Parcours citoyen et jeu (!!) de l’olive.

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Ce matin mes élèves de sixième participaient à un parcours citoyen mené par un policier d’une commune voisine. Il s’agissait d’aborder le pénal, la protection des mineurs…Vidéos, débats. Ils étaient très intéressés…

Les élèves de sixième sont très jeunes encore et leurs réactions sont encore bien naïves…

Ainsi ont-ils été horrifiés quand ils ont appris que l’accès à la télévision était payant lorsqu’on était incarcéré et que la wifi était inexistante (sacrilège!)…

L’un d’eux a alors demandé : « Mais ils n’ont pas le droit à la wifi même quand ils sont en vacances??? »…et le monsieur de signaler qu’il n’ y avait pas de vacances lorsqu’on était en prison.  Leur vision de l’enfermement carcéral est très idyllique (discours parental?)

Puis sont venues les questions des agressions sexuelles. À la question: combien possédons-nous de parties intimes? La réponse: une seule! a fusé…Ils ont été très surpris d’entendre que la bouche, la poitrine et les fesses en faisaient partie et que toute tentative de forcer l’accès à ces parties du corps était considérée comme un viol…

Là où moi par contre je me suis retrouvée seule c’est quand le policier a demandé à la classe s’ils connaissaient le « jeu » de l’olive…ils connaissaient tous. C’était la première fois que j’en entendais parler.

Alors qu’est-ce que ce jeu de l’olive?

le jeu de l’olive consiste à introduire, par-dessus les vêtements, un doigt dans l’anus d’un camarade.Le jeu de l’olive a pour origine un sketch du Palmashow, des humoristes Grégoire Ludig et David Marsais. L’émission passe sur Canal+ et D8, et est aussi sortie en DVD. Du coup, les jeunes n’ont pas l’impression de faire vivre une agression. Pour eux, c’est une blagueune taquinerie sans importance. Mais les adolescents ne connaissent certainement pas la loi. Le Code pénal précise en effet que : « Toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise constitue une agression sexuelle ». Ce serait donc bien que les parents le leur rappellent, car ce jeu de l’olive est effectivement une atteinte à l’intégrité physique d’un individu.

Voici la vidéo en question:

Quelles conséquences ?

L’adolescent pratiquant ce jeu malsain est punissable pénalement. Il encourt une amende de 75 000 euros et une peine d’emprisonnement de 5 ans.

Un lycéen de 18 ans a été condamné pour violences dans un établissement scolaire à une peine de 35 heures de travaux d’intérêt général en janvier 2018.

À lire ici.

J’ai retrouvé les premières évocations de ce jeu nauséabond dès 2008 mais il semblerait qu’il soit redevenu récemment le grand jeu à la mode dans les cours de récréation…

Moi j’aime pas les bilans ni les listes de bonnes résolutions…Meilleurs vœux.

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Je souhaite aux gilets jaunes d’apprendre à se passer de leur voiture et de ré-apprendre à courir…

Aux handicapés de faire des efforts pour s’adapter un peu

Aux pauvres de savoir enfin faire des économies

Aux retraités de comprendre qu’il est grand temps de céder la place

Aux jeunes d’être patients et raisonnables avant d’être vieux et de céder la place aux jeunes vieux

Aux coachs de vie en tout genre un avenir qui s’annonce prometteur. Tant mieux pour eux.

 

Au silence de prendre un sens qui aurait valeur de geste

Et à la poésie de continuer à n’être pas marchande…

 

Bonne année à tous.

 

A mes chers élèves…Ce que je n’ai pas reçu à Noël…

C’est….

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Merci pour vos nombreux messages…Je vous souhaite de joyeuses fêtes aussi…

 

Bonjour je n’ai pas réussi à imprimer ma feuille je vous l’envoie donc par Arsène.

Bonsoir, voici mon travail excusez moi mon imprimante ne marche plus et je l’ ai fais sur pc.

Bonjour Madame, pouvé vous imprimé mon travail svp, j’ai pu de cartouches

Bonjour madame, je sait le travail c’est pour demain et il est 23h, on est dimanche vous allé pas être contente, pouvez-vous imprimer ma rédaction  (et me mettre une bonne note!)

bonsoir madame, ça serait sympa de m’imprimer le devoir sur mon village et de replacer les photos car ça déborde sur le texte.Bon dimanche

bonsoir madame, on est au ski ma mère demande si vous pourrez imprimer mon devoir pour la rentrée, ya pas d’imprimante ici. Joyeux Noël, Madame Auzou!! j’espère que vous avais eu plein de cadeaux!

 

Wordpress, une Clémentine maigre surmontée de trop de feuilles?

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j’ai acheté cette clémentine hier matin, en souriant, me disant que son panache de feuilles multiples cachait sans doute un vice de forme et de parfum que je ne tarderais pas à découvrir… Loin de moi l’idée alors de la réutiliser pour illustrer mon propos de ce soir…

Comment est-il possible de rebloguer des articles que l’on aime, et je suis difficile, donc je reblogue peu, et de voir s’additionner les seuls like du reblogging en ignorant l’article d’origine?

