Paroles d’élèves.

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Aujourd’hui:

-Dites, Madame, vous pouvez pas mettre sur mon bulletin « Problème de compréhension » plutôt que « bavard » ou « dissipé »?

-??!!!!!!

Quant à l’image, il faut croire qu’on réussit bien dans la vie avec des mensonges et de belles promesses .De ce fait, je me range aux côtés des dissipés ce samedi.

Un exposé sur la guerre de Troie ou comment des élèves de sixième vous remplacent.

Je ne crois pas avoir déjà vécu cela dans ma carrière…Trois petites de sixième ont présenté un exposé sur la guerre de Troie…Durée: une heure!

Il faut dire que les demoiselles avaient confectionné des livrets de 7 pages à l’attention de tous les élèves de la classe:

Proposé un diaporama dans lequel le temps de parole entre elles trois était parfaitement réparti:

 

qu’elles ont ensuite distribué un Quizz à l’ensemble de la classe, vérifiant en passant que leurs camarades le remplissaient bien…

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Puis sont retournées au PC pour corriger le Quizz avec eux

Pour enfin demander à ce qu ‘on les y soumettent elles-mêmes…

Du jamais vu. Je suis admirative et heureuse. Bravo Suzanne, Emma et Clara! Chapeau-bas!

 

Sortie scolaire(II): Les photos.

Quelques photos et vidéos de la sortie scolaire à la fondation Vuitton et à l’atelier des lumières d’hier.

Arrivée à la fondation Vuitton après trois heures de car et sous un beau soleil.

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La conférencière explique l’architecture de la fondation et retrace le passé du jardin d’acclimatation. (Les élèves apprennent au passage que s’il n’y a pas de pigeons sur le monument c’est que chaque semaine des buses sont lâchées pour les faire fuir!)

J’ai vraiment apprécié cette visite. Les élèves aussi.

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La conférencière les fait ensuite s’asseoir devant quelques œuvres de Basquiat et leur raconte la vie intense et brève de l’artiste.

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À mon grand regret, nous ne verrons les œuvres de Schiele que de loin…

Une pause déjeuner et quartier libre au jardin d’acclimatation avant de rejoindre l’Atelier des lumières.

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Arrivée l’après-midi à l’atelier des Lumières. Les élèves y passeront une heure trente.

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Les élèves étaient dans l’ensemble ravis de leur journée. Nous aurions alors 4h de trajet pour rentrer sur Rouen suite à un accrochage du car avec une ambulance et l’établissement d’un constat qui ferait dépasser les horaires de conduite de notre chauffeur, nous obligeant à en changer sur la route…Mais ça c’est une autre histoire…

 

Professeur braqué à Créteil : méritocratie républicaine, avis de décès…

C’est mon ami et collègue Pierrick qui m’a inspiré cet article et je reproduis ici l’intégralité de l’article Libération.

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Par Rodrigo Arenas, président de la FCPE de la Seine-Saint-Denis Hélène Rouch, présidente de l’IUT de Toulouse 3 et Edouard Gaudot, essayiste — 

L’affaire du lycéen qui a braqué une arme factice sur son enseignante à Créteil révèle le mélange de déni de réalité du ministre de l’Intérieur et la pauvreté des réponses apportées de la part des autorités depuis plusieurs décennies.

A l’occasion d’un fait divers à la fois grotesque et choquant, notre gouvernement disruptif semble découvrir la violence larvée qui gangrène l’école, lieu essentiel où se file le tissu de la société française. Une violence quotidienne, entre élèves, avec les enseignants, avec les parents, avec les administrations. Une violence tellement banalisée que les réactions gouvernementales sonnent faux, surjouées et médiatiques. Comme pour rassurer les honnêtes gens que tout va bien et que ces dérapages resteront exceptionnels.

En fin de compte le plus effrayant dans cette menace juvénile et maladroite sur une enseignante, c’est peut-être le mélange entre le déni de réalité d’un ministre de l’Intérieur qui fait diversion par un amalgame abusif avec la grande délinquance et la pauvreté des réponses apportées de la part des autorités drapées dans leur impuissance, dans la continuité des actions superficielles et mal calibrées qui caractérisent les politiques urbaines et éducatives depuis plusieurs décennies.

