L’EPOQUE 2019/38 – « LES JARDINS INTÉRIEURS I »

Voici « LES JARDINS INTERIEURS I » le trente-huitième de cette nouvelle Epoque 2019 avec le peintre Niala.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires et vos like. (La parution de L’Epoque 2018 est en cours aux Editions Traversées. Prévision : fin novembre.)

les jardins interieurs 1

L’EPOQUE 2019/38

« LES JARDINS INTERIEURS 1 »
Niala
Acrylique s/toile 61×46

C’est une approbation très légère

Une indéfectible liaison

Une membrane douce et singulière

Qui fait de nous les permanents

D’un patio très gai s’ouvrant

Aux trilles des oiseaux

Et à l’usage raisonné des saisons

Les cieux y tournent de concert

Comme sur un noyau de flottaison

Cherchant le sel de la récompense

L’eau sans terme à la fente des paupières

Devant les fenêtres grimpent les feuilles

Arrivées avec l’été et un vin sans pareil

À fouetter nos tempes jusqu’au sang

Sur les longues tables du temps

 

Plus rien n’est à craindre

Au seuil dort la louve dans l’œil

Du grand chien qui sourit à tout ce qui veut poindre

En mâchant très doucement nos graminées

 

 

Barbara Auzou

L’EPOQUE 2019/37 – « LA RACINE DES PIERRES »

Voici « LA RACINE DES PIERRES » le trente-septième de cette nouvelle Epoque 2019 avec le peintre Niala.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires et vos like. (La parution de L’Epoque 2018 est en cours aux Editions Traversées. Prévision : fin novembre.)

La racine des pierres

L’EPOQUE 2019/37

« LA RACINE DES PIERRES »
NIALA
Acrylique s/toile 61×50

Je t’aime comme on habite une maison

Bâtie sur le recul du sens

Avec les muscles avec les tendons

Et ce regard meublé au bois du silence

Qui s’invite dans la pensée nouée de l’intervalle

 

Je ne t’aime pas contre le monde

-On n’aime jamais contre le monde

 C’est dans son autre lenteur que je t’installe

à l’étoffe d’une émotion qui met le sein sur le coeur

Et la douceur dans les frondaisons

Qui te devinent

Et qui te touchent

 

Nous avons assez de soleil dans le sang

Pour assurer la course des racines

Caresser la peau des yeux à l’angle

De la complémentarité

Et puis le duvet des saisons

Allons graver l’instant dans la pierre

Et la pierre dans le temps

Que cette immédiate éternité à nos bouches

Idéales

Abattent les cloisons 

et l’excuse de l’érosion

 

 

 

Barbara Auzou

L’EPOQUE 2019/36 – « Rose Campagne »

Voici « Rose Campagne » le trente-sixième de cette nouvelle Epoque 2019 avec le peintre Niala.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires et vos like. (La parution de L’Epoque 2018 est en cours aux Editions Traversées. Prévision : fin novembre.)

rose campagne

L’EPOQUE 2019/36 – « ROSE CAMPAGNE »

Niala
Acrylique s/toile 46×38

 

À la fenêtre d’un seul désir

Nous avons roulé notre rosée d’ennui

Dans le répit d’une intimité

Accrue

Et je suis devenue rose

Fendue d’un brun particulier

À ta bouche le seul sourire

Sur lequel le printemps encore délibère

A pris la courbe de l’ébloui

Qu’élide toujours l’ordinaire

On a porté un air de congé sur les choses

Avec ce qu’il faut désormais de ciel

et de soleils lancés à sa poursuite

Pour que le pétale s’invite

Sous nos mains confirmant

L’espace

Et puis l’amour

 

 

 

Barbara Auzou

L’EPOQUE 2019/35 – « Le Miroir Avance »

Voici « Le Miroir Avance » le trente-cinquième de cette nouvelle Epoque 2019 avec le peintre Niala.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires et vos like.

