La confection du livret poésie des élèves est terminée…mais.

J’ai terminé aujourd’hui la mise en page du livret poésie pour les élèves de l’atelier…Il comporte finalement 52 pages, bien plus que je ne pensais…

Voici les premières pages…Je ne parviens plus à me satisfaire esthétiquement de la reliure avec boudins-spirales format A4…Mon souhait serait un format A5 agraffé…Aussi je me tourne vers vous. Quelqu’un connaît-il un service d’imprimerie en ligne en mesure de réaliser 18 livrets de 52 pages pour un moindre coût sachant qu’au delà de 100 euros le collège ne prendra plus en charge? Merci de m’apporter vos lumières!

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Atelier poésie: Dernière séance avant la mise en page du livret.

C’était ce midi la dernière séance d’Atelier poésie consacrée au thème des poètes du 20ème siècle. L’atelier reprendra dans 15 jours avec un thème nouveau et  j’espère pouvoir offrir à chacun des élèves un livret  collectif et relié des  poèmes écrits depuis septembre.

Le dernier poème:  Plein ciel, de Jules Supervielle.

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 J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Et je m’enfonçais

Dans le jour ardent.

Rien ne m’arrêtait.

  J’allais sans savoir

  C’était un navire

  Plutôt qu’un cheval.

  C’était un désir

  Plutôt  qu’un navire.

   C’était un cheval

   Comme on n’en voit pas.

   Tête de coursier

   Robe de délire

   Un vent qui hennit

   En se répandant.

   Je  montais toujours

   Et faisais des signes.

  …Suivez mon chemin,

   Vous pouvez venir

   Mes meilleurs amis

   La route est sereine

   Le ciel est ouvert.

   Mais qui parle ainsi?

   Je me perds de vue

   Dans cette altitude.

   Me distinguez-vous?

   Je suis celui qui

   Parlait tout à l’heure

   Suis-je encore celui

   Qui parle à présent?

   Vous-même, amis

   Etes-vous les mêmes?

   L’un efface l’autre

   Et change en montant. 

Les élèves:

 

J’ai rêvé

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

La crinière flottant au vent

Il galopait sur les nuages

Et buvait les rayons du soleil

Et quand lui s’assoupissait

Je me réveillais en tremblant

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

 

Suzane, 6ème

 

 

Le marchand de sable était passé

Par les vagues du rêve dans le quel j’étais.

Je fus bercée.

J’étais loin au-dessus du monde.

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Et rien n’égalait cette merveille

Ah cette sensation de voler

Entre les nuages illuminés

Par les rayons dorés

D’un soleil embrasant l’horizon

Et le monde était nouveau

À mes yeux

Brûlants de mille feux.

Kimi, 3ème.

 

 

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Le vent déployait son arsenal

À côté une hirondelle

Se battait de son mieux

Mais se cogna à un arbre creux

Elle tomba par terre

Je restais dans la course

J’avançais sur la pierre

La fourrure de mon cheval était douce

Le vent me poussait

Mais je restais

La force me quittait

Et mon espoir demeurait

 

Fanette, 6ème.

 

 

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Galopant sur les nuages

S’abreuvant dans la pluie

Équidé céleste

Hennit sous la foudre écrasante

Ricochets des vents

Tornades imprévisibles changements

Animal fantastique

Fuyant sur terre

Entre les rochers celtiques

D’un lieu sacré

Où personne n’a posé le pied

Protecteur de ces endroits

Même si aucun être vivant ne le voit

La pureté de son cœur

N’est rien d’autre que la fraîcheur

De la liberté et du bonheur

Kimi, 3ème.

 

 

Une fois là-bas

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

La vie était parfaite

Dans la nuée éternelle

Mais ce n’était qu’un rêve

Mes yeux se réveillèrent

Là où j’étais resté

Devant un poney éclairé

Sur des heures trop brèves

 

Enzo, 6ème

 

 

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Il était un peu pâle

J’ai crié au vent

Pour ne pas qu’il s’en aille

Sur un nuage éblouissant

Et me redonne l’envie

De champs fleuris

En aval du ciel

 

Clémence, 3ème.

