Atelier poésie: Cadavres exquis , la suite.

Les élèves ont souhaité ardemment continuer à composer des cadavres exquis ce mardi…Les voici:

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Les étoiles dansent le swing sur le coucher de marmelade. (Marie)

J’ai croisé un étranger très énergique qui tenait à la main une corde. (Bertille)

Maman lit un livre sur la classification des complexes qui éclaboussent. (Bertille)

Le gang composé d’une dizaine d’opticiens, après une dure sélection, se fait massacrer. (GwenaIs)

Outre la réunion qui nous a usurpés, ma mère a fait cuire des carottes sur la mezzanine. (Gwenaïs)

L’hécatombe de la paresse et la suie du baby-foot se sont déshydratées. (Gwenaïs)

Les esquisses du peintre fléchissaient vantées par l’odeur du Saint -Nectaire. (Capucine)

Les chevreuils purifiés par du phosphate ne reçurent pas leur solde. (Capucine)

J’ai embaumé avec du curry les grosses tentacules gluantes et humides de notre cher papy mourant. (Ronan)

Je dus franchir la douane pour assister à une scène de nudisme. Cela me donna des haut-le coeur et je m’en retournai poussif. Plus tard, j’appris que j’avais la toxoplasmose. (Domitille)

Le cocher s’étira jusqu’à la rupture des ligaments. j’en riais tellement que les larmes ruisselaient. (Domitille)

Le naufragé fut vainqueur face à l’enseignement chinois. (Zoé)

Une grande monarchie, gouvernée par un revenant cornu, avait pour seule passion de faire des mouillettes. (Gwenaïs)

Une sourdine insolente fut envoyée au pénitencier pour avoir détruit une berceuse. (Gwenaïs)

Des chasseurs en shorts garances pourchassaient des animaux détériorés de leurs sagaies à pois. (Gwenaïs)

La confidence d’un intrus sur le passeport d’un plafond triomphe sans écourter la sentence du dindon. (Jade)

Ce fut la stupeur quand on comprit que l’homologue du continent voisin se servait d’un foulard pour devenir astronaute. (Jade)

Les inattendus pomélos s’exposent en énarques réversibles. ( Jade)

La femme de Crésus eut beaucoup de difficultés à remonter son maillot sur son corps en révolution. (Domitille)

L’étable mène à un carrosse en tabatière et le percepteur n’a qu’un mannequin pour miroiter. (Jade)

Déterminé, le tourmenté coupe le minéral avec un ciseau. (Achille)

L’innocente raie du rondouillard s’agita, rejetant de facto un tract en faveur des sanitaires. (Achille)

Atelier théâtre autour d’Anne Frank…La suite avant une pause jusqu’en avril…

La troupe part en tournée.C’était donc hier la dernière séance avec Julia avant une reprise (une dizaine d’heures…) en Avril…D’ici là je veillerai à ce qu’ils travaillent bien leur texte!

Répétition du choeur des garçons:

Répétition de scènes:

 

Puis distribution des répliques pour la suite…

Rendez-vous en avril!

Atelier poésie autour de Frida Kahlo…(2010-2011)

    Il y a quelques années, je n’avais que 9 ou 10 élèves à l’atelier poésie, des filles exclusivement et elles étaient toutes très jeunes (11-12 ans.) . Aujourd’hui ils sont 23 et les garçons, toujours sous-représentés, sont quand-même là…Quelques extraits exhumés de mon disque dur…

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Clouée à sa vie

Jamais elle ne renonça

A ce qui était le plus précieux

Les larmes aux yeux

Enfermée dans ses bandages

Soutenue par une colonne antique

Elle bâtit des temples de douleurs.

 

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Mille morceaux

Corps brisé

Fuit dans la forêt

Ensanglantée

Air vicié

Douleurs chevillées

Ne plus pouvoir s’échapper.

 

Laura.

 

 

Biche égarée au cœur de la forêt

Corps ensanglanté, chairs entamées

Tu soutiens du regard ton bourreau

Alors qu’au loin, il y a la promesse de la mer…

Pourquoi attendre… Avec tes souffrances

Pourquoi ne pas te protéger d’un mal qui te fascine ?

Tu restes là…

 

Audrey.

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Proche

Inaccessible

Réel

Improbable

Comme tatoué

Dans mon esprit

Racines

De mon cerveau.

 

LAURA

 

Tu vis en moi

Gravé dans ma mémoire

Imprimé sur mon front

Tatoué sur ma peau

 

Héloise

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Telle une pâquerette

Sous un tournesol

Je me sens tourterelle

A côté d’un ogre.

