L’EPOQUE 2021 /3: ECHO DE GESTE EN GESTE

Voici le numéro trois de la nouvelle EPOQUE 2021 en collaboration avec le peintre Niala : ECHO DE GESTE EN GESTE. . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’Epoque 2021/3 – « Echo de geste en geste »- Niala – Acrylique s/toile 61×50

 

Comme moi tu as vu l’absence de l’homme en ce matin

tombé dans la fulgurance de ses marécages et avec elle

combien d’oiseaux en cage absents du caillou ponctuel

qu’on roule depuis les toits

les fenêtres blessées à bleu ont levé tant de lampes de douceur

jusqu’à l’état de lumière

parente sans ombre si tu es là pour contredire

si tu es celle qui tremble à chacun des rayons de la roue

quand haut et bas vont ensemble en plein coeur

reste aujourd’hui comme hier fraîcheur 

de fruits et de cerfeuil dans l’arrière-cour

et l’ofrandre s’en tiendra à l’écho

de geste en geste

Barbara Auzou.

La recension de L’Époque 2018 par Claude Luezior sur le site Recours au poème.

La recension de l’Époque 2018 par Claude luezior vient de paraître sur le site Recours au poème animé par mesdames Marilyne Bertoncini et Carole Mesrobian.

Merci à lui, merci à elles.

L’intégralité de la recension se trouve ici:

L’EPOQUE 2021 /1 : Une île au ponant

Voici le tout premier de la nouvelle EPOQUE 2021 en collaboration avec le peintre Niala : Une île au ponant . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2021/1″Une île au ponant »
Niala
Acrylique s/toile 60×60
 


Faudra t-il que le jour se résigne

sur ses lambeaux de clartés

ombilical l’air ose à peine trembler

sans nous laisser ses escales de loisir

la liberté louée pour les graines d’un champ

l’effort de l’oxygène dans le sang pour le plaisir

nous le savons il n’y a pas de clémence

le noir chafouin descend dans sa nuit

il faut faire naître en silence l’enfant qui le précède

conduis-moi loin du coeur mauve des gloires

loin du ventre des vasières qui soupire

que cède l’épreuve de la vie devant la preuve du poème

ses cris brefs et roses de nouveau-né

qui ouvre ses oreilles dans la fureur

avant de saisir inexprimé le bonheur

des choses et des lendemains de soleil

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/51 : DU BLEU RETOUR

Après les Époques 2018 et 2019, voici le cinquante et unième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : DU BLEU RETOUR  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/51″Du Bleu Retour »
Niala
Acrylique s/toile 55×46

 

bleu non-essentiel disaient-ils

ceux qui s’occupaient à noircir l’aurore

et bien le bonjour selon la coutume

j’ai mal à nos yeux 

décembre emplit le ciel de ses lianes d’indifférence

de larmes d’onglées et d’infortune

en attendant d’être au complet sur un sursaut de lune

dis-moi l’amble de l’amour encore

et le cycle renouvelé du cheval

dis-moi qu’il recommence joyeux indéfiniment

et qu’à chaque pas poussé plus avant

il devient simplement notre démarche

le fossé à franchir en plein coeur de la vie

l’écurie humaine nettoyée de son propre scandale

la laine pour la robe de celui qui la rêve

dans sa maison qu’il arrache à un coin tricoté d’éternel

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/ 50: AUTOMNALE V

Après les Époques 2018 et 2019, voici le cinquantième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : Automnale V  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/50″Automnale 5″
Niala
Acrylique s/toile 60×60

 

 Ce monde que nous vivons

ce monde où toute forme refuse sa création

avec le cri aux yeux et la fourrure sur rien

dis-moi à quelle distance s’en enfuir par quel chemin 

troussé d’une grosse conscience ronde

au moins un fou sait cela qu’il n’est plus rien

que la couleur qui fleurit un matin

comme un passeport qui n’a de nom humain

que ce qui se casse les doigts à chaque jointure

et à chaque page d’oiseau j’entends

bruire un corps de mémoire d’automnes mâtinés

de veilles de sang de fruits incandescents

mémoire encore de l’amour qui attend

à genoux sa voix d’agrumes contre la quille

refuser ce qui brille pour le seul bruit mat

d’un fruit qui tombe enfermé encore dans sa coquille

avant de libérer son tout

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020 /49: LE LATENT LEVÉ

L’EPOQUE 2020/ 49: LE LATENT LEVÉ / Niala / acrylique s/toile 73×60

 