 

 

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Nous jouions près du canal

Un moment éternel

Mais à minuit

Il s’évaporait dans l’eau

Pourtant il revenait chaque nuit

Et m’offrait un petit bateau

Que l’on posait sur la rivière

Il avançait avec la complicité de l’air

C’était notre secret

On le partageait comme du miel

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

 

 

Fanette, 6ème.

 

 

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Ce n’était pas un nuage

Ce n’était pas un soleil

C’était plutôt une éclaircie

Comme une étoile éternelle

J’aurais préféré avoir un chat

Et la douceur d’un fil de soie

Mais j’avais un cheval

Un cheval comme on n’en voit pas

Avec des yeux d’étincelles

 

Capucine, 3ème.

 

 

J’avais un espoir

dans un champ d’effroi

Une larme gelée

Par temps brûlant

Venant à son tour

me délier les doigts.

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel

Où poussaient des étoiles.

Parfois elles se décrochaient

Charriant dans le vent

Le malheur

Pour laisser derrière elles

Des poussières de bonheur.

 

 

Domitille, 3ème.

 

 

J’avais un cheval

Dans un champ de ciel.

Quand je le montais

Je me sentais belle.

Il éclairait le jour

De rayons de soleil

Et protégeait mes nuits

Des cauchemars éternels.

J’avais une vache

Dans un océan de nuages

Elle était peureuse et lâche

Et pourtant très sage.

Elle était noire

Mais pleine d’espoir

Souriait le jour

Et pleurait la nuit.

Mon cheval et ma vache

Étaient le yin et le yang

De ma jeune vie.

 

Héloïse, 3ème.

Concours de nouvelles historiques du Haut-Cailly: c’est reparti.

J’avais l’année dernière présenté Pauline, élève de troisième, qui avait remporté le premier prix des moins de 18 ans. (c’est ici ) Cette année c’est Kimi (élève de troisième) aussi qui s’y est collé! Je la félicite d’autant plus que je me suis décidée très tard et qu’elle a , de ce fait, bénéficié de peu de temps pour écrire son texte.

Le thème cette année était : Cailly, 1919: Les retrouvailles.

Voici son texte:

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Atelier Poésie (Suite)

Les deux dernières séances (pour ce semestre) seront consacrées à Jules Supervielle.

Il faudra ensuite effectuer la mise en page du livret, imprimer puis relier avant de l’envoyer concourir au prix de la jeune poésie. Et cela doit être fait pour les vacances de Février.

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(…) Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois

Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir. 
Jules Supervielle.

Les élèves:

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Se réveillent en moi

Des souvenirs sournois.

Et je me souviens

Des beaux paysages

Que je pouvais observer

À cet endroit l’été dernier

Et de l’orchidée je revois

le minois.

 

Suzane, 6ème.

 

 

Mon cœur 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Accueille en lui bonheur

Et à la fois tristesse.

La morosité me désempare

Douce comme une caresse

Prenant le contrôle de mon âme.

L’espoir arrive accompagné du mélodrame.

 Sa musique mélancolique

Qui emplit le regard

Donne aux mots un sens.

Nostalgie du moment

Les larmes dévalant

Les joues et la vie continue

Riant des sentiments.

Kimi, 3ème.

 

 

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Les lumières dansantes

Prenant place dans le ciel

Deux cœurs enlacés

Au secret d’une nuit glacée

prennent peur

Et s’enfuient dans le petit jour.

 

Héloïse, 3ème

 

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Le mal évolue

Comme un arbre immortel

Et grandit de la mort des vivants

Qui deviennent eux-mêmes avec le temps

Des fantômes méprisants.

Emma, 6ème.

 

 

Dans ces bois obscurs

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

À jamais je vois

La beauté pure d’un paysage

Dont le vert a mangé le temps.

Je me réveille au soleil usé

D’un monde révoltant.

 

Clémence, 3ème.

Encore frissonnant 

Sous la peau des ténèbres

Elle lance des cris déchirants.

C’est la mort qui enterre

Des gens encore vivants

Dans un cimetière de pierre

Du marchand à la chocolatière!