Moi si petite

Lui si grand

Comme son ombre je le suis.

Comme une armure, il me protège

Je reste oiseau

Il demeure géant.

 

Laura

 

 

L’homme est si grand

La femme si petite

A côté de lui

Petite souris

Tendre éléphant

Il a peur d’elle

Et elle l’envie.

Marthe

 

 

 

Projet théâtre: la suite. Premiers pas avec la marionnette…

Avant de pouvoir manipuler la marionnette, Thomas Marceul a demandé à mes élèves de faire vivre LEURS BLOUSONS!

 

 

 

Ensuite, Maëlle, a tenté de faire vivre EDITH, la marionnette amenée par Thomas (Edith Frank, la mère d’Anne) suivie par Antoine.

 

 

 

Suite mardi prochain….

 

 

 

 

 

Atelier poésie: Coupure de courant et cadavres exquis.

Exemple du Cadavre Exquis Graphic par Marc M. Gustà, Bernat M. Gustà & Irene Alcón, 2011.

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 Comme nous étions privés de courant pendant la pause méridienne, je n’ai pu projeter comme prévu les fameux poèmes à trous. Aussi , j’ai proposé le jeu des cadavres exquis aux jeunes de l’atelier. (il faut bien s’adapter…)…Sans en suivre les règles toutefois puisque c’est moi qui donnait une série de mots à la volée à chacun d’eux…(Madame, Madame, vous me donnez encore des mots??!! . ça tombe bien, moi j’aime bien donner des mots…)

En voici quelques un:

À la foire, j’ai vu un bébé pleurer dans son landau. Quelqu’un lui avait jeté du persil orange en pleine poire. (Paola)

 

Dissèque les rêveries du fond des mers

Surfe sur la jonquille aux plis des merveilles. (Jade)

 

La machine à coudre se révéla parfaite pour doter de lunettes une chenille.(Zoé)

 

Les palmipèdes audacieux entraient dans les jupons citronnés de la grotte mystérieuse. (Achille)

 

Mouchez mitaines! Tant que le gosier devenu chignon ne sera! (Jade)

 

La table ondulée à coup de chevrotine sert de paravent aux cadavres. (Domitille)

 

Dans les trous de l‘espace dentelé s’avançaient des dromadaires et nous, dans nos cabanes, nous tremblions de peur.(Achille)

 

La permission en interdit , les bonbons de mon enfance tel un rouage de merveilles. (Gwenaïs)

 

La nuit passée, le père Noël , version haute-couture, s’est écrasé sur la mousse de mon toit et a fini en cascades sur le mur. (Ronan)

 

Chaque saison Minerve planque les cacahuètes de l’apéro en ses mouchoirs. (Capucine)

 

J’ai vu un daltonien manigancer, parapluie multicolore à la main et moulures dentaires en poche. (Héloïse)

 

La bougie du camion ralluma le rapace évanoui. (Paola)

 

Des bigoudis se jettent sur un marin qui retombe frisé sur une pelote rouge. (Paola)

 

Cette calamité fantasmagorique préparait une substance à base de laine effilochée (Héloïse).

 

Le parfum d’endive sur un lit déposé

agrémente d’un bleu endormi le vieux parchemin. (Jade)

 

Le train s’arrête à un aiguillage; j’ouvre mon livre de fantastique et une myrtille encapuchonnée s’écrase en un coulis sur ma page. (Achille)

 

Le cuir de la bicyclette a fait naufrage au large de l’église. (Clara.)

 

Atelier poésie: » Poèmes sans les noms », la suite…

Et voici la suite des poèmes sans les noms ( Moulin à Paroles)…Aujourd’hui:

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Où l’on découvre une Jade très prolifique et un Achille égal à lui-même….

 

On cessa de danser et les lumières

ne jouèrent plus tant on était attentif

à contempler les grandes étoiles

de cette immensité.

On n’entendait qu’un souffle confus.

« Ah qu’elle est belle! »

 

Jade, 3ème.

 

 

On cessa de danser et les enfants

ne jouèrent plus, tant on était attentif

à contempler les grandes images

de cette histoire.

on n’entendait qu’un bruit confus:

« Ah, qu’elle est belle! »

 

Paola, 5ème.

 

 

On cessa de danser et les souliers

ne jouèrent plus, tant on était attentif

à contempler les grandes enjambées

de cette malheureuse.

On n’entendait qu’un aboiement confus:

« Ah! qu’elle est belle! »

 

Jade, 3ème.

