Jours de laines

cabri

C’est dur C’est doux

Ce néant saisi au creux du genou

des vicissitudes après des années d’alibis

colonisées part tout ce qu’on apprit

d’incertitudes et le dire blessé par le poids

des habitudes roule ses désirs élémentaires

dans le velours élimé des déveines que rien ne rassure

Pourtant dans l’intime prairie de notre ardeur altière

caracole pour longtemps le cabri magnifique de nos jours de laines

 

Barbara Auzou.

Automne VIII

automne 8

Je rends la peau à ses saisons et à ses cicatrices

J’ai reçu de floraisons nées de l’écorce de tes mains assez pour tenir tête au vent dans sa reptation étrange

Dans leur nid de veille elles roulent féroces vers le poumon orange d’un seul soleil escorté de ses lendemains

L’histoire dira comment j’ai habité la maison

et quel profil j’ai tendu à l’infini rêvant d’un poème vertical où tu plantas toutes les épices

 

Barbara Auzou

Acquiescement

aquiescement

Ce n’est pas assez que le vertige du vent et son tacle pour nettoyer le sang de son fond de mer

et déchiffrer l’oracle entrevu dans sa tranchée Donne-moi cette seule vue qui travaillant à mon insu creusait à mains nues l’envers du spectacle

j’attendrai au transparent de tes yeux médusés l’acquiescement de mes actes

 

Barbara Auzou.

Pour toi mon amour/Prévert/ Reggiani

Je suis allé au marché aux oiseaux
Et j’ai acheté des oiseaux
Pour toi
Mon amour

Je suis allé au marché aux fleurs
Et j’ai acheté des fleurs
Pour toi
Mon amour

Je suis allé au marché à la ferraille
Et j’ai acheté des chaines, de lourdes chaines
Pour toi
Mon amour

Et puis, je suis allé au marché aux esclaves
Et je t’ai cherchée
Mais je ne t’ai pas trouvée
Mon amour

Là.

LHymne a laurore par Paul Landowski

Et cet entêtement de vie

cette rage à désencager l’esprit

pour lui rendre le seul espace habitable

est comme l’étirement soudain du corps ravi

jusqu’à la seule mesure d’un espoir gonflé de mains

simple comme la terre lavée de sa face obscure

moelle sur le matin chauffée à blanc

où les choses témoignent de leur image hautement probable

 

Barbara Auzou.

Transir/René Char

RenéChar

Cette part jamais fixée, en nous sommeillante, d’où jaillira demain le multiple.

L’âge du renne, c’est-à-dire l’âge du souffle. Ô vitre, ô givre, nature conquise, dedans fleurie, dehors détruite!

Insouciants, nous exaltons et contrecarrons justement la nature et les hommes. Cependant, terreur, au-dessus de notre tête, le soleil entre dans le signe de ses ennemis.

La lutte contre la cruauté profane, hélas, vœu de fourmi ailée. Sera-t-elle notre novation?

Au soleil d’hiver quelques fagots noués et ma flamme au mur.

Terre où je m’endors, espace où je m’éveille, qui viendra quand vous ne serez plus là? (que deviendrai-je m’est d’une chaleur presque infinie).

Et toujours ce poisson vif-argent

Paul Klee

paul klee

J’écris

sur le dos de l’horizon

pour tenter de saisir le sanglot

du convoi en dormant moins seule

pour poursuivre encore ce poisson

vif-argent qui glisse sur les mots

J’écris

pour faire venir la mer

et ses histoires à l’envers

qui nous taraudent jusqu’au sel

jusqu’aux balafres du silence qui feulent

fidèlement en s’allongeant sur le môle

charriant ma mémoire

et ton visage

 

Barbara Auzou.

 

Atelier poésie: Séance 6

Trois tableaux de Chagall répartis entre les élèves aujourd’hui: Un petit échantillon de ce qui a été écrit…(Je manque un peu de temps pour tout recopier…)

Le Coq (1929)

le coq

Promenade enchantée

Galop effréné qui enjambe la douleur

Le fleuve endormi n’a pas encore révélé

Tous les secrets de l’amour

Et tu agrippes ta peur

Franchissant la crête de mon cœur

 

Léonce, 6ème

 

 

Viens avec moi

Flamboie

Vois ce fleuve endormi

Navigue sur ta nuit

Étreins-moi 

Et trouve ta gloire

Dans la lumière du soir

Trouve l’amour en moi

Et la crête de nos émois

 

Thomas, 6ème

L’anniversaire (1915)

l'anniversaire

On vivra d’amour

et d’eau claire

dans le vase des saisons

dans le nid doux de notre maison

de bouquets et bouquets

de roses

la narine en fleur

capables de toutes les métamorphoses

 

Camille, 6ème

 

Au-dessus de la ville (1924)

over-the-town-1918

Des chemins vierges de peur

escortent les anges de l’être

 réparent l’espace à la faveur

d’un amour que plus rien ne dérange

 

Lina, 6ème