Elle les tue jusqu’au dernier!

On l’a vue cachée dans un terrier

Endormie sur l’oreiller du printemps!

Fanette, 6ème.

 

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Le cœur hésitant

Dans les bras obscurs

La silhouette avance

Sans se débattre

Comme vide

pas à pas

Puis près de la torpeur nocturne

Elle continue

Même tombée

À toujours se relever

La lisière dépassée

Le regard dans le vague

Peu à peu se ranime

la surplombant

La lumière contraste

Ici

Sous la lune.

 

Kimi, 3ème.

 

 

Je me réveille encore une fois

Dans mon monde à moi

Encore frissonnant 

sous la peau des ténèbres.

Je m’invente un rêve

Tout en noir et blanc

J’attends le soleil levant

Qui dessine durablement

Le contour de mes lèvres

Sur le papier de l’instant.

Jade, 6ème

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Le Marchand de Venise »: initiation théâtrale en classe de troisième.

J’ai demandé à la compagnie Naxos théâtre qui était déjà intervenue auprès de ma classe de troisième l’année passée, de revenir cette année pour 21 h d’initiation théâtrale autour du Marchand de Venise de Shakespeare. J’avais donné la pièce à lire dès le début de l’année.

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Rémy , comédien ,a fait connaissance avec la classe en proposant quelques jeux collectifs..

 

Les élèves ont ensuite découvert les extraits choisis…

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Puis se sont les premières lectures…Les filles joueront les rôles masculins et vice-versa.

Les rôles sont distribués…, Les groupes de travail formés…Quinze jours pour apprendre les textes!

« La Ville: lieu de tous les possibles »: Travaux d’élèves. (4ème)

Depuis deux ans maintenant je demandais à mes élèves de prendre une photo insolite de leur village et de décrire cette photo. Cette année, pour changer, je leur ai demandé de chercher l’étymologie du nom de leur village et d’inventer ensuite une légende…

capture département

capture cleres

Les élèves du collège de Clères viennent des communes d’Anceaumeville, La Houssaye-Béranger, Grugny, Mont-Cauvaire, Frichemesnil, Bosc-Le-Hard, Esteville, Cailly, le Bocasse, les Authieux-Ratiéville, Claville-motteville, Clères…Un collège de demi-pensionnaires bien évidemment…

Quelques travaux interessants:

etymologie 1

etymologie 2

etymologie 3 a

etymologie 3 b

Annette messager/ Alberto Giacometti: « Nos chambres »…

Jusqu’au 13 janvier, institut Giacometti, Paris 14ème.

Annette Messager - Alberto Giacometti - La parade de l'ecureuil pour Annette

Dans la peau de l’admiratrice, la plasticienne française rend un hommage plein de justesse au peintre suisse.
C’est une maison biscornue, un peu kitsch, datant du début du XXe siècle. Malgré l’étroitesse des portes et la distribution des petites pièces assez peu propice aux déambulations — et encore moins à la foule —, c’est dans cet endroit que la Fondation Giacometti a installé son nouveau lieu d’exposition baptisé « institut ». La rénovation a conservé la décoration Art déco de l’époque, assez lourde (la cheminée, les lambris, etc.), et préservé ainsi une sorte d’intimité, comme si l’on se trouvait dans l’ancienne demeure de Giacometti, alors qu’il s’agit de la maison du décorateur Paul Follot (1877-1941). Conséquence de l’exiguïté : les billets d’entrée n’y sont pas vendus et doivent être achetés sur Internet.

Côtoyer un géant réclame de la modestie

Invitée à partager l’espace et à se confronter à l’œuvre de l’artiste suisse, la plasticienne française Annette Messager joue avec cette illusoire intimité, renforcée par l’homonymie de son prénom avec celui de l’épouse de Giacometti. Ainsi, de la masse des documents conservés par la Fondation, elle extrait un bout de papier sur lequel, le 8 juillet 1958, singeant un acte officiel, Alberto déclare son admiration (toute relative si l’on tient compte de ses réserves) pour l’intelligence d’Annette… Ou, sur un meuble, au milieu des photographies d’époque montrant Giacometti avec ses proches, elle place discrètement la sienne. C’est la partie attendrissante de l’exposition.