Rien ne me fera blesser

Cette vie qui dépasse partout la pensée

Et ta main preste comme une leçon de choses

Est un feu fascinant qu secoue son vertige

Au-dessus de ses prairies natales

Des chênes bronzés braconnent

Ce peu de saison attardée

Pour dresser sur sa tige un dernier bouquet d’oriflammes

La terre fidèle à sa vocation allège la nuit de sa course

Roux est l’attelage du songe et de la femme

Il tend au matin ses fruits tendres où vont les bouches gourmandes

Et dans la taupe automnale du sang

Le printemps s’enfonce très loin

Et pour longtemps

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020 /48 :LE MARIN-JARDINIER

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-huitième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : LE MARIN-JARDINIER  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/48 « LE MARIN-JARDINIER » Niala Acrylique s/toile 61×50

 

Il n’y aura plus de temps

Je ceins les hanches de la plus haute clairvoyance

Et les printemps tournent leurs rires autour des salières

Celui qui nage tient l’étendue toute entière

Embrassée et va passeur de pollens et de lumières

Dans les blés mûrissants lever des aigrettes de clarté

Toi qui toujours me demandais si nous étions encore loin de la mer

Tu vas vers ton secret entre la force et le flot

Tu n’as pour seule pensée que le bruit de l’eau

Ton audace est une fleur insoumise et sans calcul

Qui manie sa pale jusqu’à l’élégance empennée du corail

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020 / AUTOMNALE 4

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-septième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : AUTOMNALE 4  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/47″Automnale 4
Niala
Acrylique s/toile 50×50

 

Je te couronne d’un arbre allumé au mitan de ton destin

Et tes pensées crêtées de roux ont des flambeaux pour parfum

De tête des feux incandescents pour  chemins

Ressuscitant de lui-même le caramel de l’instant fond

Dans un heurt de lumière bouclée derrière tes fenêtres

Ta présence têtue sur toutes les brèches n’a pas de fin

Tu désarmes le cuivre des saisons

 Tu pousses les globes des moissons

Terrestres dans une scandaleuse discrétion

Qui n’a d’égale que la brûlure

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/46: AUTOMNALE 3

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-sixième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : AUTOMNALE 3  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/46″Atomnale 3″
Niala
Acrylique s/toile 20×20

 

Un enfant erre dans son sourire

Comme on ordonne un univers

Insensé et c’est l’appel d’un fauve qui voudrait

Mordre à pleines dents l’orange frisson

Laissé par un sillage de lumière

C’est l’espoir retrouvé qui s’élance dans ses ors

Pour bercer l’automne de ce qui demeure inconsolable

Les mots prennent un goût de feux de grange

 La couleur recommencée encore dans un ciel instable

Se souvient que c’est elle qui brûle les éclisses du cœur

Et tangente l’enclos

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/45: AUTOMNALE 2

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-cinquième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : AUTOMNALE 2  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/45″Automnale 2″ Niala Acrylique s/toile 73×60

 

Ce n’est qu’ainsi

Abandonnant parfois le mouvement

Que la pensée debout sur ses eaux palpe le monde

Et avec elle la joie folle d’avoir une ombre

De la voir tourner encore sur l’axe d’un Mai intérieur

Qui va où l’ouvert le porte

Le tout de la branche a passé entre mes doigts

C’est un arbre tombé d’un fruit orange

L’arrêt d’une fleur éclose

Sur la muette origine de la parole

A des mémoires de chaux

Des désirs de bouquets

Qu’une seule main émonde

Qu’un seul baiser transporte

Dans un drap étiré où respirent ensemble

Le dedans et le dehors

 

Barbara Auzou.