Keloù de Breizh: Mardi matin

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Les mots d’amour ont laissé des traces de doigts

sur le cuivre des casseroles

et sur mon épaule lustrée s’érige le droit

chandelier de ce qu’un seul jour peut comporter

d’émoi

Gorgés de nuits les épis mouillés au matin

sollicitent la parole

Je me tais Le monde pèse son poids d’étain

J’ai une fierté simple qui me vient

des bêtes et le travail se poursuit au crachin

de l’enclos

 

Barbara Auzou.

Qu’est-ce que lire de la poésie ?

Je vous reblogue à mon tour, Gabriel…

Littérature portes ouvertes

Je viens de trouver sur le blog « Lire, dit-elle », cette intéressante citation d’Yves Bonnefoy qui fera l’objet de ma réflexion du jour : «Le lecteur de la poésie n’analyse pas, il fait le serment de l’auteur, son proche, de demeurer dans l’intense.» Un tel propos nous amène à nous demander ce qu’est réellement le fait de lire de la poésie.


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Voleur de tomates ( poème pour mon chien)

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Ô je sais ce n’était pas bien malin

Normand de Forges-Les-Eaux

De t’avoir offert en cadeau

Ce nom de dictateur Égyptien

Farouk-Le-Chien

Mais dis-moi dans quelle sourate

Il est écrit que tu peux manger mes tomates?

Alors qu’il y a des montagnes de viandes

Au marché des oiseaux?

Pourquoi provoquer la colère de tes sujets meurtris?

Alexandrie n’est pas ici et seules les lumières de ton palais

Restent allumées

Je te le dis

Mon monarque

Déchu barbichu et en-médaillé:

 

Pour toi la barbaque

Pour moi les fruits frais!

 

 

Barbara Auzou

 

 

« Je vais t’exploser » : un éducateur d’un foyer pour handicapés accusé de maltraitance

Plusieurs mères de famille ont porté plainte pour violences contre un foyer pour handicapés en Seine-Saint-Denis. Après une inspection de l’Agence régionale de santé, ce dernier a été mis sous administration provisoire.

Monique se doutait depuis quelques semaines déjà que quelque chose n’allait pas avec son fils Kevin (le prénom a été changé), âgé de 29 ans, quand elle a reçu une vidéo envoyée anonymement par internet. Sur les images tournées en cachette, comme le raconte « le Parisien »dimanche 28 juillet, elle voit un homme frapper son fils, autiste, avec un bâton, le menaçant des pires punitions une fois rentré à la maison d’accueil spécialisée (MAS) des Pavillons-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. « Je vais t’exploser », déchiffre la mère de famille sur les images. « A la MAS, tu vas voir ! », menace encore l’éducateur.

Hématomes et brûlures

Kevin souffre de troubles du spectre autistique et vit depuis 2011 dans cette structure qui accueille des adultes en situation de grande dépendance, atteint de troubles envahissants du développement.

Jusqu’à présent, sa mère en était satisfaite, mais la situation s’est selon elle brusquement dégradée il y a quelques semaines. Monique explique ainsi à France-Bleu Paris que son fils était plus agité que d’habitude quand il rentrait. Il fait des crises d’angoisse, pleure et a des bleus sur le corps. La MAS lui assure qu’il s’est fait ces blessures tout seul…« On m’a dit qu’il était facilement marqué à cause de ses problèmes de plaquettes sanguines. J’ai trouvé cela bizarre. Et Kevin criait beaucoup. Il disait : “Pas la MAS !” pour montrer qu’il ne voulait pas y retourner. »

Sur des photos qui lui sont envoyées avec la vidéo, relayées par France-Bleu Paris, elle découvre encore d’autres hématomes et une trace sur le pied qui « ressemble à une brûlure de cigarette ». Avec la vidéo, le doute n’est plus possible : Monique décide de porter plainte, fin juin, « pour violences sur une personne vulnérable ».

Plusieurs familles concernées

Le témoignage de Monique vient s’ajouter à ceux d’autres familles. La fille d’Isabelle Casteret, Elodie, rentrait ainsi avec des bleus et des griffures chez elle le week-end. « On a dit qu’elle s’était cognée contre des meubles », raconte-t-elle à France-Bleu Paris, indiquant avoir également porté plainte contre la structure en avril.