Plus rompue à l’installation qu’à la sculpture, Annette Messager se con­ten­te pour le reste d’un jeu formel. A l’aide de ses matériaux habituels liés à l’enfance (peluches, poupées, etc.), elle copie les sculptures de Giacometti : au célèbre Nez de 1947, elle oppose Mère et enfant (2018), composé de deux peluches, et face à Annette debout(1954), elle installe La Parade de l’écureuil pour Annette (2018), empilement d’un animal empaillé et de coussins recouvert d’un filet noir. On peut en sourire. L’artiste française s’en sort mieux avec une installation ancienne (Sans légende, 2011-2012), faite d’objets noirs amassés au sol où figurent trois reproductions de sculptures de Giacometti, et dont les ombres projetées sur le mur par des lumières tournantes rendent un hommage mélancolique à l’artiste suisse. Côtoyer un géant réclame de la modestie.

D’ordinaire, dans une exposition, les œuvres fortes tuent les plus faibles — on le constate avec Le cubisme à Beaubourg, où les Picasso, Braque et Léger anéantissent les autres. Or ce n’est le cas ni pour Messager face à Giacometti. Parce qu’en jouant le rôle à la fois pervers et touchant de la petite fille face à son papa, elle se met dans la peau de l’admiratrice.

Annette Messager La mère et l’enfant 2018

Je suis très admirative du travail d’Anne Messager, et depuis longtemps….

Il y a quelques années, j’avais demandé à mes élèves de troisième d’amener un objet qui les représentait et nous avions monté une exposition temporaire au collège, à la manière de « Mes petites Effigies » de l’artiste.

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Un article sur cette exposition éphémère ici.

Atelier Poésie: Suite.

Les élèves ont travaillé aujourd’hui d’après cet extrait de « Inclus » de Guillevic.

Dans une ambiance…Comment dire…très tonique.

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En somme,
Avec les mots,
C’est comme avec les herbes, 
Les chemins, les maisons, tout cela
Que tu vois dans la plaine
Et que tu voudrais prendre.
Il faut les laisser faire,
Par eux se laisser faire,
Ne pas les bousculer, les contrarier,
Mais les apprivoiser en se faisant
Soi-même apprivoiser.
Les laisser parler, mais,
Sans qu’ils se méfient,
Leur faire dire plus qu’ils ne veulent,
Qu’ils ne savent,
De façon à recueillir le plus possible
De vieille sève en eux,
De ce que l’usage du temps
A glissé en eux du concret.

Guillevic (extrait du recueil « Inclus » – Gallimard, 1973)

 

les élèves:

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes,

Comme les feuilles avec les arbres

Comme les arbres avec les passants

que le vent endort les berçant

Comme le soleil avec les fleurs

Comme le pouls avec le coeur.

 

Clara F, 5ème.

 

 

 

Les paroles et leurs sous-entendus sonnent faux

Blessant, réconfortant de leur caractère acerbe

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes

A mon oreille, sont les plus doux

Annoncent les bonnes comme les mauvaises nouvelles

Sent-on leur présence tout autour de nous ?

Certains donnent la vie, d’autres la scellent

Mais à force de les entendre

Finit-on par ne plus les comprendre ?

La vie est insipide

Et le silence des plus arides

Leurs sens propres à chacun

Leurs images si étranges

Et pourtant,

On y lit à travers

Comme dans un livre ouvert.

 

kimi, 3ème.

 

 

 

Avec les mots

C’est comme avec les herbes

Ça meurt ça vit au fil des saisons

Je ne vais pas vous faire un proverbe

Les proverbes c’est comme les mots

Ça va, ça vient pour s’envoler

Comme des pétales

Légères comme un âme

Sur le point de s’envoler

Comme les mots

Comme un pétale

Comme les herbes

Comme un proverbe

 

Domitille, 3ème

 

 

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes

Ils s’étendent, s’étirent

et peuvent mourir.

C’est leur destin.

