L’été encore / (Reprise)

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Il y a dans l’été quelque chose de la fin du monde

et les heures égales penchées sur leur propre dépouillement

suintent d’une peine blonde que seule l’eau console d’un impossible essor

Le soleil titube en habits de fête entre les âmes et les pins parasols se demandant si maintenant est définitif

Puis s’éloigne en aval d’un ciel déchiré d’un grand coup de canif

qui n’accouchera pourtant d’aucune tempête

Ecouter ton silence est devenu ma seule façon de voir

 

Barbara Auzou

Météores

tous les vains rideaux de nos vies sont nichés

désormais dans une antichambre un repli quelque part

en mer de Thessalie j’ai semé mes ex-voto de galets

peints et de miel sur les mythologies de nos peaux

il y avait des blocs arrondis en plein ciel des cordes

et des échelles pour les mots et tous les élans qui s’accomplissent

on a ri devant le pain de sucre de nos âmes à peine entaillé

par la lame des saisons qui avait sculpté ces parois lisses

contre des arbres debout sur une seule jambe tremblants

séculaires et tout en visions

 

Barbara Auzou.

Cette femme / (Reprise)

cette femme

Je suis cette femme qui sait la fatigue

que l’on accroche fatale à l’oubli

des arbres où passe et repasse la lame

de lumière Celle qui essuie le pourpre des âmes

sur le torse anobli  d’un sein lourd

Je laisse pousser l’amande verte des drames

sur l’amphore du dos vif Caravelle aux

voiles déployées je fais tourner souriante

mon silence sur un carrousel d’oiseaux

qui briguent le bleu mandat de l’amour

Pour seule géographie de référence

 

Barbara Auzou.

Une fée en hiver / René Depestre

Une fée s’est réveillée dans le poivre gris de l’hiver.
Un papillon l’a précédée au-dessus de la cheminée.
Une fête !
Une fête d’amour autour des vivants et des morts ! le feu brille dans mes mots du soir : chaque instant est un éclat de rire qui fait battre la vie à se rompre !



voici la fée qui se déshabille

sur l’égarement de mes cinq sens.

Une odeur de brûlé s’élève

de sa justice de femme.

Sa chaude lune est

le songe d’un très vieux songe de poète.

Sa force tendrement animale

est un pollen de papillon

sur l’oreiller d’un pharaon d’Egypte !

que la nuit apporte sa tendresse



aux yeux de reine vigilante !

que la maison reste en fleur

dans la neige de son souvenir !

salut, ombre bien-aimée d’Hadriana !

tes semences sont à ma porte

ta joie saute dans mon lit

pour rendre soudain la vue

à l’aveuglement de mes années !

L’EPOQUE 2020 / AUTOMNALE 4

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-septième de cette nouvelle Époque 2020 avec le peintre Niala : AUTOMNALE 4  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/47″Automnale 4
Niala
Acrylique s/toile 50×50

 

Je te couronne d’un arbre allumé au mitan de ton destin

Et tes pensées crêtées de roux ont des flambeaux pour parfum

De tête des feux incandescents pour  chemins

Ressuscitant de lui-même le caramel de l’instant fond

Dans un heurt de lumière bouclée derrière tes fenêtres

Ta présence têtue sur toutes les brèches n’a pas de fin

Tu désarmes le cuivre des saisons

 Tu pousses les globes des moissons

Terrestres dans une scandaleuse discrétion

Qui n’a d’égale que la brûlure

 

Barbara Auzou.