Ponts.

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Et la marche raide du genou arrondi sera le seul point d’envol de l’absence en ses débâcles

Dans la bouche qui tient sa parole caressons la mousse des mots adressés à nous seuls que camouflent mal nos occupations distraites

Apprenons le sommeil à nos mains incendiaires

Nos ponts sont des prairies que l’on porte aux doigts comme des bagues

L’on y couche en chien de fusil notre belle histoire muette

 

Barbara Auzou.

Oiseau tardif

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Paré du masque du matin l’oiseau tardif met son chant dans ma gorge au ruisseau tari

Arrache au sommeil des mottes de rêves et de jasmin  Son œil s’assied sur le mien

Travaillant en secret à me signaler partout l’invisible  L’instant furtif descend jusqu’à mes pieds comme une bourrasque qui redresse les champs sur l’insomnie

 

Barbara Auzou

Mysticisme

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Toi qui me disais que jamais encore tu n’avais vu que l’âme avait un corps

Je fais le dos rond sous une pluie noire que rien ne distrait si ce n’est l’appréhension qu’excite l’aube insaisissable aux grandes jambes qui se balancent entre le buis et le drame

Et seul l’acquiescement des mains nous éloigne des effroyables jardins dont le commun étouffe la clématite comme on empêcherait de croire

 

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2019/ 19: « LA MAISON INTERIEURE »

Voici « « La Maison Intérieure» » dix-neuvième de cette nouvelle Epoque 2019 avec le peintre Niala.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires et vos « likes ».

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L’EPOQUE 2019/19

« LA MAISON INTERIEURE »
Niala
Acrylique s/toile 46×38
Encadré: 500,00 €

On le savait

Il nous faudrait prendre corps

Dans la fureur en jachère

De tout ce qui nous est interdit

Pour bâtir singulière la maison intérieure.

Alors nous remettions le couvert

Sur l’assiette immobile et familière

Qui nous offrait la face limpide de l’eau

En plein jour.

De hauts murs de sang protégeraient l’enclos

Suspendu aux hanches pleines du soleil

Comme à l’amour.

Le papillon ajourné de l’apaisement remettrait tout à l’heure

Un peu de ciel sur ses ailes et viendrait

Boire l’orage des mains dans le va-et-vient 

D’un instant qui nous laisserait passionnément démunis

 

 Et plus loin encore dans l’âme du fruit.

 

Barbara Auzou.

Cercle parfait.

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Nous savions l’ombre démesurée

Mais ne savions pas la nourriture du cœur et le goût du blé

Entre les dents Le combat et l’outil du thorax contre la bête immonde

Nous nous sommes entièrement trouvés et nous nous comptons désormais

Au nombre des épis levés dans l’ardeur douce du cercle parfait

Un long travail se poursuit à cerner le monde

Et sa ronde lenteur qui a un goût très fin de fleur et de sel

 

Barbara Auzou.

Aragon/ Ferrat: Les oiseaux déguisés

Tous ceux qui parlent des merveilles
Leurs fables cachent des sanglots
Et les couleurs de leur oreille
Toujours à des plaintes pareilles
Donnent leurs larmes pour de l’eau

Le peintre assis devant sa toile
A-t-il jamais peint ce qu’il voit
Ce qu’il voit son histoire voile
Et ses ténèbres sont étoiles
Comme chanter change la voix

Ses secrets partout qu’il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé

Ma vie au loin mon étrangère
Ce que je fus je l’ai quitté
Et les teintes d’aimer changèrent
Comme roussit dans les fougères
Le songe d’une nuit d’été

Automne automne long automne
Comme le cri du vitrier
De rue en rue et je chantonne
Un air dont lentement s’étonne
Celui qui ne sait plus prier.

Louis Aragon.

L’été maintenant

Oliviers-Villeneuve-Lez-Avignon-Maison-Bronzini

On aura bâti sans cesse en avant et roulé le surplus de nuages dans les ornières exténuées du mot

Le ciel transparent entre les lanières de ses sandales nous sourit de là-haut

Il est temps maintenant d’asseoir l’été sur nos genoux et pour la cigale remuante de nos paupières de striduler notre repos absolu

Sur les cordes vibrantes des murs encore chauds de notre entente

 

Barbara Auzou