Préparation des portes ouvertes du collège ce matin…

C’était préparation des portes ouvertes qui se tiendront demain au collège, ce matin…Quelques élèves ont accroché les panneaux Poésie de l’atelier ( j’ai supervisé tout en faisant cours en même temps…), et je disposerai demain matin sur une table des exemplaires du livret « N’arête pas ton Char« , ainsi que la nouvelle historique de mon élève Kimi…Peut-être aussi d’anciens livrets puisque une quarantaine ont été réalisés depuis que j’anime cet atelier (20 ans à la rentrée…)

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Quelques élèves viendront présenter leur travail aux parents et aux futurs élèves…

Remise du prix poésie pour les élèves de mon atelier cet après-midi à Canopée Mont-Saint-Aignan.

La remise des différents prix d’expression écrite et de poésie organisés par L’AMOPA 76 a eu lieu cet après-midi…

Un grand bravo d’abord à ce jeune-homme, élève de terminale L qui a obtenu le premier prix individuel national pour son beau poème intitulé La Ligne.

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Et bravo à mes élèves pour le prix collectif collège avec le livret: « N’arrête pas ton Char »!

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Merci les filles et bravo…La poésie a de beaux jours devant elle!

Merci également aux parents, pour leurs mots chaleureux et…pour le rosier à qui je donnerai un nom de poète évidemment…

Atelier poésie/ préparation des portes ouvertes.

Il reste 4 semaines avant les portes ouvertes de fin d’année..Les élèves de l’atelier préparent (sous la bienveillance de ma présence aphone) des panneaux sur Éluard, Supervielle, Guillevic et Apollinaire  auxquels ils ajouteront leurs propres poèmes…Et le récit de la remise des prix qui se déroulera le 22 mai…

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Atelier Poésie: Les cadavres exquis, la suite.

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Préparation de la banque de mots dans les chapeaux-melons …

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Les Élèves:

 

Un autocar rempli d’artistes a été bombardé d’ovules haineux.

Suzane.

 

Un nymphéa proposa une séance d’hypocrisie à son amie mais celle-ci, exorbitée préféra son vannage.

Domitille 

 

Je suis certaine que j’ai pris un tas d’ossements pour éteindre une chandelle.

Fanette 

 

Quand le génie du coffre m’a infligé la perte du nord ,j’étais faible.

Suzane 

 

Un corps déchiqueté a été retrouvé dans une flaque d’ordures à la plage 

Fanette 

 

L’hypocrisie en embuscade, cette désolante mascarade, éteint la lumière.

Héloïse 

 

J’ai mâchonné des ordures, exploré ma bouche ,et animé des potins.

Clémence 

 

Le malade courant vers le nord est enthousiaste à l’idée de sauter dans le cercueil.

Suzane.

 


 

 

Un ovule qui veut se pendre a convenu d’un rendez-vous avec une plinthe.

Suzane.

 

Se serait-il douté que lors de ce rencart, il prendrait du salpêtre en tant que drogue et se retrouverait saltimbanque?

Kimi.

 

Un gnome à l’opéra insulta le pompage du jusqu’au-boutisme et termina sa vie en filigrane.

Domitille.

 

Il faut exploser sous la nappe et crier pour prendre la parole.

Alice.

 

La reine aménage la remarque d’un homme d’une séance de grisou.

Emma

 

Un insecte à voix suave était pourchassé par un inconnu en apesanteur qui voulait le convertir en confiture.

Héloïse.

 

Il est primordial de bombarder les ossements d’éventails haineux.

Clémence.

 

La perte de mon eye-liner n’est pas un prétexte à l’hydrogène!

Suzane.

 

Un herbivore couvert de taffetas mangea un dernier ragoût avant la mort qui viendrait le cisailler pour hérésie.

Kimi.

 

Un génie fait un clin d’oeil à un doigt recouvert de sparadrap pour qu’il prenne le coffre.

Capucine.

 

Un corps rempli d’hypocrisie  qui cherche des salamalecs se déplace dans un champ d’hellébores.

Suzanne.

 

 

Les livrets poésie pour les élèves de l’atelier sont arrivés…mais.

Ils sont très beaux…(et totalement dénués de publicité)

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Mais tellement épais que leur système d’agrafage n’a pris en charge que la moitié du livret! Alors je n’ai même pas ouvert les paquets restants.

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J’ai râlé via mail mais à peine après Duplicaprint…10 mn plus tard la nouvelle commande avec un papier adapté était déjà en cours de réalisation. Je pourrai donc offrir les livrets aux élèves en fin de semaine prochaine…Non mais alors.

 

La confection du livret poésie des élèves est terminée…mais.

J’ai terminé aujourd’hui la mise en page du livret poésie pour les élèves de l’atelier…Il comporte finalement 52 pages, bien plus que je ne pensais…

Voici les premières pages…Je ne parviens plus à me satisfaire esthétiquement de la reliure avec boudins-spirales format A4…Mon souhait serait un format A5 agraffé…Aussi je me tourne vers vous. Quelqu’un connaît-il un service d’imprimerie en ligne en mesure de réaliser 18 livrets de 52 pages pour un moindre coût sachant qu’au delà de 100 euros le collège ne prendra plus en charge? Merci de m’apporter vos lumières!

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Atelier Poésie (Suite)

Les deux dernières séances (pour ce semestre) seront consacrées à Jules Supervielle.

Il faudra ensuite effectuer la mise en page du livret, imprimer puis relier avant de l’envoyer concourir au prix de la jeune poésie. Et cela doit être fait pour les vacances de Février.

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(…) Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois

Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir. 
Jules Supervielle.

Les élèves:

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Se réveillent en moi

Des souvenirs sournois.

Et je me souviens

Des beaux paysages

Que je pouvais observer

À cet endroit l’été dernier

Et de l’orchidée je revois

le minois.

 

Suzane, 6ème.

 

 

Mon cœur 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Accueille en lui bonheur

Et à la fois tristesse.

La morosité me désempare

Douce comme une caresse

Prenant le contrôle de mon âme.

L’espoir arrive accompagné du mélodrame.

 Sa musique mélancolique

Qui emplit le regard

Donne aux mots un sens.

Nostalgie du moment

Les larmes dévalant

Les joues et la vie continue

Riant des sentiments.

Kimi, 3ème.

 

 

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Les lumières dansantes

Prenant place dans le ciel

Deux cœurs enlacés

Au secret d’une nuit glacée

prennent peur

Et s’enfuient dans le petit jour.

 

Héloïse, 3ème

 

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Le mal évolue

Comme un arbre immortel

Et grandit de la mort des vivants

Qui deviennent eux-mêmes avec le temps

Des fantômes méprisants.

Emma, 6ème.

 

 

Dans ces bois obscurs

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

À jamais je vois

La beauté pure d’un paysage

Dont le vert a mangé le temps.

Je me réveille au soleil usé

D’un monde révoltant.

 

Clémence, 3ème.

Encore frissonnant 

Sous la peau des ténèbres

Elle lance des cris déchirants.

C’est la mort qui enterre

Des gens encore vivants

Dans un cimetière de pierre

Du marchand à la chocolatière!

Elle les tue jusqu’au dernier!

On l’a vue cachée dans un terrier

Endormie sur l’oreiller du printemps!

Fanette, 6ème.

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Le cœur hésitant

Dans les bras obscurs

La silhouette avance

Sans se débattre

Comme vide

pas à pas

Puis près de la torpeur nocturne

Elle continue

Même tombée

À toujours se relever

La lisière dépassée

Le regard dans le vague

Peu à peu se ranime

la surplombant

La lumière contraste

Ici

Sous la lune.

 

Kimi, 3ème.

 

 

Je me réveille encore une fois

Dans mon monde à moi

Encore frissonnant 

sous la peau des ténèbres.

Je m’invente un rêve

Tout en noir et blanc

J’attends le soleil levant

Qui dessine durablement

Le contour de mes lèvres

Sur le papier de l’instant.

Jade, 6ème

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier poésie (Suite): Viens encore te consacrer caillou…

Pour la dernière séance avant Noël, les élèves ont continué à écrire à partir d’ un autre poème de Guillevic…

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Caillou

Viens encore une fois
Te consacrer caillou

Sur la table dans la lumière
Qui te convient,

Regardons-nous
Comme si c’était
Pour ne jamais finir.

Nous aurons mis dans l’air
De la lenteur qui restera.

 

Les élèves:

 

J’ai vu le monde marcher

Sur son chemin , milliers de pierres

Chacune était différente

Mais ce n’est pas richesse

Acquise sans effort mêlant avarice et paresse

Qui assure la valeur

Leurs couleurs infâmes, preuves d’une vie décevante

Et ces travailleurs démunis

Sans aucun repos jusqu’au trépas

De leur âme, la plus pure qui soit

Ces pierres précieuses

Saphirs, émeraudes, topazes ou diamants

Joyaux d’un monde disparu

Lorsque le temps sera venu

Ces infimes pièces du puzzle qu’est la vie

Devant les créateurs

Entreront au paradis

L’âme la plus riche et la plus sage

Accordera le passage

Viens encore une fois

Te consacrer Caillou.

 

Kimi , 3ème

 

 

 

Viens encore une fois

Te consacrer caillou

Ce soir nous danserons

Mais fais bien attention car

Les hiboux qui portent des bijoux

Sont fous et vivent dans des igloos

Viens  et deviens caillou

Et tu pourras nager dans la mer

Libre comme l’air

L’espoir au genou.

Alice, 6ème

 

 

Viens encore une fois

Te consacrer caillou

Au bord de cette chute d’eau

Tu pourras t’admirer

Et même passer à travers.

Ou alors tu resteras

Sous ce temple et tu

T’y endormiras

Sur la pierre de mes genoux

 

 

Suzane, 6ème

 

 

Une fleur tombe

Dans cet univers sombre

Comment se consacrer encore à la terre

Viens encore une fois te consacrer caillou

Et transformer ce monde en une statue de pierre

À la solde unique de la lumière

Dont la beauté éblouit la pensée des fous

Pour que le matin sur nous se lève enfin

Capucine, 3ème.

 

 

 

Viens encore une fois

Te consacrer caillou

Au bord du temple

À l’orée de la forêt

Il pleuvra des fleurs

Et les arbres riront

viens avec moi et cours

Allons dans la forêt nous consacrer caillou.

 

Alice, 6ème.

 

 

 

Viens encore une fois 

Te consacrer caillou.

Rejoins-moi

Sous les acajous

Nous danserons toute la nuit.

Je le promets jusqu’à minuit

Tu dormiras sous un clair de lune rousse

Ou sur un tas de plumes qui amassera mousse.

 

Fanette, 6ème.

 

 

 

Crisse la roche

Dure comme mon cœur.

Viens encore une fois

Te consacrer caillou

Devant l’immensité de la terre.

J’en ai vidé mes poches.

J’en ai perdu mes mots.

À cette nuit qui m’éblouit

À cette clarté floue

Cet univers tout petit

Plus petit que l’immensité de mes pensées

Je pars à la dérive.

Domitille, 3ème.

 

 

Viens encore une fois

Te consacrer caillou.

Rien qu’une fois

Dans cet univers flou.

La nature si douce

Et pourtant si dure

A construit un mur

Au milieu de la mousse.

 

Viens encore une fois

Te consacrer caillou

Apporter de la joie

À ce monde de fous.

 

Héloïse, 3ème.

 

 

Viens  encore  une fois

Te consacrer caillou

Et puis te fendre

Pour redécouvrir la forêt

La nature et les loups

Viens te surprendre.

Emma, 6ème.

 

 

 

Le cœur à nouveau brisé

Et l’âme endeuillée

L’amour autrefois sans pareil

Est aujourd’hui une flamme sans éveil.

Le mur qui me protégeait a cédé

Et mon cœur ensanglanté

De la pierre est devenu.

De la pierre de pluie.

Viens encore te consacrer caillou

Puisque plus personne

Ne se soucie de ce que je suis.

 

Kimi, 3ème.

 

 

 

 

 

Atelier Poésie: Suite.

Les élèves ont travaillé aujourd’hui d’après cet extrait de « Inclus » de Guillevic.

Dans une ambiance…Comment dire…très tonique.

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En somme,
Avec les mots,
C’est comme avec les herbes, 
Les chemins, les maisons, tout cela
Que tu vois dans la plaine
Et que tu voudrais prendre.
Il faut les laisser faire,
Par eux se laisser faire,
Ne pas les bousculer, les contrarier,
Mais les apprivoiser en se faisant
Soi-même apprivoiser.
Les laisser parler, mais,
Sans qu’ils se méfient,
Leur faire dire plus qu’ils ne veulent,
Qu’ils ne savent,
De façon à recueillir le plus possible
De vieille sève en eux,
De ce que l’usage du temps
A glissé en eux du concret.

