Les parodies du monologue de Don Diegue en 4ème.

Quelques copies d’élèves…

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Par Esteban:

Ô rage! Ô désespoir! Ô travail ennemi!

N’ai-je donc tant vécu que pour gagner ma vie

Et ne suis-je aigri dans les travaux scolaires

Que pour voir en un jour éclater tant de colère?

Mon travail qu’avec respect toute la classe admire

Mon travail tant de fois signé Esteban Lemire

Tant de fois pourtant  me fit perdre espoir

trahi par les professeurs et leurs âmes noires?

Ô cruel souvenir de mes exposés ratés!

Contrôles inutiles  à jamais enragés!

Nouvelle année fatale à mon bonheur

Précipice élevé d’où tombe ma candeur!

Faut-il de mon état voir triompher les soucis

Et mourir sans travail ou vivre puni?

 

Par Léïa:

 

Ô rage, Ô désespoir, Ô choux de Bruxelles ennemis!

N’ai-je donc tant vécu que pour cette tromperie

Et ne me suis blanchie dans les travaux jardiniers

Que pour voir en un jour mûrir ces billes sur leurs pieds?

Mon bras qu’avec respect tout le voisinage admire

Mon bras qui tant de fois du potager a fait un empire

Trahit donc mes dégoûts jusqu’à me faire vomir?

Ô cruel légume de mon jardin affublé!

Récoltes de tant de jours en un jour périmées!

Nouvel aliment fatal à mon estomac

Haute pousse d’où je tombe bien bas!

Faut-il par votre odeur voir plisser mon nez

Et mourir sur l’heure ou vivre empoisonné?

 

Par Titouan...

Parodie du monologue de Don Diegue

 

Les cahiers de vie en sixième…

C’est la troisième année que je demande dès le premier jour à mes sixièmes de décorer à leur image ce que j’appelle un « cahier de vie ». C’est leur endroit de liberté et d’expression libre et mon encre rouge y est interdite…L’élève est appelé à s’en saisir dès qu’il a terminé une activité par exemple…Voici quelques cahiers déjà décorés…

Ou vas-tu quand tu pars le matin?

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Où vas -tu quand tu pars le matin?

C’est la question que 4 de mes sixièmes n’ont jamais posée à leurs parents le matin, parents qui n’ont jamais parlé de leur travail à leurs enfants…J’ai d’abord cru que c’était un problème de vocabulaire. Alors j’ai voulu aider, accoucher, chercher les lieux , les gestes qui permettraient qu’on trouve ensemble…En vain. ils n’en avaient aucune idée…

C’est effrayant…Comment répare t-on le vide…

Année scolaire 2018-2019.

Je m’apprête à faire ma 26ème rentrée en tant qu’enseignante…Mais ma 47ème en tout…Vous me direz, ce n’est qu’une question de place par rapport au bureau et pourtant non, je suis rarement derrière le bureau, plus d’estrade et des îlots de travail dans ma salle de classe et puis un autre look qu’à 4 ans…Terminé les chaussettes jaunes sur les mollets grassouillets et les couettes coupées depuis très longtemps! Ce qui perdure finalement ce doit-être le même genre de sourire de rentrée scolaire….

barbaraCette année, pas de changement par rapport à l’année dernière, sauf bouleversement de dernière minute: j’aurai  donc une sixième, deux quatrièmes et une troisième

Aussi mes préparations sont bien rodées pour l’essentiel même si chaque année j’y apporte quelques changements et que je fais de nouvelles tentatives. Je publierai demain mes progressions pour les trois niveaux car mon tableau de bord wordpress m’indique depuis quelques jours que le pédagogique est à nouveau consulté, la rentrée approchant…Toutefois, je tenais à signaler ce blog fabuleux pour les enseignants de français: Le Fil de Laure.

Les projets:

En 6ème:

Cette année mon établissement accueille une quinzaine d’enfants de l’IME d’un village voisin. Une salle leur est dédiée, tout près  de ma propre salle 128. Ils s’adapteront à leur nouvel environnement et les échanges devraient s’installer progressivement entre ces enfants porteurs de handicaps et nos élèves. J’ai évidemment très envie qu’ils viennent dans ma classe de sixième et de pouvoir susciter le lien et le partage. À suivre donc, pour des échanges théâtraux sans doute.

En 4ème: Je reprends l’idée de mon ami Pierrick et je vais faire rédiger aux élèves des journaux intimes de personnages fictifs pendant la révolution.

En 3ème: j’ai rempilé avec la compagnie Naxos théâtre .