Ne voient-ils pas que malgré son essoufflement au bout de quelques semaines, l’incendie qui a embrasé nos villes et justifié l’état d’urgence en 2005 n’a jamais été vraiment éteint ? Ne voient-ils pas que chaque jour un peu plus, l’école de la République s’enfonce dans la triste résignation à faillir à sa mission d’émancipation universelle ? Sont-ils conscients des difficultés persistantes pour des pans entiers de nos populations laissées pour compte de la promesse républicaine d’égalité et de fraternité ? Au-delà des agrégats statistiques dont les administrations raffolent, ont-ils lu les analyses de terrain, ou encore en particulier cette accablante étude récente du Cnesco sur plus de 900 collèges d’Ile-de-France qui se résume en une question lourde de sens : «L’Education nationale donne-t-elle vraiment plus aux moins défavorisés ?»

Comme on ne peut imaginer qu’ils fussent aussi naïfs et mal renseignés sur l’état de notre école et de la décomposition du lien social et des solidarités dans ce pays, il faut les considérer avec la sévérité qui s’impose lorsqu’on est confronté au cynisme des irresponsables. Le cynisme désespérant d’une société qui accueille 260 000 millionnaires de plus cette année, mais voit la pauvreté progresser dans le même temps. Si encore l’école républicaine pouvait prétendre être l’instrument efficace de ce nouveau Guizot à l’Elysée qui considère qu’il suffit de traverser la rue pour emprunter la voie vertueuse de l’enrichissement… Mais même la promesse de méritocratie bourgeoise où les fils et filles de rien pouvaient devenir médecins, avocates ou ingénieurs pourvu qu’ils étudient bien est devenue une légende urbaine.

Car la réalité c’est que la France n’a jamais créé autant de richesses. Même faible, la croissance est là : le PIB a plus que doublé depuis 1974, soit plus de 100 % de croissance. Dans la même période, la pauvreté n’a reculé que très marginalement. La réalité c’est que le travail ne paie pas. Et le chômage est devenu massif et structurel. Autant parce que la machine n’a plus besoin du plein-emploi pour tourner que parce que la redistribution a changé de sens : entre 1980 et 2007 la progression annuelle du salaire moyen est inférieure à 1 % (0,82 %) mais pour les 0,01 % les mieux payés, c’est + 340 %.

Alors, investir dans l’école ? Mais pour quoi faire ? Les pauvres c’est pas bankable, glamour, disruptif. En revanche l’échec scolaire, ça eut payé. C’est de la main d’œuvre bon marché pour les chaines de restauration rapide ou de télémarketing, pour conduire ceux qui ont quelque part où aller, pour livrer les repas de ceux dont la vie sociale et professionnelle est déjà trépidante, pour fournir les bataillons de serviteurs des nouveaux rentiers 2.0 de la start-up nation.

Et puis l’échec scolaire c’est distrayant quand on mesure au détour d’une émission de téléréalité angélique la vertigineuse inculture de pantins sexy mâles et femelles, filmés dans l’étalement impudique de leur candide bêtise pour le divertissement des masses scolaires.

Pourquoi investir dans l’éducation ? La reproduction sociale garantit la continuité des élites de la nation. Maintenir chacun à sa place, c’est la clé de l’ordre social et de la tranquillité des classes dominantes. Il faut donc une forme de persuasion douce pour convaincre chaque individu qu’il est bien à la place qu’il mérite.

Bienvenue dans la société algorithmique ! Une société dans laquelle les choix d’aujourd’hui sont conditionnés par les choix du passé. Comme la publicité ciblée qui envahit vos écrans à chaque nouvelle page internet, la société algorithmique considère que vous êtes déterminés par votre historique de navigation. C’est la société des déterminismes sociaux et culturels ancrés dans les territoires.

De la maternelle à Parcoursup, le message du gouvernement, c’est «reste à ta place, parce tu le vaux bien».

 

S’interroger sur son identité en classe de troisième…Mon double et moi.

Après l’étude de ce texte de Jean Tardieu , les élèves étaient invités à écrire leur autoportrait avec double…

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Deux excellentes copies: (Bravo Kimi et Coline!)…Une ou deux erreurs d’accord traînent encore…

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Les élèves profiteront des vacances prochaines pour réaliser leur portrait « déformé » avec un logiciel photo …

Atelier Poésie. (Suite)

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Aujourd’hui, certains des élèves ont travaillé sur La mort, l’amour, la vie de Paul Eluard. Le travail avait déjà été amorcé la semaine dernière et les deux premiers poèmes figurent ici.