J’ai mangé ce midi la clémentine. Elle avait un parfum de simulacre.

 

Dites que vous venez par hasard

Dites que vous venez pour boire

Un verre d’eau sans cassis

à la rigueur une chopine

Dites que vous venez pour la moisson

Même si c’est hors de saison

Dites que vous venez pour l’annonce

et que vous venez de la gare

par le rapide en première classe

Dites que vous passez pour la chasse

Aux chômeurs aux métèques

Dites que vous venez pour le chèque

Avec de grandes espérances

Ne dites pas que vous venez de la Mecque

Dites que vous venez pour la France

et pour traquer les fantômes

Ne dites rien à la servante

qui est une enfant de l’Assistance

Ne dites rien au chien qui dort

Et s’il aboie dites 

Que vous passez par erreur.

 

Jean-Claude Pirotte.

Parus, pas lus. L ‘illusoire surchauffe des maisons d’édition.

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En cette saison de Goncourt, Médicis ou Fémina, le marché du livre est en surchauffe mais…ce n’est pas une raison pour s’en réjouir: trop de publications, des librairies embouteillées qui retournent les invendus de plus en plus vite et au final une baisse d’un tiers du nombre moyen d’exemplaires vendus par livre et par auteur, voilà les conclusions du rapport d’Olivier Donnat, sociologue, au ministère de la culture . De plus en plus de titres se vendent à moins de cent exemplaires, une tendance engendrée notamment par la multiplication des petits éditeurs, la « microédition » encourageant la production à compte d’auteur et en version numérique. Au sommet de la pyramide, seuls une poignée d’écrivains avoisinent les cent mille exemplaires vendus. Au milieu, des titres qui passent inaperçus et des auteurs dont les revenus baissent. Ce rapport annonce pourtant une bonne nouvelle: le livre imprimé résiste à la numérisation.

A partir d’un article de Gilles Heuré, Telerama.

Paroles d’élèves.

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Aujourd’hui:

-Dites, Madame, vous pouvez pas mettre sur mon bulletin « Problème de compréhension » plutôt que « bavard » ou « dissipé »?

-??!!!!!!

Quant à l’image, il faut croire qu’on réussit bien dans la vie avec des mensonges et de belles promesses .De ce fait, je me range aux côtés des dissipés ce samedi.

Professeur braqué à Créteil : méritocratie républicaine, avis de décès…

C’est mon ami et collègue Pierrick qui m’a inspiré cet article et je reproduis ici l’intégralité de l’article Libération.

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Par Rodrigo Arenas, président de la FCPE de la Seine-Saint-Denis Hélène Rouch, présidente de l’IUT de Toulouse 3 et Edouard Gaudot, essayiste — 

L’affaire du lycéen qui a braqué une arme factice sur son enseignante à Créteil révèle le mélange de déni de réalité du ministre de l’Intérieur et la pauvreté des réponses apportées de la part des autorités depuis plusieurs décennies.

A l’occasion d’un fait divers à la fois grotesque et choquant, notre gouvernement disruptif semble découvrir la violence larvée qui gangrène l’école, lieu essentiel où se file le tissu de la société française. Une violence quotidienne, entre élèves, avec les enseignants, avec les parents, avec les administrations. Une violence tellement banalisée que les réactions gouvernementales sonnent faux, surjouées et médiatiques. Comme pour rassurer les honnêtes gens que tout va bien et que ces dérapages resteront exceptionnels.

En fin de compte le plus effrayant dans cette menace juvénile et maladroite sur une enseignante, c’est peut-être le mélange entre le déni de réalité d’un ministre de l’Intérieur qui fait diversion par un amalgame abusif avec la grande délinquance et la pauvreté des réponses apportées de la part des autorités drapées dans leur impuissance, dans la continuité des actions superficielles et mal calibrées qui caractérisent les politiques urbaines et éducatives depuis plusieurs décennies.

Ne voient-ils pas que malgré son essoufflement au bout de quelques semaines, l’incendie qui a embrasé nos villes et justifié l’état d’urgence en 2005 n’a jamais été vraiment éteint ? Ne voient-ils pas que chaque jour un peu plus, l’école de la République s’enfonce dans la triste résignation à faillir à sa mission d’émancipation universelle ? Sont-ils conscients des difficultés persistantes pour des pans entiers de nos populations laissées pour compte de la promesse républicaine d’égalité et de fraternité ? Au-delà des agrégats statistiques dont les administrations raffolent, ont-ils lu les analyses de terrain, ou encore en particulier cette accablante étude récente du Cnesco sur plus de 900 collèges d’Ile-de-France qui se résume en une question lourde de sens : «L’Education nationale donne-t-elle vraiment plus aux moins défavorisés ?»

