Mais c’est quoi la finalité de l’atelier poésie au juste?

imagesC’est la question qu’une très jeune collègue m’a posée ce midi à la cantine alors que j’avalais mon repas à toute vitesse (j’ai 25 minutes) pour rejoindre l’atelier poésie. Je suis restée bouche bée (en prenant soin au préalable que le dernier haricot vert soit plus près de la sortie que de l’entrée…)…Et encore une fois je n’ai pas jeté l’anathème sur la table…Je l’ai rassurée avec l’évocation du concours AMOPA auquel j’inscrivais mes élèves. Elle était effectivement rassurée. L’écriture n’était donc pas gratuite et servait bien à quelque chose. Elle a terminé ses haricots verts, contente d’avoir obtenu une réponse « utilitaire ».

Parfois, je me sens seule.

ça m’énerve… (trois fois cette semaine!)

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Régulièrement le débat revient sur le tapis. Les actrices et acteurs la clope au bec à l’écran inciteraient les jeunes spectateurs de cinéma à fumer. Du coup, pourquoi ne pas interdire la cigarette à l’écran ?

Votant une mesure sur l’augmentation du prix du tabac d’ici 2020, Nadine Grelet-Certenais, sénatrice PS de la Sarthe, en a remis une couche et accusé le cinéma de faire de « la publicité détournée pour la consommation de tabac. 70 % des nouveaux films français mettent à l’image au moins une fois une personne en train de fumer. Ça participe peu ou prou à banaliser l’usage, si ce n’est à le promouvoir, auprès des enfants et des adolescents, qui sont les premiers consommateurs de séries et de films, sur internet notamment. »

« Dénormaliser l’image du tabac »

La ministre de la santé Agnès Buzyn a trouvé l’idée excellente, « Je ne comprends pas l’importance de la cigarette dans le cinéma français », et a prévu d’en parler avec sa collègue ministre de la Culture, Françoise Nyssen, pour « dénormaliser l’image du tabac dans la société. » On ne sait pas encore quelle forme prendrait cette réforme et si elle concernerait les films français uniquement, ou aussi les séries ou productions étrangères. Quid également des films anciens ? Faudra-t-il effacer les mégots des archives de la Cinémathèque ?

Alors il faut aussi y interdire la drogue, l’alcool, les courses-poursuites, le sexe,les flics ripoux…et l’art tout court…!

Cette société à la fois  terriblement pornographique et faussement puritaine est à vomir…et ça peut aller très loin si on ne réagit pas.

Le Royaume-uni et l’Allemagne ont estimé il y a quelques jours que les « Nus » de Schiele étaient choquants pour le grand public et ont caché les seins et les organes génitaux des tableaux du peintre dans les espaces publics! Voir l’article de mon ami Pierrick.

ça m’énerve…

Oui…il existe une étiquette « ça m’énerve » dans mon blog et on ne la voit presque plus, réduite comme peau de chagrin ,la fille. ..sollicitée  quatre fois. J’en conclue donc , et c’est moi la première surprise, que je suis une montagne de « zénitude »…Hélas….Au moment où j’écris ces mots se dresse, à l’insu de mon plein gré, et subitement une liste de ce qui m’énerve mais je vous l’épargnerai…

Aujourd’hui, alors que je fumais tranquillement (non, ce n’est pas encore un oxymore!!! mais ça ne va pas tarder…) une collègue, par ailleurs charmante , passe devant moi et me lance: « Mais Barbara, tu ne fais pas le mois sans tabac? »…Je calme immédiatement mon cerveau en ébullition et retiens les paroles malheureuses qui pourraient s’échapper de mes volutes poétiquement dessinées dans l’air…(là encore je vous épargne les mots qui ont surgi, mon cerveau est  tellement rapide à produire le mot que parfois il m’effraie un peu…)…Et évidemment je lance une réponse d’une mollesse effrayante visant seulement à épargner la dame…On dit de moi que je suis gentille. Ce que l’on dit de moi me laisse perplexe d’une manière générale.

Alors, que ce soit bien clair: j’aime fumer, j’aime la viande (et hop, dix abonnés « Vegan » en moins…), je suis d’ailleurs une excellente cuisinière de tous ces plats anciens qui tiennent bien au corps (ragoûts, paëlla, coqs au vins, bourguignons, langues de boeufs et j’en passe des plus gras encore…), je regarde peu la télé, je suis accro à France Inter et si je ne lis pas au minimum une heure par jour, je meurs! Je serai sans doute le dernier défenseur (que dame écriture inclusive me pardonne..) du service public, athée forcément, avec une passion culturelle néanmoins pour les églises et abbayes et le bruit de leurs cloches qui reste , malgré-moi, un des sons qui m’émeut le plus…Et j ‘aime passionnément mon travail qui prend pourtant, comme tous les autres, la tournure de la vitesse, de l’isolationnisme voulu,  sous des couverts de réunionites stériles…

j’ajouterai que j’aime la poésie, mais était-ce utile, et que je considère le langage poétique comme une résistance.

