Ma payse ( XXIX)

dénombre-moi les soleils

avant qu’il ne soit trop tard

fais-moi une place dans le mesclun

de tes saisons

que je sois tour à tour champignon

ou frais cresson bleu

le lieu d’un ailleurs

où la vague se fait des embruns

avant de reprendre son sillon

l’humanité est bien trop fatiguée

le pays d’ici bien trop ancien

pour l’aube vaste de nos regards

leur masse affolée de foin

et tu sauras quoi faire de mon lyrisme

de prairies

il est pour la liesse des troupeaux

quoi faire de mon geste droit

sur le tranchant de l’heure

c’est un pétillement de branches

pour les oiseaux en mal de nids

j’ai des bras à apaiser

la longue brûlure des choses à vivre debout

des hanches de mémoire

des mains encore

pour réconcilier la rectitude et l’instinct

la fin du jour et le roux pépiant

de son lendemain

 

Barbara Auzou.

2 réflexions sur “Ma payse ( XXIX)

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