le miroir avance

 

L’ÉPOQUE 2019/35

« LE MIROIR AVANCE »
NIALA
Acrylique sur toile 70×70

 

Quand le soir patiente sur le seuil

Couché fidèlement comme un grand chien

Et que le pouls de la nuit s’effeuille

Dans la couleur extrême du cheveu

Nul ne voit les enfants tremblants

Qui contemplent dans leurs yeux

Précis l’édifice en feu et la permanence du féminin

En toute chose

Ils montent et partagent en secret avec l’espoir délinquant

Chaque rose

Et ils écartent l’obscur du bout de leurs doigts blancs

Blessés blessants touchants touchés soutenant

L’épreuve terrible et douce de la beauté

Ils prodiguent leurs soins à la liane brûlée des hanches

Écument la lave qui emplit les bassins

Et quand vient le matin qui penche sur ses promesses vermeilles

Que le sein dans son miroir avancé

A effectué sa chute superbe hors du temps

Ils allaitent doucement la fauvette de pain blanc

Sous d’insensés silos de soleils

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2019/34 – « TRANSE-MIGRATION II »

Voici « TRANSE-MIGRATION II » le trente-quatrième de cette nouvelle Epoque 2019 avec le peintre Niala.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires.

transe migration 34 la bonne

 

Acrylique s/toile 114 x 81
L’Epoque 2019/ Niala

 

 

Des toits non-négligeables de l’éveil

S’est envolé le désir d’un espace fou

Où bâtir un lieu de haute sensibilité

Et l’amour émigré de contrées en contrées

S’est établi au soleil d’une terrasse blanche

Aussi réelle que le rêve qu’on en fit

 

Ce serait désormais et pour toujours notre sourire désarmé

Aux femmes aux hommes et aux étoiles que ce défi

Qui inventa de nos visages la cohérence

Dans les déclinaisons solaires de l’étreinte

 

Vois sur ce chemin secret qu’il emprunte

L’être collectif lui-même s’est mis à vibrer de joies toutes neuves

Chantant sous l’or sincère de nos vastes prairies

Garde cette main petite et familière qui serre la tienne

C’est une coupe posée hors du temps

Sur une terre d’évidence et sans preuve

Que l’ombre à jamais ignore

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2019/33 – « TRANSE-MIGRATION I »

Voici « TRANSE-MIGRATION I » le trente-troisième de cette nouvelle Epoque 2019 avec le peintre Niala.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires.

transe migration

L’EPOQUE 2019/ 33

TRANSE-MIGRATION I

Acrylique s/toile

116×81

NIALA

 

 

Au bout de notre peine escarpée

Aurions-nous un seul instant pensé

Trouver une maison qui nous dise oui aussi passionnément

Qui épouse à la fois l’écriture du vent

Et copie la tendre calligraphie des oiseaux?

D’où venions-nous avec notre esprit ardent

Et l’impulsion de la vérité qu’on portait à même le dos

Pour que notre silence habité

Cause à ce point l’étonnement

Et que la charge espiègle de notre sang

Tout entière se répande dans les vignes?

Dans les feuilles le réseau de nos nerfs comme une insigne

Ploie de longues arcades qui font les printemps

Dans le regard clair des enfants

À qui nous parlons par habitude la douce langue maternelle

Gonflée au buste d’un suc abondant

La gitane de nos matins aux bracelets énergiques

Leur souffle en secret quelque chiffre magique

Menant au sanctuaire d’une vaste quiétude

Initiée et vierge comme une marelle

 

 

Barbara Auzou

L’EPOQUE 2019/32 – « SANGLOTER D’EXTASE LES JETS D’ EAUX »

Voici « SANGLOTER D’EXTASE LES JETS D’EAUX » le trente-deuxième de cette nouvelle Epoque 2019 avec le peintre Niala.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires.

