Lieven Callant, Initiale, Préface de Xavier Bordes, Editions Traversées.

Une note de lecture ( je n’ai guère l’habitude de ce genre d’exercice…) du très beau recueil de Lieven Callant, Initiale, dont je recommande chaudement la lecture…

Traversées, revue littéraire

Une lecture de Barbara Auzou

Lieven Callant, Initiale, Préface de Xavier Bordes, Editions Traversées.


Dans ce recueil Initiale, chaque poème est une respiration qui se tente, qui s’essaie, qui s’apprivoise, une zone fauve toujours entre « intérieur » et « extérieur ».

L’auteure en témoigne dans son introduction:

« à l’intérieur de moi parfois tout s’éteint, les vaisseaux s’égarent, les ruisseaux tournent sur eux-mêmes et combattent les rivières »

« à l’extérieur de moi, on ne voit rien de tout cela, des jeux de la lumière avec l’ombre »

La poésie semble alors un cheminement essentiel mais le poème a ses limites, celles de l’Ego sum:

« Mais que fait ce je parmi tous les mots

Le poème n’est pas un cœur et encore moins un rocher qui bat

Jusque dans chacune de ses rides

Jusqu’aux rives d’une âme

Le pronom est trop lourd »

Et le je reste souvent dans son «vestibule»:

« Je serais dans cette bulle qu’on appelle…

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Barbara AUZOU, MAIS LA DANSE DU PAYSAGE, Poèmes, Préface de Claude LUEZIOR, 5 Sens édition-2021 / Une recension de Jeanne Champel-Grenier…

Un grand merci à Jeanne Champel -Grenier…Et à Traversées…

Traversées, revue littéraire

Une chronique de Jeanne Champel Grenier

Barbara AUZOU, MAIS LA DANSE DU PAYSAGE, Poèmes, Préface de Claude LUEZIOR, 5 Sens édition-2021.


« …Mais la danse du paysage… » Ce vivant mot de passe transmis par Blaise Cendras, l’éternel voyageur, nous prépare à un changement de rythme plus qu’à de belles descriptions des pays traversés. Il s’agit bien de voyages mais de voyages vécus et rapportés sur un autre ton :  »le paysage ne m’intéresse plus, mais la danse » nous dit Cendras qui voit défiler les pays. 

                     Claude Luezior, pertinent préfacier de ce livre, note aussitôt ce point original : il s’agit pour l’auteur de :

« Prendre et reprendre les lignes qui ondulent et fuient vers les frissons »

                    Barbara Auzou paraît si naturellement prédisposée au bonheur de la découverte qu’elle semble vérifier d’emblée la parole de Claude Estéban fustigeant les poètes qui se nourrissent de noirceur, en ces mots : « Quelqu’un qui crie que tout est…

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‘Le temps perdu’

Bonheur pur….
Merci Lelius

De braises et d'ombre...

J’aimerais assez cette critique de la poésie : la poésie est inutile comme la pluie.

René-Guy Cadou – Usage interne (1951)

Le temps perdu

Si tu traverses les forêts de mon visage
Et les ronds-points de ma poitrine après minuit
Si tu es pris d’un grand courage
Et t’égares dans mes pays
Au bercement des oies sauvages
N’espère plus trouver ce qui t’avait conquis

Tous ceux que j’abritais tendrement sous mes lèvres
Et qui me répondaient lorsque j’avais trop faim
Les boisseaux de soleil qui coulaient de mes mains
Les vents alcoolisés qui me donnaient la fièvre

Tous les arbres venus s’appuyer à mon cou
Et les rouges cerviers du soir dans mes genoux
L’odeur de mes vingt ans emportés par les lièvres
Tout cela n’était rien puisque je vis encore

Il fallait me jeter sur le plancher du bord
Dépouillé de mes biens terrestres de mes armes
Peut-être aurais-je…

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