J’avais travaillé sur l’adaptation du journal d’Anne Frank l’année dernière avec eux et beaucoup apprécié leurs interventions. Ils interviendront cette année auprès de ma classe de troisième pour une adaptation du Marchand de Venise de Shakespeare.

CaptureJe tiendrai donc une chronique de cette expérience sur ce blog. Cette initiation théâtrale sera intensive puisqu’elle s’étalera sur sept semaines seulement. Mais cette année je ne suis pas seule! Ma jeune collègue d’anglais s’intégrant au projet, cela devrait permettre une plus grande souplesse pour les horaires d’intervention.

Et puis toujours et pour la 21ème année: 

Je reprends l’atelier poésie sur la plage méridienne. Mais deux heures seulement au lieu de quatre l’année dernière car c’était vraiment très lourd. Je n’ai pas encore prévu le thème car beaucoup de nouveaux élèves plus jeunes devraient s’inscrire cette année. Une pensée pour mes grands qui m’ont suivie quatre années consécutives et qui feront leur entrée au lycée… (Achille, Gwenaïs, Jade, Lucie, Marie, Ronan…)

Et comme chaque année je m’autorise à être une « découvreuse de talents » et à proposer des écrits à des concours de langue française…

C’est parti. Ci-dessous le t.Shirt de foot (ils ont beaucoup d’humour!!!) que les élèves m’ont offert il y a deux ans et qui m’attend accroché au tableau…

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Pisser dans un violon…

uku1Voilà une expression que j’utilise assez souvent et je l’ai utilisée en juin dernier dans l’une de mes classes (pas bien, je sais) totalement interloquée et qui m’en a demandé la signification. Facile. quant à son origine, elle demeure incertaine!

Ne servir à rien.
Faire quelque chose de complètement inutile, inefficace.

Origine

Cette expression s’emploie très souvent dans des formes comme c’est comme si on pissait dans un violon ou bien autant pisser dans un violon ! pour indiquer l’inutilité totale de l’action ainsi qualifiée.

Pisser, mot qui vient du bas latin pissiare (pour « uriner »), n’est considéré comme vulgaire que depuis le XIXe siècle.
Auparavant, son usage était aussi naturel que la fonction elle-même, le mot uriner étant réservé au milieu médical.
De nos jours, dans le langage courant, on ne dit ni uriner, vu comme trop pédant (« Marie-Chantal, j’arrive dans deux minutes, je m’en vais d’abord uriner quelque peu »), ni pisser, trop vulgaire, mais plutôt faire pipi considéré comme acceptable et venu du monde des enfants.

Il est certain que, si on veut produire une agréable mélodie, pisser dans un violon ne servira vraiment pas à grand chose, même en visant les cordes et en y baladant le jet.
Mais pourquoi une telle association ? Pourquoi un violon au lieu d’un banjo, d’une pelle à tarte ou d’une passoire ?
Telle quelle, l’expression date de la fin du XIXe siècle, et rien ne l’explique vraiment.

Mais Alain Rey suppose que le verbe pisser n’est apparu, par plaisanterie, qu’en remplacement d’un verbe comme souffler ou siffler.
La locution d’origine aurait alors été souffler dans un violon (dont on trouve effectivement une utilisation dans un numéro de l’Apiculteur de 1901), action dont l’inutilité est flagrante lorsqu’on sait que souffler dans une flûte ou une trompette permet effectivement de produire de la musique, mais qu’avec un violon, le résultat devient tout de suite nettement moins probant.

 

 

Vos papiers s’il vous plaît! ou la correction du brevet des collèges…(Je n’appartiens pas à ce monde IV.)

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Aujourd’hui se déroulaient les corrections du brevet des collèges avec ses petites nouveautés bien agaçantes. La réunion d’harmonisation le matin n’est pas nouvelle et me semble nécessaire même si au bout du compte on note des divergences d’appréciations dans la partie rédaction. (Moi j’ai tendance à être généreuse, je voudrais être bien vue de l’inspection que je ne m’y prendrais pas autrement…). Ensuite c’est parti pour une moyenne de 5h30 de correction en ce qui concerne le français. J’avais la chance de pouvoir m’isoler dans ma salle de classe cette année.Je n’aime guère le bavardage et les commentaires de chaque copie à voix haute. 5h30 c’est précisément le temps que j’ai mis à corriger mes trente trois copies, sans pause, avec un sandwich et trois abricots, trois bouteilles d’eau aussi car porte ouverte sur le couloir, il faisait 28 degrés encore dans ma salle.Alors quand c’est fini on devrait se réjouir! mais non, vient ensuite l’épreuve terrible de la saisie des 3 fois 33 notes (questions-dictées-rédactions)…

Le site sur lequel il faut se rendre ressemble un peu à ça:

https://trucmuche.faichaud.education.fr/ cyclomoteuretcorrections.

