Julius Baltazar par Guillevic.

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Moi, Julius baltazar,

Je suis là où je ne suis pas,

Mais où j’irai,

 

Accompagné par des fulgurances

Qui se jettent dans l’incertain

Mais que je guiderai

 

Avec l’aide bénévole du vent,

De l’eau, de pas mal de terres

 

D’un feu qui rêve lui aussi

D’atteindre le foyer originel

Où travailler sa braise.

 

Eugène Guillevic, 1989.

« La poésie sauvera le monde » par Jean-Pierre Siméon.

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« La poésie n’est pas un communiqué, elle n’informe de rien: elle interroge. »

« Nous ne sommes rien, dit le poème, que notre relation émue à l’autre, fût-il cet autre arbre ou visage. »

Jean-Pierre Siméon remplace désormais André Velter à la collection Gallimard poésie après avoir été de 2001 à 2017 le directeur du Printemps des poètes.

Je vous renvoie à l’article très complet que la revue Traversées lui consacre.

Atelier poésie: Cadavres exquis , la suite.

Les élèves ont souhaité ardemment continuer à composer des cadavres exquis ce mardi…Les voici:

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Les étoiles dansent le swing sur le coucher de marmelade. (Marie)

J’ai croisé un étranger très énergique qui tenait à la main une corde. (Bertille)

Maman lit un livre sur la classification des complexes qui éclaboussent. (Bertille)

Le gang composé d’une dizaine d’opticiens, après une dure sélection, se fait massacrer. (GwenaIs)

Outre la réunion qui nous a usurpés, ma mère a fait cuire des carottes sur la mezzanine. (Gwenaïs)

L’hécatombe de la paresse et la suie du baby-foot se sont déshydratées. (Gwenaïs)

Les esquisses du peintre fléchissaient vantées par l’odeur du Saint -Nectaire. (Capucine)

Les chevreuils purifiés par du phosphate ne reçurent pas leur solde. (Capucine)

J’ai embaumé avec du curry les grosses tentacules gluantes et humides de notre cher papy mourant. (Ronan)

Je dus franchir la douane pour assister à une scène de nudisme. Cela me donna des haut-le coeur et je m’en retournai poussif. Plus tard, j’appris que j’avais la toxoplasmose. (Domitille)

Le cocher s’étira jusqu’à la rupture des ligaments. j’en riais tellement que les larmes ruisselaient. (Domitille)

Le naufragé fut vainqueur face à l’enseignement chinois. (Zoé)

Une grande monarchie, gouvernée par un revenant cornu, avait pour seule passion de faire des mouillettes. (Gwenaïs)

Une sourdine insolente fut envoyée au pénitencier pour avoir détruit une berceuse. (Gwenaïs)

Des chasseurs en shorts garances pourchassaient des animaux détériorés de leurs sagaies à pois. (Gwenaïs)

La confidence d’un intrus sur le passeport d’un plafond triomphe sans écourter la sentence du dindon. (Jade)

Ce fut la stupeur quand on comprit que l’homologue du continent voisin se servait d’un foulard pour devenir astronaute. (Jade)

Les inattendus pomélos s’exposent en énarques réversibles. ( Jade)

La femme de Crésus eut beaucoup de difficultés à remonter son maillot sur son corps en révolution. (Domitille)

L’étable mène à un carrosse en tabatière et le percepteur n’a qu’un mannequin pour miroiter. (Jade)

Déterminé, le tourmenté coupe le minéral avec un ciseau. (Achille)

L’innocente raie du rondouillard s’agita, rejetant de facto un tract en faveur des sanitaires. (Achille)

Atelier théâtre autour d’Anne Frank…La suite avant une pause jusqu’en avril…

La troupe part en tournée.C’était donc hier la dernière séance avec Julia avant une reprise (une dizaine d’heures…) en Avril…D’ici là je veillerai à ce qu’ils travaillent bien leur texte!

Répétition du choeur des garçons:

Répétition de scènes:

 

Puis distribution des répliques pour la suite…

Rendez-vous en avril!

Au rouleau de nos peurs.

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Il est si tard déjà au rouleau de nos peurs

que la fleur même précède l’idée de la fleur

sans plus offrir le calice

à notre orgueil qui s’étiole étonné

sur vos parois trop lisses

et vos chants courtisés à l’épine

qui meuble la terre

comme on ravine.

 

Ce que j’entends à travers vous

c’est le cri muet de la lumière floutée

par le non jamais proféré

face au ciel qui dévale fou

de ne rien chercher à vos bouches

que ce que vous savez déjà

et qui attend son heure.

 

Il est si tard déjà au rouleau de nos peurs.

Que nous poussera t-il en lieu de notre tête

qui s’évade en dangereuse candeur

si ce n’est la face affolée de l’insecte?

 

 

Barbara Auzou.

 

Le prochain nom de la classe de terminale: La classe de maturité…Arghhh…

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maturité
nom féminin
1.
  1. État d’un fruit mûr.
  2. 2.
    au figuré
    Plein développement.
    Lettre à mes élèves

    Mes chères pommes,

J’aurais tout essayé pour vous rendre savoureuses, vous qui cherchiez votre espace de fruit unique dans le même panier plein à ras-bord que l’on m’avait confié…Je vous annonce le coeur serré que d’ici trois ans vous serez cueillies, toutes, les rouges, les rondes , les vertes et même les véreuses…Il me semble qu’il serait suicidaire dans l’état actuel de confier au gros monsieur au fond là-bas qui transpire et qui prend des notes (c’est un chef d’entreprise, il est là pour votre bien!) qui vous fera passer le grand oral que vous aimâtes un jour la poésie et la lecture, créer et réfléchir…Et si vous vous fichez de l’économie comme de ma première récolte, tant pis, mentez. C’est encore pour votre bien. Dites oui surtout à tout ce que l’on vous demande…

Ne vous inquiétez pas pour moi, le ver était dans le fruit depuis longtemps…C’est trop tard…

Je vous adresse mes plus chaleureuses compotées…

 »
Espace couleur de pomme. Espèce, brûlant compotier.

Aujourd’hui est un fauve. Demain verra son bond. »  (René Char)

 

Ps: Dites bien au gros Monsieur que je refuse de brûler mon René Char.

« Coupée en deux » de Charlotte Erlith.Roman (adolescents)

9782330092368

Face à la juge des familles, Camille doit décider aujourd’hui si elle vivra avec son père ou sa mère.

Cela fait cinq ans que les parents de Camille ont divorcé. Chaque dimanche soir, c’est le même déchirement : il faut dire au revoir et refaire ses bagages. L’adolescente connaît la fissure créée par la garde alternée, elle l’a même apprivoisée avec le temps. Mais aujourd’hui, Camille doit faire un choix. Au Palais de justice, elle a rendez-vous avec la juge. Son avis va être entendu.

Désire-t-elle rester à Paris avec son père, sa nouvelle compagne et leur bébé ? Ou bien préfère-t-elle partir avec sa mère en Australie et changer complètement de vie ?
Comme prise au piège dans une situation où elle se sent presque étrangère, Camille doit faire face aux souvenirs, aux silences, et surtout, à la certitude implacable que rien ne sera plus comme avant.

Normalienne et agrégée de Lettres modernes, CHARLOTTE ERLIH a enseigné les arts du spectacle à l’Université de Nanterre, avant de se consacrer à l’écriture et à la réalisation.
Chez Actes Sud Junior, elle est l’auteur de Bacha Posh (récompensé par de nombreux Prix dont, le Prix NRP et le Prix Sésame)20 pieds sous terre (Prix des lycéens allemands), Highline et Coupée en deux.