Les mots sont divins

et rêvent de saisons

où s’endormir.

 

Suzanne, 6ème.

 

 

 

Par amour, il faut faire attention

Pour une belle déclaration.

Il faut être doux comme des chiots

Avec les mots

C’est comme avec les herbes

Et ce sera superbe

Donnez-leur une fleur

Il sera de bonne humeur

Et glissera comme un pinceau.

 

Fanette, 6ème.

 

 

 

Quand j’étais petite

chez mes grands-parents

Mon grand-père me disait

Tu vois mon enfant,

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes

Il faut les comprendre, il faut les connaître

il faut en prendre soin

et il t’emmèneront loin.

C’était la grammaire de nos jardins.

 

Alice, 6ème.

 

 

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes,

Ça envahit l’espace

Prenant place doucement

Envahissant tout sur son passage

Pour ensuite laisser place au silence

Calme, froid

Les mots et les herbes

Flottant dans le vent

Tous c’est non-dits, ces mensonges

Qui un jour sortiront de l’ombre

Sont pour l’instant cachés

Tel un secret

Grandissant sans regrets

 

Héloïse, 3°

 

 

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes,

Il en existe plein: des gratuits

Et puis

Des mots agréables que les gens ne disent pas

et quand vient la nuit ils couchent des mots terribles

Dans les champs sous des grands draps.

 

Emma, 6ème.

 

 

 

Avec les mots, 

C’est comme avec les herbes.

Les gens sont faux

Éclos parmi des fleurs superbes

Sur le joli champ du quotidien.

 

Clémence, 3ème.

 

 

 

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes

Le temps est compté

Et il ne faut pas faire d’histoires.

On continue à trembler,

Le crayon à la torche qui écrit

Ces mots qu’on écorche

sans raison retombés.

 

Alexis, 6ème.

 

 

 

La mise en voix en classe de sixième…

C’est une pratique à laquelle je tiens beaucoup.J’explique toujours aux élèves qu’on ne lit pas un texte mais qu’on le DONNE… Aussi, régulièrement je leur donne à apprendre des extraits de romans et leur demande de travailler à la mise en voix…Ici, un extrait de Construire un feu de Jack London. Ce n’est pas encore tout à fait ça..mais déjà il se passe des choses…

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Atelier poésie (suite)

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Les élèves poursuivent  (voir  ici) leurs créations à partir de trois poèmes d’Apollinaire.

 

 

La Tzigane:

 

                                                      La tzigane savait d’avance                                                                     téléchargement (2)

Nos deux vies barrées par les nuits

Nous lui dîmes adieu et puis

De ce puits sortit l’Espérance

L’amour lourd comme un ours privé

Dansa debout quand nous voulûmes

                                           Et l’oiseau bleu perdit ses plumes

                                       Et les mendiants leurs Ave

                                    On sait très bien que l’on se damne

                                       Mais l’espoir d’aimer en chemin

                                       Nous fait penser main dans la main

                                      A ce qu’a prédit la tzigane.

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Les élèves:

 

Nos deux vies barrées par les nuits

sont si tristes qu’elles le nient

Sobres sont leurs pensées

telle une marée étrange dès l’arrivée.

Le brouillard

dans le noir

éteint le feu

de tes beaux yeux.

Fanette, 6ème.

 

 

Nos deux vies barrées par les nuits

Un soir d’été

paraît doré.

Sur le fleuve

s’éloigne lentement

une belle saison.

Des morsures de froid, déjà

se glissent dans nos doigts.

C’est bien lentement

que les feuilles tombent.

L’oiseau de feu a perdu sa voix.

La guerre des saisons n’est pas terminée.

Clara F, 5ème.

 

 

 

Nos deux vies barrées par les nuits noires

Sont maintenant ouvertes sur l’heure du jour

Et pleurent des torrents d’amour.

L’homme de ma vie est parti.

Il est enterré dans ma mémoire

Sous un rideau de pluie.

Suzanne, 6ème

 

 

 

Ce que je pense mais que vous ne pouvez voir

L’effet des paroles qui me remplissent d’espoir

Et cette frontière

Limite de mes sentiments

Et tous ces doutes dans le soir qui descend.

