M’accordez-vous cette danse?

Merci à toi Miriam…

Les Nouvelles Errent...

Voici cette seconde itération d’une récitation poétique, de vive voix. J’ai choisi cette fois de vous lire un court texte poétique écrit par Barbara Auzou, du blog WordPress de Lire-dit-elle. J’aime beaucoup lire ce blog, et j’ai souvent des frissons à la lecture des textes de Mme Auzou. Je me prend souvent de les lire à haute voix afin d’en faire ressortir toute la subtilité sonore et en dégager le sens. Je peux ainsi les répéter plusieurs fois de suite à moi même, en faisant les cent pas dans ma « salle d’écriture ».

J’espère que cette expérience sonore vous plaira… je sais que pour ma part, j’ai trouvé l’exercice fort intéressant. Il me fallu m’y reprendre une bonne vingtaine de fois, et le résultat ne me satisfait encore qu’à demi. Je suppose toutefois qu’avec de la pratique, je prendrai de l’assurance et rendrai davantage le texte.

Place à la poésie, Dansons…

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Un fossé ? Non : un ravin !

Xavier Bordes

Un fossé ? Non : un ravin !

En reprenant une traduction insatisfaisante, j’écoute la radio. On y interviewe une journaliste romancière qui, d’une voix mutine, dit sa jouissance d’écrire : elle explique que ça lui permet de changer de peau, de vivre une autre vie, une vie fantasmée à son gré, avec des personnes qui la changent du quotidien.

Me frappe l’abîme qui nous sépare. Le poète ne demande guère à changer de vie ni de monde, seulement à mieux cicatriser le lieu blessant où, du haut d’une mère, il est tombé, à le patiner en l’enrobant de la nacre de sa langue maternelle, à travers une sorte de rituel magique adaptateur qu’on appelle « poème ».

Dans l’affaire, pour qui écrit sous la dictée de circonstances affectant son existence, avec cette sorte d’urgence de qui est assez sensible pour anticiper – à quelques frémissements du sol – un séïsme…

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Barbara Auzou – Lettera per te (Fr – Ita – Eng – Esp)

Lettre pour toi, traduit en italien, en espagnol et en anglais par mon ami Marcello Comitini…
Un grand merci à toi Marcello,
Je t’embrasse fort…

marcellocomitini

dal blog di Barbara Auzou

Lettre pour toi

je t’écris comme tout ce qui coule de source se jette dans la mer
et dans le désordre d’un monde étrange et marchandé
je t’écris des choses rondes percées de traits solaires
la poésie est une parole d’échappée au plus près de soi
elle a cessé de faire semblant et elle s’expose nue au tremblant de ce qui est
elle est la fleur absente de tout ravin
la fleur démente de tout bouquet
l’iris turbulent d’un ciel qui marche sur la terre
l’enfant guérie d’un cœur têtu sur un chemin qui demeure invaincu
et moi je t’aime comme une invitation musicale vous prend la main
pour vous envelopper l’âme d’un paysage orange
parce que s’élève au-dessus des fontaines ton rire d’eau sauvage
que dans la surenchère de clarté que suscitent tes yeux se pressent
les dernières forêts ourlées de chaleur animale
et…

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Une incision / Reprise 2020

laissez moi

laissez-moi

cueillir avec la rose la belle déraison

là où l’oiseau cumule ses vols

dans la précision de sa fièvre

et sous un ciel d’os essorés

que je ne m’étonne plus jamais

de voir mon ombre danser

avec l’enfant pâle son air de rien qui s’impose

et qu’on avait promis au peloton d’exécution

laissez-le s’accommoder de ses ailes

et s’exiler doucement dans son nom

que le monde excessif rend irréel

par ses exclamations pour ne lui laisser

qu’un lieu inhabité de toute poésie

une brutalité folle

une incision

 

Barbara Auzou.

Vers le sud (IV) / Reprise 2020

vers le sud 14

Pour t’envelopper comme un vol

ou comme une joie soudaine je t’ouvrirai

des vestibules des patios je fermerai

les persiennes derrière l’offrande de mes folies

et nous n’entendrons plus un bruit pas même

celui des chasseurs d’été en quête de sel

qui pullulent

emportant avec eux sous un soleil oblique

la biche blessée de leurs empressements

dans un agenda électronique où s’émeuvent

les oiseaux

 

Barbara Auzou.

Une victoire sur l’hiver

île aux lièvres / Archipel de Solovetsky / Russie

quand la forêt aura

fait place au décor dépouillé

de la toundra

on se fera des bouleaux dansants

de ce monde irréel

de grands reposoirs

et l’on s’éprendra

de cette lumière du nord

qui porte encore les stigmates

du vent dur et du froid

dans ses rituels de passage

je te dirai la mer blanche

ses tendres forfaitures

sa fabrique de brouillards

derrière la soufflerie de ses ailes

pour que la fragilité devienne

souveraine

nous ferons de nos mains

un pont un chemin

un sanctuaire d’oiseaux marins

eux savent bien que les nuages

ne sont que des parchemins

où hésite un espoir

et mon sourire dont tu modifies

sans cesse la forme et la destination

est une victoire

remportée sur l’hiver

 

Barbara Auzou.