cherchiez votre espace de fruit unique dans le même panier plein à ras-bord que l’on m’avait confié…Je vous annonce le coeur serré que d’ici trois ans vous serez cueillies, toutes, les rouges, les rondes , les vertes et même les véreuses…Il me semble qu’il serait suicidaire dans l’état actuel de confier au gros monsieur au fond là-bas qui transpire et qui prend des notes (c’est un chef d’entreprise, il est là pour votre bien!) qui vous fera passer le grand oral que vous aimâtes un jour la poésie et la lecture, créer et réfléchir…Et si vous vous fichez de l’économie comme de ma première récolte, tant pis, mentez. C’est encore pour votre bien. Dites oui surtout à tout ce que l’on vous demande…

Ne vous inquiétez pas pour moi, le ver était dans le fruit depuis longtemps…C’est trop tard…

Je vous adresse mes plus chaleureuses compotées…

 »
Espace couleur de pomme. Espèce, brûlant compotier.

Aujourd’hui est un fauve. Demain verra son bond. »  (René Char)

 

Ps: Dites bien au gros Monsieur que je refuse de brûler mon René Char.

On nous cache tout, on nous dit rien…(ou « je n’appartiens pas à ce monde opus 3)

Et pourtant, nous sommes prévenus, hein, Johnny n’avait placé son voeu d’être enterré à Saint-Barth qu’en second et on nous l’a caché!!! Et même que Claude François a une fille cachée…Autant de sujets dont on se tamponne le coquillard dentelé et vaporeux de nos premières robes...Et pendant ce temps:

C’est L’oppression silencieuse et l’étouffement programmé des services publics , de la réforme du bac qui ira vers l’annualisation du  service des enseignants (et je passe sur le grand oral dont la composition du jury reste inconnue à ce jour , deux enseignants et un inconnu que j’imagine bien en costume de chef-d’entreprise,autant attraper le pigeon dans la volière…) et que dire du sort des personnels de santé qui seront bientôt obligés de se faire greffer dix bras supplémentaires, à crédit, le prix d’un bras étant cent fois supérieur à leur salaire annuel…

Musique Maestro: