Jacques Bertin/ Luc Bérimont: Je t’attends aux grilles des routes.

Je t’attends aux grilles des routes
Aux croisées du vent du sommeil
Je crie ton nom du fond des soutes
Des marécages sans oiseaux

Du fond de ce désert de fonte
Où je pose un à un mes pas
J’attends la source de tes bras
De tes cheveux de ton haleine

J’attends la source de tes bras
De tes cheveux de ton haleine
Tu es terrible tu m’enchaînes
Tu me dévastes tu me fais

Je t’attends comme la forêt
Inextricable enchevêtrée
Tissée de renards et de geais
Mais que le matin fait chanter.

Mille chemins d’oiseaux.

oiseau-gris-1

Pars avec moi sous ce soleil rapide et sans effort

À la recherche de l’espace de liberté

Coincé entre la chair et l’os

Grand rapace de l’exacte conscience de soi

Laissons le temps sécher aux terrasses

Et observons en silence l ‘éternel corps à corps

Entre l’idée et l’acte qui trace

Sous l’universelle indifférence

Mille chemins d’oiseaux.

 

 

Barbara Auzou.

 

Moreau chante Norge/ Le tueur et la tuée.

Cent ans après sur les lieux du crime
Dans la buée
Se reconnaissent. Tudieu!
Cent ans après
– Mais comment, chérie
En toi rien ne change?
– Et toi, mon cœur, mon amant
Tu restes haut comme un ange
– Tu m’aimes?
– Je l’ai prouvé
– Ah! Tes lèvres, ta salive
Quel coup de te retrouver
Cent ans après morte ou vive
Couchés dans les hautes herbes
Les morts deviennent bavards
Ils parlent de ce poignard
Qui fut un moment superbe
– Je te revois dévêtue
Dit-il, dans ce meurtre chaud!
– Grand loup, je suis ton agneau
Répond-elle,
Frappe et tue-moi
Doucement
De nouveau
Tue-moi
Doucement
De nouveau
Doucement
De nouveau
De nouveau
De nouveau
Doucement
Doucement
De nouveau

Les chiens sanitaires durant la Première guerre mondiale

Je n’avais jamais évidemment lu cet extrait de Colette , ni ne savais d’ailleurs qu’elle avait fait ce genre de choses..Merci Pierrick.

Blog Histoire Géo

Pour Barbara :

En 1915, Colette accompagna en forêt de Rambouillet une patrouille militaire qui dressait des chiens destinés à secourir les soldats blessés au front. Elle en rapporta pour le journal Le Flambeau un reportage empreint d’empathie pour le travail des bêtes.

Voir l’article original

8h00.

management-600x338

Ils arrivent un à un et à la fleur du cadran accrochent une peau de chagrin par la nuit encore habitée

Bouquets de mains tendues comme un drame d’exister et qui sourient à chacun

Leurre de l’âme exagérément auscultée par une pensée prisonnière du nombre qui voudrait s’ériger

singulière et qui bêle des candeurs sucrées à priver la liberté de sa dernière dent

 

Barbara Auzou.

« Vigile » de Hyam Zaytoun

Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiétude, elle a tellement besoin de dormir… il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque.
Avec une intensité rare, Hyam Zaytoun confie son expérience d’une nuit traumatique et des quelques jours consécutifs où son compagnon, placé en coma artificiel, se retrouve dans l’antichambre de la mort.

Comment raconter l’urgence et la peur ? La douleur ? Une vie qui bascule dans le cauchemar d’une perte brutale ? Écrit cinq ans plus tard, Vigile bouleverse par la violence du drame vécu, mais aussi la déclaration d’amour qui irradie tout le texte. Récit bref et précis, ce livre restera à jamais dans la mémoire de ceux qui l’ont lu.

L’Auteur

Comédienne, Hyam Zaytoun joue régulièrement pour le théâtre, le cinéma et la télévision. Elle collabore par ailleurs à l’écriture de scénarios. Elle est aussi l’auteur d’un feuilleton radiophonique – « J’apprends l’arabe » – diffusé sur France Culture en 2017. Vigile est son premier texte.

Vigile
Récit
128 pages

Le Tripode.

AUX BAVARDS QUI SAVENT RIEN LIRE DE LA POESIE

ça va mieux en le disant….