Ensuite vous devez rentrer un identifiant de connexion, raisonnable, six chiffres.

puis un mot de passe de connexion, c’est vrai, on ne sait jamais le type à côté de vous et dans le même état que vous a sans doute une envie furieuse d’aller pirater vos notes….Alors le mot de passe connexion ressemble un peu à ça: BtsVt60<y>f≤∃∅Æ2z, pour être bien sûr…Puis quand fort de ressources insoupçonnées vous parvenez enfin à vous connecter vous avez le vertige devant le numéro des lots et les numéros d’anonymats qui contiennent autant de chiffres et de lettres que celui de votre Livebox. Quand vous parvenez enfin à clore tout ça, vous êtes ravi de redescendre enfin votre paquet de copies au bon endroit. Et là les copies sont recomptées, on vérifie votre énième signature depuis le matin, on photocopie votre bordereau de notes (vous avez déjà fourni maintes fois votre adresse mail en cas de contestation)…C’est fini? Ah non veuillez indiquer l’heure de votre départ s’il vous plaît!…Là je ne sais pas pourquoi, un coup de chaud sans doute, j’ai dit à un collègue de mathématiques qu’il ne pouvait pas déposer ses copies sans fournir la preuve qu’il avait bien effectué le dépistage du cancer colo-rectal, quant à moi j’ai demandé s’il fallait fournir aussi mon dernier contrôle sanguin et les résultats de ma dernière mammographie!…Non mais alors!!!

Ah, j’oubliais, le serveur qui permet de saisir les notes est désormais bloqué jusqu’à 14h! pour être bien sûr que les correcteurs ne bâclent pas…

Et sinon vous enseignez quoi? Les valeurs humaines, ma brave dame, les valeurs humaines…..

Je n’appartiens pas à ce monde (5)…ou la pelle et la balayette…

SET_24752__C’est l’histoire d’un collègue de lettres qui avait depuis des années un pelle et une balayette dans sa salle de classe pour nettoyer de ses bons soins ce que lui aurait échappé des salissures après une heure de cours…

Or, ce même collègue un jour perdit ce précieux duo. Il en fit donc part à la gestionnaire de son établissement afin qu’elle l’approvisionne à nouveau .

Ne voyant rien venir, il s’enquit , au détour de l’achat de tickets de cantine, de la suite espérée donnée à sa demande…

Mal lui en prit:

-« Ah mais non , cela ne va pas être possible! »

-« Ah bon mais pourquoi? cela ne coûte rien du tout! »

-« Mais ce n’est pas la question! c’est une question de droit!!! »

-…………………………………………..?

-« Qui utilise la pelle et la balayette? »

-« ben c’est moi… »

-« Pouvez-vous me le certifier par écrit? Vous utilisez la pelle et la balayette et jamais vous ne faites exécuter la tâche par un élève, écrivez! »

Yeux de mon collègue sortis de leurs orbites, prenant congé….

ça pourrait être une histoire drôle…mais elle ne l’est pas.Elle est terrible.

À défaut d’une ligne directrice solide, les mesures abracadabrantes qui enlèvent à l’élève toute responsabilité de ses actes est alarmante.Et pour avoir été tutrice d’une jeune stagiaire l’année dernière (et mère d’une fille subissant l’ESPE qui est un laboratoire de soumission à la fonction) j’en vois les conséquences. Lors de sa visite par une formatrice pressée l’année dernière ma stagiaire avait eu le malheur de dire à un élève, pourtant du ton le plus tendre qui soit, « Louis arrête de rêvasser, tu vas encore te plaindre après que tu n’as pas le temps de finir »…Pendant 30 minutes après la visite , elle a subi un discours pontifiant, humiliant, bobo et sûr de sa bonne droiture sur la stigmatisation de l’élève dans ses failles…Le cours par ailleurs était très bon, l’empathie élèves-professeur aussi.

Et moi qui  me sens tellement faite pour ce métier, qui casse les élèves gentiment au point qu’ils m’ont demandé d’animer un club « réparties » ce jeudi, et qui leur donne aussi  ce que je suis et pas seulement ce que j’enseigne…Je dis que ce monde marche sur la tête.Et que les enfants ont davantage besoin de personnalités que de fonctions devant eux…

Je n’appartiens pas à ce monde.