 

La mort, l’amour, la vie

 

J’ai cru pouvoir briser la profondeur l’immensité

Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho

Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges

Comme un mort raisonnable qui a su mourir

Un mort non couronné sinon de son néant

Je me suis étendu sur les vagues absurdes

Du poison absorbé par amour de la cendre

La solitude m’a semblé plus vive que le sang

Je voulais désunir la vie

Je voulais partager la mort avec la mort

Rendre mon cœur au vide et le vide à la vie

Tout effacer qu’il n’y ait rien ni vire ni buée

Ni rien devant ni rien derrière rien entier

J’avais éliminé le glaçon des mains jointes

J’avais éliminé l’hivernale ossature

Du vœu de vivre qui s’annule

*

Tu es venue le feu s’est alors ranimé

L’ombre a cédé le froid d’en bas s’est étoilé

Et la terre s’est recouverte

De ta chair claire et je me suis senti léger

Tu es venue la solitude était vaincue

J’avais un guide sur la terre je savais

Me diriger je me savais démesuré

J’avançais je gagnais de l’espace et du temps

J’allais vers toi j’allais sans fin vers la lumière

La vie avait un corps l’espoir tendait sa voile

Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit

Promettait à l’aurore des regards confiants

Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard

Ta bouche était mouillée des premières rosées

Le repos ébloui remplaçait la fatigue

Et j’adorais l’amour comme à mes premiers jours.
*

Les champs sont labourés les usines rayonnent

Et le blé fait son nid dans une houle énorme

La moisson la vendange ont des témoins sans nombre

Rien n’est simple ni singulier

La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit

La forêt donne aux arbres la sécurité

Et les murs des maisons ont une peau commune

Et les routes toujours se croisent.

Les hommes sont faits pour s’entendre

Pour se comprendre pour s’aimer

Ont des enfants qui deviendront pères des hommes

Ont des enfants sans feu ni lieu

Qui réinventeront les hommes

Et la nature et leur patrie

Celle de tous les hommes

Celle de tous les temps

 

Le Phénix 

Editions Seghers, 1951

 

Kimi, élève de troisième nous en offre une version longue!:

 

J’ai cru pouvoir m’envoler au loin

Des mauvais esprits, pourtant mes amis.

Je me suis perdue dans cet univers qu’est mon imagination

Comme la colombe enfermée s’acharnant à s’échapper

Une illusion non dissuadée du fait de son oubli

Je me suis étendue sur les vagues absurdes

Du monde absorbé par le vide des lueurs

La solitude me semble la pire échappatoire, ma meilleure amie

Je voulais unir nos ressemblances

Je voulais partager mes défauts avec les tiens

Rendre espoir à l’obscurité et l’obscurité à la lumière

Tout effacer qu’il n’y ait plus ni mal ni blessures

Ni néant là ni néant ailleurs

J’avais gommé le désarroi des sourires

J’avais éliminé les larmes de ce douloureux souvenir

Du vœu de vivre qui en est ressorti

.

Tu es venu mon cœur s’est embrasé

L’ombre a cédé, la lumière s’en est retournée

Et la terre s’est libérée

De tes paroles je me suis abreuvée

Tu es venue la tristesse était vaincue

J’avais une étoile un ange gardien sur terre je savais

Me retourner je me savais avancer

À chaque pas je gagnais plus de bonheur

J’allais dans tes bras j’allais sans fin vers toi

L’amour me faisait gage de son cupidon

Morphée me faisait rêver

me faisait espérer une aurore divine

Ses rayons emportant mon cœur

La bouche mouillée de la tristesse du monde

Le calme s’était uni à la paix

Et je restais fidèle à l’amour de puis ce jour

 

La terre humide l’océan si posé

Et la campagne a son soleil inchangé

La moisson et ses récoltes offriront leurs doux épis

Offrande du naturel quotidien

La mer fait chavirer tout navire incertain

Et la forêt donne aux arbres un foyer

J’accueille la nature en mon cœur

Se peut-il qu’il y ait un bonheur?

Les hommes sont faits pour vivre en harmonie

Pour comprendre pour apprendre pour s’aimer

 

 

Je me suis endormie

près du fleuve

sur les vagues absurdes


d’un mariage d’eau et de feu.

 

Clara F, 5ème.

 

 

Les sentiments se confondent dans mon âme

le soleil a depuis longtemps asséché mes pensées.