Guillevic (extrait du recueil « Inclus » – Gallimard, 1973)

 

les élèves:

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes,

Comme les feuilles avec les arbres

Comme les arbres avec les passants

que le vent endort les berçant

Comme le soleil avec les fleurs

Comme le pouls avec le coeur.

 

Clara F, 5ème.

 

 

 

Les paroles et leurs sous-entendus sonnent faux

Blessant, réconfortant de leur caractère acerbe

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes

A mon oreille, sont les plus doux

Annoncent les bonnes comme les mauvaises nouvelles

Sent-on leur présence tout autour de nous ?

Certains donnent la vie, d’autres la scellent

Mais à force de les entendre

Finit-on par ne plus les comprendre ?

La vie est insipide

Et le silence des plus arides

Leurs sens propres à chacun

Leurs images si étranges

Et pourtant,

On y lit à travers

Comme dans un livre ouvert.

 

kimi, 3ème.

 

 

 

Avec les mots

C’est comme avec les herbes

Ça meurt ça vit au fil des saisons

Je ne vais pas vous faire un proverbe

Les proverbes c’est comme les mots

Ça va, ça vient pour s’envoler

Comme des pétales

Légères comme un âme

Sur le point de s’envoler

Comme les mots

Comme un pétale

Comme les herbes

Comme un proverbe

 

Domitille, 3ème

 

 

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes

Ils s’étendent, s’étirent

et peuvent mourir.

C’est leur destin.

Les mots sont divins

et rêvent de saisons

où s’endormir.

 

Suzanne, 6ème.

 

 

 

Par amour, il faut faire attention

Pour une belle déclaration.

Il faut être doux comme des chiots

Avec les mots

C’est comme avec les herbes

Et ce sera superbe

Donnez-leur une fleur

Il sera de bonne humeur

Et glissera comme un pinceau.

 

Fanette, 6ème.

 

 

 

Quand j’étais petite

chez mes grands-parents

Mon grand-père me disait

Tu vois mon enfant,

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes

Il faut les comprendre, il faut les connaître

il faut en prendre soin

et il t’emmèneront loin.

C’était la grammaire de nos jardins.

 

Alice, 6ème.

 

 

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes,

Ça envahit l’espace

Prenant place doucement

Envahissant tout sur son passage

Pour ensuite laisser place au silence

Calme, froid

Les mots et les herbes

Flottant dans le vent

Tous c’est non-dits, ces mensonges

Qui un jour sortiront de l’ombre

Sont pour l’instant cachés

Tel un secret

Grandissant sans regrets

 

Héloïse, 3°

 

 

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes,

Il en existe plein: des gratuits

Et puis

Des mots agréables que les gens ne disent pas

et quand vient la nuit ils couchent des mots terribles

Dans les champs sous des grands draps.

 

Emma, 6ème.

 

 

 

Avec les mots, 

C’est comme avec les herbes.

Les gens sont faux

Éclos parmi des fleurs superbes

Sur le joli champ du quotidien.

 

Clémence, 3ème.

 

 

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes

Le temps est compté

Et il ne faut pas faire d’histoires.

On continue à trembler,

Le crayon à la torche qui écrit

Ces mots qu’on écorche

sans raison retombés.

 

Alexis, 6ème.

 

 

 

Atelier poésie (suite)

Les élèves poursuivent leur travail sur Apollinaire  (voir ici)…Et les plus en avance travaillent déjà sur Guillevic…

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Clair de Lune.

Lune mellifluente aux lèvres des déments
Les vergers et les bourgs cette nuit sont gourmands
Les astres assez bien figurent les abeilles
De ce miel lumineux qui dégoutte des treilles
Car voici que tout doux et leur tombant du ciel
Chaque rayon de lune est un rayon de miel
Or caché je conçois la très douce aventure
J’ai peur du dard de feu de cette abeille Arcture
Qui posa dans mes mains des rayons décevants
Et prit son miel lunaire à la rose des vents.

Guillaume Apollinaire.

 

Les élèves:

Quelques chapitres tristes et effrayants

Sous des projecteurs qui brillent

Ont plongé l’enfant que je suis

Dans un monde imaginaire

et de fées de sang

qui posa dans mes mains des rayons décevants.

 

Clara G, 5ème.

 

 

ô calme nuit

Vibrante de douceur

ô clair de lune

Brûlant de lumière

Je me suis approchée pour voir l’infini

Et me suis vite heurtée au destin

J’en porte encore les traces

à la barrière de mes cils, tenace

ô petit rond pâle

Qui posa dans mes mains des rayons décevants

ô triste espoir

voilà déjà le soir

Et on ne m’a laissé le temps d’y croire

 

Domitille, 3ème.