P1050882

L’Epoque 2019/ Niala

Acrylique s/ toile

116×81

 

 

Ce fut dur ce fut doux

Sur nos genoux brisés d’aiguiser

Nos refus au caillou

Et à la chaux de notre maison blanche

Rouler dans leurs nerfs

Les questions excédées

qu’on ne se poserait plus guère

Des armoires lourdes libérer

Notre nudité légère avec toute l’eau de ses habitudes

Et de l’être-là dont les choses seules jusqu’ici avaient le privilège

Nous épouserions la similitude franche

Et fêterions sans fanfare à l’épaule nue

Le retour en arpèges de l’unité perdue

 

Combien faut-il d’amours rudes

Et que faut-il qu’on s’impose

Pour égaler en puissance

La simple beauté des choses

Pour initier l’enfant du silence

à la subtilité de tous les échos

Celui de ma tremblante chambre d’écriture

dont tu soupèses le fruit immédiat

au bout de sa branche ivre

Cet autre encore où je bois trempée

de tous tes ciels la couleur rose de tous tes bleus

 

Regarde son sourire d’aurore nous éclabousser le cœur et les yeux

Regarde avec l’humilité de celui qui sait et qui ose

sangloter d’extase les jets d’eaux* dans la fleur primitive

 

 

Barbara Auzou

*  Paul Verlaine, Clair de Lune.

 

L’EPOQUE 2019/31 – « LA CLAVICULE DE SALOMON »

Voici « LA CLAVICULE DE SALOMON » le trente-et unième de cette nouvelle Epoque 2019 avec le peintre Niala.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires.

P1050879

L’EPOQUE 32 /  LA CLAVICULE DE SALOMON
Acrylique s/toile 46×38

Entre tes lèvres et les miennes

il y avait des villes de bois fouettées d’intempéries

et les arcanes anciennes de primitives cosmogonies

Il est vrai que tu avais aussi

des seins à raconter les nuances du monde

et à redresser tous les sables altérés de nos erreurs

autour des vents et des années

et il me fut facile de devenir le maître de cérémonie

de leur magie évocatoire et de leur ronde tribale

J’ai mâché ta chair vertement résolu à mettre mon âme à l’abri

vertement résolu à inscrire mon histoire au ciel primaire d’un vivre nu

J’ai fêté le retour du symbole à ton épaule tendue comme une clef

et j’ai conçu cette idée un peu folle de peindre à tout jamais

la pureté solaire de ta nuit animale

 

 

 

Barbara Auzou

L’EPOQUE 2019/30 – « POUR LUMIERE SEULE, MON AMOUR »

Voici « POUR LUMIERE SEULE, MON AMOUR » le trentième de cette nouvelle Epoque 2019 avec le peintre Niala.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires.

P1050877

                              L’EPOQUE 2019/ 30   POUR LUMIERE SEULE,MON AMOUR

Acrylique s/toile 55×46
Niala

 

Pour lumière seule

Mon amour nous aurons un clocher

Pour aller avec le coq bellâtre qui règne sur le poulailler

Et au-dessus de l’âtre un certificat attestant du tendre gravé

À la fleur de crête du bougainvillier

 

Nous aurons des étés précoces et des opéras à volonté

Des journées qui lèvent les fruits

Et de nos pouls féroces

Nous ferons des bouquets

Qui tremblent dans les hautes herbes du ciel

 

Nous aurons cette part d’éternel à tous refusée

Et de l’eau qui coule

Pour nous consoler de la poussière

 

Pour seule lumière

Mon amour nous aurons notre peau retroussée

Sous les pins maritimes

Et nos veines emprunteront un chemin intime

De sel et de certitude

Consommés entre le thym et le laurier

 

Dans le soir apaisé de nos sueurs

Nous épinglerons en riant les papillons ajournés de nos peurs

Qui tremblants toujours nous indiquèrent le sud

Sans jamais se tromper

 

  

Barbara Auzou.