Comme on ne peut imaginer qu’ils fussent aussi naïfs et mal renseignés sur l’état de notre école et de la décomposition du lien social et des solidarités dans ce pays, il faut les considérer avec la sévérité qui s’impose lorsqu’on est confronté au cynisme des irresponsables. Le cynisme désespérant d’une société qui accueille 260 000 millionnaires de plus cette année, mais voit la pauvreté progresser dans le même temps. Si encore l’école républicaine pouvait prétendre être l’instrument efficace de ce nouveau Guizot à l’Elysée qui considère qu’il suffit de traverser la rue pour emprunter la voie vertueuse de l’enrichissement… Mais même la promesse de méritocratie bourgeoise où les fils et filles de rien pouvaient devenir médecins, avocates ou ingénieurs pourvu qu’ils étudient bien est devenue une légende urbaine.

Car la réalité c’est que la France n’a jamais créé autant de richesses. Même faible, la croissance est là : le PIB a plus que doublé depuis 1974, soit plus de 100 % de croissance. Dans la même période, la pauvreté n’a reculé que très marginalement. La réalité c’est que le travail ne paie pas. Et le chômage est devenu massif et structurel. Autant parce que la machine n’a plus besoin du plein-emploi pour tourner que parce que la redistribution a changé de sens : entre 1980 et 2007 la progression annuelle du salaire moyen est inférieure à 1 % (0,82 %) mais pour les 0,01 % les mieux payés, c’est + 340 %.

Alors, investir dans l’école ? Mais pour quoi faire ? Les pauvres c’est pas bankable, glamour, disruptif. En revanche l’échec scolaire, ça eut payé. C’est de la main d’œuvre bon marché pour les chaines de restauration rapide ou de télémarketing, pour conduire ceux qui ont quelque part où aller, pour livrer les repas de ceux dont la vie sociale et professionnelle est déjà trépidante, pour fournir les bataillons de serviteurs des nouveaux rentiers 2.0 de la start-up nation.

Et puis l’échec scolaire c’est distrayant quand on mesure au détour d’une émission de téléréalité angélique la vertigineuse inculture de pantins sexy mâles et femelles, filmés dans l’étalement impudique de leur candide bêtise pour le divertissement des masses scolaires.

Pourquoi investir dans l’éducation ? La reproduction sociale garantit la continuité des élites de la nation. Maintenir chacun à sa place, c’est la clé de l’ordre social et de la tranquillité des classes dominantes. Il faut donc une forme de persuasion douce pour convaincre chaque individu qu’il est bien à la place qu’il mérite.

Bienvenue dans la société algorithmique ! Une société dans laquelle les choix d’aujourd’hui sont conditionnés par les choix du passé. Comme la publicité ciblée qui envahit vos écrans à chaque nouvelle page internet, la société algorithmique considère que vous êtes déterminés par votre historique de navigation. C’est la société des déterminismes sociaux et culturels ancrés dans les territoires.

De la maternelle à Parcoursup, le message du gouvernement, c’est «reste à ta place, parce tu le vaux bien».

 

Offrir un ticket de cantine est interdit!…(Je n’appartiens pas à ce monde V…)

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C’est ce que j’ai appris la semaine dernière…Sous peine de voir intervenir la cour des comptes dans la gestion des établissements scolaires et rendre nos gestionnaires encore plus anxieux (anxieuses) qu’ils (qu’elles) ne le sont…Donc Attention, si un collègue vous demande de lui prêter un ticket de cantine car il n’a pas pensé à en acheter surtout bâillonnez-le et assurez-vous qu’il n’y a pas de témoins de la scène car c’est très dangereux et tout à fait hors- la- loi ! Car gros malin, il n’a pas pensé qu’une personne ne peut décemment pas déjeuner deux fois le même jour et que ce ou cette pauvre gestionnaire y risque son poste! Et quand vous recevez des intervenants en projets éducatifs surtout prévenez-les au préalable qu’on N’ INVITE PAS! Non mais alors…D’ailleurs s’ils pouvaient venir avec un stock de punaises pour accrocher les futurs travaux  d’élèves (ah non pas les punaises c’est vrai, c’est maintenant interdit…) mais de patafix, cela serait sympa et compléterait les deux boulettes qu’on vous a solennellement déposées au creux de la main!

Je n’appartiens pas à ce monde….

 

Ou vas-tu quand tu pars le matin?

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Où vas -tu quand tu pars le matin?

C’est la question que 4 de mes sixièmes n’ont jamais posée à leurs parents le matin, parents qui n’ont jamais parlé de leur travail à leurs enfants…J’ai d’abord cru que c’était un problème de vocabulaire. Alors j’ai voulu aider, accoucher, chercher les lieux , les gestes qui permettraient qu’on trouve ensemble…En vain. ils n’en avaient aucune idée…

C’est effrayant…Comment répare t-on le vide…