 

 

Dans une maison près d’une forêt

les arbres cherchent la lune au point de ne plus la voir

C’est elle qui posa dans mes mains des rayons décevants

et des vieux livres de contes où je cherche mes parents

et la voix de ma grand -mère espiègle aux cheveux blancs.

 

Alice, 6ème.

 

 

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Le Voyageur

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant

La vie est variable aussi bien que l’Euripe

Tu regardais un banc de nuages descendre
Avec le paquebot orphelin vers les fièvres futures
Et de tous ces regrets de tous ces repentirs
Te souviens-tu
Vagues poissons arques fleurs surmarines
Une nuit c’était la mer
Et les fleuves s’y répandaient

Je m’en souviens je m’en souviens encore

Un soir je descendis dans une auberge triste
Auprès de Luxembourg
Dans le fond de la salle il s’envolait un Christ
Quelqu’un avait un furet
Un autre un hérisson
L’on jouait aux cartes
Et toi tu m’avais oublié

Te souviens-tu du long orphelinat des gares
Nous traversâmes des villes qui tout le jour tournaient
Et vomissaient la nuit le soleil des journées
Ô matelots ô femmes sombres et vous mes compagnons
Souvenez-vous-en

Deux matelots qui ne s’étaient jamais quittés
Deux matelots qui ne s’étaient jamais parlé
Le plus jeune en mourant tomba sur le côté

Ô vous chers compagnons
Sonneries électriques des gares chant des moissonneuses
Traîneau d’un boucher régiment des rues sans nombre
Cavalerie des ponts nuits livides de l’alcool
Les villes que j’ai vues vivaient comme des folles

Te souviens-tu des banlieues et du troupeau plaintif des paysages
Les cyprès projetaient sous la lune leurs ombres
J’écoutais cette nuit au déclin de l’été
Un oiseau langoureux et toujours irrité
Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre

Mais tandis que mourants roulaient vers l’estuaire
Tous les regards tous les regards de tous les yeux
Les bords étaient déserts herbus silencieux
Et la montagne à l’autre rive était très claire

Alors sans bruit sans qu’on pût voir rien de vivant
Contre le mont passèrent des ombres vivaces
De profil ou soudain tournant leurs vagues faces
Et tenant l’ombre de leurs lances en avant

Les ombres contre le mont perpendiculaire
Grandissaient ou parfois s’abaissaient brusquement
Et ces ombres barbues pleuraient humainement
En glissant pas à pas sur la montagne claire

Qui donc reconnais-tu sur ces vieilles photographies
Te souviens-tu du jour où une abeille tomba dans le feu
C’était tu t’en souviens à la fin de l’été

Deux matelots qui ne s’étaient jamais quittés
L’aîné portait au cou une chaîne de fer
Le plus jeune mettait ses cheveux blonds en tresse

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant

La vie est variable aussi bien que l’Euripe

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

 

Les élèves:

Même sans avoir la joie que d’autres facilement s’attribuent

Mon cœur est pur et se remplit de vertus

Le bonheur m’attriste et me grise

Me  voici  maintenant sous son emprise.

Peu importe me dirait-on

Mon sort en est scellé de toutes façons

Et l’issue n’en peut être que fatale

Ses flammes encore se consument mal.

Je suis seule. Devant moi une impasse

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant.

Les larmes du ciel se mélangent aux miennes.

La vivacité des couleurs a disparu

Le dehors est morne.Le monde s’est tu.

 

Kimi, 3ème.

 

 

L’eau ruisselle dans mes mains

Le froid vient me taillader

il pleut sous mon toit

 

Mon toit transparent

Qui laissa passer le vent

J’ai peur j’ai froid j’ai faim

Je vous offre le romarin

Mais

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant.

 

Domitille, 3ème.

 

 

Je n’ai pas voulu voir

Je me suis confinée dans le noir.

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant.

Déjà me manque le temps

Et j’entends les pas qui qui s’avancent vers moi

Sans jamais les voir.

 

Fanette, 6ème.

 

 

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant

Ces verrous fermés et ces lumières éteintes

Rendez-moi mon empreinte

Qui façonnent les nuits à pleurer

sur mon grand corps de plaintes.

 

Clémence, 3ème.