Le génie de la pierre / Francine Hamelin & Barbara Auzou

Merci à Jean Dornac qui publie chaque mois l’une des sculptures- poèmes de L’envolée mandarine et met à l’honneur de nombreux poètes et artistes sur son site Couleurs Poésies 2

Pour lire la suite c’est ici/:

http://www.couleurs-poesies-jdornac.com/2023/01/le-genie-de-la-pierre-barbara-auzou.html

L’Œil était dans la pierre et regardait le temps / Une sculpture de Francine Hamelin accompagnée de mon poème et de ma voix / Dernière de la série des poésies-Sculptures.

Cette poésie-sculpture est la dernière de CENT réalisées en collaboration avec Francine Hamelin que je tiens à remercier ici pour l’onirisme puissant de son univers et pour son talent de sculptrice. Je remercie l’albâtre aussi. Et la vie. Je remercie Jeanne Champel Grenier, la talentueuse préfacière de L’Envolée mandarine, ainsi que Anne-Lise Wittwer notre éditrice.

Merci à Claude Luezior, à Caroline Callant, pour leurs belles recensions.

Un second recueil va maintenant s’élaborer dont le titre sera dévoilé prochainement.

Pour l’anecdote, cette dernière sculpture est aussi la première que Francine Hamelin a réalisée…Il faut croire que l’œil était dans la pierre et regardait le temps.

Merci à vous tous d’avoir été au rendez-vous de ce beau voyage.

L’œil était dans la pierre et regardait le temps / Une sculpture de Francine Hamelin

Et Francine Hamelin c’est ici

l’œil était dans la pierre

et regardait le temps

l’ouvert de ses portes

sur la vie en chemise

et l’empreinte qu’il laissait sur son corps transparent

moi je cherchais consolation et beauté

sous un porche frémissant 

ou bien l’insomnie perpétuelle d’un poème

sans penser à la disparition programmée 

des oiseaux dans l’indifférent système

tout serait à reprendre en chemin 

le cœur mutilé du bois

le souvenir d’un val sans retour

le cerne sur le ventre surpris du jour

les décisions du vent et les printemps

de l’âme indivise

il faudrait refaire du neuf avec des gestes anciens

s’étendre indifférent au cycle des tumultes

et à celui des âges

et puisqu’il n’y a ni début ni fin

pour le fruit métronome sur la bouche ivre

pour le miel sauvage et chaud

d’une vie admirablement 

vaine

garde ma main dans la tienne

Barbara Auzou

Ressacs numéro 13

La revue sénégalaise Ressacs publie ce jour son treizième numéro.

J’ai le plaisir d’y voir figurer deux de mes poèmes ainsi qu’une présentation de L’envolée mandarine/ Francine Hamelin et Barbara Auzou, via la recension de Caroline Callant, dans la rubrique Murmures. Un grand merci à Laity Ndiaye.

Pour la consulter c’est ici:

/http://ressacs.eklablog.com/

Hors de la chrysalide / Une sculpture de Francine Hamelin accompagnée de mon poème et de ma voix

Hors de la chrysalide / Une sculpture de Francine Hamelin

Et Francine Hamelin c’est ici

tu trembles tu t’apprends dans ce clair de toi

dérobé au tumulte

toute petite hanche posée sur le coton

d’un ciel ordinaire

dont tu interroges le chemin escarpé

passé par l’azur passé par le cœur

tu trembles parce que tu rêves par la peau

dans l’espace trop grand les oiseaux

s’inclinent sur ton passage

saluent ton aller-simple vers davantage

d’enfance

vers davantage d’ardeur

tu trembles comme on se surprend

à être le lieu puis la réponse

la belle confluence du visage

tu trembles et puis tu ris soudain

parce que l’aile mouillée de ton âme

résiste au vent

lutte seule contre d’inutiles crucifixions

s’épingle doucement sur le soleil en son axe

comme un grand bouquet de disparition

et tu remercies la terre

de son nom jusqu’ici oublié

tandis que partout naissent

des arbres éclairés

de lunes et de papillons

Barbara Auzou

Tendresse / Une sculpture de Francine Hamelin accompagnée de mon poème et de ma voix

Tendresse / Une sculpture de Francine Hamelin

et Francine Hamelin c’est ici :

vois comme il fond déjà 

ce peu de froid à la peau rêche

sous la caresse qui s’invite

le blanc du poème est un muscle de lumière

qui s’abîme en de muettes et tendres oraisons

on le déchiffre sans jamais aller vite

tant il est espace qui se fait et se défait

au rythme d’une commune pulsation

nos yeux cessent enfin d’être des questions

et virent doucement au bleu-silence

quand on reprend l’œuvre entamée depuis l’enfance

un ourlet de peau pour seule adresse

je te touche d’une exception

je fais un jardin sur le lieu de ma préférence

et dans la mécanique verte de mes mains

je couche le songe de ton repos vivant

au creux de ton épaule vivante

et je remonte de bouche en bouquets

la tendresse dévêtue de ton seul sourire

pour y danser sur le temps

qu’on voudrait me faire prendre pour une durée

et qui est une constellation

Barbara Auzou

L’Astronome / Une sculpture de Francine Hamelin accompagnée de mon poème et de ma voix

