Sauvage éblouie, La Poésie.

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Pas plus au revers d’un talus

Qu’en résidence ouverte sur les grands battants du vent

Soignant les moulins déçus du silence

La poésie ne s’épanche

Sauvage éblouie  Rétive à la rectitude apaisante du roseau trop lourd d’images

Rage et verte vengeance

Dard aigu du regard qui ne voit que lorsque tout s’est tu

Elle plante sa fleur odorante et têtue que le temps ensemence

En plein jour sur l’impénétrable nuit violette du pavot

 

Barbara Auzou.

Soleil versé.

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Revenu pour longtemps d’antalgiques promenades

Tu as versé un soleil d’éclaircies

Sur un réel aux rives instables dont les racines enfouies

jusqu’aux hanches nourrissait le sang saturé de la poésie.

Vois aujourd’hui comme l’abeille attendrie

De nos regards en des ombres incertaines

A cessé de s’enfuir et avec quelle audace incroyable

Elle s’est faite reine de la grande fleur électrique

Jaillie de la branche d’aubaine

Où se balance- énigmatique- notre orange douce.

 

 

Barbara Auzou.

Symbole.

La Kermesse de campagne, 1625, David Vinckboons, Amsterdam, Rijksmuseum.

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Tout nous quitta lentement.

La chaîne des causes se cassa net sur ses effets.

Et la déroute des pies dans les grands peupliers

Sonna le retour attendu du symbole dans la chose.

Alors l’on remit les grands tréteaux sur le ventre consentant de la terre

Des sourires sur la face du couchant; des guitares aux doigts des faubourgs.

On dansa gravement sur des ossements anciens

Et lavés au bleu des nuits de lin, on fit l’amour

Sur la grande artère cautérisée du vivant.

 

Barbara Auzou.

Ce qui devance l’écriture.

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On ne manque pas de renaître

Tout ce qui est en train d’être

N’a jamais été et au corps

Du vêtement dans un jour plein

On apprend à lire

Ce qui devance l’écriture

Et à estimer le poids de l’or

Qui se soulève dans la main

Au toit je vois l’énigmatique sourire

De l’ardoise bleue  Javelot de sens

Fiché droit dans l’œil nouveau du jardin

Et la grive en vol oblique

Accréditer un silence plein de bras

Qui sent la noisette

 

Barbara Auzou.

 

Les Mots-peints: TOI EMOI  (L’Epoque 2019 – 2)

 Voici : TOI EMOI, seconde réalisation commune avec Niala pour L’Epoque 2019.

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Toi Emoi (L’Epoque 2019 – 2) – 2019 – Niala – Acrylique s/toile 55×46

 

 

Posée contre le monde se dresse une échelle

Vespérale. Une lucarne qui tord l’espace

Pour vérifier l’aplomb du geste définitif

Et des destins à la couleur qui s’appellent.

Nous n’avons cherché ni le comment ni le pourquoi

De cette élévation. Conscients que la pierre franche

Au pied n’avait rien d’accidentel.

Il aura fallu attendre longtemps et sages

Sur des chemins d’échos qui purgeaient le langage

Et redonnaient aux murs une respiration

par l’oreille fugace et complice de la rosée ;

Par l’air défroissé à tout ce qui demeure invisible.

Le nom solaire que l’on se donne aujourd’hui

Va bien au-delà du domaine choisi .

Il relie à la faveur du sensible

Les points cardinaux de nos lieux familiers.

Le grand tétras à la roue de son infortune

Salue cette fleur non négociable

Et sur un ciel lavé de lunes

 Nous prie d ‘en disposer.

 

Barbara Auzou.

La confection du livret poésie des élèves est terminée…mais.

J’ai terminé aujourd’hui la mise en page du livret poésie pour les élèves de l’atelier…Il comporte finalement 52 pages, bien plus que je ne pensais…

Voici les premières pages…Je ne parviens plus à me satisfaire esthétiquement de la reliure avec boudins-spirales format A4…Mon souhait serait un format A5 agraffé…Aussi je me tourne vers vous. Quelqu’un connaît-il un service d’imprimerie en ligne en mesure de réaliser 18 livrets de 52 pages pour un moindre coût sachant qu’au delà de 100 euros le collège ne prendra plus en charge? Merci de m’apporter vos lumières!

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Des mains.

La Cathédrale, Auguste Rodin. 1908.

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J’ai désiré

Des mains savantes disant sève et silence au cœur de l’ordinaire

Sublimé    Pure durée

Des mains faucheuses de blé

Ouvrières devant les fenêtres du monde et ses volcans furieux

Des mains d’orgueil sur leur poignet levé au clairon et qui abondent

En signes lumineux   Des mains de rondes lentes et blanches

Proues du menton et berceau sûr du genou

Des mains coq de bruyère sur des forêts en feu

Se livrant à des tournois millénaires

Des mains à émettre des oiseaux sur les joues

Et des rayons sur le fruit et dans les branches

 

Barbara Auzou.

 

C’est fait.

 

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Voilà c’est fait    Les oiseaux se sont dispersés sur le gravier des routes picorant les anciens doutes

Et les morceaux de cœur éclatés sur leur pompe désuète

Chacun se dresse perdu dans sa propre tête dans l’effarement silencieux d’être

Cherchant pourtant quelque récompense sous le joug d’un soleil enragé dont les fragments retombent en pluie d’essence

Quelque chose se prépare dans l’œil déserté comme l’éclosion incongrue sur terre sèche d’une fleur de désobéissance

 

Barbara Auzou.

 

 

J’ai trouvé le jour habitable.

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Ouvrant la fenêtre

Vers le dedans

J’ai trouvé le jour habitable

La confrérie des taciturnes

Occupait des terrasses en tapinois

Où officiait la lune en son dernier quartier

J’ai contourné le cercle à l’écrin affermi du pied

Devisant sur ce qui était en train d’être

Et sans rougir j’ai suivi un chemin de sang

Habité à la veine par un doux vent verbal

J’ai vu sur le calme des toits s’ouvrir

Un soleil nouveau dans un ciel extravagant

 

Barbara Auzou.