Consommé (reprise 2017)

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C’est qu ‘il fallait jouir

vêtus de notre seule

impatience

à balayer de rires

comme en transe

le spectre des mille envies

sa gueule béante

qui éloignerait la peur

lancinante de mourir

 

C’est qu’il fallait éloigner

mille bouches de cellophane

aux bras ligotés

qui psalmodiaient

métal aux oreilles tendres

la joie de posséder

et du tout-à-vendre

 

 

Il faut aujourd’hui

enterrer le leurre

du bonheur à tout prix

et tendre

aux désirs de désir

nos mains non-consentantes

 

 

Barbara Auzou

Ma bête précise

ma bete precise

L’âge et puis tout ce qui nous ronge

Avec la somme de ses désastres que tu décortiques

Comme une cacahuète toi mon petit primate

De printemps

Ma bête précise tout simplement

Tu t’es assise sur mon visage

Pour voir couler l’eau l’éponge du temps

Et le jardin avenant des astres

 

Depuis les oiseaux envient ton sourire

 

Barbara Auzou.

Marie/Guillaume Apollinaire

apollinaire

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

 

 

 

 

 

 

La poésie est un surplus d’étoiles

Van Gogh, La nuit étoilée

la poesie est un surplus d'étoiles

La poésie se jauge s’use et se pend sur la toile

Oublie de se composer un visage avec ce surplus d’étoiles

Lancé comme un sourire fendu vers les fenêtres

La poésie abuse peut-être mais comment voudriez-vous

Qu’elle vous remercie de vous être attardé ici  Posez-vous

Longtemps Enlevez vos vêtements Que l’on parle sérieusement

Dans la marge du dire de tout ce qui la crucifie De la ruse

Du spectateur qui tend son assiette à l’autruche de son désarroi

Soyez admis pour toutes et une bonne fois

Veilleurs d’étoiles

 

Barbara Auzou.

Comme une blessure à chaud

blessure à froid

Nous entrons partout

Tout est naissance

Nos mots sont des lieux

Où gonfle notre impuissance

Pourtant à orienter le monde

Dans les fissures et les caresses

De nos yeux pousse la boule

Rousse d’un inexorable

Qui poursuit sa ronde

Comme une blessure à chaud

Je n’ai rien à susurrer

Au goitre poétique

De la reconnaissance

Je garde mes oiseaux

Dans les robes suspendues

De ma gorge où se dressent

Des arbres nécessaires

 

 

Barbara Auzou.

Années /Eric Dubois

Photo/© Jean-Baptiste Mognetti.

Eric Dubois

 

 

Il faut composer

des bruits s’en extraire

 

Chaque plan

chaque histoire

 

De la trousse

sortent les mots

 

Ecrire

c’est aussi inscrire

 

Sur les frontons des visages

l’écume du temps

 

Les panneaux indicateurs

dans quelle direction

 

 

Années

chiffres nombres pour quel résultat

 

Tarit le langage

au pied de l’arbre sentinelle

 

« Mais qui lira le dernier poème ? » Editions Publie.net , 2012. 

 

 

Ecrivain en Poésie, publié aux éditions Le Manuscrit, Encres Vives, Hélices, Publie.net, L’Harmattan, Unicité, depuis 2001 et qui collabore de temps à autre par des poèmes avec la collagiste et plasticienne Ghislaine Lejard à la réalisation de riches enveloppes et de livres pauvres. A noter ma présence dans de nombreuses anthologies  depuis 2004. On peut trouver aussi mes poèmes et  mes articles en revues et sur des sites littéraires depuis 1995.

 

Parfois, il m’arrive de  dessiner, peindre,  photographier et  bricoler des vidéos, en autodidacte.

 

On peut me trouver, référencé au Centre National de Ressources pour la Poésie ( Le Printemps des Poètes) et à la Maison des Ecrivains et de la Littérature  ,  dans l’Anthologie Progressive de Poésie en Liberté et  sur Evene ( Le Figaroscope)  ainsi que sur le site de l’Union des Poètes & Cie  et sur le site de la  SGDL . A noter aussi une notice me concernant  sur le site de Movimiento Poetas del Mundo .

 

Transmettre ma passion de l’écriture, de la littérature, de la poésie et des poètes, à mes contemporains et aux générations futures, occupe également mon temps  en étant  responsable de l’association Le Capital des Mots  depuis 2015 et en animant le blog Le Capital des Mots depuis 2007, tout comme en ayant animé de temps en temps avec Jean-Claude Caillette ou en ayant chroniqué ponctuellement dans l’émission « Le lire et le dire » sur Fréquence Paris Plurielle (106.3 fm Paris) de 2010 à 2018, en essayant depuis 2017 d’être attaché de presse pour le  webmagazine Levure Littéraire, en ayant participé de 2014 à 2018  au Collège du Prix Littéraire Rive Gauche à Paris  et  depuis 2016 au Comité de lecture du Concours  Poésie en Liberté.  Je suis membre aussi de  l’association Rive Gauche à Paris,

A lire aussi mes autres blogs : « Les tribulations d’Eric Dubois » , « Joinville le pont. Voyage immobile dans le temps suspendu. » , « La pierre de l’aube » ,  « Nouvel Orphée  »  et   sur Mediapart : Eric Dubois poète, blogueur et chroniqueur .

 

Vous pouvez aussi me retrouver sur FacebookTwitter et Instagram.

La reconnaissance ? La postérité ? Si, un jour, on retient de moi, un ou plusieurs poèmes, ce sera déjà merveilleux, et ma mission aura été accomplie…

 

La poésie est un pied blessé

ecaille de lune

La poésie est un pied blessé dans la foulée des conquérants

Une écaille de lune par les mots traversée qui réclame le firmament

D’une autre gestuelle

La poésie est une citadelle où quelque chose s’est tu avant de parler

Au coeur d’un autre soleil déjà

C’est un vent debout décanté et tout droit

Le corps nu sous le vin de la robe

Le langage premier d’une nécessité qui ne mine que les fous

 

Barbara Auzou.