 

« Histoires du soir pour filles rebelles » d’Elena Favilli et Francesca Cavallo…

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Aux filles rebelles du monde entier :

Rêvez plus grand

Visez plus haut

Luttez plus fort

Et, dans le doute, rappelez-vous :

Vous avez raison.

Aviez-vous vu passer cette vidéo où l’on voyait une petite fille qui faisait le tri dans sa bibliothèque?

Elle y enlevait petit à petit les livres qui ne comportaient aucun personnage féminin, puis dans lesquels les personnages féminins ne parlaient pas, puis ceux où elles n’avaient aucune ambition.

La conclusion de la vidéo est la suivante : les personnages féminins dans les livres pour enfants n’étaient pas très inspirants.

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Brève longue : une petite histoire du mot « Bordel »…

Bon, à moins que vous n’ayez été enfermé dans un placard depuis trois jours ce petit écart de langage jupitérien ne vous aura pas échappé…

La petite histoire du mot « Bordel »: (Ce texte vient de la série Karambolage d’Arte)

Flora Brunier nous raconte l’histoire d’un petit malentendu linguistique, mais écoutez plutôt :

Je suis française, mon ami est allemand. Alors que nous venions de nous rencontrer, je lui ai dit un soir, après le cinéma : Je t’inviterais bien à monter boire un verre, mais en ce moment c’est le bordel chez moi.

Eh bien, son expression pour le moins circonspecte m’a appris ce soir-là que, pour un Allemand, le mot bordel – qui s’écrit en allemand « Bordell », avec deux l – n’a qu’une seule et unique signification : maison close.

En français, le mot existe certes dans ce sens, mais il est aussi et surtout employé dans son sens figuré, comme synonyme de désordre, confusion, bazar, souk, « mess » en anglais. En allemand on dirait « Chaos », « Durcheinander » ou encore « Saustall », porcherie. Vous imaginez le soulagement de mon ami quand je lui ai expliqué cette nuance…

Le mot bordel puise ses origines dans « Bord », un mot germanique qui signifie planche. « Bord » devient « borda » en francique, puis est récupéré par l’ancien provençal pour signifier cabane. L’ancien français fera évoluer « borda » vers la forme « borde », qui donnera, au XIIe siècle, « bordel », c’est à dire petite maison, cabane mais aussi et déjà : maison close, lieu de prostitution. Pourquoi ?

Parce que, à l’époque, les prostituées n’avaient pas le droit d’exercer leur métier dans les ports. Les marins devaient donc se rendre dans les « bordes » d’un quartier qui se situait à l’écart. Et voilà comment le langage fait d’une simple maison de bois une maison de joie ! La tenancière du lieu s’appelle par ailleurs la « bordelière » ; le « bordelier » c’est le client et dans le français d’Afrique, une bordelle (e deux l e) est une prostituée.

Le sens de « lieu désordonné ou sens dessus dessous » est plus récent ; on le voit apparaître dans la littérature vers 1880, en référence au lieu de désordre par excellence qu’est le bordel.  Plus tard, dans les années 40, il prend le sens de « situation complexe, chaotique ». Et c’est ce sens qui domine aujourd’hui, tous les termes précités étant tombés dans l’oubli, notamment depuis la fermeture des maisons closes en 1946.

Bordel est un nom très répandu en Seine-Maritime…

Le village de Bosc-Bordel en Seine-Maritime:

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Le second élément est le surnom roman Bordel qui désigne l’habitant d’une petite borde ou maison. Il est à l’origine du nom de famille Bordel, fréquent en Normandie, mais dont il existe un foyer occitan dans le Sud-Est. Les formes du français central sont Bourdeau et Bordeau.
Nous voilà donc rassurés…Sauf qu’il s’avère que cette jolie commune de Bosc-Bordel a pour commune voisine…Serqueux! (j’ai d’ailleurs connu de petits malins qui cherchèrent à en établir la liste exhaustive des habitants presbytes…)..
Mais je vais vous rassurer encore une fois…
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Serqueux: ORIGINE du NOM : de Sarqueux, Sarqueuz ou Sarcuil qui tire son nom du latin sarcophargi. Serqueux semble avoir été le lieu de la découverte de nombreux cercueils, ou un centre de fabrication de sarcophages en pierre.
Tout est bien qui finit bien: Tout presbytes que nous fussions cher Monsieur Macron, nous ne sommes pas sourds pour autant, attention à ce qu ‘un sarcophage ne vous attende pas dans nos petites cabanes isolées!