 

 

On cessa de danser et les tangos

ne jouèrent plus, tant on était attentif

à contempler les grandes envolées

de cette chorégraphie.

On n’entendait qu’un murmure confus:

« Ah, qu’elle est belle! »

 

Zoé, 6ème.

 

 

On cessa de danser et les paroles

ne jouèrent plus, tant on était attentif

à contempler les grandes guibolles

de cette morue.

On n’entendait qu’un brame confus:

« Ah, qu’elle est belle! »

 

Achille, 3ème.

 

 

Achille, 3ème.

 

Et le  texte original:

 

Cendrillon, de Charles Perrault

Le Fils du roi, qu’on alla avertir qu’il venait d’arriver une grande Princesse qu’on ne connaissait point, courut la recevoir. Il lui donna la main à la descente du carrosse, et la mena dans la salle où était la compagnie. Il se fit alors un grand silence. On cessa de danser et les violons ne jouèrent plus, tant on était attentif à contempler les grandes beautés de cette inconnue. On n’entendait qu’un bruit confus: «Ah! qu’elle est belle!» Le Roi même, tout vieux qu’il était, ne laissait pas de la regarder, et de dire tout bas à la reine qu’il y avait longtemps qu’il n’avait vu une si belle et si aimable personne.

Histoires ou contes du temps passé (1697)

 

4ème: La fiction pour interroger le réel… »Victime de la réclame » d’Emile Zola.

 C’est le quatrième chapitre du programme de 4ème et j’ai choisi de le commencer depuis l’année dernière par « Victime de la réclame » d’Emile Zola. Au préalable nous discutons beaucoup (deux heures hier et aujourd’hui en l’occurrence…) autour de questions-clés…Qu’est-ce qu’une fiction? Le réel? la réalité? À quoi prétend la fiction quand elle veut interroger le réel?….Les mots de la même famille (et voilà que « fixation » serait un mot de la même famille que » fiction. »..J’ai exhorté le garçon à essayer de monter un meuble en kit avec une fiction de colle et de venir m’en reparler après s’il était encore vivant…)…affiche

Et puis c’est le premier contact avec les 50 premières lignes de la nouvelle (que vous pouvez écouter ici si vous ne la connaissez pas. Cela dure 12 minutes et c’est d’une modernité folle!)

Existe le barrage du titre.Le mot « réclame » n’est pas compris par cette génération hormis pour deux ou trois qui se souviennent de l’avoir entendu dans la bouche de leurs grands-parents…À la lecture des premières lignes, je recueille les impressions…et ce n’est pas à piquer des hannetons!: « Mais Madame, il est complètement fou, ce type-là! »…Hi..hi… »Mais Madame, il y avait déjà de la pub en ce temps-là? »…Et évidemment, vous vous y attendez EUX ne sont ABSOLUMENT PAS des victimes  des réclames!

L’évaluation finale est évidemment un écrit dans lequel ils seront la piètre victime de la publicité!

 

 

Projet théâtre autour d’Anne Frank: la suite…

Ce matin, Julia a trouvé les élèves un peu endormis…Alors, elle s’est chargée de les réveiller…Et je peux dire que ce fut efficace!

 

Ensuite, les choses sérieuses commencent…Voici le texte correspondant au « choeur » des garçons:

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L’essentiel du travail ce matin a porté sur la voix et la posture…Et il y a du travail!

Suite mardi prochain!

Atelier poésie: » Poèmes sans les noms » 3 et 4.

Toujours à partir des propositions de Christian Jacomino, du site Moulins à paroles , voici les poèmes  3 et 4 accompagnés des propositions des élèves…

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Ronfle clocher

Où l’on entend tout le bruit de la cité

Coup par Coup

Où l’on entend marcher les petits pères

Où l’on entend mugir le curé amer.

 

Achille, 3ème.

 

 

 

Ronfle planète

Où l’on entend tout le souffle de la terre

Pied par Pied

Où l’on entend marcher les petits êtres

Où l’on entend mugir le vent amer.

 

Gwenaïs, 3ème.

 

 

 

Ronfle canard

Où l’on entend tout le bruit de la mare

Palme par palme

Où l’on entend marcher les petits canetons

Où l’on entend mugir les poissons amers.

 

Capucine, 4ème.

 

 

 

Ronfle Bébert

Où l’on entend tout le bruit de la terre

Respiration par respiration

Où l’on entend marcher les petits somnifères

Où l’on entend mugir le cauchemar amer.

 

Benjamin, 4ème.