Alors que la raison me pousse à l’abandon

Mon cœur vibre et chantant de la plus puissante ardeur

Je vis de cette situation.

Toutefois de ce mur qui m’en bloque l’accès,

Je pleure

Et les larmes abondantes ne sont que les lames

Qui déchirent notre lien comme le pire des drames.

Il les plante inconsciemment

Puis me soigne pour enfin accentuer le saignement.

Est-ce ma raison qui ne peut penser à mal

Ou mon cœur qui de cet amour refuse l’issue fatale?

Nos deux vies barrées par les nuits

Son cœur qui sans cesse me fuit

Je pleure

Parce qu’on m’a fait découvrir le bonheur.

 

Kimi, 3ème.

 

 

 

Nos deux vies étaient barrées par les nuits

Tel était écrit

Plongé dans le noir

Raccroché à ce peu d’espoir.

La tzigane avait dit

Qu’il en serait ainsi.

Que cela serait bientôt fini.

Alors ils attendent

Donnant le change

Mais c’est le destin

Il n’est jamais très loin.

 

 

Héloïse, 3ème.

 

 

Nos deux vies barrées par la nuit

Se sont éloignées avec le vent

Le plus effroyable châtiment

Une maladie sans remède

Nous plonge dans l’éternité des heures

et leur mensonge erroné.

Les marches du temps dans les mains

Nous n’imaginons plus le sommeil.

On nous berce dans le trouble.

Et on ne sait plus pourquoi on est là.

 

 

Domitille, 3ème.

 

 

Je suis la lune tu es le soleil

Tu es la neige infinie et je suis la pluie.

Nos deux vies barrées par les nuits,

Je t’attends près du sapin sur la colline.

J’ai jeté l’ennui dans le ravin.

Alice, 6ème.

 

 

 

Les portes fermées sur cette pièce sombre

Des yeux phares éclairant la pénombre

Ta main sur la mienne

Déjoue toutes les ombres

Et éloigne mes peurs anciennes.

Nos deux vies barrées par les nuits

Pour dire tristement

Qu’à nos paumes le temps fuit.

Clémence, 3ème.

 

 

 

Entre le jour et la nuit

La lumière est infinie.

Encore une sombre nuit d’hiver

qui remet à plus tard le printemps

Et nous fait souffrir sans bruit.

Nos deux vies barrées par les nuits

Se rejoignent dans un pull-over

Trop grand.

Jade, 6ème.

 

 

Clair de Lune.

Lune mellifluente aux lèvres des déments
Les vergers et les bourgs cette nuit sont gourmands
Les astres assez bien figurent les abeilles
De ce miel lumineux qui dégoutte des treilles
Car voici que tout doux et leur tombant du ciel
Chaque rayon de lune est un rayon de miel
Or caché je conçois la très douce aventure
J’ai peur du dard de feu de cette abeille Arcture
Qui posa dans mes mains des rayons décevants
Et prit son miel lunaire à la rose des vents.

 

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Les élèves:

 

 

Sous la lune, la promenade ensorcelée

Suivie par le soleil, si près

Marchant sur ses pas.

Peu importe, même le trépas

Qui posa dans mes mains des rayons décevants.

Lorsque je le vis apparaître, titubant,

II n’était plus que l’ombre de lui-même.

La joie de vivre envolée sur son visage blême

Et la tristesse lui prenait sa place.

Encore une fois, mon être loin de lui s’efface.

Kimi, 3ème.

 

 

 

Le soleil est triste aujourd’hui.

On dirait qu’il n’a pas de vie

Et celui qui posa dans mes mains des rayons décevants

C’était lui.

Car l’orage régnait irascible

Et le soleil baignait

Dans une lumière invisible.

Fanette, 6ème

 

 

 

Chaque rayon de lune

Est un rayon de miel

Qui me réveille

Qui m’émerveille

Mais toi, mon image de brume

Qui posa dans mes mains

Des rayons décevants

Sache que rien, pas même le vent

N’éteint durablement le soleil.

Suzanne, 6ème.