Je me suis étendu sur les vagues absurdes

qui m’emportent à jamais

loin d’un monde rude.

 

Clara G, 5ème.

 

 

Je me suis étendu sur les vagues absurdes

Tu es venue le feu s’est alors réanimé

J’avais un guide sur la terre

Je savais que sur la seule pointe d’une herbe

Quelques odeurs semblaient veiller.

 

Enzo, 6ème.

 

 

Sur un sentier gris sans vie

Le soleil se couche envahi

Par les fantômes brumeux de mon esprit;

Je suis étendu sur les vagues absurdes

maintenant

De la lune qui fait son lit

Dans des draps rouge sang.

 

Alice, 6ème.

 

 

Je me suis étendue sur les vagues absurdes

d’un paysage farouche

se déroulant à ma bouche

comme de la soie effilochée.

ô le fatalisme permanent

et rude

et comme est déroutant

l’engrenage de la vie entêtée

qui veut que l’on avance en reculant!

 

Domitille , 3ème.

 

À bientôt avec  ce poème de Paul Eluard: (en bleu le vers des plus jeunes, en rouge celui des plus grands.)

 

Souvenir Affectueux.

 

II y eut un grand rire triste

La pendule s’arrêta

Une bête fauve sauvait ses petits.

Rires opaques dans des cadres d’agonie

Autant de nudités tournant en dérision
Leur pâleur

Tournant en dérision

Les yeux vertueux du phare des naufrages.

 

 

 

 


 

 

 

Offrir un ticket de cantine est interdit!…(Je n’appartiens pas à ce monde V…)

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C’est ce que j’ai appris la semaine dernière…Sous peine de voir intervenir la cour des comptes dans la gestion des établissements scolaires et rendre nos gestionnaires encore plus anxieux (anxieuses) qu’ils (qu’elles) ne le sont…Donc Attention, si un collègue vous demande de lui prêter un ticket de cantine car il n’a pas pensé à en acheter surtout bâillonnez-le et assurez-vous qu’il n’y a pas de témoins de la scène car c’est très dangereux et tout à fait hors- la- loi ! Car gros malin, il n’a pas pensé qu’une personne ne peut décemment pas déjeuner deux fois le même jour et que ce ou cette pauvre gestionnaire y risque son poste! Et quand vous recevez des intervenants en projets éducatifs surtout prévenez-les au préalable qu’on N’ INVITE PAS! Non mais alors…D’ailleurs s’ils pouvaient venir avec un stock de punaises pour accrocher les futurs travaux  d’élèves (ah non pas les punaises c’est vrai, c’est maintenant interdit…) mais de patafix, cela serait sympa et compléterait les deux boulettes qu’on vous a solennellement déposées au creux de la main!

Je n’appartiens pas à ce monde….

 

Les parodies du monologue de Don Diegue en 4ème.

Quelques copies d’élèves…

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Par Esteban:

Ô rage! Ô désespoir! Ô travail ennemi!

N’ai-je donc tant vécu que pour gagner ma vie

Et ne suis-je aigri dans les travaux scolaires

Que pour voir en un jour éclater tant de colère?

Mon travail qu’avec respect toute la classe admire

Mon travail tant de fois signé Esteban Lemire

Tant de fois pourtant  me fit perdre espoir

trahi par les professeurs et leurs âmes noires?

Ô cruel souvenir de mes exposés ratés!

Contrôles inutiles  à jamais enragés!

Nouvelle année fatale à mon bonheur

Précipice élevé d’où tombe ma candeur!

Faut-il de mon état voir triompher les soucis

Et mourir sans travail ou vivre puni?

 

Par Léïa:

 

Ô rage, Ô désespoir, Ô choux de Bruxelles ennemis!

N’ai-je donc tant vécu que pour cette tromperie

Et ne me suis blanchie dans les travaux jardiniers

Que pour voir en un jour mûrir ces billes sur leurs pieds?

Mon bras qu’avec respect tout le voisinage admire

Mon bras qui tant de fois du potager a fait un empire

Trahit donc mes dégoûts jusqu’à me faire vomir?

Ô cruel légume de mon jardin affublé!

Récoltes de tant de jours en un jour périmées!

Nouvel aliment fatal à mon estomac

Haute pousse d’où je tombe bien bas!

Faut-il par votre odeur voir plisser mon nez

Et mourir sur l’heure ou vivre empoisonné?

 

Par Titouan...

Parodie du monologue de Don Diegue