 

 

 

Ronfle cimetière

Où l’on entend tout le chant de la terre

Caveau par caveau

Où l’on entend marcher les petits vers

Où l’on entend mugir le cadavre amer.

 

Mme Auzou.

Et le véritable poème:

Ronfle coquillage
Où l’on entend tout le bruit de la mer
Vague par vague
Où l’on entend marcher les petits crabes
Où l’on entend mugir le vent amer.

Ronfle coquillage
Ah ! je revois tous les bateaux de bois,
Les voiles blanches
Claires comme un matin de beau dimanche
Ailes de la joie.

Ronfle coquillage,
En toi je retrouve les beaux jours vivants,
Où les mouettes claquaient au vent
Dans un grand ciel bleu gonflé de nuages,
De nuages blancs signe du beau temps.

Ronfle coquillage.

[Dans l’anthologie Pin Pon d’or : Comptines, formulettes, berceuses, rondes, chansons, ritournelles, poésies recueillies par Armand Got, illustrées par André Hellé. Éditions Bourrelier et Cie, 1951.]

 

 

 

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Murmures des voix de mon esprit,

Derniers refuges de la folie!

À sept ans comme il faisait bon,

Après d’ennuyeuses psychothérapies,

Se retrouver dans sa schizophrénie.

 

Ronan, 3ème

 

 

 

Éclaircie des jours de mon errance,

Derniers souhaits de la journée!

À sept ans comme il faisait bon,

Après d’ennuyeuses saisons

Se retrouver dans sa félicité.

 

Jade, 3ème.

 

 

 

Bruits des ruisseaux de mon enfance,

Derniers soupirs de la vie!

À sept ans comme il faisait bon

Après d’ennuyeuses commémorations,

Se retrouver dans sa pensée.

 

Gwenaïs, 3ème.

 

 

 

Crimes des pensées de mon enfance,

Derniers marchés de la guerre!

À sept ans comme il faisait bon

Après d’ennuyeuses errances,

Se retrouver dans sa colère.

 

Elise, 5ème.

 

 

 

Brevet des troisièmes de mon collège,

Derniers examens de la prison!

À sept heures comme il faisait bon,

Après d’ennuyeuses leçons,

Se retrouver dans sa maison.

 

Benjamin, 4ème.

 

 

 

Matin des jours de mon éveil,

Derniers fruits de la cueillette!

À sept heure comme il faisait bon,

Après d’ennuyeuses siestes

Se retrouver dans sa corbeille.

 

Kimi, 4ème.

 

 

 

Tertres des jardins de mon enfance,

Dernier refuge de la raison!

À sept ans comme il faisait bon

Après d’ennuyeuses études,

Se retrouver dans sa solitude.

 

Achille, 3ème.

 

 

 

Joies des herbes de mon enfance,

Derniers soupirs de la saison!

À sept ans comme il faisait bon

après d’ennuyeuses cérémonies

Se retrouver dans sa prairie.

 

Mme Auzou (en version Laura Ingalls)

Et le véritable poème:

Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
À sept ans comme il faisait bon,
Après d’ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !

La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l’encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.

Ô temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d’oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.

[Les amis d’enfance. Quatorze poèmes inédits. Préface de Jean Follain. Avec un portrait du poète par lui-même. D’après la maquette de Christian Delorme. Bourges, Maison de la Culture, 1965.
Repris dans Poésie la vie entière. Œuvres poétiques complètes, préface de Michel Manoll, Seghers, 1978, p. 358.]

 

 

« Une de journal » version « Fake news », la suite…Informer/S’informer/Déformer en 4ème.

J’avais il y a quelques jours présenté la première « Une » de journal réalisée par les élèves de quatrième, ici. voici les suivantes…De l’imagination souvent, des mises en pages non-respectées aussi parfois. Il est vrai que j’avais compliqué l’exercice cette année en les laissant tout faire de A à Z, alors que j’avais « donné » les thèmes des Fake news l’an passé…Quelques constats, les mêmes toujours: les élèves maîtrisent mal le traitement de texte, ne justifient pas leur texte très souvent…L’insertion d’images dans un article reste très compliquée pour beaucoup…Nous avons évalué chaque « Une » en commun selon les critères suivants:

  1. l’article est bien rédigé.
  2. Le choix des photos est pertinent.
  3. La mise en page respecte les codes « journalistiques ».
  4. Chacun a participé au travail de groupe.
  5. Bonus pour l’humour.

Ils se sont attribués de bonnes notes dans l’ensemble!

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et évidemment, ils se sont empressés d’aller les exposer dans les couloirs ( sur lesquels la place commence à se faire rare!)