Mexique: Le Trump-l’oeil de J.R

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Il se surnomme Kikito et il a eu 1 an en avril dernier. C’est son visage qu’à choisi l’artiste J.R pour sa dernière oeuvre, érigée à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis.À l’heure où Donald Trump menace de faire tomber dans la clandestinité plus de 800 000″Dreamers », ces jeunes arrivés avec leurs parents mais autorisés depuis 2012 à étudier et travailler aux Etats-Unis…Le regard curieux de Kikito cherchant à voir ce qui se passe de l’autre côté interpelle..

Les devoirs, comment ça se passe ailleurs?

C’est le dossier de la semaine du JDE…

Un petit tour du monde de ces fameux « devoirs » qui provoquent tant de débats…Ce sont les élèves chinois qui ont le plus de devoirs avec 13,8h/semaine, suivis des russes avec 9h/semaine puis des italiens avec 8h/semaine…En France, c’est plus raisonnable avec 5,2h/semaine…Pourtant les devoirs provoquent bien des discussions.En donner ou pas, telle est la question!

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D’après le JDE Du 07 septembre.

 

 

 

Ce que j’aurais aimé pouvoir acquérir dans la bibliothèque de Pierre Bergé…

Madame Bovary dédicacé à Victor Hugo:

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Au Maître

Souvenir & hommage,

« Gve Flaubert « 

Flaubert n’a pas même besoin d’écrire le nom de Victor Hugo sur cet exemplaire de luxe de l’édition originale de son chef d’oeuvre paru en 1857. Hugo est le « Maître » et tout est dit. Comment imaginer plus bel hommage d’un romancier à son illustre confrère? Cet exemplaire réunissant deux monstres sacrés du XIXe siècle, mythique pour tous les bibliophiles, est par ailleurs enrichi de deux pages recto verso du manuscrit de Madame Bovary…Pour la modique somme de 800 000 euros…

Le manuscrit de Nadja, d’André Breton:

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Les 34 feuillets de ce chef d’oeuvre du surréalisme avaient disparu en Suisse depuis 1928. Pierre Bergé a pu acheter ce précieux manuscrit soixante-dix ans plus tard chez Sotheby’s, à Londres. Les pages noircies par la petite écriture de Breton sont complétées par nombre de photographies et de documents iconographiques. Cette pièce exceptionnelle du patrimoine littéraire est partie…à 3 millions d’euros.

L’hommage de Louis-Ferdinand Céline à Gide:

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« À Monsieur André Gide, très respectueux et sincère Hommage, Louis Céline. »

Cinq ans plus tard, dans Bagatelles pour un massacre, le même Céline moquera de manière pour le moins imagée les moeurs homosexuelles de Gide avec les « petits bédouins » et le considérera comme un « cuistre tarabiscoté »… 40 000 euros…

On peut toujours rêver, non?

Se faire passer pour une auteure peut-il faire vendre plus ?

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L’auteur américain qui publiait sous le pseudonyme de Riley Sager vient d’être démasqué. Mais il ne serait pas le seul à cultiver l’ambiguité sur son genre.

L’auteur aura profité de l’ambiguïté jusqu’aux révélations en juillet dernier du Wall Street Journal. Riley Sager, connu pour son premier thriller « Final Girls » qui vient de paraître dans vingt-deux pays, se nomme en réalité Todd Ritter.

Sur le site de son éditeur, toutes les informations à son propos sont non genrées. Aucune photo de l’auteur ni pronom qui aurait pu révéler sa véritable identité. Mais il n’est pas le seul à user d’un nom de plume mixte. J.P. Delaney, auteur de « La Fille d’avant », est en réalité Tony Strong. Derrière SK Tremayne, qui a publié « Le Doute » en mars 2017, se cache un certain Sean Thomas. Des dizaines d’autres auraient déjà utilisé ce stratagème pour vendre plus.

« A chaque fois que je faisais une apparition en public, quelqu’un me demandait pourquoi j’utilisais des initiales, raconte un de ces auteurs fantômes, S.J. Watson. C’était la décision de mon éditeur de ne pas afficher de photo et d’effacer les marques de genre de ma biographie. »

D’autres ont utilisé un nom d’auteur féminin pour échapper à une réputation figée et changer de sujet : L. Frank Baum, l’auteur de « Le merveilleux pays d’Oz » (2013) a utilisé un pseudonyme comme J.K. Rowling est devenu Robert Galbraith pour échapper à Harry Potter. Mais alors si les auteurs commencent à se déguiser, pourquoi ne changeraient-ils pas de religion ou d’origine pour plaire à une catégorie de lecteurs ? La frontière entre l’arrangement sans conséquence et le mensonge devient de plus en plus floue, au risque de rompre ce que les théoriciens littéraires nomment le pacte de lecture : l’engagement à dire la vérité pour bénéficier en retour du principe de charité intellectuelle envers l’auteur.

Source : The Guardian