Un an avant Monique et Isabelle, une autre plainte pour « violences habituelles sur personne vulnérable » avait été déposée contre la maison d’accueil spécialisée par Hélène Ripolli, après avoir retrouvé son fils Arnaud avec un doigt fracturé et des brûlures au second degré sur le corps. L’enquête est encore en cours. En attendant, Isabelle a préféré reprendre son fils chez elle. « J’attends que le ménage soit fait mais c’est très long », confie-t-elle à la radio.

 

Le ventre des femmes

J’ai aimé cet article…Je vous le recommande vivement…

L'arôme et la patine

Titien_VenusEtLeJoueurDorgueVénus avec un joueur d’orgue (vers 1545), Titien

J’observe mon ventre avec angoisse et mépris. Je détaille, palpe sa chair, son gras, sa forme.

Ce ventre, je l’observe depuis mon adolescence ou plutôt, j’observe le ventre des femmes, en quête perpétuelle de ce ventre désirable. Celui qu’on me tend inaccessible, qui nourrit la morbidité de mon comportement. Tendu, en creux, comme vidé de mes organes vitaux. J’aspire à ne pas le sentir habité de tout ce qu’il contient. Ventre absent.

Image, photo. Ventre plaqué sur la surface plate. Ventre absorbé dans la surface, rentré, adapté. Manger, engouffrer le ventre.

Les pans de vêtements masquent le ventre des femmes qui marchent. Je ne peux pas sonder le ventre qui se forme derrière, qu’on cherche à dérober au regard d’autrui. Cacher ce ventre que je ne saurai voir, mieux vaut penser une image derrière le tissu.

Mon ventre ne se fige pas…

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L’embellie/ Jean Ferrat

 

L’EMBELLIE
Écris quelque chose de joli
Des vers peut–être ou de la prose
Un instant de rêve et de pause
Dans le tumulte de la vie
Écris quelque chose de joli
Quelques mots de bleu et de rose
Un moment de métamorphose
Que tu nommerais l’embellie

L’embellie l’embellie
L’embellie l’embellie

Verse un peu de joie dans nos coeurs
Avec des riens qui vous délivrent
Un peu d’espoir et de douceur
On en a tant besoin pour vivre

Écris quelque chose de joli
L’odeur des lilas et des roses
Chante–nous la beauté des choses
Dans les yeux de l’homme ébloui
Écris quelque chose de joli
L’aube entre nos bras qui repose
La seconde où lèvres mi–closes
Le plaisir vient comme la pluie

L’embellie l’embellie
L’embellie l’embellie

Ces mots à peine murmurés
Dans la tendresse qu’on devine
Baigné de musique angevine
Le temps sur nous s’est refermé

Je l’aurais voulu si joli
Ce poème en bleu et en rose
Cet instant de rêve et de pause
Dans le tumulte de la vie
Je l’aurais voulu si joli
Mon amour en qui tout repose
Et que nul ne puisse ni n’ose
Douter que tu es dans ma vie

L’embellie l’embellie
L’embellie l’embellie

« On marche dans la fêlure intime du monde » Franck Venaille.

téléchargement (4)

[ON MARCHE DANS LA FÊLURE INTIME DU MONDE]

On marche dans la fêlure intime du monde
Ces soubresauts nés de la douleur primitive

Quelle est la voix qui le dira ? Quel sera
Le corps qui saura mener jusqu’à son terme la

Valse triste ? Une voix s’élève à l’intérieur
De nous-même — une voix chère — exprimant ce qui s’

Apparente à l’expression de la plainte première
Je suis cet homme-là qui, tant et tant, crut aux ver-

Tiges et qui, désormais, dans la déchirure du lan-
gage se tient, regard clair, miné toutefois, blessé

Dans la fêlure du monde où les plaies suintent

Nous dormirons ensemble(Aragon) Christine Sévres et Jean Ferrat

Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin, minuit, midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit

Nous dormirons ensemble

C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble

Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble