Douceur de l’intention

Castelnou : Languedoc-Roussillon

j’aime l’audace

de tout ce qui a su rester intact

de tout ce qui se tient embrassé

dans la douceur de l’intention

au creux des Aspres je te ferai une maison

haute comme une tour de gué

l’ocre s’offrira au lierre et à la chair

renversée rose des lauriers

les chênes s’érigeront sur les schistes

dans un miracle d’innocence

et d’habileté

parce qu’ici connaît une poésie

de pleine poitrine

parce que les parfums nous respirent

en toute impunité

qu’au soir on y devine la lavande

impudique frappée

par le soleil de la journée

le temps s’allonge sur la terre

on y entend craquer les fauvettes

sur la ponctuation cahotante des ruelles

sur ton visage que je ne rencontre qu’au fond

du silence

je lis enfin la phrase parfaite

toujours d’une avance circulaire

sur notre sang bleu

 

Barbara Auzou.

Des poèmes à Barbara Auzou

Merci à toi pour cette réécriture surprenante et bien ficelée qui m’a fait sourire de bout en bout…
Merci beaucoup…

Le poème original est ici

Poésie surréaliste NotesMat15

Obéissant, recyclant ses oeufs brouillés, le temps avait pris ta rue par l’horizon

et infléchi la pente jusqu’au poème, ce qu’on avait peine à imaginer
Étant arrivé à la fabrication des produits mathématiques
À l’administration des passeports, à l’enfance retrouvée
Que le Désastre désaxe comme ton tendre sein, qui accuse diverses réactions
en hissant les composés de l’ouïe tout en la ramenant au tertre surélevé de tes bras mécanique de cyborg
Le bras mécanique, tendancieux des ordinateurs ayant tout nettoyé
Le bras spontané de l’orfèvre qui aimerait écrire ce poème
À Barbara Auzou

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La main brûlée / Guy Goffette


Comme toujours, nous avons voué le meilleur à ceux qui, passant, l’ont dispersé plus loin, dilapidé dans des auberges obscures, perdu au fond d’une combe et rien



n’est venu en retour soutenir le feu poussif, alléger la charge d’ombres, dissoudre la lie des habitudes, ce champ aride où tout fait pierre : nos moindres gestes,

nos paroles — et la nuit, même au mitan du lit, n’est plus qu’un fleuve à sec, de cailloux.
Mon amour, est-ce ainsi que les roses meurent quand vient l’hiver,

le cœur serré comme un poing, dans les épines ?

Barbara Auzou – Il selvaggio  l’indistinto (Ita – Fr – Eng – Esp)

Un grand merci à mon ami Marcello….

marcellocomitini

DigitalArt di Marcello Comitini

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Torno nuda
E mi distendo ancora nei miei sogni e nella loro sabbia coesa
Null’altro esiste che la paura dell’immensità e il selvaggio l’indistinto
Passato dal sangue alla poesia

Barbara Auzou

(traduzione di Marcello Comitini)

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Le sauvage l’inarticulé

Je reviens nue
Et je m’entends désormais avec mes rêves et leur sable méthodique
Rien n’existe sinon la peur de l’immensité et le sauvage l’inarticulé
Passés du sang au poème

Barbara Auzou.

da qui

.

The wild the inarticulate

I come back naked
And now I get along with my dreams and their methodical sand
Nothing exists except the fear of immensity and the wild the inarticulate
From blood to poem

Barbara Auzou

(translation of Marcello Comitini)

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Lo salvaje lo inarticulado

Vuelvo desnuda
Y ahora me llevo bien con mis sueños y su metódica arena
Nada existe excepto el miedo a la inmensidad y lo…

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Gioielli Rubati 159: Cipriano Gentilino – Federico Cinti – Stefanie Golisch – Carla Viganò – Elena Milani – Barbara Auzou – Khan Klynski – Angela Greco.

Grazie a te Flavio
per la traduzione e condivisione di poesie
Barbara

almerighi

Farfalle
.
Forse tu lo sapevi già
quando non hai più volato
e i numeri non piegarono più il cielo
ai pezzi smontati del tuo aliante,
.
ci sono scivolate dalle mani
le bandiere e ora i manifesti
sono in mostra nelle periferie
nostalgiche a tempo perso,
.
ti scrivo perché ti ho rivisto,
quaderno e lapis,
al mercato in riva all’ Ellero
a Mondovì.
.
Entrambi distratti da una farfalla.
.
di Cipriano Gentilino, qui:
https://noteinversi.wordpress.com/2021/08/12/farfalle/
.
*
.
A Francesco in un giorno d’estate
.
Fragile nel pallore meridiano
rimane il sole, attonita parvenza
al confine sul margine lontano,
nella sua vacuità presente assenza.
.
Canto antico di sogno, reverenza
estatica nel blu, riflesso vano,
scuotono il cielo le cicale senza
chiederne più il perché, sempre più piano.
.
Opaca sonnolenza sulla sponda
piatta del cuore, sembra fermo il giorno
in un attimo eterno che dilegua.
.
Eppure…

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Seizième lettre pour toi

un temps incertain trace ses bissectrices dans un ciel de cristal ébréché

et mon front s’appuie sur ce qui porte plus haut

je t’écris

j’ai sous les yeux les colliers de silence sertis de bleu des oiseaux retranchés dans cette saison saturée d’elle-même

et le vent exerce son autorité sans faille sur l’éolienne des marguerites effeuillées sans raison

mais je connais le maquis des lumières complices

je sais où elles se replient et combien tu n’en es jamais loin

comme un bel éclair calme

je t’aime

j’aurais voulu être cette dormeuse de midi qui s’allonge dans l’herbe sans fin de tes mains d’été et qu’il me pousse des mousses émues dans la bouche

tu sais l’accueil farouche que je réserve au mot charmant au mot joli pour qualifier la poésie

on la trahit au coeur même de son visage d’eau douce

lui qui n’avait rien demandé pourtant sinon passer un secret muet

dans un bouquet de fleurs des prés

survivant

 

B.

M’accordez-vous cette danse?

Merci à toi Miriam…

Les Nouvelles Errent...

Voici cette seconde itération d’une récitation poétique, de vive voix. J’ai choisi cette fois de vous lire un court texte poétique écrit par Barbara Auzou, du blog WordPress de Lire-dit-elle. J’aime beaucoup lire ce blog, et j’ai souvent des frissons à la lecture des textes de Mme Auzou. Je me prend souvent de les lire à haute voix afin d’en faire ressortir toute la subtilité sonore et en dégager le sens. Je peux ainsi les répéter plusieurs fois de suite à moi même, en faisant les cent pas dans ma « salle d’écriture ».

J’espère que cette expérience sonore vous plaira… je sais que pour ma part, j’ai trouvé l’exercice fort intéressant. Il me fallu m’y reprendre une bonne vingtaine de fois, et le résultat ne me satisfait encore qu’à demi. Je suppose toutefois qu’avec de la pratique, je prendrai de l’assurance et rendrai davantage le texte.

Place à la poésie, Dansons…

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Un fossé ? Non : un ravin !

Xavier Bordes

Un fossé ? Non : un ravin !

En reprenant une traduction insatisfaisante, j’écoute la radio. On y interviewe une journaliste romancière qui, d’une voix mutine, dit sa jouissance d’écrire : elle explique que ça lui permet de changer de peau, de vivre une autre vie, une vie fantasmée à son gré, avec des personnes qui la changent du quotidien.

Me frappe l’abîme qui nous sépare. Le poète ne demande guère à changer de vie ni de monde, seulement à mieux cicatriser le lieu blessant où, du haut d’une mère, il est tombé, à le patiner en l’enrobant de la nacre de sa langue maternelle, à travers une sorte de rituel magique adaptateur qu’on appelle « poème ».

Dans l’affaire, pour qui écrit sous la dictée de circonstances affectant son existence, avec cette sorte d’urgence de qui est assez sensible pour anticiper – à quelques frémissements du sol – un séïsme…

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