Roue du soleil

la roue du soleil

Toi qui m’attends pour ensemencer le matin

Tu me reconnaîtras quand dans un enchantement de rosée

Je viendrai gantée de rousseur poussant la roue du soleil

Dans ses rumeurs de fièvre Je ramasserai à pleines mains

Les oiseaux frais éclos et j’aurai pour leur jeunesse le coeur

D’un regard maternel qui aura laissé son âme très calme

Assise sur le rebord d’un sourire

Assise sur le rebord d’une fenêtre

 

Barbara Auzou.

Inventaire (reprise)

 

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Quand vous aurez emporté

les images floues

et leurs griffures

d’aigrette

les voix tues

confinées

dans l’enclos

le passage du souffle

le murmure du platane

et la satisfaction vaniteuse

du lilas

le matin surpris

croisant le soir

en avance

 

 

Vous n’oublierez pas

l’asile du lit

et puis la bibliothèque

à la charpente jaunie

le fond qui pleure

la forme qui rit

l’ossature de papier

le palimpseste des années

prisonnier

à l’orée du bois

et la fièvre retombée

des cruels dimanches

qui réclamaient

une rançon

 

 

Alors

il restera

un logis vide

où inviter

le mot

 

 

Barbara Auzou

Les Années/Extrait/Annie Ernaux

annie ernaux

“Tout s’effacera en une seconde. Le dictionnaire accumulé du berceau au dernier lit s’éliminera. Ce sera le silence et aucun mot pour le dire. De la bouche ouverte il ne sortira rien. Ni je ni moi. La langue continuera à mettre en mots le monde. Dans les conversations autour d’une table de fête on ne sera qu’un prénom, de plus en plus sans visage, jusqu’à disparaître dans la masse anonyme d’une lointaine génération.”

Annie Ernaux, Les Années/2010

Un poème manuscrit de Victor Hugo retrouvé dans un lycée de Besançon

Merci à mon ami Pierrick…

Blog Histoire Géo (avec des fraises dedans)


Un poème manuscrit et inédit (du moins sous cette forme) de Victor Hugo a été retrouvé dans un lycée qui porte son nom à Besançon, ville de naissance du poète. Cet inédit intitulé Les Enfants pauvres, avait été offert en 1868 par l’écrivain pour une loterie à Besançon au profit des indigents, puis avait été revendu en 1951 à l’établissement scolaire, pour 6000 francs, et rangé puis oublié jusqu’à la dernière rentrée.

« Ah ! Voilà surtout ceux que j’aime,
Faibles fronts dans l’ombre engloutie,
Parés d’un triple diadème,
Innocents, pauvres et petits !

Ils sont meilleurs que nous le sommes
Ah ! Donnons-leur en même temps,
Avec le pain qu’il faut aux hommes,
Le baiser qu’il faut aux enfants ! »

La seconde strophe de ce poème se retrouve presque intégralement dans le poème Dieu est toujours là appartenant au recueil Les voix intérieures publié en 1837.

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Herbes

Merci à Afropoésie…Joyce Mansour est injustement oubliée…

AFROpoésie

Poème de Joyce Mansour (1928-1986) – ÉGYPTE

Illustration: fresque des thermes suburbains de Pompéi représentant un cunnilingus (-79 av. J.-C.)

Sexual_scene_on_pompeian_mural.jpgLèvres acides et luxurieuses
Lèvres aux fadeurs de cire
Lobes boudeurs moiteurs sulfureuses
Rongeurs rimeurs plaies coussins rires
Je rince mon épiderme dans ces puits capitonnés
Je prête mes échancrures aux morsures et aux mimes
La mort se découvre quand tombent les mâchoires
La minuterie de l’amour est en dérangement
Seul un baiser peut m’empêcher de vivre
Seul ton pénis peut empêcher mon départ
Loin des fentes closes et des fermetures à glissière
Loin des frémissements de l’ovaire
La mort parle un tout autre langage

In Cris (édité en 1953)

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