Niala-Loisobleu

6a00d8345167db69e201538e65be4b970b-600wi

AUX BAVARDS QUI SAVENT RIEN LIRE DE LA POESIE

Du ciel sur la paume

de
Muriel STUCKEL

Illustrations :
Baumel Hélène
(encres)• ISBN : 978-2-35128-116-1

• format : 21 x 15 cm

• pages : 128

• 19 encres d’Hélène Baumel

• préface de Pierre Dhainaut

Prix : 21.00 euros



Poème de la main sur la main, « Du ciel sur la paume » confie la parole de poésie à ce qui permet de la faire advenir sur la page. Du prélude au finale de cette composition en sept mouvements, c’est la main qui dit je, cherchant la note juste pour tracer sa « gestuelle vocale » jusqu’au silence ultime, pressenti.
« Le poème qui se demande quelle est la nécessité de ses mots, de leur origine, de leur trajectoire, le poème du poème, ne s’enferme pas pour autant en lui-même, laissant le lecteur à l’écart. Le nouveau livre de Muriel Stuckel en témoigne, qui nous révèle la…

Voir l’article original 999 mots de plus

ENCORE UN MOÛT EN PLUS…

Niala-Loisobleu

d99ad8e309a2149a87f374ccd69b97bf

ENCORE UN MOÛT

EN PLUS…

Avec la venue de l’aube tremblotante, les premiers sécateurs entrent dans les rangs de vignes ruisselants. La machine finit son petit-déjeuner de carburant, monstrueuse elle bouche déjà la route par laquelle le rêve peut emporter et laisser croire que la main est irremplaçable en tous cas où entre les peaux pour que le toucher procure l’émotion. Le cortège des tracteurs tirant les bennes pleines aux pressoirs, parcourt les chemins de la vendange actuelle.

Des voix d’enfants à qui on a demandé d’écrire me grattent la feuille de présence.

Géographie, je parcours ta pensée du nord au sud. Un arrêt dans tes archipels, à l’embouchure du fleuve, aux mamelons des grandes plaines, aux buissons des orées, le bois garde son gibier à l’abri des chasseurs.

Quelque soit l’épaisseur du brouillard le chevalet hennie plus loin que le coq planté au clocher de l’église. Le cuir qui…

Voir l’article original 417 mots de plus

« La Vie Balagan de Marceline loridan-Ivens » Documentaire Arte. Mercredi 16 janvier 22h35.

Marceline Loridan-Ivens nous a quittés le 18 septembre 2018. Si les camps de la mort l’ont empêché de suivre des études, elle a su apprendre de la vie les leçons essentielles et en a tiré une oeuvre cinématographique pleine d’audace et de poésie. Yves Jeuland nous propose un dialogue avec la réalisatrice dans lequel elle évoque son parcours, ses engagements, et même ses contradictions.

Petite silhouette chic aux boucles carotte, Marceline Loridan-Ivens se raconte sous l’œil affectueux du réalisateur Yves Jeuland. Sur la scène du Forum des images, à Paris, en ce 30 octobre 2014, la dame, alors âgée de 86 ans, n’a rien perdu de son humour et de son tempérament de feu. Ce récit autobiographique, elle l’a précédemment couché dans « Ma vie balagan » (Robert Laffont, 2008) – le mot « balagan » signifiant en hébreu « bordélique ». Née en 1928 de parents juifs polonais qui pensaient trouver en France une société éclairée et tolérante, Marceline Loridan-Ivens est arrêtée avec son père le 29 février 1944, à 15 ans, et déportée à Auschwitz-Birkenau. « L’inhumanité commence à Bobigny dans les wagons à bestiaux », raconte-t-elle. Contrairement à elle, son père ne reviendra pas. Lorsqu’elle évoque la fois où elle l’a brièvement croisé à Auschwitz, l’émotion la submerge.

La voie du documentaire
Le témoignage de Marceline Loridan-Ivens frappe au cœur car il décrit la vie dans les camps de la mort dans sa réalité la plus quotidienne, la plus triviale, sans rien cacher des privations, des humiliations et de l’horreur : les haillons des mortes qu’il faut enfiler dès le premier jour, le pain volé à un cadavre, le sadisme des gardiennes mais aussi les copines qui vous épaulent et la dignité qu’on préserve envers et contre tout. Ce dialogue complice avec Yves Jeuland dessine le portrait d’une forte personnalité, humaniste, passionnée, provocatrice et rageuse. Après avoir jeté sa gourme dans le bouillonnant Saint-Germain-des-Prés d’après-guerre, Marceline trouvera sa voie dans le documentaire et un amour indéfectible pour le cinéaste Joris Ivens, avec qui elle coréalisera dix-huit films (« Le 17e parallèle », » Une histoire de vent »…). Joyeuse et émouvante, cette soirée est jalonnée de chansons françaises et yiddish interprétées par Éric Slabiak et ses musiciens, d’archives et d’extraits de films, notamment « Chronique d’un été », chef-d’œuvre de Jean Rouch, où, âgée d’une trentaine d’années, Marceline interprète son propre rôle et adresse un discours poignant à son père.

Réalisation :

Yves Jeuland

Pays :

France

Année :

2018