L’Astronome / Une sculpture de Francine Hamelin

Et Francine Hamelin c’est ici:

toi tu es rompu à la cadence

tu as su rester dans une posture d’enfance

assez pour savoir qu’il y a des secrets

que l’on n’élève qu’au bleu du silence

et que l’on n’a rien appris

quand on demeure à sa propre surface

là où commence le ciel

commencent aussi une blanche cicatrice

saignée de lunes

un abcès d’étoile dont on se fait

une maison de fortune

pareil souci de l’homme

te soulève parfois au patio

accaparé de tes nuits

penché sur leurs images

entre le trop peu et le meurtri

l’oiseau de tes pensées vient pour consoler

leur délit d’être le labeur muet de leurs désastres

tu regardes tendrement dans un coin de l’indicible

ces légions de lutteurs lents

maîtrisant mal l’élastique du muscle

et la duplicité du temps

ces bêtes de somme médusées

le mufle au tapis du visible

comme sur la terrasse d’un monde déserté

tu leur souris pourtant 

et sourire c’est déjà aimer

Barbara Auzou

L’écume des rêves / Une sculpture de Francine Hamelin accompagnée de mon poème et de ma voix

http://L’envolée mandarine est disponible sur le site de l’éditeur , sur Amazon, en commande dans votre Fnac et chez votre libraire.

L’écume des rêves / Une sculpture de Francine Hamelin

Et Francine Hamelin c’est ici

Ton regard est un étrier

délié de houles

qui ne concède rien au temps

travesti en liberté bien trop souvent

et il ravaude mes rêves à même leur soie

jusqu’à me faire un corps attachant

et le bleu lent dont on colore parfois

l’art et la manière

j’ai pour toi l’infini poème tourné en plein coeur

dans la main l’étoile de mer

sans l’ombre d’une réserve

de la douceur l’uniforme élémentaire

et la nageoire folle de ceux 

qui restent invaincus de l’intérieur

tout est nu 

nous pouvons offrir à la nuit noire 

des dessous impeccables

des mots inconnus du langage humain

la folie des ailes dans un silence sans aspérité

l’arbre allumé dans la mémoire vive

 et dans l’entrelacs du sang

 nous solliciterons auprès d’elle

la grâce de dormir en apesanteur

dans l’intimité enfin d’une fusion

Barbara Auzou

Esprit de l’aigle / Une sculpture de Francine Hamelin accompagnée de mon poème et de ma voix

L’envolée mandarine est disponible sur le site de l’éditeur , sur Amazon, en commande dans votre Fnac et chez votre libraire.

Esprit de l’aigle / Une sculpture de Francine Hamelin

Et Francine Hamelin c’est ici


si l’on doit à mes chevilles

accrocher le songe impatient

comme un ordre au milieu de la buse d’un regard

aux juges aux vents aux dieux des libertés ajournées

à tous ceux qui ignorent que la vanité du pas 

ne brille que par la faiblesse des yeux

je tendrai l’arme blanche de mon âme

dont j’usais jusqu’ici très modérément 

et je donnerai à chacun des noms d’oiseaux

avant d’ouvrir mes ailes d’espace

de lancer l’aigle entier de mon coeur 

dans un ciel sauvé des raisons

et du noyau dur

des preuves

je fendrai le ciel

comme on ôte un vêtement familier

et c’est moi encore que vous verrez

tout au bout de votre soif

boire l’eau neuve

d’une fontaine habitée

dans des mains qui s’aident comme des soeurs

Barbara Auzou

Poisson volant / Une sculpture de Francine Hamelin accompagnée de mon poème et de ma voix.

L’envolée mandarine est disponible dans vos Fnac, auprès de l’éditeur et en commande dans vos librairies.

Poisson volant / Une sculpture de Francine Hamelin

Et Francine Hamelin c’est ici:

à toi qui fais si bien ton métier de vivant

qui sais que chaque pierre concentre 

toutes les forces universelles

et qu’on ne pénètre le silence

qu’avec une infinie émotion

je dis qu’il n’est jamais trop tôt 

ou trop tard

parfois les pavillons clairs de nos yeux

partis vers l’horizon en balance

et derrière le patriarcat des nuages

plongent d’un seul tenant leurs filets

dans des profondeurs d’eaux

et si un baiser

tombe parfois de très haut

et se noie

quelque chose d’écorché et sans âge 

dans l’araignée d’un même ciel

se répare

pacifiée la nageoire devenue aile

égrène d’insensées croisières

on sait alors que la solitude n’est pas un fardeau

qu’elle s’enfonce dans les sources

pour revenir rivière

et c’est autant d’écailles sur la peau 

que caressent pour longtemps

les poissons volants de nos vœux

Barbara Auzou