Nuancier. Vert-menthe

pour vivre comme doit vivre la vie

il y a la soie de l’herbe pour le voyageur fatigué

des soleils pourvoyeurs d’été et l’âpreté de la menthe sous les dents

il y a des nids en quête d’oiseaux

des arbres en quête de nids

des mots joufflus pour l’élan qui viendra avec le geste

je bois à même ton intraitable douceur un vert toujours recommencé

 

Barbara Auzou.

Barbara Auzou, La réconciliation, Cinquante variations autour de La Vague de Camille Claudel, préface de Xavier Bordes, L’Harmattan, collection Poètes des cinq continents, 63 pages, 10€

Une nouvelle recension de La Vague de Camille Claudel par Caroline Callant sur le site de Traversées.
Merci à elle

Traversées, revue littéraire

Une chronique de Lieven Callant


Barbara Auzou, La réconciliation, Cinquante variations autour de La Vague de Camille Claudel, préface de Xavier Bordes, L’Harmattan, collection Poètes des cinq continents, 63 pages, 10€

Dans la préface, Xavier Bordes fait allusion à l’estampe de Hokusai « La Grande Vague de Kanagawa » publiée en 1830 qui a inspiré l’artiste française pour réaliser sa propre oeuvre: « La Vague ou Les Baigneuses » datée avec incertitude entre 1897 et 1903. En regardant les deux chef-d’oeuvres, il est intéressant de voir comme Camille Claudel s’est approprié le thème pour en faire une histoire toute personnelle. Le tsunami auquel la sculptrice nous invite est d’un autre ordre. La vague est sur le point telle une grande main, de cueillir les trois baigneuses presque insouciantes et dansant sans tenir compte semble-t-il, du danger. La Vague de Camille Claudel est un raz de marée sentimental, amoureux. 

Katsushika…

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« Miel de thym » de Barbara Auzou

Un grand merci à Afropoésie

AFROpoésie

Poème de Barbara Auzou (1969-) – Partenaire d’AFROpoésie – FRANCE

Lit de rivière asséché dans la Vallée du Paradis, Maroc – Wikipédia

avais-tu remarqué

comme en la partie supérieure

de l’âge

le paysage toujours devenait

plus panoramique

et nous offrait ses roches roses

où nous asseoir un peu?

on y caresse un instant

la fuite en avant de la douceur

c’est comme si le moment d’élan

valait à lui seul le temps

et lui fouettait follement le réel

comme si l’on entendait

pour la première fois la musique

de la fleur chuchotée à l’oreille

de l’abeille

et que le ciel ne regarde jamais de haut

les cascades leurs rumeurs de mots étonnés

que précède le souffle

la fluidité de l’air grevé d’insectes

éprouvée par l’oiseau

laissons l’hiver aux rapaces

les tessons nus de la tendresse

dans la part vive du bleu

et goûtons ma sentinelle au repos

tiède des midis…

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Gorge de feu

Calanques de Piana

un mot à jamais manque

je l’aurai cherché de criques en myrtes

de granit en calanques

dans le maquis du regard

de l’homme appauvri jusqu’au coeur

je l’aurai cherché dans les râles de la beauté

que la forêt avoisine

dans la gésine de nos pieds nus

dans la gorge de feu du porphyre

dans le passage encore puis dans l’abandon

d’un sourire

dans l’horizon déshabillé et perdu

entre deux gestes ivres

dans les racines définitives et le souffle nu

d’un chêne hospitalier

mais au bout du vent rongeur

c’est encore la voile initiale que j’aurai trouvée

au bord du gouffre et elle était d’un bleu frais

venu pour la mue

 

Barbara Auzou.

Riez cailloux !…

Je remercie Lélius qui me donne une nouvelle fois une merveilleuse vidéo-mise en voix de mon poème Au Pied d’un seul arbre LII…J’en suis profondément touchée.

De braises et d'ombre...

Le 23 janvier 2022, ému par la simplicité et la douceur bucolique du poème que je découvrais, j’adressais à son auteure, Barbara Auzou, sur son blog « Lire dit-elle », le commentaire suivant  :

« Au pied d’un seul arbre LII »

Après une après-midi de lecture en boucle de ce poème, je ne résiste plus au désir de l’enregistrer, et donc de te demander une nouvelle fois ton accord.
Ni date de réalisation, ni idée d’illustration pour le moment. Juste ma conviction que la poésie est faite pour être dite et que l’émotion se nourrit du partage.

Je reçus cette encourageante réponse :

Et je te le donne avec plaisir…

Au pied d’un seul arbre LII 

j’ai emmené paître mes peurs

plus loin et sur tout ce qui peut

faire un chemin ou la totalité

d’un oiseau

j’ai bu ta douceur avec la première

goulée d’air

qui nous chante à…

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